Rannée

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Rannée
Rannée
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Fougères-Vitré
Canton La Guerche-de-Bretagne
Intercommunalité Vitré Communauté
Maire
Mandat
Gérard Chopin
2014-2020
Code postal 35130
Code commune 35235
Démographie
Gentilé Rannéen
Population
municipale
1 110 hab. (2015 en diminution de 3,98 % par rapport à 2010)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 55′ 27″ nord, 1° 14′ 26″ ouest
Altitude Min. 55 m
Max. 114 m
Superficie 51,95 km2
Localisation

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Rannée est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne, peuplée de 1 110 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Rannée
Visseiche La Guerche-de-Bretagne, Availles-sur-Seiche La Selle-Guerchaise
Retiers, Drouges, Moussé, Arbrissel Rannée Fontaine-Couverte, Brains-sur-les-Marches
Forges-la-Forêt Chelun Saint-Aignan-sur-Roë, La Rouaudière
Carte de la commune.

Forêt[modifier | modifier le code]

La forêt de la Guerche (située en fait à Rannée) est l'une des plus vastes du département. Des activités connexes s'y sont développées, comme de petits ateliers de vannerie professionnelle qui fabriquaient les paniers à pommes et les resses (vannerie bâtie sur arceaux)[1].

Les vanniers, appelés aussi pann'rotieux, vendaient leurs objets notamment lors des grandes foires de la fin de l'été de la Guerche de Bretagne : ces foires sont dites angevines dont la foire aux « bitraos » (gardiens de troupeaux), la foire aux Prussiens (référence probablement à  l’occupation par les troupes prussiennes de la région de début septembre à début octobre 1815)[2].

Les vanniers prélevaient dans la forêt la « bourdann » (la bourdaine qui est un arbuste noir à fruit rouge) et le châtaignier. Aujourd'hui, les vanniers préfèrent l'osier qu'ils achètent conditionné en bottes. L'atelier Hérisset est le dernier atelier en activité[3].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Radenix en 1150, Raenia en 1180, Redenia en 1188[4], Rasné au XVIe siècle.

« Fougeraie, lieu ou poussent les fougères »[4], du breton radenn « fougère », avec amuïssement roman du [d] intervocalique.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Rannée est peuplé depuis longtemps. Les mines d'or situées à l'ouest de la forêt ont été exploitées depuis l'Antiquité. De nombreuses pièces de monnaies sont encore trouvées de nos jours dans la forêt (site d'un village gaulois, voie romaine…).

En plus de la richesse de son sous-sol, Rannée était un lieu stratégique situé aux confins des pays de deux cités gauloises qui ont donné les actuelles Rennes et Nantes.

Localisée par la suite sur la marche franco-bretonne, il est certain que de nombreux échanges s'y sont déroulés avec l'Anjou voisin.

De 1791 à 1900, la commune de Rannée est rattachée à La Guerche-de-Bretagne. Avant 1791, La Guerche dépendait de la paroisse de Rannée. Pendant la Révolution, une partie de la bourgeoisie de ce quartier s'est opposée au projet initial de la création de deux communes. Ils souhaitaient développer la Guerche, cependant, ils se sont mis à dos la population des autres quartiers de l'ancienne paroisse en supprimant le droit de culte, le cimetière, les cloches de l'ancienne paroisse (aujourd'hui Rannée). Ils confisquèrent aussi les biens de cette paroisse. La population de Rannée a ressenti cette période comme une forme d'occupation, ce qui a pu favoriser un certain conservatisme religieux (en réaction au zèle « abusif » de certains patriotes guerchais) et plus généralement une méfiance par rapport à leurs voisins guerchais. Les habitants retrouveront les cloches chez un brocanteur et militeront jusqu'au rétablissement du droit de culte et du retour au statut de commune.

Au début du XXe siècle, les habitants de Rannée font construire une école privée (il n'y avait alors aucune école à Rannée). Celle-ci est rapidement confisquée par l'État. Les habitants obtiendront la récupération des lieux (qui étaient des biens privés, propriété notamment de la famille Dutertre et non pas de l'Église : ils n'auraient donc pas dû être confisqués). On s'émeut qu'une commune aussi importante n'ait pas d'école publique. Elle est construite dans les années 1930 : deux élèves (enfants d'une même famille) s'y inscriront dans le siècle. L'école privée est toujours en activité.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes occupent la forêt (réserve importante de munitions et de matériel près de la gare de la forêt). Les habitants sont régulièrement réquisitionnés pour y travailler. Le château de la forêt est détruit à la suite des combats de la Libération.

En 2000, une grande fête a été organisée pour célébrer les cent ans de la commune.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
23 février 1936 27 mars 1971 Julien Chopin[5]    
27 mars 1971 25 mars 1989 André Taillandier[6]    
25 mars 1989 29 mars 2014 Joseph Aulnette   Retraité
mars 2014 en cours Gérard Chopin[7] SE Technicien
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1901. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[9].

En 2015, la commune comptait 1 110 habitants[Note 2], en diminution de 3,98 % par rapport à 2010 (Ille-et-Vilaine : +5,54 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 6061 5671 5961 4121 3521 2571 3051 1851 188
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 1631 1601 1141 1151 1091 1111 1531 1591 165
2013 2015 - - - - - - -
1 1211 110-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par la ligne de bus n°8 de Vitré Communauté.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien.
Statues mariales fixées au chêne de la Vierge.
Article détaillé : Église Saint-Crépin de Rannée.

L'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien est inscrite aux monuments historique depuis le [12],[13]. Le chœur, l'abside et la base de la tour datent du XIIe siècle, tandis que les collatéraux ont été édifiés au XVIe siècle.

L'église conserve trois beaux retables :

  • le retable du maître-autel, orné de colonnes,
  • un retable nord, également composé de colonnes corinthiennes,
  • un retable sud, de 1652, comprenant un groupe en terre cuite polychrome figurant sainte Anne et la Vierge. La curieuse chaire en bois, du XVIe siècle, est la plus ancienne d'Ille-et-Vilaine.

Le retable du maître-autel est orné de colonnes et d'une frise à rinceaux surmontée de trois frontons interrompus. Au-dessus s'élève une niche centrale accostée de deux cornes d'abondance. Il renfermait autrefois une peinture du XVIIe siècle, représentant le commandeur du temple de La Guerche.

Il existe en forêt de la Guerche, un chêne dédié à la Vierge appelé « Chêne à la Vierge ». L'histoire a trait à la période révolutionnaire. En 1792, des Bleus y surprirent une jeune fille occupée à prier une statuette nichée dans un creux de l'arbre et elle cachait des prêtres. Ils lui intimèrent d'indiquer où se trouvait le prêtre réfractaire de la paroisse. Devant son refus, ils la fusillèrent au pied de l'arbre. Depuis, l'endroit, libre d'accès, est l'objet d'une dévotion populaire à la Vierge Marie comme en témoignent les nombreuses statues et ex-voto accrochés à l'arbre. Dans la nuit du 11 au 12 juillet 2018, le site est détruit, le chêne ayant brûlé[14].

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jules-Émile-François Hervé de Beaulieu, né à Rannée le 16 septembre 1752, décédé à Redon le 24 septembre 1807. Il fut ministre des contributions et revenus publics du 18 juin 1792 au 29 juillet 1792. Il suit la même voie que son père, celle de l’administration des fermes d’impôts en Bretagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2015, légale en 2018.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Beaulieu, « Les vanniers de Rannée. En pays gallo, une dynastie d’artistes de l’osier », 2011, p. 38–43 ArMen, no 122.
  2. Roger Hérisset, La Vannerie en Bretagne, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, , 408 p. (ISBN 978-2-7535-3531-2, 6), page 132
  3. Roger Hérisset, « Le patrimoine vannier à redécouvrir », septembre 2003, Institut culturel de Bretagne, Sterenn, no 20.
  4. a et b Noms de lieux bretons, Paris, Editions Jean-paul Gisserot, coll. « Universels Gisserot » (no 22), Universels Gisserot, p. (ISBN 978-2-877-47482-5, OCLC 2877474828, lire en ligne), p. 101
  5. Chopin : Nom relevé sur un extrait d'acte de naissance portant mention de ses nom et signature en 1938 et 1951
  6. Taillandier : Nom relevé sur un extrait d'acte de naissance portant mention de ses nom et signature en 1976
  7. « L'annuaire des élus 2014 d'Ille-et-Vilaine », Dimanche Ouest-France, 20 avril 2014
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  12. Notice no PA00090663, base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. Notice no IA00130859, base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. Ouest-France, 13 juillet 2018 [1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Hérisset, La Vannerie en Bretagne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 408 p.
  • Jean-Claude Meuret, Peuplement, pouvoir et paysage sur la marche Anjou-Bretagne, Société d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne, Laval, 1993.
  • Paul Banéat, Le Département d'Ille-et-Vilaine, Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929., p. 160-165.
  • Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886., t. 2, p. 744-749.
  • Armand Baron, Rannée. Évêché de Rennes - Baronnie de la Guerche - Sénéchaussée de Rennes (texte manuscrit relié, non daté, A. C. Rannée).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]