Alexis Nikolaïevitch de Russie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Alexis Romanov
Алексей Николаевич Романов
Description de l'image Alexis.png.

Titre

Prince héritier de Russie


(12 ans 6 mois et 3 jours)

Prédécesseur Michel Romanov
Successeur Kirill Romanov (prétendant au trône)
Biographie
Titulature « Grand-duc de Russie »
« Prince impérial de Russie »
Dynastie Romanov
Nom de naissance Aleksei Nikolajevič Romanov
Naissance
Peterhof
Décès (à 13 ans)
Iekaterinbourg
Père Nicolas II
Mère Alix von Hessen-Darmstadt
Enfants Sans postérité
Description de cette image, également commentée ci-après

Princes héritiers de Russie

Le grand-duc et tsarévitch Alexis Nikolaïevitch de Russie (Alekseï Nikolaïevitch Romanov, en russe : Алексей Николаевич Романов), né le 12 août 1904 (30 juillet du calendrier julien) à Peterhof et assassiné le 17 juillet 1918 à Ekaterinbourg, membre de la famille impériale de Russie, était le fils du tsar Nicolas II et de la tsarine Alexandra Feodorovna.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexis Nikolaïevitch de Russie dans les bras de sa sœur Anastasia vers 1908.

Son Altesse Impériale le tsarévitch Alexis Nicolaïevitch nait dix ans après le mariage de ses parents. Les naissances de ses quatre grandes sœurs, les grandes-duchesses Olga né en 1895, Tatiana née en 1897, Maria née en 1899 et Anastasia née en 1901 avaient compromis la popularité de la tsarine, qui semblait incapable de donner un héritier au trône.

Alexis Nikolaïevitch de Russie est baptisé le 3 septembre 1904 en la chapelle du palais de Peterhof. Pierre Gilliard, le précepteur du tsarévitch, décrit Alexis comme :

« Un des plus beaux enfants qu'on puisse rêver, avec ses boucles blondes, ses grands yeux gris-bleu qu'ombrageaient de longs cils recourbés »

Ce bonheur est éphémère ; bien vite on s'aperçoit que l'héritier des tsars est atteint du gène fatal transmis par sa mère que la médecine de l'époque ne sait pas traiter.

La maladie[modifier | modifier le code]

Dès sa naissance, le tsarévitch montre les signes pathologiques de l'hémophilie. Cette maladie génétique incurable, qui atteint surtout les hommes, lui avait été transmise par son arrière-grand-mère, la reine Victoria du Royaume-Uni. Transmissible uniquement par les femmes, la maladie provoque la culpabilité de sa mère, l'impératrice Alexandra née Alix de Hesse-Darmstadt. Celle-ci veille avec angoisse sur les activités du tsarévitch afin d'éviter les hématomes, les égratignures, les chutes, qui provoquaient chez le jeune prince des douleurs intenses, des maux de têtes et des accès de fièvre. Quelquefois, le tsarévitch s'évanouit de douleur. Conscient de sa faiblesse, le tsarévitch est un enfant difficile, coléreux et autoritaire. À d'autres moments, il se révéle aimable et sincère. Malgré les soins apportés par les médecins de la Cour impériale et ceux de son entourage familial (qui par ignorance le soigne avec de l'aspirine dont ils ne connaissent pas le pouvoir anti-coagulant[réf. nécessaire]), le tsarévitch est condamné à brève échéance et n'aurait pu régner sur la Russie impériale. À cette époque, un enfant atteint d'hémophilie a une espérance de vie de vingt ans. Dans le passé, la famille de l'impératrice n'a pas été épargnée par cette redoutable maladie, son jeune frère Frédéric-Guillaume de Hesse-Darmstadt et deux jeunes enfants de sa sœur, la princesse Irène de Prusse en sont morts. La maladie du tsarévitch augmente encore davantage le mysticisme de sa mère dont a su profiter Raspoutine qui est introduit auprès du couple impériale en 1905.

Raspoutine est le seul à pouvoir arrêter les hémorragies de l'enfants. En 1912, lors du séjour de chasse de ses parents à Spala, Alexis, victime d'une secousse lors d'une promenade en calèche est pris de violentes douleurs. Une grosseur déjà existante prend de l'ampleur. En proie à de terribles souffrances, les cris du tsarévitch retentissent dans tout le palais. Les médecins impuissants, les derniers sacrements sont administrés au jeune tsarévitch. Pendant l'agonie d'Alexis, sa mère, l'impératrice Alexandra, reçoit un télégramme de Raspoutine l'assurant de la guérison prochaine du tsarévitch. Quelques heures plus tard, l'hémorragie s'arrête d'elle-même.

De 1907 à 1917, le matelot Derevenko est chargé de la garde d'Alexis[1]. Après l'abdication de Nicolas II, Derevenko montre de la rancune envers le tsarévitch et quitte Tsarskoïe-Selo.

Alexis Nikolaïevitch de Russie, en 1917.

Le matelot Nagorny remplace Derevenko et sera très dévoué au petit tsarévitch. En mai 1918, lors du voyage des jeunes grandes-duchesses et du petit Alyocha, sur le bateau qui les emmène de Tobolsk à Ekaterinbourg, les jeunes filles et leur frère sont enfermés dans leur cabine. Le matelot se révolta contre ce procédé : il fait remarquer au révolutionnaire Ivan Svikke, dit Rodianov, le mauvais état de santé du tsarévitch en ces termes : « Quel culot ! Un enfant malade ! On ne pourra même pas aller aux cabinets. » [2]. Prenant courageusement la défense du jeune Alexis, le matelot Nagorny signe son arrêt de mort. Quelques jours plus tard, la Tchéka vient l'arrêter. Un certain Ermakov, vingt ans plus tard, racontera comment il a tué le matelot dévoué corps et âme au tsarévitch. Il le fusille comme un « larbin du tsar, un matelot chargé de s'occuper de l'héritier » [3]

En avril 1918, lors du transfert de la famille impériale de Tobolsk à Ekaterinbourg, Alexis, trop faible, ne peut voyager avec sa sœur, la grande-duchesse Maria, et ses parents. Ce ne fut qu'en mai 1918 que le jeune tsarévitch et ses sœurs rejoignent le reste de la famille impériale à Ekaterinbourg.

Décès et « inhumation »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Exécution de la famille Romanov.

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, Yakov Yourovski, accompagné de onze hommes, fait descendre le tsar et sa famille au sous-sol de la maison Ipatiev. Le tsarévitch avait, pour se distraire, fait du toboggan sur une rampe d'escalier quelques jours auparavant et était tombé : il en garde une jambe bandée et, incapable de marcher, son père doit le porter.

À 3 heures 15 du matin, le commissaire spécial tire à bout portant sur le tsar, déclenchant le massacre. Assis sur sa chaise, Alexis ferme les yeux. Touché il tomba sur le sol. À terre, il agrippe la chemise de Nicolas et ne bouge plus. Quand Yourovski s'aperçoit qu'il respire encore, il le signale à Ermakov qui lui plante à plusieurs reprises sa baïonnette dans le corps. Alexis est encore en vie, Yourovski l'achève de deux balles dans la tempe droite.

La dépouille du jeune Alexis Nikolaïevitch de Russie sera, comme celles de sa famille, déshabillée, arrosée d'essence, brûlée puis défigurée à l'aide d'acide sulfurique avant d'être jetée dans un puits de mine situé dans la forêt de Koptiaki. Les corps furent retirés quelques jours plus tard pour être ensevelis sous un chemin forestier. D'après le rapport de Iakov Iourovski, les corps du tsarévitch Alexis et d'une de ses sœurs, Maria ou Anastasia, sont brûlés dans les bois voisins.

L'exécution de la famille Romanov a des parts d'ombres qui ont donné naissance aux mythes de la survie de plusieurs des membres de la famille Romanov : selon une légende, il aurait survécu en URSS même et – comme Maria Nikolaïevna de Russie en Europe occidentale – y ait eu une descendance. Un collectif paru en 1998 également – mais projeté vers 1994, donc sans relation avec les commémorations des quatre-vingts ans du « crime » – est pris en considération par Marc Ferro en 2002, et Jacqueline Monsigny en 2003. Il jette le doute sur l'idée admise avec prudence par Marc Ferro lui-même en 1990, et affirmée par Marina Grey, d'une double exécution de Nicolas II et de son fils. Des photographies d'un brillant professeur de géographie soviétique, Alexandre Filatov, décédé en 1988, également hémophile, frappent par leur ressemblance avec l'ancien tsar[4]. Des procédures juridiques sont en cours en Russie pour faire admettre de la part du fils d'Alexandre Filatov sa paternité avec son grand-père impérial présumé[5].

Découverte du corps d'Alexis[modifier | modifier le code]

Le 30 avril 2008, Edouard Rossel, gouverneur de l'oblast de Sverdlovsk, a déclaré : « Le plus grand laboratoire génétique des États-Unis a confirmé leur identité, les corps retrouvés en août 2007, sont bien les corps des deux enfants du tsar Nicolas II, la grande-duchesse Maria et le tsarévitch Alexis […] Nous avons à présent retrouvé la famille au grand complet. » Cette confirmation pourrait mettre un terme à l'histoire tourmentée de la famille impériale de Russie et obliger les tsaristes à renoncer à leurs spéculations concernant la survie de deux enfants de Nicolas II à ce massacre[6].

Canonisation[modifier | modifier le code]

En 1981, Alexis Nikolaïevitch de Russie est canonisé par l'Église orthodoxe de l'étranger et en 2000 par l'Église orthodoxe russe avec toute sa famille. Dans le calendrier de l'Église orthodoxe russe, il est vénéré comme martyr le 17 juillet sous le nom de saint-tsarévitch Alexis.

Le même jour sont vénérés les saints martyrs impériaux : saint-tsar Nicolas, sainte-tsarine Alexandra, sainte Maria, sainte Olga, sainte Tatiana et sainte Anastasia.

Le lieu de pèlerinage se situe en la nouvelle cathédrale d'Ekaterinbourg.

Monument érigé à la mémoire des enfants martyrs d'Ekaterinbourg[modifier | modifier le code]

Le 15 novembre 2011, jour anniversaire de la naissance de la grande-duchesse Olga Nikolaïevna de Russie, un monument d'une hauteur de 2,9 mètres, d'un poids de 2 tonnes est inauguré dans le monastère de Ganina Iama près d'Ekaterinbourg en Oural. Le métropolite Vikenti de Tachkent préside cette cérémonie précédée d'une liturgie. Ce monument à la mémoire des enfants du dernier tsar de Russie, œuvre du sculpteur russe Igor Akimov, représente les cinq enfants impériaux (Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et Alexeï descendant du paradis). Un monument dédié au tsar Nicolas II de Russie et à son épouse a été inauguré dans le même monastère quelque temps auparavant[7].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Alexis dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Alexis, prince des neiges. Roman / Jean Rolland ; ill., Christin Xavier. - Paris : P. Téqui, 2008 - (collection Défi ; 9). (ISBN 978-2-7403-0756-4)
  • Le Tsarévitch, enfant martyr ; Eugénie de Grèce ; Edition Perrin, 1990 - collection Présence de l'Histoire

Notes et références.[modifier | modifier le code]

  1. Les films-documentaires de Frédéric Mitterrand Mémoires d'exil montre Derevenko portant le tsarévitch
  2. Edward Radwinsky, Nicolas II Le dernier des tsars, p. 360.
  3. Edward Radwinsky,Nicolas II le dernier des tsars, p. 361.
  4. Marc Ferro, Les Tabous de l'Histoire, Nil Editions, 2002, p. 67-68 et 74 ; Jacqueline Monsigny, Les Filles du tsar, Marie ou les tourbillons du destin, Paris, Michel Lafon, 2003, p. 380
  5. Petrov, Lyssenko, Egorov, La Fuite d'Alexis, fils du tsar Nicolas II, Paris, La Martinière, 1998
  6. Lire en ligne
  7. www.fr.rian.ru

Sources[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]