Le Pertre

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Le Pertre
La mairie du Pertre.
La mairie du Pertre.
Blason de Le Pertre
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Fougères-Vitré
Canton La Guerche-de-Bretagne
Intercommunalité Vitré Communauté
Maire
Mandat
Dominique de Legge
2014-2020
Code postal 35370
Code commune 35217
Démographie
Gentilé Pertrais
Population
municipale
1 408 hab. (2014)
Densité 32 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 02′ 05″ nord, 1° 02′ 14″ ouest
Altitude Min. 67 m – Max. 184 m
Superficie 43,63 km2
Localisation

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Liens
Site web www.lepertre.fr

Le Pertre est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en Région Bretagne, peuplée de 1 408 habitants[Note 1] (les Pertrais).

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette paroisse des marches de Bretagne est créée par essartage de la forêt-frontière qui séparait la Bretagne du Bas-Maine. C'est dans cette forêt qu'aimait flâner la marquise de Sévigné.

La commune est la plus orientale d'Ille-et-Vilaine et de la région Bretagne.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

Au XIe siècle, la localité est attestée sous la forme Pertum[1]. Au siècle suivant, on trouve Pertrum[1]. En 1516, on a reporté Ecclesia de Pertra et Ecclesia de Pertro[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Albert Dauzat et Ernest Nègre n'ont pas traité ce toponyme dans leurs ouvrages respectifs consacrés à la toponymie française[3],[4], ce qui signifie sans doute qu'ils en ignorent l'origine, car ils ne disposaient pas de formes suffisamment anciennes.

Par ailleurs les spécialistes identifient un radical Pert- dans la toponymie, comme par exemple dans Peltre (Moselle, Perta 1192) et Perthes (Aube, Pertha 856), etc., cependant son origine et sa signification exacte sont obscures.

Albert Dauzat et Charles Rostaing considèrent que les Perthes, Pertain, etc. sont basés sur un nom de personne gaulois hypothétique *Pertus et ce, d'après Perta qui est une déesse gauloise des jardins clos[5]. En outre, le gallois perth signifie « buisson, haie »[6].
Une forme au pluriel avec l'article défini les Pertes est attestée dans le toponyme Sainte-Honorine-des-Pertes (Calvados). Il est probable que ce radical Pert- se retrouve également dans le nom du Perche, nom de pays mentionné anciennement sous la forme Pertica qui s'analyse en Pert-ika, *ika étant un suffixe gaulois qui permet la substantification.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

La date de création du Pertre est inconnue. Cependant, on peut avec certitude considérer que le village a été créé avant l'an mil. Cette estimation se base sur le procès entre les moines de l'abbaye Saint-Serge d'Angers et les moines de l'abbaye Saint-Jouin de Marnes en Poitou qui s'est déroulé de 1082 à 1093 sur un litige concernant la chapelle Notre-Dame de Bréal. Durant ce procès, l'avocat Juhel, fils de Godefroy et avocat des moines de Saint-Jouan, indique que « le Pertre avait été dans le principe une abbaye construite par le roi Clovis en l'honneur de saint Martin de Vertou ». Saint Martin ayant vécu au VIIe siècle, le terme Clovis fait référence à Clovis II. Quoique la théorie de l'avocat n'ait pas été démontrée, il est évident que Le Pertre devait être suffisamment ancien à cette période pour qu'une telle théorie puisse être formulée.

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Selon un aveu de 1475 le seigneur de Gazon (en Pocé-les-Bois), « noble escuyer Robert Busson, (...) subjet de très redoubté seigneur Guy compte de Laval, seigneur de Vitré et de Chevré » possédait un fief qui s'étendait en Brielles, Gennes et Le Pertre[7].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Un chemin des saulniers (emprunté par les faux-sauniers pratiquant la contrebande du sel entre la Bretagne et le Maine, pays de gabelle, passe à la limite des communes de Veneffles (désormais annexée par la commune de Châteaugiron) et d'Ossé avec celles de Chaumeré (désormais annexée par la commune de Domagné) et Saint-Aubin-du-Pavail, puis, après avoir traversé Domagné, passe à la limite de celle de Cornillé avec celles de Torcé et Louvigné-de-Bais avant de rejoindre, via Étrelles et Argentré-du-Plessis, Le Pertre. Ce chemin des saulniers est d'origine ancienne, c'est probablement une ancienne voie romaine ; son tracé se lit encore très bien sur une carte, empruntant successivement de l'ouest vers l'est des tronçons des routes départementales D 93, D 104, D 35, à nouveau D 104 et enfin D 33[8].

Révolution française[modifier | modifier le code]

La colonne ou canton d'Argentré, des chouans membres de la division de Vitré de l'Armée catholique et royale de Rennes et de Fougères, eut pour chef Toussaint du Breil de Pontbriand, secondé par Louis Hubert. Elle était divisée en plusieurs compagnies : compagnie d'Étrelles, compagnie d'Argentré-du-Plessis, compagnie de Saint-M'Hervé, compagnie de La Chapelle-Erbrée, compagnie du Pertre (capitaine : Jean Plâtier, dit Briseville, lieutenant : René Quinerie, sous-lieutenant : Joseph Bruno, dit La Chasse) , compagnie de Vitré.

Le , le district de Vitré évalue à 600 le nombre des « brigands » rassemblés en forêt du Pertre et rapporte « qu'ils espèrent être bientôt trois mille et qu'il paraît que cette bande a des relations avec les brigands de la Vendée ». Dans la seconde quinzaine de novembre 1793, des rassemblements suspects sont signalés à Argentré, Balazé, Champeaux, Châtillon, Cornillé, Étrelles, Montautour, Le Pertre, Taillis et Vergeal. Dans un rapport daté du , les autorités d'Ernée écrivent que des paysans d'Argentré, Le Pertre, Mondevert, Erbrée, La Chapelle-Erbrée, Bréal, Saint-M'Hervé, Montautour et Balazé avaient « porté leurs grain aux insurgés pendant leur séjour à Laval »[9].

La forêt du Pertre constitua un des refuges préférés des Chouans, que les autorités révolutionnaires s'évertuèrent à neutraliser en y aménageant de larges brisées et en éclaircissant les taillis. Dans la campagne avoisinante, on obligea les paysans à couper les arbrisseaux des talus, qui protégeaient si bien ceux qui tendaient des embuscades. Dans l'espoir de neutraliser la rébellion, on vida les communes des alentours, obligeant leurs habitants à se réfugier à Vitré, qui fut comme leur prison. Plus de 1 200 hommes de troupe y étaient cantonnés. Le prince de Talmont, commandant en chef de la cavalerie vendéenne, y fit halte quelques jours en décembre 1793 alors qu'il était en fuite (Virée de Galerne), se dirigeant vers la Normandie[10].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
vers 1930 1959 Antoine de Sallier Dupin -  
1959 1978 Geoffroy de Legge - Colonel de cavalerie
1978 1995 Théophile Paré -  
1995 en cours Dominique de Legge[11] UMP-LR Cadre dirigeant - sénateur d'Ille-et-Vilaine (depuis 2008) - conseiller régional (1998-2014)
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2014, la commune comptait 1 408 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2004, 2009, 2014, etc. pour Le Pertre[12]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 100 1 821 1 707 1 963 1 965 1 972 1 877 1 909 1 989
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 035 2 015 2 006 1 904 1 890 1 894 1 820 1 856 1 792
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 775 1 734 1 739 1 508 1 511 1 480 1 557 1 580 1 518
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 475 1 376 1 270 1 335 1 326 1 361 1 370 1 434 1 408
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution des naissances
1701--1710 1711--1720 1721--1730 1731--1740 1741--1750 1751--1760 1761--1770 1771--1780 1781--1790 1791--1800
1137 1169 1178 1399 1116 1121 1019 868 820 596
1801--1810 1811--1820 1821--1830 1831--1840 1841--1850 1851--1860 1861--1870 1871--1880 1881--1890 1891--1900
526 496 539 436 460 473 463 474 474 446
1901--1910 1911--1920
408 279
Ces chiffres (jusqu'à 1920) sont basés sur le nombre de baptêmes et sont donc relativement fiables concernant le nombre de naissances.
Évolution des décès
1601--1610 1611--1620 1621--1630 1631--1640 1641--1650 1651--1660 1661--1670 1671--1680 1681--1690 1691--1700
307 261 368 435 509 551 486 1064 676 542
1701--1710 1711--1720 1721--1730 1731--1740 1741--1750 1751--1760 1761--1770 1771--1780 1781--1790 1791--1800
782 638 1021 1086 1220 840 888 914 867 ~900
1801--1810 1811--1820 1821--1830 1831--1840 1841--1850 1851--1860 1861--1870 1871--1880 1881--1890 1891--1900
566 421 572 471 443 458 457 423 414 384
1901--1910 1911--1920
297 356
Ces chiffres (jusqu'à 1920) sont basés sur le nombre de sépultures et sont donc relativement fiables concernant le nombre de décès.

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église paroissiale Saint-Martin-de-Vertou[modifier | modifier le code]

Le clocher Saint-Martin.

L'église Saint-Martin-de-Vertou se situe au centre du village. De la place de l'église, partent toutes les routes menant aux villages environnants.

La première pierre de l'actuelle église a été bénite le 8 juin 1863 par M. Vilais, curé-doyen d'Argentré-du-Plessis et chanoine de Rennes. La construction a duré une dizaine d'années et a été endeuillée par la mort de deux ouvriers.

Le clocher de l'église culminait à 83 mètres fin 1920 (en raison des réparations, en particulier après la chute du clocher de 1982, la hauteur a peut-être légèrement changé). Il est possible d'accéder à un parapet situé à 37 mètres du sol (la clef peut être empruntée au café Bambino). La légende dit que trente-neuf clochers sont visibles par beau temps du sommet de l'église, et il a été prouvé qu'effectivement trente-sept clochers étaient visibles au début du XXe siècle. Les quatre principales cloches sont nommées Marie-Henriette (2 137 kg), Louise-Prosper (1 471 kg), Joséphine-Perrine (1 038 kg) et Sophie-Amédée (245 kg).

Les dimensions de l'église sont 49 m de long, 16,5 m de large et 17 m de haut pour la nef principale.

Chapelle Saint-Joseph[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Léonard[modifier | modifier le code]

Château de Belair[modifier | modifier le code]

Château conçu à la fin du XIXe siècle par l'architecte Henri Mellet pour la famille de Legge.

Hippodrome de la Chaussée[modifier | modifier le code]

Cet hippodrome accueille une épreuve de championnat de France de cross-country[15]. Trois réunions s'y déroulent chaque année entre juillet et septembre.

Forêt du Pertre[modifier | modifier le code]

D'une superficie de 1 513 hectares, la forêt du Pertre est une chênaie-hêtraie, classée en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique[16] en 1997. Elle a certain intérêt ornithologique puisque trente-deux espèces d'oiseaux y sont recensées, dont cinq peu courantes dans la région (la Bondrée apivore, le Faucon hobereau, la Huppe fasciée, le Rougequeue à front blanc et le Pic mar). Par ailleurs, cette forêt compte deux espèces de chauves-souris.

La forêt est un site de captage d'eau potable[17], via des drains qui amènent l'eau jusqu'à Vitré et un périmètre de protection. La mise en place de pylônes pour la ligne haute tension Normandie-Maine à l’extrémité nord de ce site a fait l'objet de recours juridiques[18].

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Circuit des deux provinces[modifier | modifier le code]

Le Circuit des deux provinces est une compétition cycliste organisée chaque année.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

La commune du Pertre est traversée par les infrastructures suivantes :

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Le Moullec, Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Les registres paroissiaux du Pertre 1564-1670, édition, annotation et présentation, Rennes, 1997, (Archives d'I&V - Mémoire 2 J 712).
  • Compilation des bulletins paroissiaux de février 1914 à décembre 1937 (une copie est disponible à la bibliothèque municipale du Pertre).
  • Pouillé historique, abbé Amédée Guillotin de Corson, tome II, 563.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014, légale en 2017.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Site de KerOfis : base de données du service Patrimoine linguistique de l'Office public [1]
  2. « Etymologie et Histoire de Le Pertre », infobretagne.com
  3. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6)
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, 4 volumes, Genève : Droz, 1990-1998
  5. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., p. 524b.
  6. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003. p. 165.
  7. Aveu de 1475, Seigneur et Dame de Gazon, Archives départementales, cité par M. Etasse, Documents inédits concernant la baronnie de Vitré, "Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine", 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207795g/f71.image.r=Domagn%C3%A9
  8. Paul Banéat, Étude sur les voies romaines du département d'Ille-et-Vilaine, "Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine", 1927, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122073r/f98.image.r=Domagn%C3%A9
  9. Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, cité par Roger Dupuis, "De la Révolution à la Chouannerie", Nouvelle bibliothèque scientifique, Flammarion, 1988,[ISBN 2-08-211173-3]
  10. Joseph Chardonnet, "Rennes et la Haute-Bretagne", éditions France-Empire, 1980
  11. Réélection 2014 : « Le Pertre (35370) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 2 mai 2014)
  12. Date du prochain recensement à Le Pertre, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  15. Site des courses du Pertre
  16. « Fiche ZNIEFF de la Forêt du Pertre », sur site de l'INPN (consulté le 7 décembre 2012)
  17. « Arrêté préfectoral de protection », sur site internet de la Préfecture de Bretagne
  18. « Reportage France 3 »
  19. « Les opposants à la THT « décorent » les pylônes - Ouest France »
  20. « Une randonnée contre la ligne à très haute tension - Ouest France »

Liens externes[modifier | modifier le code]