Domalain

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Domalain
L'église Saint-Melaine.
L'église Saint-Melaine.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Fougères-Vitré
Canton La Guerche-de-Bretagne
Intercommunalité Vitré Communauté
Maire
Mandat
Christian Olivier
2014-2020
Code postal 35680
Code commune 35097
Démographie
Gentilé Domalinois
Population
municipale
1 974 hab. (2014)
Densité 59 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 46″ nord, 1° 14′ 30″ ouest
Altitude 80 m
Min. 45 m
Max. 108 m
Superficie 33,54 km2
Localisation

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Domalain est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne, peuplée de 1 974 habitants[Note 1] (les Domalinois).

Géographie[modifier | modifier le code]

Domalain est situé à environ 7,2 kilomètres de La Guerche-de-Bretagne et à 41 kilomètres de Rennes.

Il est composé en deux villages : Domalain, où se trouve le bourg, l'église, la mairie et les commerces, et Carcraon, village où ne se trouvent que des habitations et un étang.

Le bourg de Domalain est construit sur une colline. La commune est légèrement valonnée.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes parochia de Domno Alano en 1240, Domalanum en 1516[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En août 1509, une représentation théâtrale d'un mystère, le "Mystère de Madame Sainte-Barbe" est jouée à Domalain et une rixe se produisit : « un gentilhomme, Amaury de Domagné, tua d'un coup d'épée un nommé Jehan Lambart, cordouanier, demeurant à Vitré »[2].

« L'église de Domalain, commencée en 1549, et terminée en 1632, est d'une architecture remarquable. La tour était jadis surmontée par un clocher qui passait pour un des plus beaux de Bretagne. Il y avait jadis en cette commune deux chapelles, une à Carcraon et l'autre à la Hainière ; cette dernière a été érigée en annexe vicariale »[3]. L'église est de style gothique flamboyant. La tour construite en 1552 est en partie détruite en 1705. La flèche est reconstruite entre 1892 et 1894. Elle possède trois retables dont un remarquable de style Louis XIV (Retable lavallois) construit en 1637 par Pierre Corbineau et classé monument historique[4] ainsi qu'une chaire en bois sculpté du XVIIe, classée elle aussi monument historique[5]. Le maître-autel de Domalain est construit en 1637 par Pierre Corbineau[6]. Le retable possède la même structure que celui de l'église de la Trinité de Laval.

Vers 1778, Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Domalain :

« Domalin, à 7 lieues trois-quarts à l'Est-Sud-Est de Rennes, son évêché, et à trois lieues de Vitré, sa subdélégation. Cette paroisse (...) ressortit au siège présidial de Rennes. On y compte 2 000 communiants[7]. Le bourg de Domalin est situé sur une montagne [en fait une simple colline], au pied de laquelle sont d'un côté, l'étang, le moulin et la maison de l'Eclardière, et de l'autre un ruisseau qui va se jeter dans l'étang de Carcraon. Il n'y a sur cette montagne que le bourg, le presbytère et la maison de la Pavière. Elle est si élevée que, quand on est sur son sommet, on découvre toute la paroisse, dont les terres sont fertiles en grains et fruits, et assez bien cultivées. C'est un pays couvert, fort peuplé de hameaux et maisons de remarque. Ses maisons nobles sont le Pouez et Princé, avec hautes justices, qui ressortissent à la baronnie de Vitré[8] »

Révolution française[modifier | modifier le code]

En novembre 1791, la paroisse de Domalain est visitée et rançonnée par les gardes nationales de Bais et de Vitré, pour intimider ses habitants qui parlaient de marcher sur La Guerche afin de récupérer les cloches descendues après la fermeture de l'église et son rattachement à cette paroisse voisine[9].

La population de la commune est favorable aux changements apportés par la Révolution française, surtout après la fin de la Terreur. La principale fête révolutionnaire est celle célébrant l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI, accompagnée d’un serment de haine à la royauté et à l’anarchie, fêtée à partir de 1795[10].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée décrivent ainsi Domalain en 1843 :

« Domalain (Domnus-Alanus : sous l'invocation de saint Melaine, le 6 septembre). (...) Principaux villages : la Haute et Basse-Picaudière, la Haute et Basse-Nacherie, le Grand et le Petit-Pin, les Epinettes, les Gendronières, le Bois-Hus, la Maillardière, Haut et Bas-Fleurinais, la Hairie, la Boisnarderie, Carcraon, la Houssais, le Bois-sans-Pair, la Jeusserie, Nuillé, Montgerheux, la Boisselière, la Herauderie, Moncinaut. Maisons remarquables : Pouez, Carcraon. Superficie totale : 3250 ha (...) dont (...) terres labourables 2209 ha, prés et pâtures 445 ha, bois 121 ha, vergers et jardins 125 ha, landes et incultes 128 ha et 84 ha (...). Moulins : 3 (de Pouez, de Princé, Carcraon, à eau). (...) Il se fait à Domalain quelque commerce de chanvre et de lin. Ce territoire produit en outre une quantité considérable de cidre de bonne qualité. Tout récemment on a découvert, en travaillant aux chemins vicinaux, vers la partie de la commune qui joint La Guerche, et sur un carrefour nommé la Cornouaille, plusieurs tombeaux contenant des ossements et plusieurs morceaux d'armures. Sans doute ces tombeaux appartiennent à des hommes d'armes ayant pris part au siège de La Guerche et aux combats qui ont été livrés à Visseiche. (...) La route royale no 178, dite de Caen aux Sables d'Olonne, limite cette commune dans une partie de l'est ; au sud, elle a l'étang de Carcraon, qu'elle content, ainsi que celui du Pouez ; enfin une partie de la lande de Touche-Enault [Toucheneau], où eut lieu, en 1832, un engagement meurtrier entre un détachement de la garde nationale de Vitré et cent cinquante hommes de ligne, conte un parti d'insurgés, qui y laissèrent quatre-vingts des leurs, est en Domalain. Géologie : schiste argileux. On parle le français [en fait le gallo][3]. »

Article détaillé : Combat de Toucheneau (1832).

En 1866, quelques cas de choléra sont observés à Domalain, ainsi que dans des communes voisines, particulièrement dans la commune d'Étrelles où, du 18 août au 3 novembre, 60 personnes, dont 40 femmes, ont été atteintes. 3 personnes ont succombé à cette épidémie[11].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

Le , le chanoine Meignan, prêtre réputé dans la paroisse, fête son cinquantenaire. À cette occasion, les habitants, ainsi que de nombreux religieux participent aux festivités. En souvenir du prêtre, la municipalité donne à l'une des rues de Domalain le nom du chanoine.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Domalain porte les noms de 105 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; deux soldats au moins (Pierre Chevrier, Pierre Leray) sont morts en Belgique et un (Louis Rossignol) est mort lors de l'expédition de Salonique en Macédoine ; la plupart des autres sont morts sur le sol français ; parmi eux deux (Joseph Gallier et Léon Peinturier) ont été décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre et deux (Emmanuel Cancouet et Jean Faucheux) ont reçu la Croix de guerre[12].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1926, l'école publique de Domalain n'avait qu'un seul élève[13].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Domalain porte les noms de 11 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale[12]. Parmi elles, Pierre Heinry (1892-1944), déporté en Allemagne, il meurt le 22 octobre 1944 à Diez.[14]

Le monument Leclerc inauguré en 1950, témoigne du passage du maréchal Leclerc à Domalain le 7 août 1944 alors qu'il était en route pour la libération de la capitale.

Les bornes de Koufra jalonnent le parcours de la division Leclerc à travers la France de Saint-Martin-de-Varreville (Manche) où ses premiers éléments débarquèrent à Utah Beach jusqu'à Strasbourg le 23 novembre 1944. Il existe quatorze bornes dont une seule en Bretagne à Domalain. Elle a été inaugurée le 17 septembre 2012. Lors de cette inauguration, des anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale étaient présents ainsi qu'un préfet.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
vers 1805   François Hardy    
vers 1838 1844 Perchard    
1844 1846 T. Poirier    
1846 1848 Poligné    
1848 1853 Perchard    
1854 1863 François Veillard    
1864 1869 Jules Veillard    
1869 1893 Jean Suhard   Propriétaire cultivateur
1893 ap. 1907 Alphonse Lambron   Propriétaire rentier, conseiller d'arrondissement
    Isidore Lamy    
2001 2014 Joseph Martin SE Agriculteur retraité
2014 en cours Christian Olivier SE Agriculteur

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2014, la commune comptait 1 974 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2005, 2010, 2015, etc. pour Domalain[15]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2]. En 1831, la population atteint son maximum avec 2 842 habitants. En 1851, on dénombre 2 661 habitants. En 1901, on compte 2 005 habitants. La commune reprend de l'importance avec 1 953 habitants en 2011.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 655 2 288 2 688 2 758 2 842 2 825 2 735 2 715 2 661
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 646 2 553 2 457 2 286 2 218 2 218 2 212 2 161 2 042
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 005 2 000 1 906 1 734 1 745 1 774 1 848 1 843 1 718
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
1 635 1 534 1 506 1 404 1 382 1 490 1 742 1 958 1 974
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus et niveau de vie (chiffres Insee 2011) :

  • Taux de chômage des 15 à 64 ans : 5,1 %
  • Nombre de ménages : 702
  • Revenu net déclaré moyen par foyer : 21 621

Habitat en 2011 et taux communaux d'imposition 2013 :

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Melaine est un monument historique inscrit par arrêté du 14 octobre 1926[18].
  • La chapelle Sainte-Anne date de la 2e moitié du XIXe siècle et est située au village de la Heinrière. Elle a remplacé un ancien sanctuaire bénit en 1663, situé plus à l'ouest et dédié également à sainte Anne et saint Julien.
  • La chapelle Saint-Maimbœuf, nommée également chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrance, date de la fin du XIXe siècle et est située au village de Carcraon. Elle a remplacé un ancien sanctuaire dédié à saint Mainbœuf et mentionné dès le XIIe siècle.
  • Le monument Leclerc inauguré en 1950.
  • Borne de Koufra inaugurée en 2012.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Le général Leclerc passe à Domalain le 7 août 1944 en route pour la libération de Paris. Inaugurée le 17 septembre 2012 en présence de l'école municipale et de quelques autres personnalités, la borne de Koufra (voir ci-dessus) rappelle le passage du général.
  • Alexandre Ricoux (1875- ), médecin. Une rue porte son nom dans le bourg de Domalain.
  • Sœur Marie Emmanuel Heslesbeux (1931-2013), religieuse de la communauté des Sœurs de la Providence de Ruillé-sur-Loir, née à Domalain. Elle s'installe à Madagascar en 1970 et y exerce les fonctions d'infirmière. L'association domalinoise Domalain Tiers-Monde continue de soutenir le dispensaire pour les lépreux de Mandritsara qu'elle avait fait construire. Elle meurt assassinée à Mandritsara à Madagascar le [19]. Une rue de Domalain porte désormais son nom.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014, légale en 2017.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Etymologie et Histoire de Domalain », infobretagne
  2. Lucien Delombe, "Le théâtre à Rennes : recherches d'histoire locale, notes et souvenirs", 1899, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58326933/f28.image.r=Domagn%C3%A9
  3. a et b A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", volume 1, 1843, consultable https://books.google.fr/books?id=KZIPAAAAQAAJ&pg=PA471&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&source=gbs_selected_pages&cad=2#v=onepage&q=Domalain&f=false
  4. « Autel, retable (maître-autel) », notice no PM35000171, base Palissy, ministère français de la Culture
  5. « Chaire à prêcher », notice no PM35000172, base Palissy, ministère français de la Culture
  6. - Retable et gradin d'autel de Domalain
  7. Personnes en âge de communier
  8. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", 1778-1780, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist02og
  9. Roger Dupuis, "De la Révolution à la Chouannerie", Nouvelle bibliothèque scientifique, Flammarion, 1988 [ (ISBN 2-08-211173-3)]
  10. Louis Dubreuil, « Fêtes révolutionnaires en Ille-et-Vilaine », in Annales de Bretagne, volume 21, tome 4, 1905, p. 398-399
  11. "Rapports et délibérations / Conseil général d'Ille-et-Vilaine", 1867, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5564631q/f192.image.r=Cornill%C3%A9?rk=987129;2
  12. a et b http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=19995
  13. Union des associations catholiques des chefs de famille, "École et famille : bulletin mensuel de l'Union des associations catholiques des chefs de famille", juillet 1926, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5784375w/f124.image.r=Balaz%C3%A9?rk=21459;2
  14. Bernard et Jacqueline Le Nail, Pays de Vitré, hommes et femmes remarquables., Les portes du Large, p. 239 pages
  15. Date du prochain recensement à Domalain, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  18. « Église Saint-Melaine », notice no PA00090550, base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. Le meurtre de sœur Emmanuel révolte Madagascar, sur leparisien.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]

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