Ludivine Bantigny

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Ludivine Bantigny (née en 1975 à Lille) est une historienne et universitaire française. Elle est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Rouen-Normandie et spécialiste de l'histoire de Mai 68 et du contingent lors de la guerre d'Algérie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ludivine Bantigny, née en 1975 à Lille[1], est fille de postiers[2]. « Trotskiste dans sa jeunesse »[2], elle reste « engagée à la gauche de la gauche »[2]. Elle participe ainsi à Nuit debout en 2016, se dit proche de l'économiste Frédéric Lordon et soutient plusieurs fois la militante controversée Houria Bouteldja, qui a selon elle été « érigée en sorcière, parce qu'elle soulève des questions qui ne sont pas audibles dans une partie de la société française »[3].

Ancienne élève de l'École normale supérieure[4], elle fait des études d'histoire et de lettres à l'université Panthéon-Sorbonne, obtient l'agrégation d'histoire et réalise une thèse de doctorat intitulée Le plus bel âge ? Jeunes, institutions et pouvoirs en France des années 1950 au début des années 1960, dirigée par Jean-François Sirinelli, à l'Institut d'études politiques de Paris, en 2003[5],[3].

Elle est nommée maître de conférences à l'université de Rouen, puis obtient une habilitation universitaire en 2017, en présentant un mémoire intitulé « 1968, de grands soirs en petits matins »[6]. Elle est membre du Groupe de recherche d'histoire (GRHis — EA 3831)[6],[3].

Activités scientifiques et éditoriales[modifier | modifier le code]

Elle a travaillé sur la jeunesse, les générations, les formes de socialisation et d'engagement au XXe siècle, et notamment de la guerre d'Algérie à nos jours. Ces dernières années, sa recherche a été consacrée à l'événement 1968 et aux différentes mobilisations qui l'ont suivi (féminismes, "révolution sexuelle", cultures politiques). Son travail est aussi tourné vers la conscience historique, les temporalités et l'historicité[7]. Son livre 1968 : de grands soirs en petits matins a été vendu à 7 000 exemplaires[7].

Elle s'intéresse aux engagements politiques au XXe siècle. Elle est également intervenue dans la presse pour soutenir la « pensée décoloniale » [8],[9].

Elle est membre du comité de rédaction de la revue Vingtième siècle.

Publications[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Révolution, Paris, Éditions Anamosa, 2019.
  • 1968, de grands soirs en petits matins, Paris, Seuil, coll. « L'Univers historique », , 464 p. (lire en ligne)
  • La France à l’heure du monde. De 1981 à nos jours, Paris, Seuil, 2013, rééd. 2019
  • L'œuvre du temps. Histoire, mémoire, engagement. Paris, Editions de la Sorbonne, 2019
  • (co-dir) « Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes ? » Le genre de l’engagement dans les années 1968, avec Fanny Bugnon et Fanny Gallot, Rennes, Pur, 2017 (compte rendu Clémentine Comer, Clio. Femmes, genre, histoire, 2018/2 [lire en ligne])
  • La Société française, de 1945 à nos jours, avec Jenny Raflik et Jean Vigreux, Paris, La Documentation française, 2015
  • La Fabuleuse Histoire des journaux lycéens, préface de Cabu, Paris, Les Arènes, 2014
  • (co-dir.) Hériter en politique. Filiations, générations et transmissions politiques (Allemagne-France-Italie XIXe – XXIe siècles), avec Arnaud Baubérot, Paris, PUF, 2011
  • (co-dir.) Sous l’œil de l’expert. Les dossiers judiciaires de personnalité, avec Jean-Claude Vimont, Rouen, PURH, 2010, 192 p.
  • Le plus bel âge ? Jeunes et jeunesse en France de l’aube des Trente Glorieuses à la guerre d’Algérie, Paris, Fayard, 2007
  • Les « XXe siècle » français. La France et les Français de 1914 à nos jours, Paris, Ellipses, 2006
  • Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France (XIXe – XXIe siècles), Paris, PUF, 2009 (en co-direction avec Ivan Jablonka)
  • (co-dir.) Printemps d’histoire. La khâgne et le métier d’historien, avec Aline Benain et Muriel Le Roux, Paris, Perrin, 2004

Articles[modifier | modifier le code]

Entretien[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « “Le mythe de la jeunesse porteuse d’avenir s’émousse”, Ludivine Bantigny, historienne », sur telerama.fr, (consulté le 10 décembre 2018).
  2. a b et c Morin 2019.
  3. a b et c Violaine Morin, « Ludivine Bantigny, historienne du présent », Le Monde, 7 mai 2019, p. 30.
  4. Annuaire des anciens élèves de l'École normale supérieure sur archicubes.ens.fr.
  5. Notice de thèse, sur theses.fr, page consultée le 10 décembre 2018.
  6. a et b « Ludivine Bantigny », sur grhis.univ-rouen.fr, Groupe de recherche d'histoire, université de Rouen (consulté le 10 décembre 2018).
  7. a et b Violaine Morin, « Ludivine Bantigny, historienne du temps présent », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 6 mai 2019)
  8. Ludivine Bantigny, "Non, la pensée décoloniale ne menace pas la République", nouvelobs.com, 17 décembre 2018
  9. Le Point magazine, « Le « décolonialisme », une stratégie hégémonique : l'appel de 80 intellectuels », sur Le Point, (consulté le 26 décembre 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]