Victoria-Louise de Prusse

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Victoria-Louise de Prusse
(de) Viktoria Luise von Preußen
Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de la duchesse de Brunswick, en 1913.

Titres

Duchesse de Brunswick


(5 ans, 10 mois et 7 jours)

Prédécesseur Marie de Bade (de fait)
Thyra de Danemark (de droit)
Successeur Abolition de la monarchie
Elle-même
(comme duchesse titulaire)

Épouse du prétendant au trône de Brunswick


(34 ans, 2 mois et 22 jours)

Prédécesseur Elle-même
(comme duchesse souveraine)
Successeur Ortrude de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glucksbourg (en)

Épouse du prétendant au trône de Hanovre


(29 ans, 2 mois et 16 jours)

Prédécesseur Thyra de Danemark
Successeur Ortrude de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glucksbourg (en)
Biographie
Titulature Princesse de Prusse
Princesse allemande
Duchesse de Brunswick
Princesse de Hanovre
Dynastie Maison de Hohenzollern
Nom de naissance Viktoria Luise Adelheid Mathilde Charlotte von Preußen
Naissance
Potsdam, Prusse (Allemagne)
Décès (à 88 ans)
Hanovre, Basse-Saxe (RFA)
Père Guillaume II d'Allemagne
Mère Augusta-Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg
Conjoint Ernest-Auguste de Brunswick
Enfants Ernest-Auguste de Hanovre
Georges-Guillaume de Hanovre
Frederika de Hanovre
Christian de Hanovre
Guelf-Henri de Hanovre
Religion Luthéranisme

Victoria-Louise de Prusse (en allemand : Viktoria Luise von Preußen), princesse de Prusse et d'Allemagne et, par son mariage, duchesse de Brunswick et princesse de Hanovre, est née le à Potsdam, en Prusse, et morte le à Hanovre, Basse-Saxe. Unique fille du Kaiser Guillaume II d'Allemagne et épouse du prince Ernest-Auguste de Brunswick, elle est la dernière duchesse de Brunswick.

Famille[modifier | modifier le code]

Victoria-Louise Adélaïde Mathilde Charlotte est l'unique fille et la dernière des sept enfants du Kaiser Guillaume II d'Allemagne (1859-1941) et de son épouse l'impératrice Augusta-Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1858-1921). À travers son père, la princesse est donc une descendante de la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901), surnommée la « Grand-mère de l'Europe ».

Le , la princesse épouse, à Berlin, le prince royal Ernest-Auguste de Hanovre, lui-même fils d'Ernest-Auguste de Hanovre (1845-1923), prétendant au trône de Hanovre sous le nom d'« Ernest-Auguste II » et duc de Cumberland et Teviotdale, et de son épouse la princesse Thyra de Danemark (1853-1933). Par sa mère, Ernest-Auguste est donc le petit-fils du roi Christian IX de Danemark (1818-1906), surnommé le « Beau-père de l'Europe ».

Du mariage de Victoria-Louise et d'Ernest-Auguste naissent cinq enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

La princesse Victoria-Louise, à l'âge de dix ans.

Septième enfant et unique fille du Kaiser Guillaume II d'Allemagne et de l'impératrice Augusta-Victoria, la princesse Victoria-Louise voit le jour le , à Potsdam[1]. L'enfant est baptisée le 22 octobre suivant[2] et reçoit les prénoms de deux de ses ancêtres : son arrière grand-mère la reine Victoria du Royaume-Uni et son arrière arrière grand-mère la reine Louise de Mecklembourg-Strelitz[3]. Dans sa famille, la petite fille est cependant surnommée affectueusement « Sissy »[4].

L'historien Justin C. Vovk décrit Victoria-Louise comme une jeune fille aussi intelligente que sa grand-mère, l'impératrice Victoria, aussi majestueuse et digne que sa mère mais également aussi impérieuse et autoritaire que son père. Enfant préférée du Kaiser[5],[6], la princesse est même le seul membre de sa fratrie à parvenir à se faire une place dans le cœur de l'empereur, si l'on en croit son frère aîné, le Kronprinz Guillaume[7]. Au sein de sa famille, Victoria-Louise aime être au centre de l'attention[8]. En 1902, sa gouvernante anglaise, Anne Topham, note, après leur première rencontre, que la princesse de neuf ans se montre amicale et énergique mais qu'elle passe son temps à se quereller avec le prince Joachim[9]. Plus tard, la gouvernante écrit que le Kaiser est « la force dominante de la vie de sa fille. Ses idées, ses opinions sur les hommes et les choses sont constamment reprises par elle »[10].

Durant son enfance, Victoria-Louise retrouve fréquemment ses cousins, les enfants des princesses Marguerite et Sophie de Prusse, au château de Kronberg[11]. En 1905, la jeune fille étudie la musique avec la pianiste Sandra Drouker. En mai 1911, la princesse effectue un voyage officiel en Angleterre à l'occasion de l'inauguration du Victoria Memorial, à Londres[12].

Un mariage inattendu[modifier | modifier le code]

En 1912, le prince royal Ernest-Auguste de Hanovre, fils et héritier du prétendant Ernest-Auguste III de Hanovre, se rend à Berlin pour y remercier le Kaiser Guillaume II d'avoir envoyé ses fils Guillaume et Eitel-Frédéric aux funérailles de son frère aîné, le prince Georges-Guillaume de Hanovre. Durant son séjour dans la capitale allemande, Ernest-Auguste fait la connaissance de Victoria-Louise, et les deux jeunes gens ne tardent pas à tomber amoureux[7]. Cependant, leur idylle est vue d'un mauvais œil par leurs familles et tarde de longs mois à aboutir à un mariage[13]. En effet, le prince est l'héritier du trône de Hanovre, qui a été annexé par les Hohenzollern à la suite de la guerre austro-prussienne de 1866. Il est également l'héritier du trône de Brunswick, où une régence a été imposée par les Hohenzollern après la mort de Guillaume VIII. Afin d'épouser Victoria-Louise, Ernest-Auguste est donc contraint de renoncer à ses droits dynastiques sur le Hanovre. En compensation, le Kaiser reconnaît ses droits successoraux sur le Brunswick[14].

Le mariage de Victoria-Louise et d'Ernest-Auguste se déroule à Berlin le . Il est présenté par la presse comme la conclusion d'une longue opposition entre les maisons de Hanovre et de Hohenzollern[15]. The Times décrit même l'union comme une histoire à la Roméo et Juliette, dont la conclusion est cependant plus positive[16]. En dépit de la présentation de l'affaire comme une simple histoire d'amour, certains auteurs modernes y voient plutôt un mariage politique[16]. L'historienne Eva Giloi considère ainsi que l'union de Victoria-Louise et d'Ernest-Auguste est surtout due à la volonté de la Prusse de mettre un terme aux querelles l'opposant aux héritiers du trône de Hanovre[17]. Il n'en reste pas moins que Victoria-Louise décrit, dans une de ses lettres, son union comme un « mariage d'amour »[16].

Le mariage de Victoria-Louise et d'Ernest-Auguste donne lieu à de grandes festivités, qui réunissent les représentants de la plupart des dynasties européennes[18], parmi lesquels le roi George V du Royaume-Uni et le tsar Nicolas II de Russie, accompagnés de leurs épouses respectives la reine Mary de Teck et la tsarine Alexandra Feodorovna de Russie[19]. Pour de nombreux observateurs, il s'agit même du dernier grand événement princier avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale[19]. Le Kaiser Guillaume II gracie, pour l'occasion, deux espions britanniques, les capitaines Bertrand Stewart et Bernard Frederick Trench[20].

Duchesse de Brunswick[modifier | modifier le code]

Le , Ernest-Auguste et Victoria-Louise font leur entrée triomphale à Brunswick, capitale du duché éponyme[21], où ils reçoivent le pouvoir des mains du prince-régent Jean-Albert de Mecklembourg[réf. nécessaire]. Moins d'un an plus tard, en 1914, naît leur premier enfant, le duc héréditaire Ernest-Auguste[22]. Le couple a ensuite quatre autres bébés : Georges-Guillaume (né en 1915), Frederika (née en 1917), Christian (né en 1919) et enfin Guelf-Henri (né en 1923)[réf. nécessaire].

Nommé par son beau-père général de division de l'armée prussienne, le duc de Brunswick combat les forces de la Triple Entente durant la Première Guerre mondiale[réf. nécessaire]. Sa présence, et celle (toute symbolique) de son père, dans les rangs de l'armée allemande leur vaut d'être privés de leurs titres et pairies britanniques par leur cousin, le roi George V du Royaume-Uni, après le vote du Titles Deprivation Act en 1917[23].

En novembre 1918, une révolution secoue l'Empire allemand et le Kaiser Guillaume II s'exile aux Pays-Bas. Dans la foulée, un conseil de soldats oblige Ernest-Auguste à abandonner le pouvoir (8 novembre) et les Hanovre se réfugient dans leur domaine de Gmunden, en Autriche. Une fois le calme revenu en Allemagne, la famille récupère l'essentiel de sa fortune et revient séjourner une partie de l'année dans son ancien duché, où elle récupère notamment les châteaux de Blankenburg et de Marienburg[24].

Sous le Troisième Reich[modifier | modifier le code]

En 1923, le père d'Ernest-Auguste meurt d'apoplexie à Gmunden, en Autriche. Le duc et la duchesse de Brunswick prennent alors la tête de la maison de Hanovre[25]. Ils héritent cependant d'une fortune amoindrie par la crise financière que subit la République de Weimar, ce qui les contraint à se séparer d'une partie de leur patrimoine familial durant les années 1930[26].

Après l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en 1933, plusieurs proches de Victoria-Louise rejoignent le parti nazi, parmi lesquels deux de ses frères, le Kronprinz Guillaume et le prince Auguste-Guillaume[27]. Contrairement à ces derniers, le duc Ernest-Auguste refuse ostensiblement de rejoindre le NSDAP, ce qui ne l'empêche pas de compter parmi les donateurs du parti et de fréquenter les hauts dignitaires du Troisième Reich[28]. En 1934, Hitler tente de profiter des liens familiaux unissant le duc et la duchesse de Brunswick avec les Windsor pour organiser un rapprochement entre le Troisième Reich et le Royaume-Uni. Il demande alors au couple princier de favoriser l'union de leur fille, la princesse Frederika, avec le prince de Galles (futur Édouard VIII). Cependant, les anciens souverains refusent, à cause de la trop grande différence d'âge séparant les deux jeunes gens[29].

En mai 1941, Guillaume II tombe malade et Victoria-Louise et ses frères se rendent à son chevet à Doorn. Après quelques jours, le Kaiser se rétablit mais il meurt le mois suivant, en présence de sa deuxième femme, la princesse Hermine Reuss zu Greiz[30].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

En avril 1945, Victoria Louise et Ernest-Auguste s'installent au château de Blankenburg[31].

Une fois la guerre terminée, Victoria-Louise se consacre à la restauration des palais de sa famille, à la chasse et à l'équitation. Elle sert aussi différentes œuvres de charité en rapport avec les enfants issus de milieux défavorisés[32].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (de) Herzogin Viktoria Luise, Ein Leben als Tochter des Kaisers, Gottinger Verlagsanstat, 1966 (ASIN B0000BTZCL)
  • (en) H.R.H. Viktoria Luise of Prussia, The Kaiser's Daughter, Prentice-Hall, 1977 (ASIN B01JXQGNPC)
  • (de) Herzogin Viktoria Luise, Im Strom der Zeit, Göttinger Verlagsanstalt, 1975 (ISBN 3872670263)
  • (de) Herzogin Viktoria Luise, Bilder der Kaiserzeit, Bildband, 1969 (ASIN B0000BTZCJ)
  • (de) Herzogin Viktoria Luise, Vor 100 Jahren, Göttinger Verlagsanstalt, 1971
  • (de) Herzogin Viktoria Luise, Die Kronprinzessin, Göttinger Verlagsanstalt, 1977 (ISBN 3872670271)
  • (de) Herzogin Viktoria Luise, Deutschlands letzte Kaiserin, Göttinger Verlagsanstalt, 1971 (ASIN B000L6LDQI)

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Lieux
Marine allemande

Deux navires de la marine allemande portent le nom de la princesse :

Zeppelins
  • Le LZ 11 Viktoria Luise porte le nom de la princesse.
Documentaires
  • Le mariage de Victoria-Louise et d'Ernest-Auguste a été filmé. Ce « documentaire » est aujourd'hui considéré comme le premier film en couleur. Pour parvenir à ce résultat, des filtres monochromes furent utilisés, puis les résultats de chacun superposés ;
  • Victoria-Louise et Ernest-Auguste apparaissent dans la série documentaire Les Aigles foudroyés (1997) de Frédéric Mitterrand.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographie de la princesse[modifier | modifier le code]

  • (de) Gerd Biegel, Victoria Luise. Kaisertochter, Herzogin und Braunschweiger Bürgerin. Streiflichter aus ihrem Leben, Meyer, Braunschweig, 1992 (ISBN 3-926701-15-3).

Sur Victoria-Louise et sa famille[modifier | modifier le code]

Histoire de l'Allemagne[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Princess Victoria Louise of Prussia » (voir la liste des auteurs).

  1. Vovk 2012, p. 79.
  2. Vovk 2012, p. 79–80.
  3. Pakula 1997, p. 558.
  4. Vovk 2012, p. 80.
  5. Clay 2007, p. 113.
  6. Cecil 1996, p. 10.
  7. a et b Vovk 2012, p. 243.
  8. Vovk 2012, p. 242–243.
  9. Topham 1915, p. 11–13.
  10. Topham 1915, p. 12 et 18.
  11. Topham 1915, p. 14.
  12. MacDonogh 2000, p. 323.
  13. Vovk 2012, p. 243–244.
  14. MacDonogh 2000, p. 340.
  15. Riotte 2011, p. 305.
  16. a, b et c Riotte 2008, p. 95.
  17. Giloi 2011, p. 167.
  18. Vovk 2012, p. 244 et 246.
  19. a et b Vovk 2012, p. xxvii–xxviii.
  20. Emmerson 2013, p. 13.
  21. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 47.
  22. Vovk 2012, p. 246–247.
  23. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 47-48.
  24. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 48 et 51.
  25. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 39.
  26. Mateos Sainz de Medrano 2004, p. 48.
  27. Petropoulos 2006, p. 167.
  28. Petropoulos 2006, p. 99.
  29. Petropoulos 2006, p. 159–62.
  30. Cecil 1996, p. 353.
  31. MacDonogh 2007, p. 75.
  32. Giloi 2011, p. 360.