Leonor de Borbón y Ortiz

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Leonor de Borbón y Ortiz
Description de cette image, également commentée ci-après
La princesse Leonor en .

Titre

Princesse héritière d'Espagne

Depuis le
(5 ans, 4 mois et 29 jours)

Prédécesseur Felipe, prince des Asturies
Biographie
Titulature Princesse des Asturies
Princesse de Gérone
Princesse de Viane
Dynastie Maison de Bourbon-Anjou
Nom de naissance Leonor de Todos los Santos de Borbón y Ortiz
Naissance (14 ans)
Madrid (Espagne)
Père Felipe VI
Mère Letizia Ortiz Rocasolano

Signature

Signature de Leonor de Borbón y Ortiz
Description de cette image, également commentée ci-après

Leonor de Borbón y Ortiz[N 1], princesse des Asturies, née le à Madrid, en Espagne, est la fille aînée de Felipe VI, roi d'Espagne, et de son épouse la reine Letizia, ainsi que la petite-fille du roi Juan Carlos Ier et de la reine Sophie. Membre de la famille royale espagnole, elle est l'héritière du trône d'Espagne depuis le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

L’infante Leonor naît le , à h 46 (heure locale UTC+01:00), à Madrid. Elle pèse 3,540 kg et mesure 47 cm[1].

La famille royale a annoncé la naissance de Leonor à la presse par SMS[2]. Pour fêter cette naissance, les compagnies d'aviation Air Berlin et Niki ont offert un voyage gratuit à toutes les Espagnoles se prénommant Leonor[3]. Le numéro de document national d'identité de la princesse est le 16[4].

Choix du prénom[modifier | modifier le code]

La princesse porte le prénom Leonor, forme espagnole d’Aliénor (ou d’Éléonore)[5], traditionnel à l’époque des royaumes de Castille et d’Aragon. Ce prénom est entré dans la famille royale de Castille avec Aliénor d’Angleterre (1161-1214), fille d’Aliénor d’Aquitaine et de Henri II Plantagenêt (comte d’Anjou et roi d’Angleterre), reine de Castille par son mariage avec Alphonse VIII. Cinq reines d’Aragon ont porté le nom d’Aliénor, ainsi que trois reines de Castille, deux reines de Navarre et quatre reines de Portugal. Dans le cadre de la discussion sur les règles de succession au trône, l’infante a donc été dotée d’un prénom traditionnel dans la lignée royale ; il s’agit cependant d’un prénom moins chargé symboliquement que celui d’Isabelle (en référence à Isabelle la Catholique ainsi qu'à Isabelle II, seules femmes — avec Jeanne la Folle — à avoir jusqu’ici hérité du trône d'Espagne).

Baptême[modifier | modifier le code]

Le samedi , Leonor est baptisée au palais de la Zarzuela, lors d’une cérémonie publique à laquelle assistent de nombreux officiels espagnols. L’office religieux est dirigé par l’archevêque de Madrid, monseigneur Antonio Rouco Varela, et la princesse est aspergée avec de l'eau du Jourdain, puisée par les frères franciscains de Jérusalem. Ses parrain et marraine sont ses grands-parents paternels, le roi Juan Carlos et la reine Sophie d’Espagne.

Question dynastique[modifier | modifier le code]

La princesse Leonor vient à la première place dans l'ordre de succession au trône d'Espagne, avant sa sœur cadette, l'infante Sofía, et sa tante, l'infante Elena, duchesse de Lugo, qui occupe maintenant la troisième place[6].

Sa naissance pose la question d'une éventuelle modification des règles de succession au trône à laquelle sept pays d’Europe (Suède, Norvège, Danemark, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg et Royaume-Uni), ainsi que les 15 monarchies dont la reine Élisabeth II est également la souveraine, ont déjà répondu en privilégiant l'enfant premier né, quel que soit son sexe[7]. Selon l’actuelle Constitution espagnole, la princesse Leonor ne pourra régner que si elle n’a pas de frère vivant au décès de son père.

Toutefois, une telle modification nécessite, selon l'article 168, l'accord des deux tiers des Cortes Generales (c'est-à-dire du Sénat et du Congrès des députés espagnols réunis). Après acceptation, les deux Chambres doivent être dissoutes, de nouvelles élections convoquées et un nouveau vote organisé sur le même projet qui doit être adopté par les nouvelles Chambres également à la majorité des deux tiers. Enfin, cette proposition doit obligatoirement être soumise à un référendum[8].

Seul le roi pouvant dissoudre le Parlement, sur la demande du président du gouvernement, celui-ci prendrait alors le risque de perdre sa majorité au Congrès. Le projet n'a pas ainsi été poursuivi par José Luis Rodríguez Zapatero, ni repris par son successeur Mariano Rajoy.

Éducation[modifier | modifier le code]

Elle effectue sa scolarité au collège Santa María de Los Rosales à Madrid[9],[10].

Outre l’espagnol, la princesse Leonor parle anglais et arabe ; elle reçoit une formation dans les trois langues régionales co-officielles (le basque, le catalan et le galicien). Durant sa scolarité, elle apprend également le français, l’allemand et le chinois[11].

Activités officielles[modifier | modifier le code]

La princesse Leonor effectue sa première allocution publique le , le jour de son treizième anniversaire, pour célébrer les 40 ans de la Constitution espagnole. À cette occasion, elle en lit l’article 1 au côté de son père[12].

Elle prononce son premier discours le , au théâtre Campoamor d'Oviedo, dans le cadre de la remise du prix Princesse des Asturies[13].

Titres et armoiries[modifier | modifier le code]

Titulature[modifier | modifier le code]

Titres et honneurs
Leonor, princesse des Asturies
Description de l'image Coat of Arms of Leonor, Princess of Asturias.svg.
Prédicat Son Altesse Royale
Style oral Votre Altesse Royale
Style alternatif Madame
  •  : Son Altesse Royale Leonor de Borbón y Ortiz, infante d'Espagne ;
  • Depuis le  : Son Altesse Royale la princesse des Asturies.

En tant qu’enfant de l’héritier de la Couronne d’Espagne, Leonor reçoit à sa naissance la dignité d’infante d’Espagne avec prédicat d’altesse royale, conformément à l’article 3 du décret royal du [14].

Au moment de l'accession au trône de son père le , Leonor, alors âgée de 8 ans, devient la plus jeune princesse héritière d'Europe, jusqu'à la naissance du prince Jacques de Monaco, le [15],[16]. Elle prend alors automatiquement les titres traditionnels de l'héritier de la couronne d'Espagne :

Pour les légitimistes français, elle est Mademoiselle[17], fille du « premier prince du sang » Felipe VI en tant qu'arrière-petite-fille de Juan de Borbón, comte de Barcelone, fils cadet d’Alphonse XIII (ou « Alphonse Ier » pour les légitimistes) et frère de Jacques-Henri de Bourbon (prétendant au trône de France sous le nom de « Henri VI »).

Armoiries[modifier | modifier le code]

Le décret royal 979/2015 du définit les armoiries de la princesse des Asturies[18] :

Blason Blasonnement :
Écartelé : au I, de gueules au château d’or couvert et ajouré d’azur (Castille) ; au II, d’argent au lion de pourpre armé, lampassé de gueules et couronné d’or (Léon) ; au III, d’or aux quatre pals de gueules (Aragon) ; au IV, de gueules aux chaînes d’or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en cœur d’une émeraude au naturel (Navarre) ; accompagné en pointe d’argent à une pomme grenade de gueules tigé et feuillé de sinople (Grenade) ; sur le tout d’azur aux trois fleurs de lys d’or à la bordure de gueules (Bourbon-Anjou), au lambel d’azur posé sur le tout.
Commentaires : Le blason est entouré de l’insigne de la Toison d’or et timbré de la couronne du prince des Asturies.

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Le , jour du deuxième anniversaire de l’infante, le quotidien El País annonce la mise en vente d’une poupée de collection « Leonor » par une usine d’Alicante[20].

Le , la présidente de la Communauté de Madrid, Esperanza Aguirre, annonce que les noms des filles du prince des Asturies, Leonor et Sofía, seront donnés à deux nouveaux hôpitaux publics de la capitale[21]. L'hôpital Infanta Sofía, situé à San Sebastián de los Reyes, commune proche de Madrid, ouvre ses portes le et l'hôpital Infanta Leonor, situé dans le quartier de Vallecas, en banlieue madrilène, est inauguré le 29 du même mois.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son nom est traduit officiellement dans les langues régionales d'Espagne : Alionor de Borbón y Ortiz en aragonais, Lleonor de Borbón y Ortiz en asturien, Elionor de Borbó i Ortiz en catalan, Leonor Borboikoa Ortiz en basque, Leonor de Borbón y Ortiz en galicien. À noter qu'en français, Leonor ou Léonor sans e final est le masculin du prénom Léonore, variante d'Éléonore et d'Aliénor.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Leonor, nouvelle princesse d'Espagne », sur La Libre.be, (consulté le 1er novembre 2019).
  2. (es) « El nacimiento de Leonor de Borbón Ortiz, un parto transmitido por SMS y una sorpresa porque ha sido niña », sur elconfidencialdigital.com, (consulté le 19 mars 2018).
  3. (es) « Llamarse Leonor en España tiene premio para Air Berlín », La Voz de Galicia,‎ (lire en ligne, consulté le 9 août 2017).
  4. 20Minutos, « Las Infantas Leonor y Sofía ya tienen DNI - 20minutos.es », sur 20minutos.es - Últimas Noticias (consulté le 20 mai 2016).
  5. (es) Fernando Savater, « Columna | Aliénor », El País,‎ (ISSN 1134-6582, lire en ligne, consulté le 5 février 2018).
  6. (es) « Casa de Su Majestad el Rey de España - La Corona Hoy - El Orden de Sucesión », sur www.casareal.es (consulté le 5 février 2018).
  7. « Dossier royal: voici les rois et reines de demain », sur rtl.be, (consulté le 19 mars 2018).
  8. Article 168 de la Constitution du Royaume d’Espagne (27 décembre 1978) sur Wikisources. L'article traitant de la succession au trône est l'article 57 (point 1) du Titre II de la Constitution, dont la modification est soumises à l'article 168 indiqué.
  9. (es) M.B., « El colegio de Leonor y Sofía : donde andar recto importa más que saberse la lección », sur El Nacional.cat, (consulté le 10 novembre 2019).
  10. (es) « Así es el colegio de las Infantas herederas al Trono de España y de otros herederos reales », sur Periodista Digital, (consulté le 10 novembre 2019).
  11. (es) « La Princesa políglota : Leonor exhibe su dominio de las lenguas cooficiales, el inglés y el árabe », sur El Mundo, (consulté le 5 novembre 2019).
  12. « La jeune princesse Leonor d'Espagne a fait son premier discours public », sur RTL.fr, (consulté le 2 novembre 2019).
  13. « VIDÉO. Le premier discours de Leonor d'Espagne », sur Point de Vue (consulté le 1er novembre 2019).
  14. « BOE.es - Documento consolidado BOE-A-1987-25284 », sur www.boe.es (consulté le 14 septembre 2019).
  15. « Espagne: Leonor, huit ans, la plus jeune princesse héritière d'Europe », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 novembre 2016).
  16. « Jacques de Monaco : prince héritier désigné au détriment de sa soeur », sur l'internaute, (consulté le 29 novembre 2016).
  17. État présent de la Maison de Bourbon : pour servir de suite à l’Almanach royal de 1830 et à d'autres publications officielles de la Maison, Paris, Éditions du Palais Royal, puis du Léopard d'or : 1re éd. (1975), p. 26, 2e éd. (1983), p. 26, 3e éd. (1986), p. 29, 4e éd. (1991), p. 142, 5e éd. (2012), p. 142.
  18. « BOE.es - Documento consolidado BOE-A-2015-11729 », sur www.boe.es (consulté le 6 septembre 2019).
  19. « BOE.es - Documento BOE-A-2015-11718 », sur www.boe.es (consulté le 6 septembre 2019).
  20. (es) "A la venta la muñeca Leonor", sur le site d' El País.
  21. (es) "Los hospitales Leonor y Sofía", sur le site d' El País.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) José María Zavala, Infantas: De la primogénita de Felipe V a la sucesora de Felipe VI, Plaza & Janés, 2012 (ISBN 8401346525).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]