Alexia de Grèce

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Alexia de Grèce
(el) Αλεξία της Ελλάδας
Description de cette image, également commentée ci-après

Alexia de Grèce et Carlos Morales au mariage de la princesse Victoria de Suède et de Daniel Westling (2010).

Titre

Diadoque de Grèce


(1 an, 10 mois et 10 jours)

Prédécesseur Irène de Grèce
Successeur Pávlos de Grèce
Biographie
Titulature Princesse de Grèce et de Danemark
Dynastie Maison d'Oldenbourg
Nom de naissance Alexía tis Elládas
Naissance (51 ans)
Corfou (Grèce)
Père Constantin II de Grèce
Mère Anne-Marie de Danemark
Conjoint Carlos Morales Quintana
Enfants Arrietta Morales y de Grecia
Ana María Morales y de Grecia
Carlos Morales y de Grecia
Amelia Morales y de Grecia
Religion Orthodoxie grecque

Alexia de Grèce (en grec moderne : Αλεξία της Ελλάδας / Alexía tis Elládas et en espagnol : Alexia de Grecia), princesse de Grèce et de Danemark, est née le au palais de Mon Repos, à Corfou, en Grèce. Brièvement héritière du trône de Grèce entre 1965 et 1967, c'est un membre de l'ancienne famille royale hellène.

Fille aînée du roi Constantin II de Grèce et de la reine Anne-Marie de Danemark, la princesse Alexia est proclamée diadoque à sa naissance mais perd ce statut quand vient au monde son frère Pávlos, en 1967. Chassée de Grèce avec sa famille par la Dictature des colonels, l'enfant grandit en exil en Italie, au Danemark puis au Royaume-Uni. Après des études d'histoire et d'éducation en Angleterre, Alexia s'installe à Barcelone, en Espagne, où elle vit quelque temps avec sa cousine, l'infante Cristina. Devenue enseignante, elle fait la connaissance, en 1994, de l'architecte Carlos Morales Quintana, qu'elle épouse en grande pompe à Londres en 1999. Après son mariage, le couple retourne vivre en Catalogne, avant de s'installer dans les îles Canaries en 2003. À Lanzarote, Alexia se consacre à l'éducation de ses quatre enfants et à différentes activités sportives.

Famille[modifier | modifier le code]

La princesse Alexia est la fille aînée du roi Constantin II de Grèce (1940) et de son épouse la reine Anne-Marie de Danemark (1946). Par son père, elle est donc la petite-fille du roi Paul Ier de Grèce (1901-1964) et de la reine Frederika de Hanovre (1917-1981) tandis que, par sa mère, elle descend du roi Frédéric IX de Danemark (1899-1972) et de la reine Ingrid de Suède (1910-2000)[1].

Nièce des reines Sophie d'Espagne (1938) et Margrethe II de Danemark (1940), Alexia est également apparentée à la plupart des autres monarques du vieux continent en sa qualité de descendante de la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901), surnommée la « grand-mère de l'Europe », et du roi Christian IX de Danemark (1818-1906), surnommé le « beau-père de l'Europe ».

Le , la princesse épouse, à la cathédrale orthodoxe Sainte-Sophie de Londres, l'espagnol Carlos Morales Quintana (1970), un lointain descendant par les femmes du roi Jacques Ier d'Aragon (1208-1276)[2].

Du mariage d'Alexia et de Carlos naissent quatre enfants :

  • Arrietta Morales (née à Barcelone le )[3] ;
  • Ana María Morales (née à Barcelone le )[3] ;
  • Carlos Morales (né à Barcelone le )[4] ;
  • Amelia Morales (née à Barcelone le )[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Une princesse grecque[modifier | modifier le code]

Le roi Constantin II et la reine Anne-Marie photographiés par Allan Warren (1997).

Héritière du trône de Grèce[modifier | modifier le code]

Fille aînée du roi Constantin II de Grèce, la princesse Alexia est proclamée héritière présomptive à sa naissance, le . Or, jusqu'en 1952 et la modification de la constitution hellène, une loi semi-salique régissait la succession au trône grec et tous, dans le pays, n'acceptent pas l'idée qu'une femme puisse ceindre la couronne. Au sein de la famille royale même, la modification des règles successorales ne fait pas l'unanimité et le prince Pierre, plus proche parent mâle de Constantin II, fait savoir publiquement qu'il refuse de reconnaître Alexia comme nouveau diadoque. La naissance du prince Pavlos, frère cadet d'Alexia, le , met finalement un terme à la polémique, faisant perdre à Alexia sa qualité d'héritière[6].

De la Dictature des colonels à l'abolition de la monarchie[modifier | modifier le code]

Le , l'armée grecque organise un coup d'État contre le gouvernement du Premier ministre Panagiotis Kanellopoulos et abolit la constitution, faisant basculer la Grèce dans la Dictature des colonels. Dans un premier temps, le roi Constantin II accepte de reconnaître le régime militaire mais, le , il met en place un contre-coup d'État qui vise à rétablir la démocratie en Grèce. Cependant, ce putsch est un échec et la famille royale est contrainte de partir en exil, sans que la monarchie soit officiellement abolie[7].

Âgée de deux ans, Alexia s'installe avec ses parents à Rome, en Italie, où elle réside d'abord à l'ambassade de Grèce, puis à la Villa Polissena, propriété du grand-duc Maurice de Hesse, et enfin au no 13 de la via di Porta Latina[8]. L'exil de la famille royale se prolongeant et Constantin II craignant que ses enfants oublient leur culture grecque, il fonde une petite école dans le jardin de sa résidence et c'est là qu'Alexia reçoit ses premières classes, données par un précepteur du nom de Ioannis Kanellopoulos[9].

En 1973, la junte militaire au pouvoir à Athènes abolit la monarchie et la situation financière de l'ex-famille royale se dégrade. Les Grèce quittent alors l’Italie pour trouver refuge au Danemark, patrie natale de la reine Anne-Marie. Durant un an, Alexia a ainsi l’occasion de fréquenter quotidiennement sa grand-mère maternelle, la reine douairière Ingrid, au palais d'Amalienborg[10].

En 1974, la Dictature des colonels s’effondre et la démocratie est restaurée en Grèce. L'ancienne famille royale espère alors pouvoir rentrer dans son pays mais le référendum organisé le abolit définitivement la monarchie et les Grèce restent interdits de séjour dans leur patrie[11]. Jusqu'en 2004[12], Alexia ne peut ainsi pénétrer dans son pays qu'à deux reprises : en 1981, à l'occasion des funérailles de sa grand-mère Frederika de Hanovre[13], et en 1993, lors d'un voyage familial exceptionnellement autorisé par le gouvernement grec[14].

Une éducation au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Chiffre de la princesse Alexia et de son époux.

Dans ce contexte difficile, Constantin II choisit de partir vivre avec sa famille au Royaume-Uni. Alexia et ses frères fréquentent dès lors le collège hellénique de Londres, une institution fondée par ses parents dans le but d'assurer une scolarisation en grec à leur progéniture[15].

Sa formation secondaire terminée, Alexia intègre le Froebel college (en), une faculté dépendant de l’Université de Roehampton. Elle y étudie l’histoire et la pédagogie avant de devenir enseignante et de travailler, durant trois ans, avec des enfants âgés de trois à sept ans dans une école londonienne[2],[16].

Installation en Espagne[modifier | modifier le code]

En Catalogne avec l'infante Cristina[modifier | modifier le code]

En septembre 1992, la princesse Alexia se rend à Barcelone, en Espagne, pour y assister aux Jeux olympiques. Elle tombe alors amoureuse de la capitale catalane et choisit d’y établir sa résidence. Elle reprend ses études et suit un master en soin à la petite enfance. Une fois diplômée, elle est engagée par la Fondation catalane contre le Syndrome de Down, pour laquelle elle travaille jusqu'en 2003[2],[16].

Très proche de sa cousine, l’infante Cristina, avec qui elle partage alors un appartement[2],[17], la princesse Alexia s’intéresse au nautisme et à la voile. En 1994, durant une régate, elle rencontre Carlos Morales Quintana, un architecte canarien également passionné par la mer et la navigation. Rapidement, une relation amoureuse se développe entre les deux jeunes gens, qui décident bientôt d'officialiser leur union[2].

Un mois avant leur mariage, Alexia et Carlos sont légèrement blessés lors d'une compétition de voile se déroulant à Barcelone[18] mais l'accident ne retarde cependant pas la cérémonie.

Mariage princier en Angleterre[modifier | modifier le code]

Les portes de la Grèce restant toujours fermées aux membres de l'ancienne famille royale, Alexia et Carlos célèbrent leur mariage à la cathédrale Sainte-Sophie de Londres, au Royaume-Uni, le [19],[20].

Toutes les familles royales du vieux continent participent à l'événement, qui est suivi d'une grande fête dans le domaine de Kenwood House, autrefois propriété de Nancy Stewart Worthington Leeds, première épouse du prince Christophe de Grèce[21]. Une fois les épousailles terminées, le couple repart en Espagne et installe sa résidence à Barcelone[2].

De la Catalogne aux Canaries[modifier | modifier le code]

Nièce du roi Juan-Carlos Ier et de la reine Sophie, la princesse Alexia est plusieurs fois la cible des terroristes basques après son installation en Espagne. La dissolution du « comando Barcelona » en janvier 2001 montre ainsi à la police espagnole que l'ETA planifiait d'assassiner la princesse lors d'un attentat à la voiture piégée[22],[23].

En 2003, Alexia et sa famille quittent Barcelone pour s'installer à Lanzarote, aux îles Canaries, d'où est originaire son époux[24],[25].

En juin 2009, Carlos Morales, l'époux de la princesse Alexia, est inculpé pour corruption par la police de Lanzarote[26]. Les forces de l'ordre enquêtent notamment sur la résidence que le couple se fait construire sur le littoral de Las Palmas de Gran Canaria[27]. Cependant, la justice espagnole lave Carlos Morales de toutes charges en octobre 2014[28],[29].

Aux Canaries, la princesse Alexia se consacre à l'éducation de ses enfants[30]. Elle s'adonne par ailleurs à différentes activités sportives : la voile, qu'elle continue à pratiquer en famille et dont elle soutient différentes compétitions[31], et le triathlon, qu'elle découvre à l'âge de cinquante ans[32].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Littérature

La princesse Alexia est évoquée brièvement dans le roman Captain from Corfu de Muriel Maddox (1999).

Philatélie

Une série de timbres à l'effigie de la princesse Alexia a été émise par la poste grecque en 1966[33].

Quartiers de la princesse[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
16. Georges Ier de Grèce
 
 
 
 
 
 
 
8. Constantin Ier de Grèce
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Olga Constantinovna de Russie
 
 
 
 
 
 
 
4. Paul Ier de Grèce
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Frédéric III d'Allemagne
 
 
 
 
 
 
 
9. Sophie de Prusse
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
19. Victoria du Royaume-Uni
 
 
 
 
 
 
 
2. Constantin II de Grèce
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20. Ernest-Auguste de Hanovre
 
 
 
 
 
 
 
10. Ernest-Auguste de Brunswick
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21. Thyra de Danemark
 
 
 
 
 
 
 
5. Frederika de Hanovre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
22. Guillaume II d'Allemagne
 
 
 
 
 
 
 
11. Victoria-Louise de Prusse
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23. Augusta-Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg
 
 
 
 
 
 
 
1. Alexia de Grèce
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24. Frédéric VIII de Danemark
 
 
 
 
 
 
 
12. Christian X de Danemark
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25. Louise de Suède
 
 
 
 
 
 
 
6. Frédéric IX de Danemark
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26. Frédéric-François III de Mecklembourg-Schwerin
 
 
 
 
 
 
 
13. Alexandrine de Mecklembourg-Schwerin
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27. Anastasia Mikhaïlovna de Russie
 
 
 
 
 
 
 
3. Anne-Marie de Danemark
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28. Gustave V de Suède
 
 
 
 
 
 
 
14. Gustave VI Adolphe de Suède
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29. Victoria de Bade
 
 
 
 
 
 
 
7. Ingrid de Suède
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30. Arthur du Royaume-Uni
 
 
 
 
 
 
 
15. Margaret du Royaume-Uni
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31. Louise-Margareta de Prusse
 
 
 
 
 
 

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Arturo B. Eéche, Michael of Greece et Helen Hemis-Markesinis, The Royal Hellenic dynasty, Eurohistory, (ISBN 0977196151)
  • (es) Ricardo Mateos Sainz de Medrano, La Familia de la Reina Sofía, La Dinastía griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, Madrid, La Esfera de los Libros, (ISBN 84-9734-195-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Darryl Lundy, « Alexia zu Schleswig-Holstein-Sonderburg-Glücksburg, Crown Princess of Greece », sur The Peerage (consulté le 22 novembre 2016).
  2. a, b, c, d, e et f Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 387.
  3. a et b (es) « Otra niña para Alexia y Carlos », El País,‎ (lire en ligne)
  4. (es) « La princesa Alexia y su esposo, Carlos Morales, presentan a su tercer hijo, Carlos », ¡Hola!,‎ (lire en ligne)
  5. (es) « Alexia de Grecia y Carlos Morales presentan en sociedad a su hija Amelia », ¡Hola!,‎ (lire en ligne)
  6. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 237, 365, 387 et 430
  7. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 366-370.
  8. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 161 et 371.
  9. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 371.
  10. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 374.
  11. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 161, 370-371 et 373-374.
  12. (es) « Constantino y Ana María de Grecia están buscando casa en Atenas y en cuanto la encuentren se trasladarán allí », El Confidencial,‎ (lire en ligne).
  13. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 168-169 et 378.
  14. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 378.
  15. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 384 et 387.
  16. a et b (es) « Próxima boda de la princesa Alexia », El País,‎ (lire en ligne).
  17. (es) Eduardo Inda Arriaga et Esteban Urreiztieta Núñez, La intocable : Cristina, la infanta que llevó la corona al abismo (lire en ligne)
  18. (es) « La Princesa Alexia abandona la clínica », El País,‎ (lire en ligne).
  19. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 387-388.
  20. (es) « Boda mediterránea en Londres », El País,‎ (lire en ligne)
  21. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 388.
  22. (es) « Alexia de Grecia era objetivo del "comando Barcelona" de ETA », ABC,‎ (lire en ligne).
  23. (es) « Los miembros del "comando Barcelona" tenían en el bolsillo una nota con la matrícula del coche de Alexia de Grecia », ABC,‎ (lire en ligne).
  24. (es) « Alexia de Grecia y su marido, Carlos Morales se han ido a vivir a Lanzarote con sus hijas », ¡Hola!,‎ (lire en ligne)
  25. (es) Virginia Galvín, « Mi isla, nuestro reino », Vanity Fair,‎ (lire en ligne)
  26. (es) « El marido de Alexia de Grecia imputado en la trama de corrupción de Lanzarote », ABC,‎ (lire en ligne).
  27. (es) M. Reyes, « El chalé de Morales y Alexia de Grecia que investiga el juez cuesta 3,8 millones », La Provincia,‎ (lire en ligne).
  28. (es) « La buena estrella de Carlos, el marido de Alexia de Grecia », El Mundo,‎ (lire en ligne)
  29. (es) M. Riveiro, « Pelotazo urbanístico en favor de la prima de Felipe VI en Lanzarote », El Diario de Lanzarote,‎ (lire en ligne)
  30. (es) Cote Villar et Yira Arredondo, « Alexía de Grecia, de princesa a ama de casa con marido imputado », El Mundo,‎ (lire en ligne).
  31. (es) « Más de 40 embarcaciones parten este martes desde Arrecife con rumbo a Funchal », Crónicas de Lanzarote,‎ (lire en ligne)
  32. (es) Consuelo Font, « Alexia de Grecia se suma a la fiebre por el triatlón: "Dicen que estoy loca" », El Mundo,‎ (lire en ligne).
  33. (fr) (en) « Catalogue de timbres : Princes Alexia », sur http://colnect.com/fr (consulté le 11 septembre 2013)