Souain-Perthes-lès-Hurlus

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Souain-Perthes-lès-Hurlus
Souain-Perthes-lès-Hurlus
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Marne
Arrondissement Châlons-en-Champagne
Intercommunalité Communauté de communes de la Région de Suippes
Maire
Mandat
Jean-Marie de Grammont
2020-2026
Code postal 51600
Code commune 51553
Démographie
Gentilé Goyats
Population
municipale
240 hab. (2018 en augmentation de 8,6 % par rapport à 2013)
Densité 4,5 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 11′ 04″ nord, 4° 32′ 39″ est
Altitude Min. 128 m
Max. 202 m
Superficie 53,12 km2
Élections
Départementales Canton d'Argonne Suippe et Vesle
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Souain-Perthes-lès-Hurlus

Souain-Perthes-lès-Hurlus est une commune française, située dans le département de la Marne en région Grand Est.

Les habitants de Souain sont appelés les "Goyas" ou "Goïas".

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

L'entrée du village.

Souain-Perthes-lès-Hurlus est un village rural situé à 40 km à l'est de Reims, jouxtant Suippes et à 30 km au nord-est de Chalons-en-Champagne.

Il est traversé par l'ex-route nationale 77 (RD 977) et est le point de fin de la départementale RD 19.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

L’Ain, qui prend sa source dans la commune et rejoint la Suippe à Saint-Hilaire-le-Grand, est la plus petite rivière du territoire de la communauté de communes de la Région de Suippes (7 km).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme de Souain-Perthes-lès-Hurlus est constitué du regroupement du nom des deux anciennes communes regroupées en 1950 ; Souain et Perthes-lès-Hurlus. Avant 1950, le village se nommait Souain, que l'on peut définir comme étant la contraction de Sous-Ain et avant de Somme-Ain qui signifie sommet ou source de la rivière l'Ain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Une nécropole gallo--romaine a été découverte en 1867 à un kilomètre environ à l'est du village, à la jonction des lieux-dits La voie du Grand-Saint-Hilaire, et le Mont-de-la-Garde[1].

Les fusillés de Souain[modifier | modifier le code]

Le , au Moulin de Souain, la 21e compagnie du 336e régiment d'infanterie, très éprouvée par les combats féroces de Perthes-lès-Hurlus, reçoit l'ordre de tenter de nouveau de s'emparer des tranchées ennemies. Les soldats refusent de sortir.

Le général donne l'ordre de choisir un caporal et quatre soldats par section, et les fait se porter en plein jour, sous le feu ennemi, à 150 m vers l'avant, pour sectionner les barbelés. Les soldats tentent vainement d'exécuter cet ordre. Le soir, ils regagnent les tranchées françaises.

Le , leur compagnie est relevée, dirigée à Suippes, et aussitôt les caporaux Théophile Maupas, Louis Girard, Louis Lefoulon et Lucien Lechat, avec une trentaine de soldats, sont arrêtés et inculpés de refus d'obéissance devant l'ennemi. Le 16, la cour martiale, présidée par le colonel Marthenet, se réunit. Elle refuse d'entendre des témoins à décharge, des défenseurs sont injuriés.

Les soldats sont acquittés, mais les quatre caporaux, tous originaires de la Manche, sont condamnés à mort. Malgré la demande de recours en grâce, le général Réveilhac « qui craignait de voir arriver la grâce[2] » presse l'exécution ; ils sont fusillés le lendemain.

Par deux fois, en 1922 et 1926, les demandes de révision du procès sont repoussées. Le procès en révision s'ouvre le vendredi et acquitte les quatre caporaux[3].

Seconde bataille de Champagne (septembre 1915)[modifier | modifier le code]

Le , dans le cadre de la grande offensive de Champagne, le 2e corps d'armée colonial, aile droite de la IVe Armée commandée par le général de Langle de Carry, avait la redoutable mission, en partant de part et d'autre du village de Souain, de faire tomber la première position allemande sur un front de 5 kilomètres et sur une profondeur de plus de 3 kilomètres. Le 2e corps colonial devait ensuite percer la deuxième position ennemie au nord de Navarin, afin de permettre aux unités du 6e corps d'armée (127e DI, 12e DI, 56e DI) d'exploiter en direction de Sommepy -Vouziers.

Après-guerre et reconstruction[modifier | modifier le code]

Photo de la Croix de guerre 14/18 (recto).

À l'issue des batailles de Champagne, les deux villages de Souain[4] et de Perthes-lès-Hurlus étaient ravagés. Le village de Souain fut rebâti, celui de Perthes-lès-Hurlus ne le fut pas, son territoire fut intégré au camp militaire de Suippes.

Souain et Perthes-lès-Hurlus ont été décorées de la Croix de guerre 1914-1918 le .

Les deux communes fusionnèrent en 1960 pour constituer la commune de Souain-Perthes-les-Hurlus[5].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune, antérieurement membre de la communauté de communes de la Région de Suippes, est membre depuis le de la communauté de communes de Suippe et Vesle.

En effet, conformément aux prévisions du schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI) de la Marne du [6],[7], les communautés de communes CC de la région de Suippes et CC des sources de la Vesle ont fusionné le afin de former la nouvelle communauté de communes de Suippe et Vesle[8].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1950 Maurice Thiebault    
1950 1977 Gabriel Leclere    
1977 mars 1989 Roger de Grammont    
mars 1989 mars 2008 Michel Godin    
mars 2008[9] mars 2014 Jean-Baptiste Leclere    
2014[10] En cours Jean-Marie de Grammont
Réélu pour le mandat 2020-2026[11]
   
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1700. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[13].

En 2018, la commune comptait 240 habitants[Note 1], en augmentation de 8,6 % par rapport à 2013 (Marne : −0,45 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1700 1773 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841
744714900873806897846849834
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886
811849794780793768723673573
1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936
529480415424416302244300240
1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
251235195184138168203193202
2007 2008 2013 2018 - - - - -
204205221240-----
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église.
Lieu de mémoire de la Grande Guerre

Sur le territoire de Souain-Perthes-lès-Hurlus, plusieurs traces de la Première Guerre mondiale sont visibles comme des trous d'obus et des vestiges de tranchées.

Aux Morts des Armées de Champagne

L'ossuaire de Navarin, l'ossuaire de la Légion étrangère Farnsworth, le cimetière de la 28e brigade,

Cimetières militaires

Le peintre allemand August Macke, mort au combat le à Perthes-les-Urlus, repose dans le cimetière allemand de Souain[16].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

L'Ânier, tableau d'August Macke de 1914.
  • Henri Gouraud, général commandant la 4e armée pendant le conflit de 1914–1918, est inhumé au monument de Navarin.
  • Blaise Cendrars, le célèbre écrivain perdit son bras à la butte de Souain dans les rangs de la Légion étrangère, le . Il écrit après la guerre le roman autobiographique La main coupée.
  • François Flameng, peintre officiel de l'armée qui immortalisa par des croquis et dessins, les tragiques événements survenus dans ces villages et qui parurent dans la revue : L'Illustration.
  • Léo Latil, poète français fut tué lors des combats du .
  • August Macke, peintre expressionniste allemand, tué dans les rangs de l'armée allemande le à Perthes-lès-Hurlus.
  • Le général Géraud Réveilhac, décédé dans son lit le à Savenay, responsable de l'exécution des Quatre caporaux de Souain : Théophile Maupas, marié, deux enfants ; Louis Lefoulon, concubinage, un enfant ; Louis Girard, marié, un enfant et Lucien Lechat, célibataire, fusillés pour l'exemple en 1915, lors de la Première Guerre mondiale pour avoir refusé d'obéir à son ordre de monter une nouvelle fois à l'assaut malgré l'évidence de l'absence de chance de succès de cette attaque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Souin : On nous écrit de cette commune : Extrait du Journal de la Marne no 7018 du 10 février 1867 », Bulletin de la société archéologique champenoise, no 1,‎ , p. 10-11 (lire en ligne, consulté le 23 mars 2019).
  2. R.-G. Réau, Les crimes des conseils de guerre, Éditions du Progrès civique, Paris, 1925, p. 1-43.
  3. Sur l'affaire des fusillés de Souain, voir N. Offenstadt, Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective, éd. Odile Jacob poches, Paris, 2002 ; R.-G. Réau, Les crimes des conseils de guerre, Éditions du Progrès civique, Paris, 1925, p. 14 ; Roger Monclin, Les damnés de la guerre – Les crimes de la justice militaire (1914-1918), éd. Mignolet & Storz, Paris, 1934.
  4. Carte spéciale des régions dévastées, document mentionné en liens externes, 1920.
  5. « Commune de Souain-Perthes-lès-Hurlus (51553) », Code Officiel Géographique (date de référence : 01/01/2019), INSEE (consulté le 23 mars 2019).
  6. « Jamais plus sans ma communauté de communes : La France et ses 36.000 communes pèsent à elles seules 37,5% du nombre de collectivités territoriales de premier niveau (les communes) de l'Union européenne ! Avec 1.600 habitants par commune en moyenne, la France est dernière de ce classement européen, à égalité avec la République tchèque, très loin de 36.000 habitants par commune aux Pays Bas ou au Portugal, des 17.400 en Belgique, des 10.300 en Slovénie, des 7.100 en Italie ou des 5.900 en Allemagne », L'hebdo du vendredi,‎ (lire en ligne).
  7. « Schéma départemental de coopération intercommunale de la marne » [PDF], Tout savoir sur votre SDCI, Association nationale des Pôles d'équilibre territoriaux et ruraux et des Pays (ANPP), (consulté le 19 juillet 2015), p. 2.
  8. « Arrêté préfectoral du 30 janvier 2013 portant création du nouvel Établissement public de coopération Intercommunale issu de la fusion de la Communauté de communes de la région de Suippes et de la Communauté de communes des Sources de la Vesle », Bulletin d'information et recueil des actes administratifs de la Préfecture de la Marne, no 2 quater,‎ , p. 3-7 (lire en ligne [PDF]).
  9. Liste des maires au 1er août 2008, site de la préfecture de la Marne, consulté le 22 décembre 2008
  10. « Le conseil municipal », Bulletin municipal, vol. Année 2014,‎ (lire en ligne [PDF]).
  11. https://reader.cafeyn.co/fr/1926597/21616463
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  16. (de) Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e. V. (Hrsg.): „Lasst meine Bilder nicht sterben.“ Künstlerporträts. Kassel 2010. p. 9

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibkiographie[modifier | modifier le code]

  • Les Batailles de Champagne. : Un guide. Un panorama. Une histoire, Clermont-Ferrand, Michelin et Cie, , 64 p. (lire en ligne), sur Gallica

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]