Ferdinand Ier (roi de Roumanie)

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Ferdinand Ier
Illustration.
Le roi Ferdinand Ier de Roumanie
Titre
Roi de Roumanie

(12 ans, 9 mois et 10 jours)
Couronnement
Président du Conseil Ion I. C. Brătianu
Alexandru Averescu
Alexandru Marghiloman
Constantin Coandă
Ion Brătianu
Arthur Văitoianu (en)
Alexandru Vaida-Voevod
Alexandru Averescu
Demetriu Ionescu
Ion I. C. Brătianu
Alexandru Averescu
Barbu Știrbei
Ion I. C. Brătianu
Prédécesseur Carol Ier
Successeur Michel Ier
Prince héritier de Roumanie

(environ 28 ans)
Monarque Carol Ier
Prédécesseur Aucun
Successeur Carol II (Jusqu'en 1925)

Michel Ier

Biographie
Titre complet Roi de Roumanie, prince de Hohenzollern
Hymne royal Trăiască Regele
Dynastie Maison de Hohenzollern
Nom de naissance Ferdinand Viktor Albert Meinrad von Hohenzollern-Sigmaringen
Date de naissance
Lieu de naissance Sigmaringen (Prusse)
Date de décès (à 61 ans)
Lieu de décès Sinaia (Roumanie)
Père Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen
Mère Antonia de Portugal
Conjoint Marie d'Édimbourg
Enfants Carol II Steel Crown of Romania.svg
Princesse Elisabeta de Hohenzollern
Princesse Maria de Hohenzollern
Prince Nicolae de Hohenzollern
Princesse Ileana de Hohenzollern
Prince Mircea de Hohenzollern
Héritier Mihai
Religion Catholicisme puis Orthodoxie roumaine

Ferdinand Ier (roi de Roumanie) Ferdinand Ier (roi de Roumanie)
Monarques de Roumanie

Ferdinand Ier, né le à Sigmaringen et mort le à Sinaia, est roi de Roumanie de 1914 à 1927.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Ferdinand Ier de Roumanie appartient à la lignée de Hohenzollern-Sigmaringen issue de la quatrième branche, elle-même issue de la première branche de la Maison de Hohenzollern. Cette lignée appartient à la branche souabe de la dynastie de Hohenzollern. Il a pour ascendant Burchard Ier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Léopold (1835-1905), prince de Hohenzollern-Sigmaringen, et d'Antonia de Portugal (1845-1913), il est le neveu du roi Carol Ier de Roumanie. En 1886, il est proclamé héritier du trône roumain par son oncle.

En 1889, Ferdinand se lie d'amitié avec Hélène Vacarescu, jeune écrivaine soutenue par la reine Elisabeth, épouse de Carol Ier. Amoureux d'elle, il exprime le désir de l'épouser. Mais la Constitution de la Roumanie interdit à son roi de se marier avec une Roumaine, afin d'éviter qu'une famille de boyards, plutôt qu'une autre, prenne l'ascendant à la Cour (avant les Hohenzollern, les principautés roumaines avaient eu une monarchie élective : les familles aristocratiques régnaient à tour de rôle). La reine Élisabeth ayant encouragé cette union inconstitutionnelle est exilée par son époux à Neuwied pour deux années. Hélène part pour Paris. Entre-temps, Ferdinand devra trouver une fiancée acceptable.

Le , il épouse Marie d'Édimbourg (1875-1938), fille d'Alfred de Saxe-Cobourg et Gotha, duc d'Édimbourg, et de la grande-duchesse Maria-Alexandrovna de Russie. Ils ont six enfants :

  • Carol (1893-1953), roi de Roumanie de 1930 à 1940 sous le nom de Charles II ou Carol II.
  • Élisabeth (1894-1956), mariée en 1921 à Georges II de Grèce (1890-1947), divorcés en 1935.
  • Marie (1900-1961), mariée en 1922 avec Alexandre Ier de Yougoslavie (1888-1934).
  • Nicolas (1903-1978), marié en 1931 avec Jeanne Dumitrescu-Tohani (1909-1963), remarié en 1967 avec Thérèse Figueira de Mello (1913-1997).
  • Ileana (1909-1991), mariée en 1931 avec l'archiduc Antoine de Habsbourg-Toscane (1901-1987), divorcés en 1954, remariée la même année avec Ștefan Isărescu (1906-2002), divorcés en 1965.
  • Mircea (1913-1916), mort de fièvre typhoïde.

Avant et pendant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Ferdinand accède au trône à l'âge de 48 ans, après la mort de son oncle, le roi Charles Ier (en roumain : Carol I) de Hohenzollern, survenue le . Roi de Roumanie depuis seulement deux ans et moins germanophile que son prédécesseur[1], Ferdinand se voit en 1916 à la tête d'un pays engagé en guerre contre l'Allemagne, son pays natal, une situation qu'il subit sans l'avoir voulue.

L'opinion et le gouvernement de Ion I. C. Brătianu ont forcé le roi à rejoindre l'Entente, alors qu'il écrivait en 1914, dans une lettre à son frère en Allemagne, qu'il souhaitait que celle-ci gagne la guerre[2] ; il préside cependant à l'ensemble des décisions qui aboutissent à la déclaration de guerre à l'Autriche[3]. Toutefois, une fois la Roumanie engagée contre les empires centraux, Ferdinand se montre en homme de devoir et est très présent sur le front. Cependant, le jour même de la déclaration de guerre du royaume à la double monarchie, le , il garantit le matin à Czernin, alors ambassadeur à Bucarest, la neutralité roumaine, tandis que l'ambassadeur de Roumanie à Vienne signifie en fin de journée la rupture des relations entre le royaume et la double monarchie[4].

En 1917, l'armistice germano-russe oblige le roi à accepter la défaite de son pays face au Reich et à ses alliés : sur la suggestion de l'ancien attaché militaire austro-hongrois à Bucarest, il propose aux puissances centrales des pourparlers de paix le [5]. Tentant de négocier, le roi est obligé d'accepter les préliminaires de paix imposés par les puissances centrales le , devant la menace d'une déposition et d'une éviction de sa dynastie. Face à la menace constante des responsables politiques des puissances centrales, le roi change de Premier ministre, appelant aux affaires Alexandru Marghiloman, réputé favorable en 1916 au maintien de la neutralité roumaine[6].

Pour son dévouement, les Roumains vont le nommer « Ferdinand le Loyal », même si après la dissolution de l'Empire austro-hongrois en 1918, il a envisagé d'accepter de recevoir la couronne de Hongrie offerte par la noblesse hongroise (qui préférait une union personnelle entre la Grande Hongrie et la Roumanie dans leurs frontières de 1918, à un démembrement de la Hongrie tel qu'il fut consacré par le Traité de Trianon). Mais ce projet fut abandonné en raison de l'opposition déterminée de l'opinion et de la classe politique roumaine qui, elle, préférait un rattachement pur et simple à la Roumanie des territoires austro-hongrois à majorité roumanophone[7], effectif fin 1918, et internationalement reconnu par les traités de Saint-Germain (1919) et de Trianon (1920).

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le 15 octobre 1922, à Alba Iulia, a lieu un des plus importants moments symboliques de l’histoire de Roumanie. Le Roi Ferdinand Ier et la Reine Marie y sont couronnés rois de tous les Roumains. La ville d’Alba Iulia a été choisie en raison de son immense, double importance symbolique pour l’histoire des Roumains. Ancienne capitale du royaume de Michel le Brave, c’est également ici que fut proclamée la réunification de la Transylvanie avec la Roumanie le 1er décembre 1918.

En 1925, le gouvernement roumain fait pression sur le roi Ferdinand Ier et son fils Carol II pour que ce dernier renonce à ses droits au trône en raison de sa vie dissolue, de ses dépenses extravagantes dans les casinos à travers l'Europe et d'une liaison extra-conjugale avec Magda Lupescu qui fait scandale. À sa mort, en 1927, c'est donc son petit-fils mineur, Mihai, qui lui succède, le pouvoir royal passant à un conseil de régence présidé par Miron Cristea, primat de l'Église orthodoxe roumaine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Renouvin, p. 372.
  2. (ro) Ultima romantică : viaţa Reginei Maria a României, Lider, , 544 p. (ISBN 978-973-629-040-4, lire en ligne), p. 217.
  3. Renouvin, p. 374.
  4. Schiavon, p. 137.
  5. Renouvin, p. 31.
  6. Renouvin, p. 532.
  7. (en) Prince Michel Sturdza, The Suicide of Europe : Memoirs of Prince Michel Sturdza Former Foreign Minister of Rumania, Western Islands Publishers, (lire en ligne), p. 22.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fritz Fischer (trad. Geneviève Migeon et Henri Thiès), Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »], Paris, Éditions de Trévise, , 654 p. (BNF 35255571).
  • Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide, Paris, Armand Colin, coll. « Références Histoire », , 539 p. (ISBN 2-200-21641-6).
  • Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19), (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (BNF 33152114)
  • Max Schiavon, L'Autriche-Hongrie la Première Guerre mondiale : La fin d'un empire, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre », , 298 p. (ISBN 978-2-916385-59-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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