Tréhorenteuc

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Tréhorenteuc
La mairie.
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Vannes
Canton Mauron
Intercommunalité Communauté de communes de Mauron en Brocéliande
Maire
Mandat
Michel Jallu
2014-2020
Code postal 56430
Code commune 56256
Démographie
Gentilé Tréhorenteucois, Tréhorenteucoise
Population
municipale
111 hab. (2011)
Densité 20 hab./km2
Population
aire urbaine
5 592 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 00′ 33″ N 2° 17′ 11″ O / 48.0091666667, -2.28638888889 ()48° 00′ 33″ Nord 2° 17′ 11″ Ouest / 48.0091666667, -2.28638888889 ()  
Altitude 93 m (min. : 69 m) (max. : 155 m)
Superficie 5,42 km2
Localisation

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Tréhorenteuc [tʁeɔʁɑ̃tœk] est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne et à la frontière avec l'Ille-et-Vilaine. Avec à peine plus de 100 habitants, c'est la plus petite commune de son département. Terre d'agriculture, Tréhorenteuc subit un important exode rural au cours du XXe siècle, mais aussi un fort accroissement de sa fréquentation touristique grâce à la légende arthurienne. Après 1942, l'abbé Gillard restaure l'église communale qui se fait connaître sous le nom de « chapelle du Graal », et fait visiter le Val sans retour. De nos jours, Tréhorenteuc est essentiellement une destination touristique.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Tréhorenteuc s'étend sur 542 hectares, pour une altitude de 92 mètres au niveau du bourg[1]. Elle touche la forêt de Paimpont, assimilée à la légendaire forêt de Brocéliande. La proximité d'un site populaire de cette forêt, le Val sans Retour (qui doit son nom à la fée Morgane), en a fait une destination touristique prisée. Tréhorenteuc est entourée de landes et des collines du Val sans retour, dont les plus élevées culminent à 240 et 256 mètres[1]. Les pierres de schiste rouge typique de cette région de Bretagne s'y trouvent en abondance[2], particulièrement à la carrière située au lieu-dit La Troche.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Trois ruisseaux traversent la commune. La Grenouillère et le Rauco proviennent de la forêt de Paimpont, le ruisseau des Rouliers prend source à Pertuis-Néanty. Ils se rejoignent près de la commune et se jettent plus loin dans l'Yvel, à hauteur de Néant-sur-Yvel[2].

Quartiers et lieux-dits[modifier | modifier le code]

La commune compte plusieurs quartiers : le Pâtis, les Ruées, le Gué Ronçin, les Vignes, Gautro et Rue neuve, ainsi que le village La Touche-Robert, et des hameaux ou lieu-dits qui en dépendent : Trébotu, La Troche, Le Terrier, Le Val aux fauvettes, La Tenue, Le Champ au mur, Bellevue et Le Mazerin[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Tréhorenteuc a vraisemblablement été donné par des familles de Bretons insulaires déplacées au IVe siècle : « Tré » désigne les habitations d'une même famille ou de petits hameaux communautaires bâtis autour d'un centre religieux[3]. D'après la communauté de communes de Mauron en Brocéliande, qui ne cite pas ses sources, ce nom signifierait « pays de la charité »[4]. D'après Jacky Ealet, la commune est historiquement connue sous un autre nom, « Trégarantec », qui signifierait « l'habitation aimable »[3]. En Gallo, langue parlée historiquement sur le territoire de la commune, le nom est Terhantoec. En Breton, c'est Trec'horanteg. La commune n'est pas signataire de la charte Ya d'ar Brezhoneg (oui à la langue bretonne)[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'occupation du territoire de Tréhorenteuc remonte du Néolithique à l'âge de bronze, comme en témoignent les monuments mégalithiques des environs[6]. Une église aurait été fondée au VIIe siècle, pour concurrencer le centre druidique de la Butte-aux-Tombes[4]. La commune reste très longtemps rurale : elle ne possède aucune route en macadam jusque dans les années 1950[7], et si l'électrification du bourg central est décidée le 26 mai 1929, il faut attendre 1942 pour que les finances communales permettent aux habitants d'avoir l'électricité chez eux[8].

Construction de l'économie touristique[modifier | modifier le code]

Après les années 1940, l'histoire de Tréhorenteuc se mêle à la légende arthurienne. Par son action, l'abbé Gillard popularise la mystique du Val sans retour, notamment à travers sa célèbre expression « la porte est en dedans »[9]. Percevant la beauté du lieu et le potentiel de la légende arthurienne christianisée[10], dès 1943, il fait éditer à ses frais de petits guides de visite aux « éditions du Val »[11]. Son sens de la communication et sa personnalité construisent la notoriété de ce petit village, qui attire dès lors des visiteurs depuis toute la France. L'abbé Gillard assiste dans le même temps au déclin de l'économie agricole et à un exode rural massif. En favorisant le tourisme, il permet à la commune de trouver de nouveaux débouchés[12]. Moins qu'un lieu de culte, son église devient un centre culturel, « faute d'habitants »[13].

Dans les années 1970 et 1980, plusieurs actions de valorisation du patrimoine sont menées dans ce sens[12]. La création de l'association de sauvegarde du Val sans retour, en 1979, vise à nettoyer les abords du village pour éloigner les risques d'incendie. En 1990 est érigé l'Arbre d'Or à l'entrée du Val sans retour. En 2000, la mairie est rénovée et une salle des fêtes est créée dans l'ancienne école[14].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Située dans le département du Morbihan en région Bretagne, Tréhorenteuc se rattache au canton de Mauron et à l'arrondissement de Vannes. Un tiers de sa limite communale forme une frontière avec le département voisin de l'Ille-et-Vilaine[1].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 en cours Michel Jallu Apparenté PCF  
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 111 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
150 201 234 240 232 256 265 278 239
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
212 219 232 217 211 226 230 244 245
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
241 227 218 230 231 215 189 188 162
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
157 142 110 109 126 117 112 110 110
2011 - - - - - - - -
111 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2004[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

C'est la commune la moins peuplée du Morbihan, avec 112 habitants recensés en 2005[1]. Comme l'explique Jacky Ealet, la fréquentation touristique a augmenté avec le lien de la commune à la légende arthurienne, tandis que les usages agricoles ont reculé et avec eux, le nombre des habitants[17].

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune a longtemps disposé d'un établissement scolaire, installé le 12 aout 1796 dans le presbytère. Malgré la pénurie d'enseignants, il se maintient et passe même par un déménagement dans un bâtiment mixte, construit en 1882 pour servir à la fois d'école et de mairie. L'exode rural et le désenclavement de la commune ont finalement entraîné la fermeture de l'école primaire en 1986, alors qu'il ne reste plus que 7 enfants scolarisés[18]. Ces enfants suivent désormais l'enseignement primaire dans la commune voisine de Néant-sur-Yvel[19].

Santé[modifier | modifier le code]

Il n'existe aucun médecin généraliste et aucune pharmacie à Tréhorenteuc, les plus proches se trouvant dans les villages voisins de Néant-sur-Yvel et Campénéac.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Manoir des Rues-Neuves[modifier | modifier le code]

Le manoir des Rues-Neuves.

Le manoir des Rues-Neuves[20] ou château de Gerwan dont on peut associer le nom à celui d'un prince breton du IXe siècle. Restauré depuis son classement au Monument Historique, ce manoir est lié à plusieurs légendes de la forêt de Brocéliande et a servi de décor pour un téléfilm avec Jean Markale.
Ce bâtiment présente une double porte charretière et piétonne. Il est aussi accosté d’une tourelle d’escalier polygonale. Une loggia donne accès à la cour. Dans cette cour, une belle porte moulurée du XVIe siècle se mélange parmi les bâtiments de la ferme.

Jardin aux Moines[modifier | modifier le code]

Le Jardin aux Moines.

Le Jardin aux Moines est un site mégalithique, au croisement de la route menant à Mauron et de celle reliant Paimpont à Néant-sur-Yvel. Il est rattaché à cette dernière commune, mais sa légende l'associe au vil seigneur Gastern de Tréhorenteuc. Menant une chasse le jour de la Toussaint, ce mauvais seigneur aurait été pétrifié et changé en pierres blanches avec son équipage, et les moines corrompus qui l'accompagnent. Ce tertre néolithique mesure 25 sur 6 mètres, et remonte à une période située entre 3 000 et 2 000 ans av. J.-C. Les fouilles ont révélé des céramiques et des pointes de flèche en silex[21].

Val sans retour[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Val sans retour.

Le Val sans retour est un prolongement naturel du massif forestier de Paimpont, dont l'entrée est située près de Tréhorenteuc. À l'origine, il porte le nom de val de Rauco et sert de lieu de pacage pour les animaux. La localisation du légendaire Val sans retour, domaine de la fée Morgane dans la légende arthurienne, s'y substitue vers 1850[Note 3]. Des poteaux indicateurs placés durant la seconde moitié du XIXe siècle entérinent cette nouvelle identité[22], que Félix Bellamy fixe définitivement dans les années 1890[23]. Le Val sans retour, situé administrativement dans le département de l'Ille-et-Vilaine, compte différents points d'intérêt comme la création artistique l’Arbre d'Or, le site mégalithique dit Hotié de Viviane ou Tombeau des druides, le siège de Merlin ou Roche Dentelée (une roche sculptée par l'érosion).

Église Sainte-Onenne ou chapelle du Graal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église Sainte-Onenne.
L'église Sainte-Onenne, plus connue sous le nom de chapelle du Graal.

Tréhorenteuc possède une église unique en son genre, dont la restauration et la popularité découlent de l'action de l'abbé Gillard. Alors que l'édifice est en ruine, l'abbé Gillard est envoyé dans ce petit édifice en pleine campagne en 1942, en raison de conflits avec sa hiérarchie[12]. Il restaure l'église à ses frais. Le premier vitrail dit « de la Table ronde » est réalisé et posé en 1943 par le peintre verrier nantais Henri Uzureau. En 1945, l'abbé est aidé par deux prisonniers allemands, l'ébéniste Peter Wissdorf, qui fabrique les bancs et la voûte en coque de bateau ainsi qu'un artiste peintre, Karl Rezabeck, qui réalise quatre tableaux représentant à la fois le monde celte, la légende arthurienne et le christianisme. Dans cette église, les vitraux, les tableaux et la mosaïque du Cert blanc au collier d'or créée par l'artiste contemporain Jean Delpech, représentent des éléments de ces trois mondes que l'abbé veut en harmonie. Pour cela, il trouve un tronc commun entre ces trois mondes, qui est le Graal. Ce dernier est fréquemment représenté, c'est pourquoi l'église porte aussi le nom de chapelle du Graal. Elle est dédiée à la sainte Onenne.

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Économie[modifier | modifier le code]

La commune est essentiellement tournée vers le tourisme[1] ; elle possède notamment un office de tourisme qui dessert tout le canton et plusieurs gîtes ruraux. Une halle d'accueil est destinée à recevoir les visiteurs, et l'ancien presbytère est aménagé pour recevoir des randonneurs. Toute l'année, de nombreux groupes scolaires et des autocaristes sont de passage[14].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Henri Gillard.

Henri Gillard, le recteur de Tréhorenteuc qui a reconstruit l'église, est sans conteste la personnalité la plus marquante de la commune. Réhabilité par sa hiérarchie, il est enterré en 1979 sous l'église qu'il a restaurée[12]. Il a écrit un grand nombre d'ouvrages, disponibles à l'office de tourisme[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  3. M. Cayot Delandre cite le Val sans retour dans le chapitre consacré à Tréhorenteuc, dans le livre Le Morbihan, son histoire et ses monuments paru en 1847. Il est certain que le Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, paru en 1853, place le Val sans retour près de Tréhorenteuc et non plus de Paimpont.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Ealet 2008, p. 8
  2. a, b et c Ealet 2008, p. 7
  3. a et b Ealet 2008, p. 33
  4. a et b « Tréhorenteuc » (consulté le 11 mars 2014)
  5. http://www.geobreizh.com/breizh/fra/villes-fiche.asp?insee_ville=56256
  6. Ealet 2008, p. 14
  7. Ealet 2008, p. 83
  8. Ealet 2008, p. 99
  9. Ealet 2008, p. 146
  10. Ealet 2008, p. 148
  11. Ealet 2008, p. 149
  12. a, b, c et d Ealet 2008, p. 11
  13. Gillard 1971, p. 4
  14. a et b Ealet 2008, p. 12
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  17. Ealet 2008, p. 166
  18. Ealet 2008, p. 85-89
  19. Ealet 2008, p. 91
  20. Architecture de Tréhorenteuc - Base Mérimée
  21. Jacques Briard, Dolmens et menhirs de Bretagne, éditions Jean-Paul Gisserot,‎ 1990, 64 p. (ISBN 2877470423 et 978-2877470421), p. 15-16
  22. Ealet 2008, p. 165
  23. Calvez 2010, p. 6
  24. Yves Guilloux, Le triskell et l'écharpe: la transceltique d'un maire breton, Coll. Une mémoire, éditions Cheminements, 2004, (ISBN 2844782515 et 9782844782519), p. 250

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Gillard, Vérités et légendes de Tréhorenteuc, St. Joachim,‎ 1971, 48 p.
  • Jacky Ealet, Tréhorenteuc en Brocéliande, Les oiseaux de papier, coll. « De Brocéliande à... »,‎ 2008 (ISBN 978-2-916359-28-1) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Marcel Calvez, « Druides, fées et chevaliers dans la forêt de Brocéliande : de l'invention de la topographie légendaire de la forêt de Paimpont à ses recompositions contemporaines », Festival international de géographie. Programme scientifique, Saint-Dié-des-Vosges,‎ 2010 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article