Priapisme

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Priapisme
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Pompeya erótica5.jpg
Dans la mythologie grecque, Priape est un dieu de la fertilité ithyphallique, exhibant un priapisme marqué. « Priape au caducée », fresque murale anonyme, Pompéi entre 89 avant notre ère et 79 de notre ère.
CIM-10 N48.3
CIM-9 607.3
DiseasesDB 25148
eMedicine med/1908 
MeSH D011317
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Le priapisme (du grec πριαπισμός, « érection ») est une situation pénible et potentiellement dangereuse dans laquelle le pénis après l'érection ne retrouve pas sa flaccidité normale au bout de quatre heures, même en l'absence de toute stimulation physique ou psychologique.

Le priapisme est une urgence médicale et a besoin d'être traité par un médecin qualifié.

Causes[modifier | modifier le code]

Les mécanismes du priapisme sont mal compris, mais ils impliquent des facteurs neurologiques et vasculaires complexes. Il peut être associé à une activité sexuelle prolongée, à la leucémie (notamment dans la leucémie myéloïde chronique[1]), à la maladie de Fabry, au syndrome de Kleine-Levin, à des désordres hématologiques (comme la drépanocytose), à une maladie cérébro-spinale (comme la syphilis), à une infection génitale, à certaines blessures de la colonne vertébrale, à des traumatismes de la moelle épinière, ou à une inflammation (Beers & Berkow, 1999) mais aussi à certains poisons, notamment le venin de l'araignée banane[2]. Le priapisme peut être provoqué par des médicaments comme certains antidépresseurs, des antihypertenseurs, des anticoagulants et des corticostéroïdes. Il peut aussi être un symptôme de privation de drogues comme l'héroïne. C'est en partie parce qu'une majorité des signaux transmis par la moelle épinière aux organes sexuels sont inhibiteurs : dès qu'ils disparaissent le pénis est désinhibé et entre en érection.

Une des classes de médicaments les plus efficaces pour provoquer un priapisme et lutter contre la dysfonction érectile est constituée par les inhibiteurs de type 5 (PDE5) aux phosphodiestérases comme le sildénafil (plus connu sous le nom de Viagra), le tadalafil et le vardénafil. L'injection d'alprostadil est aussi efficace pour provoquer un priapisme et lutter contre la dysfonction érectile. L'antidépresseur/sédatif trazodone a été associé lui aussi au priapisme.

On dit aussi qu'un pendu entre en érection (voir érection post mortem). Mais ici la cause n'est pas une désinhibition du pénis, mais est due au fait que le sang afflue vers les extrémités inférieures du corps lors de la pendaison.

Complications[modifier | modifier le code]

Les complications potentielles incluent l'ischémie, la coagulation du sang retenu dans le pénis (thrombose) et l'endommagement des vaisseaux sanguins du pénis qui peut avoir comme conséquence une fonction érectile diminuée ou une impuissance. Dans les cas sérieux, la gangrène peut survenir[3] et au pire rendre nécessaire la castration ou l'ablation du pénis.

Traitement[modifier | modifier le code]

Il faut immédiatement consulter un médecin si une érection se prolonge au-delà de quatre heures. Généralement, on dirige le malade vers les urgences. La thérapie à ce stade consiste à aspirer le sang du corps caverneux sous anesthésie locale. Si cela ne suffit pas, on peut pratiquer des injections de pseudoéphédrine pour y aider[4]. Tout cela ne peut être exécuté que par un urologue expérimenté, le patient restant constamment sous contrôle hémodynamique, car la pseudoéphédrine peut provoquer hypertension et tachycardie.

Si l'aspiration échoue et que la tumescence se reproduit, on tente alors la chirurgie en essayant d'inverser l'état priapique en faisant passer le sang des corps caverneux rigides dans les corps spongieux (qui contiennent le gland et l'urètre). On commence par des shunts (en) distaux, suivis de shunts proximaux[5].

Dans les shunts distaux, comme les shunts de Winter, il faut percer le gland (la partie distale du pénis) dans un des corps caverneux, où le sang stagnant est retenu. Ainsi le sang quitte le pénis et la circulation recommence. Cette procédure peut être exécutée par un urologue au chevet du malade[5].

Dans les shunts proximaux, comme les shunts de Quackel, l'opération est plus délicate car il faut ouvrir le périnée - là où les corps caverneux rencontrent les corps spongieux -, faire une incision aux deux puis suturer les deux ouvertures.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom vient de dieu Priape, et fait allusion à son attribut le plus remarquable : une version intéressante de ce mythe de Priape veut qu'il ait été puni par les dieux pour avoir essayé de violer une déesse ; on lui donna en punition d'énormes attributs de bois, ensemble énorme mais inutile. La contrepartie féminine de cet état est connue sous le nom de clitorisme[6],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rodgers R, Latif Z, Copland M. « How I manage priapism in chronic myeloid leukaemia patients » Br J Haematol. 2012;158(2):155-64. PMID 22571386 DOI:10.1111/j.1365-2141.2012.09151.x
  2. (en) Leite KR, Andrade E, Ramos AT, Magnoli FC, Srougi M, Troncone LR, « Phoneutria nigriventer spider toxin Tx2-6 causes priapism and death: a histopathological investigation in mice », Toxicon, vol. 60, no 5,‎ 2012, p. 797-801 (PMID 22750220, DOI 10.1016/j.toxicon.2012.06.006) modifier
  3. (en) Ajape AA, Bello A. « Penile gangrene: an unusual complication of priapism in a patient with bladder carcinoma » J Surg Tech Case Rep. 2011;3(1):37-9. PMID 22022653 DOI:10.4103/2006-8808.78470
  4. Pierre Bondil, Jean-Luc Descottes, Abdul Salti, Riad Sabbagh, Tarek Hamza, « Traitement médical du priapisme veineux à propos de 46 cas : ponction, détumescence pharmacologique ou réfrigération pénienne ? [Conservative treatment of venous priapism based on a series of 46 cases : puncture, pharmacological detumescence or penile cooling?] » Progrès en Urologie (1997;7:433-41.[PDF] PMID 9273072
  5. a et b (es) Vázquez Alonso F, Vicente Prados FJ, Fernández Sánchez A, Pascual Geler M, Funes Padilla C, Rodríguez Herrera F, Martínez Morcillo A, Cózar Olmo JM, Espejo Maldonado E, Tallada Buñuel M. « Priapismo de Bajo Flujo. Tratamiento Mediante Shunt Safeno-Cavernoso [Low flow priapism. Treatment by sapheno-cavernous shunt] » Arch Esp Urol. 2007;60(3):300-3. PMID 17601308
  6. (en) Monllor J, Taño F, Arteaga PR, Galbis F. « Priapism of the clitoris » Eur Urol. 1996;30(4):521-2. PMID 8977080
  7. (en) Arntzen BW, de Boer CN. « Priapism of the clitoris » BJOG. 2006;113(6):742-3. PMID 16709221

Articles connexes[modifier | modifier le code]