Guillaume de Prusse

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Guillaume de Prusse
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Le Kronprinz en 1914 (détail d'une photographie de famille).

Succession

Prétendant aux trônes d’Allemagne
et de Prusse


(10 ans, 1 mois et 15 jours)

Nom revendiqué « Guillaume III »
Prédécesseur Guillaume II, empereur allemand
Successeur Louis-Ferdinand de Hohenzollern
Biographie
Titulature « Prince de Prusse »
Dynastie Maison de Hohenzollern
Nom de naissance Friedrich Wilhelm Victor August Ernst von Preußen
Naissance
Potsdam (Allemagne)
Décès (à 69 ans)
Hechingen (Allemagne)
Père Guillaume II d’Allemagne
Mère Augusta-Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg
Conjoint Cécilie de Mecklembourg-Schwerin
Enfants Guillaume de Prusse
Louis-Ferdinand de Prusse
Hubert de Prusse
Frédéric de Prusse
Alexandrine de Prusse
Cécilie de Prusse
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Prétendants aux trônes d’Allemagne et de Prusse

Guillaume de Hohenzollern (en allemand : Wilhelm von Hohenzollern), né à Potsdam le , mort à Hechingen le , a été le dernier Kronprinz, prince héritier, royal prussien et impérial allemand. Fils de Guillaume II d’Allemagne et de la princesse Augusta-Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg, Guillaume épouse le à Berlin, Cécilie de Mecklembourg-Schwerin (1886-1954), fille du grand-duc Frédéric-François III de Mecklembourg-Schwerin et d’Anastasia Mikhaïlovna de Russie.

Personnalité du Kronprinz[modifier | modifier le code]

Prince d'un abord aimable et vif mais d'une frivolité maladive. Mari infidèle, il a un penchant particulier pour les coiffeuses et les danseuses.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Rôle militaire[modifier | modifier le code]

Lors de la Première Guerre mondiale, il est commandant des Hussards à la tête de mort (de). Le 2 août 1914, son titre dynastique lui vaut, avec le grade de generalmajor (général de brigade) et une formation d'état-major insuffisante, d'être investi du commandement de la 5e armée. Pendant la bataille de Verdun, interprétant mal les consignes du chef d'état-major Erich von Falkenhayn, il tente d'envelopper la ville par le sud-est, persuadé que la chute de cette place aura une valeur décisive : il multiplie les attaques vers les positions fortifiées des hauts de Meuse, causant de lourdes pertes parmi ses hommes[1].

Le Kronprinz est encadré par ses chefs d'état-major successifs, Konstantin Schmidt von Knobelsdorf jusqu'au 21 août 1916 puis Walther von Lüttwitz, des professionnels expérimentés. Une lettre de Guillaume II à son fils, au début du conflit, résume bien la position du jeune prince :

« Je t'ai confié le commandement de la 5e armée. Tu auras le Generalleutnant Schmidt von Knobelsdorf comme chef d'état-major. Ce qu'il te conseille, tu dois le faire[2]. »

Du 26 novembre 1916 à la fin de la guerre, il est à la tête du Groupe d'armées Deutscher Kronprinz (de) qui regroupe plusieurs armées du front de l'Ouest :

Le Kronprinz assure le commandement de ses troupes au Mort-Homme près de Verdun et commande pendant le conflit depuis son quartier général à Charleville dans les Ardennes. Dans le même temps, il entretient une liaison avec une veuve française.

Anecdote[modifier | modifier le code]

En 1916, après les terribles combats qui opposent français et allemands pour la prise du fort de Vaux, le commandant Raynal et les troupes françaises étant sous son commandement se rendent aux Allemands. Lors de cette reddition, le commandant français comme le veut l'usage à cette époque, remet son sabre à un officier allemand. Prisonnier, il fut emmené au quartier-général de Guillaume de Prusse, le Kronprinz, par respect pour le soldat français, voulut lui rendre son sabre, mais celui-ci resta introuvable. Honorant la valeur militaire de son adversaire, Guillaume de Prusse décide de remettre à l'héroïque défenseur du fort de Vaux un poignard de pionnier allemand.

Révolution[modifier | modifier le code]

Lors de la révolution de Novembre 1918, les soldats de la 5e armée se mutinent. Le Kronprinz se réfugie à l'état-major de la 3e armée. Après la signature de l'armistice, le gouvernement provisoire du Conseil des commissaires du peuple lui ordonne de rapatrier son groupe d'armées en Allemagne, ce qu'il se sent incapable de faire. C'est le chef d'état-major général, le maréchal Paul von Hindenburg, qui lui ordonne de partir et de rejoindre son père aux Pays-Bas. Il renonce à ses droits au trône et va s'établir sur sur l'île de Wieringen, dans le nord de la Hollande[3].

L'entre-deux guerres[modifier | modifier le code]

Adolf Hitler et Guillaume de Prusse en 1933

En 1923, il revêtit de nouveau son uniforme des hussards à tête de mort.

Dans les années 1930, Guillaume de Prusse se montre proche des nazis. Le Kronprinz assure la jonction des corps-francs allemands et des anciens combattants de la Grande Guerre avec le Parti national-socialiste. Sur les images de la période, on distingue Guillaume de Prusse aux côtés d'Adolf Hitler et des sommités du parti nazi, brassard à croix gammée au bras.

En 1933, après l'investiture d'Adolf Hitler comme chancelier de l'Allemagne, le Kronprinz est manipulé par les nazis qui l'utilisent comme figurant afin de lever les dernières hésitations des Allemands encore méfiants envers la politique prônée par Adolf Hitler. Lors de la Nuit des Longs Couteaux (29-30 juin 1934), les membres de la famille Hohenzollern résidant en Allemagne ne sont pas inquiétés, mais restent discrets comme cela le leur avait été demandé.

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le Kronprinz réside dans un de ses châteaux en Allemagne, entretenant de multiples liaisons. Son épouse vient de temps en temps lui rendre visite pour lui donner de quoi subvenir à ses besoins.

Lors de l'occupation de l'Allemagne en 1945, il se présente au général de Lattre de Tassigny pour lui demander de subvenir à ses besoins en matière de confort pour lui et sa maîtresse, ainsi que d'agir pour que ses propriétés situées en Prusse ne soient pas détruites par les Soviétiques. Lui faisant remarquer qu'au même moment, l'Allemagne se trouve en ruine, que des millions d'Allemands souffrent de la faim, meurent au combat dans des conditions atroces, de Lattre lui dit : « Vous êtes lamentable, monsieur, lamentable[4] ».

Il est enterré au château de Hohenzollern.

Famille[modifier | modifier le code]

Guillaume de Prusse, en compagnie de son épouse Cécilie, portant dans ses bras sa petite-fille Felicité (1934).

Avec son épouse Cécilie de Mecklembourg-Schwerin, Guillaume de Prusse a six enfants :

  • Guillaume (1906-1940) renonce à ses droits dynastiques et épouse morganatiquement en 1933 Dorothée von Salviati (1907-1972)
  • Louis-Ferdinand (1907-1994) épouse en 1938 Kira de Russie (1909-1967)
  • Hubert (1909-1950) épouse en 1941 Marie-Anne von Humboldt-Dachroeden, puis en 1943 il épouse Madeleine de Reuss
  • Frédéric (1911-1966) épouse en 1945 Lady Brigid Guinness.
  • Alexandrine (1915-1980)
  • Cécilie (1917-1975) épouse en 1949 Clyde Kenneth Harris.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Guillaume de Prusse appartient à la première branche de la maison de Hohenzollern. Cette lignée donne des Électeurs, des rois, des empereurs au Saint-Empire romain germanique, à la Prusse, à l'Allemagne. Guillaume de Prusse est l'arrière-grand-père de l'actuel chef de la Maison impériale d'Allemagne, le prince Georges Frédéric de Prusse.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans le film Joyeux Noël (2005), son rôle est joué par Thomas Schmauser.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Benoist Bihan, "Verdun, trois crises pour une bataille" in Guerres et Histoire, n°32, août 2016, p. 59-62.
  2. Kronprinz Guillaume de Prusse, Meine Erinnerungen aus Deutschlands Heldenkampf, Mittler & Sohn, Berlin 1923, p. 4
  3. Kronprinz Guillaume de Prusse, Das Haus Hohenzollern 1918–1945, Langen Müller, München/Wien 2003, p. 281 ; Karl von Einem, Ein Armeeführer erlebt den Weltkrieg, Hase & Koehler, Leipzig 1938, p. 468
  4. Frédéric Mitterrand, Mémoires d'exil, Paris, Robert Laffont, (lire en ligne), p. 278.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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