Appelé du contingent lors de la guerre d'Algérie

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Un appelé dans l’Infanterie équipé d'un mousqueton Lebel R35 et coiffé d'un casque Modèle 1951.

De 1954 à 1962, un nombre grandissant d'appelés du contingent fut envoyé en Algérie pour participer à la guerre d'Algérie, commencée le . Officiellement, pour la France, il n'était alors pas question de parler de guerre d'Algérie, mais d'opérations de « maintien de l'ordre » ou de « pacification ».

La rébellion indépendantiste algérienne qui n'employait pas les méthodes d'une guerre conventionnelle mais le terrorisme et la guérilla contre la population civile (assassinats, attaques d'exploitations agricoles, incendies, pose de bombes en zone urbaine, etc.) et l'embuscade de patrouilles par des commandos (plus tard par compagnies ou « katibas » de djounouds de l'ALN) était quasi assimilée à du banditisme. Le combattant ennemi était alors informellement désigné le fellagha (ou fell), mot arabe pour hors-la-loi.

À partir de 1961 une nouvelle rébellion, celle-là anti-indépendantiste, qui emploie les mêmes moyens que le FLN est désignée comme ennemie, les commandos Delta de l'OAS.

Croix de la valeur militaire pour faits de guerre ou de pacification en Algérie

Historique[modifier | modifier le code]

L’appel sous les drapeaux pendant la guerre d’Algérie[modifier | modifier le code]

Extrait d’un livret militaire

En France, y compris dans les départements français d'Algérie (Amendement Salan), dans l’année de leur vingtième anniversaire, les hommes étaient classés « bons pour le service » par un conseil de révision, sauf s’ils étaient réformés. Certains pouvaient demander un sursis : étudiants, soutiens de famille ; d'autres choisir un devancement d'appel.

  • Depuis 1946, la durée légale du service militaire était fixée à 12 mois.
  • La loi du 30 novembre 1950 fixe le service militaire à 18 mois.

Depuis cette date, un stage de trois jours dans une caserne précédait l'incorporation. En fait, il ne durait jamais plus de 24 heures. Les capacités et parfois les souhaits de chacun y étaient examinés. À la suite de tests et d'un entretien, un dossier individuel était établi.

Le service militaire était obligatoire, l’objection de conscience n’était pas alors reconnue. Les insoumis pouvaient être recherchés et jugés comme déserteurs. Cela n'empêche pas les soldats du refus de manifester leur désaccord avec la guerre d'Algérie par un refus de porter les armes.

Pendant la guerre d'Algérie, entre 1954 et 1962, après la durée légale de 18 mois, certaines classes furent rappelées, d’autres furent maintenues sous les drapeaux jusqu’à 30, puis 28 mois.

Le recrutement de l'armée se faisait également par engagement. Ceci n'impliquait pas pour les engagés une affectation obligatoire pour l'Algérie et nombreux étaient ceux qui restaient en France dans les Centres d'Instruction comme cadres, ou ceux qui étaient affectés aux tâches administratives.

Pour les appelés du contingent, seulement la paternité d'au moins deux enfants, ou la présence d'un frère sous les drapeaux en Algérie, pouvait constituer un motif d'exonération du service en Algérie. À noter que le fait d'accepter d'être élève officier (aspirant) à l'issue des classes mettait fin à cette dispense. À noter également que certaines armes (aviation, marine) envoyaient peu d'effectifs en Algérie, et pour une durée moindre (14 mois au lieu de 24)

Les appelés du contingent (et les réservistes) se distinguent des engagés volontaires qui ont fait la démarche de s'engager spontanément pour servir leur patrie.

Les classes en métropole ou en Algérie[modifier | modifier le code]

Une affiche pédagogique pour la formation des recrues à destination de l'Algérie

Les appelés comme les engagés volontaires suivaient une préparation de deux ou quatre mois, souvent en métropole, parfois en Algérie directement. Les « classes » pouvaient être suivies, pour certains, d’une spécialisation (par exemple radio télégraphiste) ou d’une formation dans une école pour officiers de réserve (E.O.R.) ou pour sous-officiers de réserve (E.S.O.R.). Les appelés concernés par ces deux formations étaient souvent des sursitaires étudiants.

Le gros de la troupe passait par une préparation sommaire au maniement des armes pour les opérations de maintien de l’ordre en Algérie. L’ennemi était désigné, le fellagha.

Départ vers l’Algérie[modifier | modifier le code]

Quelques appelés, nécessaires dans l’administration des casernes, pouvaient espérer effectuer leur service en France métropolitaine.

Les autres prenaient la direction de Marseille en train, puis, après un court séjour au centre de transit de Sainte-Marthe à Marseille, la direction d’Alger ou d’Oran : une traversée de 19 à 24 heures, au fond des cales, dans l’un des bateaux des compagnies maritimes (Ville d’Oran, Ville d’Alger, etc..) et parfois d’autres vieux et souvent délabrés (El Mansour, Sidi Ferruch). L'écrivain Georges Valero a raconté dans un roman ce trajet et ses détails parfois sordides[1].

Sources : Expérience personnelle d'un appelé de la classe 62/1 A.

Dans les départements d'Algérie[modifier | modifier le code]

Une unité et un nouveau paquetage étaient affectés, le livret militaire avait suivi. Une plaque d’immatriculation individuelle, à découper selon le pointillé en cas de décès, indiquait que c’était la guerre.

Les nouveaux arrivants étaient rapidement mis au pas par les chefs de sections qui, si besoin, les emmenaient en embuscade afin d'éveiller leur combativité[réf. nécessaire].

L'équipement[modifier | modifier le code]

Pistolet mitrailleur MAT-49, (acronyme de Manufacture d'Armes de Tulle, modèle 1949)
Article détaillé : Armes de la Guerre d'Algérie.

Les appelés d'Algérie bénéficiaient d'un armement généralement plus moderne et performant que les combattants de l'ALN et du FLN souvent armés de matériel vétuste ou de fusils de chasse. Les premiers étaient approvisionnés en armes et matériels par la France (stock de la guerre d'Indochine dont le fameux MAT-49) et l'OTAN, les seconds récupéraient l'équipement des appelés prisonniers ou morts et recevaient des livraisons clandestines par bateaux, essentiellement en provenance de l'Égypte de Nasser ou de l'URSS via la Tchécoslovaquie, voire du Royaume-Uni via Gibraltar.

Des cargaisons de tonnes d'armes sont ainsi saisies à bord de l'"Athos"[2] et du "Baltic Exporter"[3].

La solde des appelés[modifier | modifier le code]

Fiche de paie en février 1962 d'un caporal-chef, appelé en Algérie et maintenu sous les Drapeaux au-delà de 24 mois.
  • En février 1962, la solde mensuelle d'un caporal-chef, appelé en Algérie et maintenu sous les drapeaux au delà de 24 mois, était de 550,80 NF (83,97 €) de base imposable + 48,60 NF (7,41 €) d'indemnité de charges militaires soit : 599,40 NF (91,38 €)
  • Ci-dessous : Tableau des soldes en N.F. et en euros des appelés en 1961 [4].
Soldes des appelés en Algérie vers 1961, pendant la durée légale (PDL=18 mois), ou maintenus sous les Drapeaux après la durée légale (ADL=24 mois) ou au-delà des 24 mois.
Soldes mensuelles des Appelés en Algérie transformées en euros.

Les sections administratives spécialisées (1955-1962)[modifier | modifier le code]

Un appelé dans les Transmissions équipé d’un PM MAT-49, d’une radio AN/PRC-10 et coiffé d'un calot de marsouin.

Des appelés du contingent étaient employés comme instituteurs dans les SAS (Section administrative spécialisée) créés par le ministre de l'Algérie résident de 1955 à 1956, Jacques Soustelle.

Leur tâche était d'éduquer les enfants et les femmes habitants les zones rurales ou isolées qui étaient historiquement sous-administrées et majoritairement ou exclusivement peuplées de musulmans (communes mixtes, douars, mechtas et djebels). Elles étaient principalement localisées dans l'Est, c'est-à-dire la Kabylie et le département de Constantine où ont respectivement démarré pour la première la révolte des Mokrani de 1871, et pour le second, la Toussaint Rouge de 1954, les massacres du Constantinois de 1955 et une décennie plus tôt ceux de Sétif.

Ces appelés des SAS étaient secondés par des officiers et sous-officiers mais aussi des civils, y compris des femmes, et placés sous la protection des moghaznis, ces « auxiliaires » musulmans contractuels souvent désignés par le terme générique de harkis.

L'affaire de l'aspirant Maillot (1956)[modifier | modifier le code]

En 1956, l'appelé du contingent communiste Henri Maillot a déserté en détournant un camion d'armes qu'il est allé livrer au FLN.

Ayant rejoint le « maquis rouge » indépendantiste, il est considéré comme traître et abattu par l'armée française. Il ne figure pas dans le registre des Morts pour la France[5].

L'embuscade de Palestro (1956)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Embuscade de Palestro.

En 1956, une embuscade d'appelés, très médiatisée à l'époque, a eu lieu à Palestro. Selon l'historien Benjamin Stora: « Palestro restera comme la plus célèbre embuscade de la guerre, le symbole de ce qui peut arriver de pire : l'attaque surprise, l'impossibilité de se défendre, la mutilation des cadavres »[6].

Le putsch des généraux (1961)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Putsch des généraux.

Le putsch des généraux entrepris à Alger le 22 avril 1961 échouera, en partie, en raison du refus de participation de l'ensemble du contingent que le général de Gaulle incitait vivement à lui obéir (il termine son allocution télévisée par « aidez-moi ! ») par tous les moyens, tout comme son premier ministre Michel Debré dont la formule « À pied, à cheval et en voiture » est restée célèbre.

Les appelés du contingent, « 500.000 gaillards munis de transistors » (ainsi le Général les appelait), pour la première fois dans l'histoire militaire, étaient informés individuellement par les premiers postes radios portables achetés par la voie du journal "Le Bled".

Soutenir le putsch aurait signifié pour les appelés du contingent de prolonger leur séjour en Algérie et donc d'augmenter leurs probabilités d'y être prisonnier, blessé ou tué. Afin d'éviter que la situation ne pourrisse mais également de ménager les appelés du contingent qui formaient alors le gros des troupes françaises présentes en Algérie, les généraux putschistes ont fait libérer certaines classes en permettant que des navires puissent franchir le blocus et les rapatrier en métropole.

L'amendement Salan (1961)[modifier | modifier le code]

Plaque d’immatriculation individuelle, sécable en cas de décès
Article détaillé : Amendement Salan.

En novembre 1961, le député de la Charente Jean Valentin a mis au vote de l'Assemblée nationale un amendement, proposé par le général Salan lors du putsch, visant à remplacer les appelés de métropole par des réservistes natifs des départements d'Algérie. Les unités territoriales ayant été dissoutes en 1960 à la suite de leur participation à la semaine des barricades. L'amendement Salan a finalement été rejeté.

Cessez le feu en Algérie[modifier | modifier le code]

À l'issue du cessez-le-feu du 19 Mars 1962 en Algérie, 91 régiments ont créés 114 unités de la Force Locale de l'ordre Algérienne (Accords d'Evian du 18 mars 1962). Ces unités ont été opérationnelles à partir du 15 avril 1962

Ces 114 unités étaient composés de 10 % de militaires métropolitains "du contingent et autres" et de 90 % de Militaires Musulmans, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire Algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie

La bataille de Bab el Oued (1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Bab el Oued.

Une bataille entre appelés du contingent et l'OAS aidée par des civils anti-indépendantistes a eu lieu le 23 mars 1962 lors de l'insurrection du quartier européen d'Alger à la suite de l'exécution d'appelés du contingent par des commandos Delta.

La fusillade de la rue d'Isly (1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fusillade de la rue d'Isly.

Le , une manifestation de civils nationalistes français d'Algérie, non armés, apportant leur soutien aux habitants du quartier de Bab el Oued mis sous blocus et défilant à l'appel de l'OAS a viré au massacre à la suite du mitraillage des manifestants par une section d'appelés du contingent musulmans appartenant au 4e régiment de tirailleurs.

Les enlèvements d'appelés entre mars et juillet (1962)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Massacre du 5 juillet 1962.

Durant la période comprise entre le cessez-le-feu du 19 mars 1962 (Accords d'Évian) et la proclamation d'indépendance du 5 juillet 1962 qui donna lieu au massacre d'Oran, des appelés français qui avaient reçu l'ordre formel des autorités françaises de ne pas ouvrir le feu ont été enlevés par le FLN et pour cause, 4000 d'entre eux avaient été mutés dans les forces locales constituées avec 90 % de musulmans Algériens pour constituer la future armée algérienne; voir témoignages dans http://marienoelyvonpriouforcelocale19mars1962.e.monsite.com [7].

Lors du Conseil des ministres du le président Charles de Gaulle avait déclaré « la France ne doit avoir aucune responsabilité dans le maintien de l'ordre après l'autodétermination. [...] Si les gens, s'entre-massacrent, ce sera l'affaire des autorités algériennes » selon les propos rapportés en 1994 dans ses mémoires (C'était de Gaulle) par le secrétaire d'État à l'information Alain Peyrefitte[8]. Une déclaration similaire en conseil de ministres est rapportée par le ministre Pierre Pflimlin dans ses mémoires (Mémoires d'un Européen: de la IVe à la Ve République), à la question qui lui a été posée : « les Français seront-ils protégés par l'armée française après l'indépendance ? »[9], le président de Gaulle a répondu « Il n'en est pas question. Après l'autodétermination le maintien de l'ordre public sera l'affaire du gouvernement algérien et ne sera plus le nôtre. Les Français n'auront qu'à se débrouiller avec le gouvernement »[9]. 3 000 Français (civils ou militaires) ont été enlevés par le FLN et demeurent disparus selon un reportage de mars 2005 réalisé par les journalistes de France 3, Stéphane Lippert et Claude Pfaffmann[7].

Ce fait peu médiatisé et méconnu de la guerre d'Algérie a été révélé, entre autres, par le témoignage d'André Aussignac, ancien appelé du contingent en Algérie, qui a évoqué son arrestation par le FLN et les conditions de sa détention dans une entrevue télévisée avec le journaliste Kristian Autain de France 2 en 2002[10].

Après la signature des accords d'Evian, qui entraîna un cessez-le-feu immédiat, les chefs du FLN ont veillé à ce que les conventions soient respectées jusqu'à la déclaration de l'indépendance, allant parfois jusqu'à réprimander les exactions[réf. souhaitée]. Jusqu'à l'indépendance, les militaires français n'ont rien eu à craindre du FLN[réf. souhaitée] car ils avaient pour tâche de garder les édifices, objets d'art, ponts, postes, écoles, banques et terminaux portuaires menacés de destruction par l'OAS.

Après le 5 juillet 1962, date officielle de l'indépendance de l'Algérie, les clauses de l'armistice n'ont pas été respectées. Mais, sauf dans le cas d'Orléanville en 1962, et celui de l'assassinat d'une sentinelle à Alger en 1964, les militaires français n'ont pas fait l'objet d'enlèvements, de meurtres ou de combats[réf. souhaitée].

L'incident de Béryl (1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accident de Béryl.

Le a eu lieu à la base d'expérimentations souterraines de Regganne située dans les départements du Sahara (une zone militaire désertique à 700 km au sud du CEES de Colomb-Béchar), un accident atomique durant l'essai de Béryl et au cours duquel ont été irradiés entre autres, au même titre que le Ministre des armées de l'époque Pierre Messmer, des appelés du contingent affectés à la défense des installations militaires (le Centre saharien d'expérimentation militaire ou CSEM).

Les actualités de l'époque soumises à la censure d'État (l'ORTF) ont masqué l'incident en coupant au montage la séquence montrant la fuite radioactive lors du test[11].

La démobilisation (1962)[modifier | modifier le code]

Avant cette démobilisation, pour la constitution des 114unités de la force locale de l'ordre algérienne, 91régiments ont créés 114 unités de la Force Locale de l'ordre Algérienne(Accords d'Evian du 18 mars 1962).
- Ces 114 unités étaient composés de 10% de militaires métropolitains "du contingent et autres"  et de 90 % de Militaires Musulmans, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire Algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

Avec la proclamation du cessez-le-feu et la tenue de référendums concernant l'autodétermination en métropole puis en Algérie, les classes d'appelés ont progressivement été démobilisées.

Après le vote favorable des électeurs, et aux conditions des Accords d'Évian, la France accordait l'indépendance à l'Algérie le 5 juillet 1962, mettant fin à une administration débutée 132 ans auparavant à la suite de l'invasion de la Régence d'Alger en 1830.

Bilan[modifier | modifier le code]

Les effectifs d’appelés en Algérie[modifier | modifier le code]

En 1956, la mobilisation française en Algérie atteint un nouveau pic avec 400 000 hommes engagés dans une guerre d'attrition.

Les chiffres qui suivent concernent l'Afrique française du Nord (AFN) : départements français d'Algérie, départements français du Sahara, protectorat français du Maroc et protectorat français de Tunisie.

  • En 1954, les effectifs militaires représentent environ 50 000 hommes, 38 % sont des appelés pour 18 mois de service.
  • En 1955, ces effectifs passent à 100 000 hommes, du fait de la guerre d'Algérie.
  • En 1956, le rappel sous les drapeaux monte les effectifs militaires à 200 000 hommes.
  • Début 1957, le maintien sous les drapeaux de 18 à 30 mois permet un effectif militaire de 400 000 hommes, chiffre qui passera à 450 000 en fin d'année[12], 57 % sont des appelés.
  • Entre 1952 et 1962 ce sont 1 343 000 appelés ou rappelés et 407 000 militaires d'active (soit 1 750 000 militaires) qui participeront "au maintien de l'ordre en Afrique du Nord", opérations qui seront reconnues "Guerre d'Algérie" le 5 octobre 1999. Sur ce nombre d'appelés, 12 000 réfractaires ont été déclarés, dont 10 831 insoumis (appelés qui ne se sont pas présentés lors de leur appel), 886 déserteurs et 420 objecteurs de conscience[13],[14],[15],[16].

Avec les rotations d'effectifs, près de 400 000 musulmans algériens (appelés ou supplétifs) ont également combattu du côté français pendant la guerre d'Algérie[17].

L'effectif total de l'armée française en 1962 (hors gendarmerie) est de 938 000 militaires[18].

Le traitement des appelés prisonniers du FLN[modifier | modifier le code]

Durant la guerre, 146 militaires appelés fait prisonnier ont été libérés par le FLN[19]. plus de 400 cent ne sont pas revenus( même source) En 1958, la cérémonie d'hommage au monument aux morts d'Alger, à la suite de la nouvelle de l'exécution de prisonniers français par le FLN, a été l'élément déclencheur du coup du 13 mai.

Le nombre de victimes parmi les appelés[modifier | modifier le code]

Diplôme de reconnaissance de la Nation

Ce sont plus de 25 000 militaires tués aux combats en A.F.N. (Algérie, Maroc et Tunisie), soit 13 000 appelés ou rappelés et presque autant de militaires d'active[20] ; et aussi 70 000 militaires blessés ; sans oublier les 400 000 victimes civiles d'origine européenne ou africaine.

Sources : Jean-Pierre Masseret, secrétaire d'État à la défense, Marcel Lesbros rapporteur de la commission des affaires sociales, le 5 octobre 1999 et O.N.A.C. (Office national des Anciens combattants).

Mémorial des combats d'AFN[modifier | modifier le code]

En 2002, quarantième anniversaire de la fin du conflit (et cinquantenaire du début de la campagne d'AFN), un monument rendant hommage aux morts pour la France durant les combats d'AFN (1952-1962) a été érigé quai Branly à Paris, sous la présidence de Jacques Chirac. Ce dernier a lui-même été blessé au visage durant sa participation au conflit en tant qu'engagé volontaire. Il était affecté au 11e RCA et 6e RCA d'avril 1956 à juin 1957, à Souk-el-Arba Département de Tlemcen (Oranie) et a été démobilisé avec le grade de lieutenant.

La dernière mobilisation française[modifier | modifier le code]

La mobilisation générale durant la guerre d'Algérie constitue le dernier appel aux citoyens français (engagés volontaires et réservistes exceptés). Après sa visite à Alger le dite journée des tomates, le président du Conseil Guy Mollet décide l'envoi de rappelés et d'appelés du contingent dans les départements d'Algérie pour un effectif de 180 000 à 200 000 soldats. Pourtant récemment élu sur la promesse de contribuer à la « paix en Afrique du nord », il développe une politique répressive et refuse toute négociation avant l'obtention d'un cessez-le-feu. Et pour la première fois un gouvernement socialiste, soutenu par les communistes, décide l’envoi du contingent[21]

La guerre d'Indochine (1946-1954) n'a pas suscité de mobilisation du contingent. L'appel sous les drapeaux qui l'a précédé est celui de 1943 qui a permis la formation de l'Armée d'Afrique (Corps expéditionnaire français en Italie) constituée d'appelés du contingent originaires des département d'Algérie et du Sahara, ainsi que de citoyens français et de nationaux « indigènes » résidant dans les protectorats du Maroc et de Tunisie ou dans les possessions françaises d'outremer, alors nommées « Communauté française ».

Cette armée giraudiste était placée sous les ordres du général Alphonse Juin et fusionne avec l'armée gaulliste du général Jean de Lattre de Tassigny en 1944 pour former Armée française de la Libération.

Depuis, les successives réformes de la conscription en France ont abouti à la fin du service militaire obligatoire et à la professionnalisation de l'armée française qui est devenue, selon la formule consacrée, « une armée de métier ».

Anciens combattants[modifier | modifier le code]

Les associations d’anciens[modifier | modifier le code]

Carte du combattant en Algérie

De retour en métropole, la plupart des anciens d’Algérie se sont enfermés dans un mutisme révélateur de ce qu’ils avaient vécu. Quelques-uns ont écrit leur témoignage. Beaucoup se sont affiliés à des associations d’anciens combattants, rattachées à l’une ou l’autre des principales fédérations :

  • La FNACA (Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie.)
  • La FNCPG-CATM (Fédération nationale des combattants et prisonniers de guerre - combattants Algérie, Tunisie et Maroc.
  • L’ARAC (Association républicaine des anciens combattants).
  • L'Union Nationale des Combattants (300.000 adhérents)
  • L'Association des Anciens des Affaires Algériennes (SAS)

Droits et décorations[modifier | modifier le code]

Croix du combattant

Les soldats, ayant effectués un séjour entre 1954 et 1962, ont droit au port de la médaille commémorative A.F.N. pour leur présence avec barrette Algérie. Ils ont aussi droit au diplôme du “Titre de Reconnaissance de la Nation” (loi du 21 décembre 1974), dont le décret du 29 avril 1997 créé la Médaille d'Afrique du Nord.

Les appelés qui étaient situés en Algérie dans des unités reconnues combattantes ont eu droit à la Carte du Combattant et à la croix du combattant; à partir de soixante-cinq ans, ils perçoivent une retraite annuelle non imposable d’environ 450 euros (année 2006), soit 35 points d'indice.

En 2004, 1 500 000 demandes ont été honorées, soit 86 % des militaires ayant servi en A.F.N. entre 1952 et 1962[22].

La Croix de la Valeur militaire a été attribuée pour faits de guerre et aussi, plus rarement, pour faits de pacification.

Œuvres sur les appelés du contingent en Algérie[modifier | modifier le code]

Lors d'une entrevue télévisée de 1982 avec Alain Beverini de TF1, le reporter de guerre, cinéaste et écrivain Pierre Schoendoerffer de l'Académie des beaux-arts déclarait: « ce que j'aborde c'est le problème des 2 800 000 appelés qui ont servi la République en Algérie et dont on n'a pas vraiment, je crois, reconnu tout à fait les mérites. Si vous voulez on a l'impression que c'était une guerre honteuse, alors moi j'essaye de montrer un peu ce qu'ils étaient »[23].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Seulement quatre films traitent le thème spécifique des appelés du contingent en Algérie. En outre un téléfilm aborde les appelés à travers le cas particulier de l'incident de Béryl et un documentaire de celui des SAS:

Films
Téléfilms
Documentaires

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages publiés par des historiens 
  • Raphaëlle Branche, L'embuscade de Palestro, Armand Colin, 2010
  • Christian Chevandier, La Fabrique d’une génération. Georges Valero, postier, militant et écrivain, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Histoire de profil », 2009, 434 p.
  • Jean-Charles Jauffret, Soldats en Algérie 1954-1962. Expériences contrastées des hommes du contingent, Autrement, 2000
  • Daniel Lefeuvre, avec Nathalie Jungerman et Jean Segura, Lettres d'Algérie - André Segura, la guerre d'un appelé (1958-1959), Nicolas Philippe, Coll. Lettres ouvertes, 2004
  • Claire Mauss-Copeaux, Appelés en Algérie. La parole confisquée, Hachette Littératures, 1998
Essais 
Témoignages et souvenirs d'appelés 
  • Jean Gardt, Service Militaire Pourquoi ? Du conscrit de 1813 à l'appelé d'Algerie, Éditions de L'épi, 1960
  • Michel Esnault, L'Algérie d'un appelé - Février 1961-Mars 1962, Imprimerie Auffret S.A., 1975
  • Luc Frédefon, Le Grand Guignol ou la vie quotidienne d'un appelé en Algérie - Récits, Eddibor, 1981
  • Serge Pauthe, Lettres aux parents - Correspondance d'un appelé en Algérie, L'Harmattan, 1993
  • Jean-Pierre Duval, Section Bordel - La Guerre d'Algérie d'un appelé, Oranie, Printemps 1958, "Chasseur As-Tu Vu ?", Heimdal, 1998
  • Marcel Barbeau, A.F.N. Jeunesse perdue d'un appelé en Algérie. 1954-1962., Sn, 1998
  • Benoist Rey, Les Égorgeurs. Guerre d'Algérie. Chronique d'un appelé 1959-1960, Éditions de Minuit, 1961[24] et Éditions Los Solidarios/Éditions du Monde Libertaire, 1999
  • Pierre Paulian, 800 jours dans l'Ouarsenis - Un appelé dans les djebels, Éditions Jacques Grancher, 2000
  • Marc Garanger, La Guerre d'Algérie vue par un appelé du contingent, Seuil, 2001
  • Henri Pouillot, La Villa Susini - Tortures en Algérie. Un appelé parle (Juin 1961-Mars 1962), Tiresias, 2001
  • Ugo Iannucci, Soldat dans les gorges de Palestro, Aléas Éditions, 2001
  • Jean Debernard, Simples soldats, Actes Sud, 2001
  • Collectif, J'étais À Alger - Témoignage d'un appelé 1958-1962, Trésor du Patrimoine, 2001
  • Paul Fortu, Un appelé en Kabylie, Éditions Jacques Grancher, 2001
  • Bernard Mercier, Plongé dans les ténèbres - Un appelé dans la Guerre d'Algérie, Éditions de L'atelier, 2002
  • Georges Londiche, Guerre et "Guerre" d'Algérie - Notes de guerre d'un maquisard algérien et souvenirs de "Guerre" d'un appelé. Réflexions sur ce passé et ses conséquences sur l'actualité, 2002
  • Pierre Olaizola, Algérie ! Nous Aurions Dû Tant Nous Aimer - Mémoires De Peio Olaizola, jeune basque, soldat appelé du contingent, pendant la Guerre d'Algérie, Sauve Terre, 2002
  • Albert Ducloz, Lettres d'algérie à mes parents - Témoignage d'un appelé sur sa guerre en Algérie, 1960-1962, Éditions Jeanne-D'arc, 2003
  • Étienne Maignen, Treillis au djebel - Les Piliers de Tiahmaïne, éd. Yellow Concept, 2004
  • Jean-Claude Potty, Guerre d'Algérie - Un appelé se souvient, Jmg Éditions, 2004
  • Fabien Hillairet, J'ai été appelé en Algérie Novembre 1957 - Décembre 1959, Siloë, 2004
  • Jean-Paul Angelelli, Une Guerre au couteau - Algérie 1960-1962. Un appelé Pied-Noir témoigne, Picollec, 2004
  • Claude Beaupère, Ben-Chaïb - Un appelé en Algérie devenu infirmier, Thélès, 2004
  • Jean-Marie Lentz, Algérie 1959-1961 - Un appelé raconte, Éditions de l'officine, 2005
  • Claude Duranteau, Au Royaume des enfants de Tagdoura - Carnet et photos d'un instituteur vendéen appelé en Algérie (1958-1959), Centre vendéen de recherches historiques, 2005
  • Michel Corbeau, Un appelé du 29ème Dragons raconte sa Guerre d'Algérie, Mémoirédition, 2006
  • Michel Froidure, Où Était Dieu ? - Lettres de révolte et d'indignation d'un appelé en Algérie (1956-1958), Mettis, 2006
  • Georges Valero, La Méditerranée traversait la France, PUG
  • Jean-Claude Chouard, Toto chez les Zénètes - Mémoires iconoclastes d'un ancien combattu, auto-édité NotreJournal.info, 2006
  • Dominique Grouille, Séjour En Algérie : Histoire d'un appelé pendant la Guerre d'Algérie, Édition De La Veytizou, 2006
  • Pierre Brana, Mémoires d'un appelé en Algérie, Éditions Sud Ouest, 2008
  • Jean-Pierre Martel, La Section - Journal d'un appelé en Algérie (1959-1961), Les Éditions De Paris-Max Chaleil, 2009
  • Sébastien Pierre, Putain de Guerre, BoD - Books on Demand France, 2010
  • Jacques Goudrot, La Guerre d'Algérie d'un appelé, Jérôme Do Bentzinge, 2010
  • Jean Forestier, Chronique d'un appelé en Algérie - 10e Bataillon de Chasseurs Parachutistes, 18e Régiment de Chasseurs Parachutistes
  • Jean Billard, Lettres d'Algérie - Journal d'un appelé, 1957-1958, Éd. Canope
  • Marcel Bury, Les Guérilleros du Commando de chasse V44 - Le Journal d'un appelé en Algérie 1959 et 1960
  • Georges Pagé, Il était une fois l'Algérie d'un appelé de 1960 à 1962, Éd. Pg
  • Claude Aurières, 37 ans de réflexions, la Guerre - Témoignage d'un appelé en Algérie, 1958-1959
  • Renou V., En Algérie, c'était comme ça ou les 24 mois d'un appelé sur un piton
  • Claude Hary, L'autre Guerre d'Algérie - Révélations d'un officier SAS, 2005, compte d'auteur
  • Xavier Jacquey, Ces appelés qui ont dit non à la torture, L’Harmattan, 2012[25]
  • Jean-Yves Jaffrès, Vie de soldats bretons dans la guerre d'Algérie, 1954-1962, Éditions L'Harmattan, 2001
  • Jean-Yves Jaffrès, Soldats dans la guerre d'Algérie, 1954-1962, Éditions L'Harmattan, 2002
  • Jean-Yves Jaffrès, Notre Guerre et notre vécu en Algérie, Éditions L'Harmattan, 2005
  • Jean-Yves Jaffrès, Militaires français prisonniers du FLN : revenus ou disparus en Algérie, Éditions L'Harmattan
  • Claude Juin, Des soldats tortionnaires. Guerre d'Algérie : des jeunes gens ordinaires confrontés à l'intolérable. Paris, Robert Laffont, 2012, 363 p. (ISBN 2-221-12975-X)
Théâtre 
  • Bernard Gerland, Ma Guerre d'Algérie (pièce de théâtre), Golias, 2003
Roman 

Appelés notables du contingent en Algérie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Chevandier, La Fabrique d’une génération. Georges Valero, postier, militant et écrivain, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Histoire de profil », 2009, 434 p.
  2. LE YACHT PIRATE EGYPTIEN " ATHOS", Les Actualités Françaises - 24/10/1956, Ina.fr
  3. Saisie de 7,5 tonnes d’armement et de munitions à bord du “Baltic Exporter” dans le port de Bône., ECPAD
  4. [1] [Soldes des appelés en 1961], SGA
  5. Guerre d’Algérie, combats du Maroc et de la Tunisie, SGA
  6. Benjamin Stora, Les mots de la guerre d'Algérie, Presses Universitaires du Mirail, 2005, p.93
  7. a et b Journal télévisé 19h20 Édition nationale, Les disparus d'Algérie, France 3, 14/03/2005
  8. Joseph Katz, Une destinée unique : mémoires (1907-1996), Éditions L'Harmattan, Mémoires du XXe siècle, 1997, p.287
  9. a et b Louis Muron, Pompidou: le président oublié, Flammarion, 1994, p.77
  10. Témoignage soldat français séquestré par le FLN, 20 heures le journal - 13/03/2002, Institut National de l'Audiovisuel
  11. L'experience nucléaire souterraine de Reggane, L'experience nucléaire souterraine de Reggane Les Actualités Françaises,16/05/1962
  12. Guy Pervillé, « L’armée française au combat, de 1956 à 1962 (1992) », sur Pour une histoire de la guerre d’Algérie,‎ (consulté le 22 juillet 2012)
  13. Bien que la reconnaissance légale du statut d'objecteur de conscience date de 1963, juste après la guerre d'Algérie
  14. Tramor Quemeneur, « Guerre d'Algérie : les insoumis », L'Histoire, no 338,‎ (ISSN 0182-2411)
  15. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Alg.C3.A9rie_:_une_guerre_d.27appel.C3.A9s.
  16. Sources : Jean-Pierre Masseret secrétaire d’État à la défense et O.N.A.C. (Office national des anciens combattants)
  17. Dominique Farale, Mystérieuse Légion étrangère: de 1831 à nos jours : une épopée combattante et humanitaire, DIE, 2005, p.207
  18. « Sociétés militaires privées : les limites de l’externalisation dans les armées », sur Les Échos,‎ (consulté le 22 juillet 2012)
  19. Voir le livre de Jean-Yves Jaffrès Militaires Français prisonniers ou disparus 1954 1962 (2009)
  20. Selon Charles-Robert Ageron, dans l'ouvrage La France en guerre d'Algérie (dir. Laurent Gervereau, Jean-Pierre Rioux et Benjamin Stora, BDIC, 1992), les chiffres fournis par l'armée française sont les suivants : 15 583 militaires sont morts au combat ou dans les attentats, 7 917 dans des accidents et 1 144 de maladie.
  21. François Buton, « Quand les disponibles ne veulent pas l’être. Le « Mouvement des rappelés » pendant la guerre d’Algérie », dans André Loez et Nicolas Mariot, Obéir/désobéir : Les Mutineries de 1917 en perspective, La Découverte,‎ , 448 p. (ISBN 9782707156198, lire en ligne), p. 2
  22. Source O.N.A.C. (Office national des anciens combattants)
  23. Tournage du film "L'honnneur d'un capitaine" de Pierre Schoendoerffer, IT1 20H - 20/03/1982, INA.fr
  24. L'ouvrage a été saisi dès sa parution en avril 1961. L'auteur précise qu'il tient à la disposition de la justice les noms des personnes dont les initiales sont citées dans le livre
  25. Témoignage de Xavier Jacquey, Témoignage chrétien, 14 mars 2012 [2]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]