Union nationale des combattants

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Union nationale des combattants
UNC.png
Histoire
Fondation
Cadre
Zone d'activité
Type
Siège
Pays
Organisation
Fondateur
Président
Hervé Longuet (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Secrétaire général
Philippe Schmitt
Publication
La Voix du Combattant
Site web

L'Union nationale des combattants (UNC) est une association d'anciens combattants français issue de la Première Guerre mondiale. Elle regroupe ceux qui défendent les valeurs de la France en ayant combattu sur les différents théâtres auxquels la France a participé ou participe ou en défendant les valeurs via des services civils ou militaires. Elle est membre de la Fédération mondiale des anciens combattants.

Historique[modifier | modifier le code]

Médailles de l'UNC, après 1918.

L'UNC a été fondée au lendemain de la Première Guerre mondiale, par le Père Daniel Brottier, aumônier militaire qui en a eu l'idée. Georges Clemenceau remet au premier trésorier de l’UNC la somme de 100 000 francs-or, provenant du don d’une mère, dont le fils est tombé au combat. Le père Brottier se voit confier de nouvelles responsabilités par sa congrégation et doit renoncer à être le président fondateur de l'UNC mais participe aux conseils d'administration jusqu'au avant de prendre la direction des Orphelins apprentis d'Auteuil.

En , il demande donc au général Léon Durand qui vient de quitter le service actif d'être le premier président de l'UNC. Ce dernier accepte la présidence en 1918 et propose la devise de l'UNC « Unis comme au front ». Il convoque l'assemblée constituante début 1919 et crée des sections locales dans toute la France y compris l'outre-mer.

L'UNC se fait connaître de la presse en . Les membres de son comité de patronage sont le cardinal Léon Adolphe Amette, le pasteur Couvé, le grand-rabbin Lévi, Maurice Barrès, Louis Barthou, Paul Beauregard, Léon Bourgeois, Charles Chenu, Alexandre Millerand, le général Paul Pau et l'abbé Émile Wetterlé[1].

Elle est reconnue d'utilité publique le [2]. Son but est double : il s'agit d'une part de faire reconnaître le droit à réparation des anciens combattants et plus généralement la reconnaissance de la nation envers ceux-ci et, d'autre part, de faire vivre le devoir de mémoire en participant aux commémorations et en assurant des témoignages, notamment auprès du monde scolaire et universitaire.

C'est quatre mois après la naissance de l'UNC que la loi du proclame dans son préambule : « la République reconnaissante envers ceux qui ont assuré le salut de la patrie proclame et détermine le droit à réparation ». Dans cette ligne, l'UNC s'engage à défendre les intérêts moraux, sociaux et matériels de ses membres et a obtenu depuis sa fondation la création du titre de reconnaissance de la nation, de la retraite mutualiste, de la carte du combattant, la décristallisation de la retraite du combattant et des pensions militaires d'invalidité des anciens combattants de l'armée française ressortissants des pays devenus indépendants[3].

Dans l'entre-deux-guerres, elle est avec l'Union fédérale (UF), l'une des deux grandes associations d'anciens combattants, l'UF se situant au centre-gauche et l'UNC au centre-droit, et à droite pour certains de ses animateurs et membres, notamment ceux de l'UNC de Paris, qui participèrent à la manifestation du [4]. Ces deux grandes fédérations valorisent l'« esprit combattant », fondé sur un patriotisme pacifiste et sur l'action civique, préférée à l'action politique - la politique étant perçue négativement dès lors où elle est vécue comme le lieu de la désunion et de l'inaction, contrairement au souvenir mythifié du front (d'où le slogan « unis comme au front »)[5].

À partir de , les dirigeants de l'UNC contribuent à la fondation et animent le Comité France-Allemagne. En , Jean Goy et les autres dirigeants lancent le « Rassemblement français », qui vise à regrouper tous les partis et associations anticommunistes. L'initiative végète en 1936-37, et se révèle un échec[6].

Après l'intermède de la Seconde Guerre mondiale, l'UNC renaît et tient une assemblée générale en [7]. Elle commémore son 50e anniversaire en 1969. Elle regroupe alors trois générations du feu : les vétérans de 1914-1918 et ceux de 1939-1945, ainsi que les anciens des théâtres d'opérations extérieures et leurs cadets qui ont assuré le maintien de l'ordre en Afrique du Nord[8]. Après de longues négociations et dans la mesure où les anciens de la guerre d'Algérie deviennent prépondérants, l'assemblée générale extraordinaire du à Vittel décide d’accepter la fusion avec l'Union nationale des combattants d'Afrique du Nord (UNC-AFN) de François Porteu de La Morandière[9]. De ce fait, bien que non engagée politiquement et revendiquant son indépendance partisane, l'UNC est parfois catégorisée à tort comme proche des idées de droite voire de l'extrême-droite et de l'Organisation de l'armée secrète (OAS), contrairement à la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA), en signifiant que la commémoration du cessez-le-feu du , marquant la fin de la guerre d'Algérie à la suite des accords d'Évian signés le , n’avait pas lieu d’être[10].

Présidents[modifier | modifier le code]

  • Général Léon Durand, « président-fondateur ». Ce général de division (1904) qui a joué un rôle important lors de la bataille du Grand-Couronné en 1914, âgé (il est né en 1846 et meurt en 1925), est président d'honneur à partir de 1923 à la suite de sa démission pour raisons de santé[11].
  • Charles Bertrand, 1923-1925[12]. Député depuis 1919, il a été le secrétaire général de l'UNC de 1919 à 1923 et le président-fondateur de la Fédération interalliée des anciens combattants (FIDAC).
  • Humbert Isaac (1878-1975), 1925-1926. Fils de l'homme d'affaires et député Auguste Isaac, il est l'un des dirigeants de la firme familiale Dognin & Cie [13]. Président du groupe du département du Rhône, il est vice-président de l'UNC depuis 1919[14]. Il est ensuite président d'honneur et siège à ce titre au bureau.
  • Henry Rossignol (1889-1956) 1926[15]-1934. Licencié en droit, assureur-conseil, secrétaire général du groupe du département de Seine-et-Oise de l'UNC, puis président, vice-président de l'UNC. Mobilisé en , il est blessé le et amputé d'une partie du bras gauche. Titulaire de la médaille militaire (1915) et de la croix de guerre, il est chevalier de la Légion d'honneur au titre du ministère des pensions en 1927, officier en 1932 et commandeur en 1940[16]. Il est désigné président honoraire en 1935. Il démissionne de la présidence car son nom est mêlé à l'affaire Stavisky[17].
  • Georges Lebecq (1883-1956), [18]-1935. Mobilisé comme sergent en 1914, il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1931. Président du groupe de la région parisienne de l'UNC depuis juin 1929, il appelle à manifester lors du . Il est conseiller municipal de Paris de 1929 à 1935 et vice-président du conseil général de la Seine, conseiller général de Neuilly-sur-Seine (1935-1936), réélu conseiller municipal de Paris en . Il a été membre du Parti démocrate populaire (PDP)[19].
  • Jean Goy, [20]-1940, député de 1924 à 1940, il est secrétaire général du Comité France-Allemagne de 1935 à 1939.
  • baron Alfred de Pontalba, 1945-1954. Riche propriétaire terrien, il était trésorier général de l'UNC et président départemental du groupe du département de l'Oise avant la guerre. Il a été candidat aux législatives de 1936, sans succès, comme membre du Parti démocrate populaire[21].
  • Alexis Thomas, 1954-1962, présidait le groupe mosellan et était vice-président avant 1939. Il s'est porté candidat, anticommuniste, aux législatives de 1936, il est brièvement député en 1958.
  • comte Horace Savelli, 1962. Président des jeunes de l'UNC de la Loire-Inférieure avant la guerre, compagnon de la Libération, ancien officier de l'état-major du général Leclerc, il est président de l'UNC de Loire-Atlantique. C'est la première fois que l'UNC n'est pas présidée par un ancien combattant de 1914-18. Il n'a présidé l'UNC que quelques semaines : chef du réseau Ouest de l'Organisation de l'armée secrète OAS-Métro, il est arrêté en , jugé et condamné à 13 ans de prison.
  • Dominique Audollent (1897-1972), 1962-1969. Fils d'Auguste Audollent, doyen de la faculté des lettres de Clermont-Ferrand, il est titulaire de la croix de guerre 1914-1918. Il a été secrétaire de la conférence des avocats du barreau de Paris en 1925-1926. Avocat à Clermont-Ferrand, il a présidé la section de l'UNC de cette ville dans les années 1930. Prisonnier rapatrié sous l'Occupation, il préside la Légion française des combattants de Clermont-Ferrand[22]. Membre du conseil de justice politique, créé par le gouvernement de Vichy, reconnu coupable d'indignité nationale par la Chambre civique de Riom en 1946, il est aussitôt réhabilité en raison des services rendus à la Résistance[23]. Il est capitaine dans les troupes d'occupation en Allemagne en 1946 et préside la Fédération des indépendants et paysans du Puy-de-Dôme jusqu'en 1966[24]. Il est commandeur de la Légion d'honneur (1966).
  • Jacques Grasseau, 1969[25]-1974. Avocat à Poitiers, président du groupe départemental de la Vienne avant la Seconde Guerre mondiale, engagé volontaire des deux guerres mondiales, prisonnier évadé sous l'Occupation, arrêté par la Gestapo en 1942 avec les membres du réseau de résistance Louis Renard, il est officier de la Légion d'honneur. Il a été candidat à une élection législative partielle en 1934[26].
  • Jean-Albert Dom, 1974-, ?, combattant et ancien prisonnier de la guerre 1939-1945[27], secrétaire général d'un syndicat patronal, cet ancien membre du Parti social français (PSF) puis du Parti républicain social de la réconciliation française a rallié le Rassemblement du peuple français du général de Gaulle en 1947[28]. Il meurt en 1988.
  • Hugues Dalleau ( -2011), attaché commercial.
  • général Jean Kervizic : 2011-2013, Saint-Cyr promotion 1956-58. Général de brigade (2ème section) dans le Génie.
  • Lucien-Louis Bayle : 2013-2015. Né en 1938 à Tunis, Lucien-Louis Bayle, sorti officier de l'École militaire de Cherchell, a commandé une harka en Algérie puis des groupes d'autodéfense de 1960 à 1962. Il est promu en 1963 lieutenant de réserve dans l'infanterie. Rendu à la vie civile, il fait une carrière d'administrateur civil au ministère des PTT, tout en obtenant des fonctions électives (adjoint au maire du XXème arrondissement de Paris de 1983 à 1989 ; conseiller de Paris délégué à l'éducation de 1989 à 1995). Il préside l'UNC-Paris de 2010 à 2013.
  • Général Pierre Saint-Macary[29], 2015[30]-2019. Saint-Cyr promotion 1967-69. Général de brigade (2ème section) dans le Génie.
  • Général Hervé Longuet, 2019 -[31]. Né en 1948. Général de corps d'armée aérienne (2ème section).

Devise[modifier | modifier le code]

Sa devise à ses débuts est une phrase du général Léon Durand ou du père Brottier : « Unis comme au Front »[32],[33]. La devise des 39/45 a évolué vers « unis comme nos pères ».

Sur des drapeaux faisant référence à la guerre d'Algérie, au service militaire en Tunisie ou au Maroc, on peut parfois lire « UNIS COMME DANS LE BLED »[34].

Journal[modifier | modifier le code]

Son journal est La Voix du Combattant, dont le premier numéro est paru le [35].

Siège[modifier | modifier le code]

Son siège est 18, rue de Vézelay à Paris (8e).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine Prost, Les Anciens Combattants et la société française (1914-1939), Paris, Presses de la FNSP, 3 vol., 1977
  • Françoise Serodes, L'Union nationale des combattants, 100 ans d'histoire, Paris, Nane Editions, 2018, 160 p.
  • Chris Millington, The French veterans and the Republic : The Union nationale des combattants, 1933-1939, Cardiff University, 2013 (Lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Temps, 30 janvier 1919
  2. J.O du page 8470
  3. « Union Nationale des Combattants - Fondateurs et historique », sur www.unc.fr (consulté le )
  4. Le Combattant des Deux-Sèvres, février 1934, Journal de l'UNC de Rouen, février 1934, Ibid., mars 1934
  5. Cf. Antoine Prost, Les anciens combattants et la société française ( 1914-1940 ), thèse d'État, Presses de la FNSP, 1977
  6. Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque 1885-1946 ou les pièges du nationalisme chrétien, Fayard, 1996, p. 540-542
  7. Le Monde, 20 novembre 1945
  8. Le Monde, 3 mars 1969
  9. Site de l'UNC de Loire-Atlantique: Fusion UNC et UNC-AFN en 1984
  10. « Pas de 19 Mars pour l’UNC », sur lanouvellerepublique.fr, La Nouvelle République, (consulté le )
  11. La Voix du combattant, 13 mai 1923 (l'UNC lui décerne le titre de président-fondateur), La Voix du combattant, 19 septembre 1925, "Le général Léon Durand est mort", Site de l'UNC du Finistère: biographie du général Durand, Guy Pedroncini, Un grand soldat oublié : le général Léon Durand, Cahiers des Annales de Normandie, 1992, vol. 24, n° 1
  12. La Voix du combattant, 11 avril 1925, "Une retraite. Charles Bertrand quitte la présidence effective de l'UNC"
  13. Maison Dognin et Cie
  14. La Voix du combattant, 6/13 juin 1925
  15. Le Matin, 17 mai 1926.
  16. Dossier de la Légion d'honneur d'Henri Rossignol dans la base Léonore
  17. Témoignage de Georges Rivollet à la commission d'enquête de 1934.
  18. La Voix du combattant, 10 février 1934. Le conseil d'administration a d'abord proposé la présidence à Humbert Isaac, mais il a refusé. Lebecq n'est élu qu'au 2e tour, par 26 voix sur 39.
  19. "Le nouveau président du groupe de la région parisienne de l'UNC", La Voix du combattant, 20 juillet 1929, L'Echo saumurois, 23 mai 1934, "L'UNC et la politique", Jean-Claude Delbreil, Centrisme et démocratie-chrétienne en France: le Parti démocrate populaire des origines au M.R.P., 1919-1944, Publications de la Sorbonne, 1990, p. 72 et 182, Gringoire, 24 mai 1935, L'Echo de Paris, 17 février 1936, Dossier de la Légion d'honneur de G. Lebecq dans la base Léonore
  20. La Voix du combattant, 14 décembre 1935
  21. L'Echo saumurois, 23 mai 1934, "L'UNC et la politique", L'Echo de Paris, 4 mai 1936, Ibid., 3 mars 936, 1936, le Front populaire dans l'Oise, Archives départementales de l'Oise, 2006, p. 116 (courte biographie d'Alfred de Pontalba)
  22. Michelle Audouin-Le Marec, Clermont-Ferrand sous l'Occupation, Ouest-France, 1985, p. 86
  23. Le Monde, 31 juillet 1946
  24. Le Monde, 5 avril 1966
  25. Le Monde, 8 octobre 1969
  26. Le Temps, 19 janvier 1934
  27. Le Monde, 24 octobre 1974
  28. Collectif, La recomposition des droites: en France à la Libération, 1944-1948, Presses universitaires de Rennes, 2004, p. 311
  29. blog de l'UNC de la Côte-d'Or, Notice biographique
  30. blog de l'UNC d'Ille-et-Vilaine, 12 juin 2015
  31. (fr)« Un nouveau Président pour l’Union Nationale des Combattants », (consulté le )
  32. L’Homme libre, 27 janvier 1919
  33. Antoine Prost, Les anciens combattants et la société française: Histoire, PFNSP, 1977, p. 59
  34. « https://www.lanouvellerepublique.fr//indre/commune/parnac/roland-aumeny-nouveau-porte-drapeau », sur lanouvellerepublique.fr (consulté le )
  35. La Voix du combattant, 13 juillet 1919, n° 1