Union nationale des combattants

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Union nationale des combattants
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Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 1918
Fondateurs Georges Clemenceau
Daniel Brottier
Identité
Siège Paris
Publication La Voix du Combattant
Site web www.unc.fr www.unc.fr; www.facebook/unc.fr
Médailles de l'UNC, après 1918.

L'Union nationale des combattants (UNC) est une association qui regroupe ceux qui défendent les valeurs de la France en combattant sur les différents théâtres auxquels la France a participé ou participe ou en défendant les valeurs via des services civils ou militaires.

Historique[modifier | modifier le code]

Elle a été fondée au lendemain de la Première Guerre mondiale, par Georges Clemenceau et le Père Daniel Brottier, aumônier militaire qui prit ensuite la direction en 1923 des Orphelins apprentis d'Auteuil[réf. nécessaire]. Elle se fait connaître de la presse en janvier 1919. Les membres de son comité de patronage sont le cardinal Léon-Adolphe Amette, le pasteur Couvé, le grand-rabbin Lévi, Maurice Barrès, Louis Barthou, Paul Beauregard, Léon Bourgeois, Charles Chenu, Alexandre Millerand, le général Paul Pau et l'abbé Émile Wetterlé[1].

Elle a été reconnue d'utilité publique le 20 mai 1920 (J.O du 15 juin 1920 page 8470). Son but est double : il s'agit d'une part de faire reconnaître le droit à réparation des anciens combattants, et plus généralement la reconnaissance de la Nation envers ceux-ci. Le second objectif consiste à faire vivre le devoir de mémoire en participant aux commémorations et en assurant des témoignages, notamment auprès du monde scolaire et universitaire[réf. nécessaire].

C'est quatre mois après la naissance de l'UNC que la loi du 31 mars 1919 proclame dans son préambule : « la République reconnaissante envers ceux qui ont assuré le salut de la patrie proclame et détermine le droit à réparation »[réf. nécessaire]. Dans cette ligne, l'UNC s'engage à défendre les intérêts moraux, sociaux et matériels de ses membres, et a obtenu depuis sa fondation, la création du titre de reconnaissance de la Nation, de la retraite mutualiste, de la carte du combattant, la décristallisation de la retraite du combattant et des pensions militaires d'invalidité des anciens combattants de l'armée française ressortissants des pays devenus indépendants[réf. nécessaire].

Dans l'entre-deux-guerres, elle est avec l'Union fédérale, UF, l'une des deux grandes associations d'anciens combattants, l'UF se situant au centre-gauche et l'UNC au centre-droit, et à droite pour certains de ses animateurs et membres, notamment ceux de l'UNC de Paris, qui participèrent à la journée du 6 février 1934 (crise du 6 février 1934)[2]. Ces deux grandes fédérations valorisent l'« esprit combattant », fondé sur un patriotisme pacifiste et sur l'action civique, préférée à l'action politique - la politique étant perçue négativement dès lors où elle est vécue comme le lieu de la désunion et de l'inaction, contrairement au souvenir mythifié du front (d'où le slogan « unis comme au front »)[3]. À partir de novembre 1935, les dirigeants de l'UNC contribuent à la fondation et animent le Comité France-Allemagne. En juillet 1936, Jean Goy et les autres dirigeants lancent le « Rassemblement français », qui vise à regrouper tous les partis et associations anticommunistes. L'initiative végète en 1936-37, et se révèle un échec[4].

Après l'intermède de la Seconde Guerre mondiale, l'UNC renaît et tient une assemblée générale en novembre 1945[5]. Elle tient son 50e anniversaire en 1969. Elle regroupe alors trois générations du feu : les vétérans de 1914-1918 et ceux de 1939-1945, ainsi que les anciens des théâtres d'opérations extérieures et leurs cadets qui ont assuré " le maintien de l'ordre " en Afrique du Nord[6]. Après de longues négociations et dans la mesure où les anciens de la guerre d'Algérie deviennent prépondérants, l'Assemblée générale extraordinaire du 2 juin 1984 à Vittel décide d’accepter la fusion avec l'Union nationale des combattants d'Afrique du Nord ( UNC-AFN ) de François Porteu de La Morandière[7].

Présidents[modifier | modifier le code]

  • Général Léon Durand, 1919-1923, « président-fondateur »[8]
  • Charles Bertrand, 1923-1925[9], député depuis 1919; il a été le secrétaire général de l'UNC de 1919 à 1923 et le président-fondateur de la Fédération interalliée des anciens combattants ( FIDAC )
  • Humbert Isaac, président du groupe du Rhône, vice-président depuis 1919, industriel à Lyon[10], 1925-1926. Il est ensuite président d'honneur et siège à ce titre au bureau
  • Henry Rossignol 1926[11]-1934, qui présidait le groupe de Seine-et-Oise. Il est désigné président honoraire en 1935.
  • Georges Lebecq, 3 février 1934[12]-1935; il préside le groupe de la région parisienne de l'UNC. Il est conseiller municipal de Paris et vice-président du conseil général de la Seine, conseiller général de Neuilly ( 1935-36 ). Il a été membre du Parti démocrate populaire[13]
  • Jean Goy, décembre 1935[14]-1940, député de 1924 à 1940, secrétaire général du Comité France-Allemagne de 1935 à 1939.
  • baron Alfred de Pontalba, ? -1954; il était trésorier général de l'UNC et président départemental du groupe de l'Oise avant la guerre. Il a été candidat aux législatives de 1936, sans succès, et aurait été membre du Parti démocrate populaire[15]
  • Alexis Thomas, 1954-1962, président du groupe mosellan et vice-président avant 1939, candidat anticommuniste aux législatives de 1936, député en 1958
  • comte Horace Savelli, 1962, président des jeunes de l'UNC de la Loire-Inférieure avant la guerre, compagnon de la Libération, ancien officier de l'état-major du général Leclerc, président de l'UNC de Loire-Atlantique. C'est la première fois que l'UNC n'est pas présidée par un ancien combattant de 1914-18. Il n'a présidé l'UNC que quelques semaines: chef du réseau Ouest de l'OAS-Métro, il est arrêté en mars 1962, jugé et condamné à 13 ans de prison.
  • Dominique Audollent, 1962-1969, avocat à Clermont-Ferrand, président de la section de l'UNC de Clermont-Ferrand dans les années 1930, prisonnier rapatrié sous l'Occupation, président de la Légion française des combattants de Clermont-Ferrand[16], membre du conseil de justice politique, créé par le gouvernement de Vichy, reconnu coupable d'indignité nationale par la Chambre civique de Riom en 1946, mais aussitôt réhabilité en raison des services rendus à la Résistance[17], capitaine dans l'armée d'occupation en 1946, président de la Fédération des indépendants et paysans du Puy-de-Dôme jusqu'en 1966[18], commandeur de la Légion d'honneur ( 1966 )[19].
  • Jacques Grasseau, 1969[20]-1974, avocat à Poitiers, président du groupe départemental de la Vienne avant la Seconde Guerre mondiale, engagé volontaire des deux guerres mondiales, prisonnier évadé sous l'Occupation, arrêté par la Gestapo en 1942 avec les membres du réseau de résistance Louis Renard, officier de la Légion d'honneur. Il a été candidat à une élection législative partielle en 1934[21].
  • Jean-Albert Dom, 1974-, ?: combattant et ancien prisonnier de la guerre 1939-1945[22]. Secrétaire général d'un syndicat patronal, c'est un ancien membre du Parti social français puis du Parti républicain social de la réconciliation française, il rallie le Rassemblement du peuple français en 1947[23].

Devise[modifier | modifier le code]

Sa devise depuis ses débuts est une phrase du général Léon Durand : « Unis comme au Front »[réf. nécessaire].La devise des 39/45 a évolué vers "unis comme nos pères".

Journal[modifier | modifier le code]

Son journal est La Voix du Combattant, dont le premier numéro a paru le 13 juillet 1919[24].

Siège[modifier | modifier le code]

Son siège est 18, rue de Vézelay à Paris (8e).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Temps, 30 janvier 1919
  2. Le Combattant des Deux-Sèvres, février 1934, Journal de l'UNC de Rouen, février 1934, Ibid., mars 1934
  3. Cf. Antoine Prost, Les anciens combattants et la société française ( 1914-1940 ), thèse d'Etat, Presses de la FNSP, 1977
  4. Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque 1885-1946 ou les pièges du nationalisme chrétien, Fayard, 1996, p. 540-542
  5. Le Monde, 20 novembre 1945
  6. Le Monde, 3 mars 1969
  7. Site de l'UNC de Loire-Atlantique: Fusion UNC et UNC-AFN en 1984
  8. La Voix du combattant, 13 mai 1923 ( l'UNC lui décerne le titre de président-fondateur ), La Voix du combattant, 19 septembre 1925, "Le général Léon Durand est mort", Site de l'UNC du Finistère: biographie du général Durand, Guy Pedroncini, Un grand soldat oublié : le général Léon Durand, Cahiers des Annales de Normandie, 1992, vol. 24, n° 1
  9. La Voix du combattant, 11 avril 1925, "Une retraite. Charles Bertrand quitte la présidence effective de l'UNC"
  10. La Voix du combattant, 6/13 juin 1925. Fils de l'homme d'affaires et député Auguste Isaac (député du Rhône), Humbert Isaac ( 1878-1975 ) est l'un des dirigeants de la firme familiale Maison Dognin et Cie
  11. Le Matin, 17 mai 1926. Rossignol ( 1889-1956 ) est licencié en droit, assureur-conseil, secrétaire général du groupe de Seine-et-Oise de l'UNC, puis président, vice-président de l'UNC. Mobilisé en août 1914, il est blessé le 29 août 1914, et amputé d'une partie du bras gauche. Titulaire de la médaille militaire ( 1915 ), de la croix de guerre, il est chevalier de la Légion d'honneur au titre du ministère des pensions en 1927, officier en 1932 et commandeur en 1940: Dossier de la Légion d'honneur d'Henri Rossignol dans la base Léonore
  12. La Voix du combattant, 10 février 1934. Election suite à la démission de Rossignol car son nom a été mêlé à l'Affaire Stavisky: cf. Témoignage de Georges Rivollet à la commission d'enquête de 1934. Le conseil d'administration a d'abord proposé la présidence à Humbert Isaac, mais il a refusé. Lebecq n'est élu qu'au 2e tour, par 26 voix sur 39.
  13. L'Echo saumurois, 23 mai 1934, "L'UNC et la politique", Jean-Claude Delbreil, Centrisme et démocratie-chrétienne en France: le Parti démocrate populaire des origines au M.R.P., 1919-1944, Publications de la Sorbonne, 1990, p. 72 et 182
  14. La Voix du combattant, 14 décembre 1935
  15. L'Echo saumurois, 23 mai 1934, "L'UNC et la politique", 1936, le Front populaire dans l'Oise, Archives départementales de l'Oise, 2006, p. 116 ( courte biographie d'Alfred de Pontalba ( 1886-1972 ), riche propriétaire terrien )
  16. Michelle Audouin-Le Marec, Clermont-Ferrand sous l'Occupation, Ouest-France, 1985, p. 86
  17. Le Monde, 31 juillet 1946
  18. Le Monde, 5 avril 1966
  19. Audollent ( 1897-1972 ), fils d'Auguste Audollent, doyen de la faculté des lettres de Clermont-Ferrand, est titulaire de la croix de guerre 1914-1918. Il a été secrétaire de la conférence des avocats de Paris en 1925-26.
  20. Le Monde, 8 octobre 1969
  21. Le Temps, 19 janvier 1934
  22. Le Monde, 24 octobre 1974
  23. Collectif, La recomposition des droites: en France à la Libération, 1944-1948, Presses universitaires de Rennes, 2004, p. 311
  24. La Voix du combattant, 13 juillet 1919, n° 1

Liens externes[modifier | modifier le code]