Monarchie élective

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Une monarchie élective est un type de monarchie où le monarque accède au trône par une élection et non de façon héréditaire.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui dans le monde, les monarchies électives sont :

Ancienne monarchie élective[modifier | modifier le code]

La monarchie française fut théoriquement élective jusqu’à la mort de Philippe II, les rois étant élus par la noblesse. Les premiers Capétiens firent élire et sacrer leurs fils aînés de leur vivant. Philippe Auguste s’en dispensa ; lorsque son fils Louis lui succéda après sa mort en 1223, l’hérédité gagna le statut de coutume légale faisant partie des lois fondamentales[1].

Cette origine élective était symboliquement rappelée lors du sacre des rois de France lorsque les pairs soutenaient la couronne avant qu’elle ne fût ceinte sur la tête du roi.

La monarchie polonaise a également connu un épisode électif. Mais jusqu'à l'élection d'Henri III de Valois et sa constitution henrycienne, les élections des rois de pologne étaient essentiellement que de pure forme, se contentant d'élire l'héritier direct du précédent souverain. A une seule exception prêt qui est lorsque Louis Ier d'anjou mourut en laissant sa fille Hedwige comme seule héritière. Cette dernière sut imposer son époux Ladislas II Jagellon. A l'extinction de la dynastie en 1572, de véritables élections libres ont été organisées jusqu'en 1791 (voir Élections libre).

Au XVIIe siècle le duché de Savoie est également considéré comme une monarchie élective ainsi que certaines provinces du Saint-Empire romain germanique (la Hongrie, la Saxe).

Le Saint-Empire romain germanique est lui théoriquement une monarchie élective bien que le pouvoir revienne depuis Charles Quint aux Habsbourg. En effet, c'est la réunion des sept princes électeurs qui doit déterminer qui sera le nouvel empereur. L'élection du futur empereur pouvant se faire avant la mort du souverain, on appelle donc le futur chef du Saint-Empire le roi des Romains.

La couronne de Bohême était également élective. Là encore, c'était essentiellement des élections nominales de l'héritier du précédent souverain jusqu'aux guerres hussites et l'avènement de Georges Ier. Puis les Habsbourg s'imposèrent mais respectèrent à chaque fois les élections nominales. En 1621, avec l'écrasement de la révolte de Bohême, Ferdinand II priva la Bohême de ses privilèges et la couronne bohémienne cessa d'être élective.

François Ier s'est présenté en 1519 à la fonction d'empereur contre Charles Quint et Henri VIII d'Angleterre. Charles Quint fut élu grâce à son grand-père Maximilien Ier.

Au début du Moyen Âge, le royaume wisigoth d'Espagne (VIe-VIIIe s.) est aussi une monarchie élective mais certains rois, cherchant à imposer leur dynastie, suscitèrent de nombreux complots orchestrés par une partie de la noblesse wisigothique opposée au caractère héréditaire de la royauté.

La Suède n'est une monarchie héréditaire que depuis 1544 lorsque le Riksdag des États, par Västerås arvförening, désignèrent les descendants de Gustav Vasa comme héritier du trône.

En Afrique, la Régence d'Alger (du XVIIe siècle au XIXe siècle) fut une monarchie élective, dont le dey était élu, selon les périodes, par le Divan d'Alger ou par la Taïfa des raïs (Assemblée des corsaires). Les deys élus portaient également le titre de gouverneur-sultan d'Alger ou sultan d'Alger.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. François Bluche, L’Ancien Régime. Institutions et société, Librairie générale française, col. « Le Livre de poche / Références », Paris, 1993 (ISBN 2-253-06423-8), p. 29