Gibet de Montfaucon

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Gibet de Montfaucon
Fol. 236.jpg

Détail des Grandes Chroniques de France,
de Jean Fouquet, vers 1460.

Présentation
Type
fourches patibulaires
dans enceinte.
Matériau
Construction
ca. 1303-1314.
Démolition
1760.
Hauteur
16 mètres.
Envergure
base 14 m. sur 10 m.
Géographie
Pays
Division administrative
Commune
Adresse
12 à 22 rue Boy-Zelenski
(abords ouest).
Accès et transport
Métro
Localisation
Coordonnées
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Les Fourches de la grande Justice de Paris étaient le principal et le plus grand gibet des rois de France. Il n'en reste aucune trace visible. Erigé à Paris sur la butte de Montfaucon, à cent cinquante mètres de l'actuelle place du Colonel Fabien par la rue Albert-Camus, il a fonctionné depuis au moins le début du XIe siècle jusque sous le règne de Louis XIII.

De fourches patibulaires construites en bois vraisemblablement en 1027 par la Haute Justice du comté de Paris, Montfaucon est transformé peu après 1303 en un monument où sont exposées aux vents et aux corbeaux les dépouilles, parfois décapitées ou démembrées, des condamnés à mort exécutés sur place ou ailleurs en France. Il est remodelé en 1416, durant la Guerre de Cent Ans, à la suite de l'insurrection de Paris en un spectaculaire portique à seize piliers qui périclite avec l'avènement en 1594 du « Bon Roi Henri » et la fin des Guerres de religion. Ses ruines sont effacées par la Révolution mais « son funeste escalier qui dans la mort finit »[1] demeure avec la Bastille et la guillotine, au même titre que le hanged, drawn and quartered en Angleterre, un lieu commun de l'imaginaire français.

Étymologie de Montfaucon[modifier | modifier le code]

Les Parisiens, qui habitent l'ancien lit marécageux de la Seine, appellent butte toute éminence isolée naturelle, si faible soit elle, comme la butte Moulins et butte Saint Roch aujourd'hui aplanie, ou artificielle, comme la butte Montorgeuil. Le mot, apparu à l'écrit au XVIe siècle, traduit son doublet savant mont. Butte Montfaucon est ainsi une redondance comme l'est Butte Montmartre.

De même que les îles, par exemple l'île Louviers, l'île Seguin ou l'île Monsieur à une époque beaucoup plus tardive, les buttes portent parfois le nom du propriétaire du terrain, telle la butte aux Cailles. Montfaucon tient peut être son nom d'un certain comes civitatis prénommé Falco ou Fulco[2]. Détenteur d'un titre de comte alors non héréditaire, celui ci se trouvait à l'hiver 986 en possession d'un terrain situé non loin de là et l'a vendu moins d'un an plus tard à l'abbaye Saint Magloire[3], laquelle se trouvait à une lieue plus au sud par la route Saint Denis, à Beaubourg, au débouché de la rue de la Chanvrerie.

C'est peut être le même personnage, portant le même prénom de rapace, Faucon, qui est mentionné en 1027 comme ultime vicomte de Paris[4], et qui à ce titre avait en charge le gibet du comté de Paris. En 1520, lors de travaux d'agrandissement de l'église Saint-Merri, fut découvert le tombeau d'un Odo Falconarius, c'est à dire Eudes le Fauconnier, possible ancêtre et guerrier de premier plan supposé depuis être celui qui, selon le récit d'Abbon, libéra les faucons dont il avait la charge avant que ne périssent les douze défenseurs du Petit Châtelet assailli par les Normands de Sigfried le 6 février 886, durant le quatrième siège de Paris.

Les descendants du vicomte, tout en se transmettant le prénom comme s'était l'usage à une époque où la faible démographie n'avait pas encore rendus nécessaires les noms de famille, ont pu hériter de la charge et du terrain afférant, procédé à l'origine de la féodalité. En effet, six générations plus tard, en 1189, un certain Robert, fils d'un comte Faucon, vend deux terrains de Montfaucon attenant à la maladrerie Saint Ladre[5], terrains qui constituaient le douaire de feue sa mère[6]. À cette date, l'existence du gibet est attestée[7].

Descriptions du monument des seize fourches.[modifier | modifier le code]

De type fourches patibulaires, le gibet, qui était en bois vraisemblablement jusqu'au du début XIIIe siècle, se dressait au sommet d'une petite butte elle-même assise sur une colline[8] en pente douce[9].

Le gibet, au moment de son plus grand développement, soit au XVe siècle, consistait en une construction massive offrant une plateforme sur laquelle étaient dressés des piliers entre lesquels les suppliciés étaient pendus à des poutres de traverse. Tous les éléments de la construction étaient, dans la dernière configuration de celle ci, montés en un grand appareil de grosses pierres de taille à bossage jointives et cimentées entre elles[10].

La base était un parallélépipède rectangle long d'à peu près 14 mètres sur 10 mètres[11] soit toises sur 6, et haut d'à peu près 6 mètres[11] soit 3 toises. Elle était construite par superposition de dix ou douze assises réglées[10]. Son intérieur était maçonné d'une cave[10]. Le sommet de la cave était fermé par une trappe qui ouvrait sur la plateforme et assurait la continuité de celle ci.

Sur cette base reposaient seize piliers carrés d'une dizaine de mètres de haut (32 ou 33 pieds). La dernière description du monument, qui a été publiée en 1724 mais est peut être très antérieure, indique que les piliers étaient répartis sur le pourtour du socle, cinq alignés sur le côté droit, cinq sur le côté gauche, et six le long du bord du fond[10], mais la peinture qu'en fait aux alentours de 1460 Jean Fouquet, qui a vraisemblablement suivi durant sa jeunesse une partie de sa formation dans un atelier parisien, montrent qu'a cette époque les piliers, déjà très hauts, occupaient toute la surface du socle, en quatre rangées de quatre[12]. Chaque pilier était fait de trente deux ou trente trois pierres de grès[10]. Par leurs sommets, ils étaient reliés entre eux par des poutres de traverse en bois. Chaque sommet de pilier était couronné d'un chaperon[10], qui évitait l'infiltration de la pluie. Dans chaque chaperon étaient insérées les extrémités de deux poutres[10]. Les seize piliers correspondaient aux seize quartiers de Paris[10] instaurés à la fin du XIVe siècle.

Représentation romantique des ruines du gibet avec deux niveaux de poutres.

Un vestibule, précédé sur toute sa largeur de quatre larges marches, formait une avancée de la base. Ce vestibule était fermé par une porte imposante[10]. Au-delà de la porte, une large rampe en pierre portait un escalier[10] qui permettait d'accéder à la plateforme et débouchait à peu près au milieu de celle ci. Sur le côté gauche, la face nord de la base du gibet, une seconde porte, plus petite, permettait d'accéder à la cave[13] insérée dans la base derrière l'escalier.

Si Eugène Viollet-le-Duc conclut par déduction que l'édifice devait avoir trois niveaux de poutres, de nombreuses gravures représentent le gibet avec deux ou quatre étages[14]. Quoi qu'il en soit, sa taille et son allure étaient particulièrement imposantes, et de nature à impressionner et à dissuader quiconque de commettre le moindre acte illégal. En 1425, une petite enceinte est restaurée autour du gibet et l'ensemble, lui donnant un éclat visible de loin, est blanchi à la chaux[15].

En 1408, un grand et haut calvaire en pierres de taille, où sont gravés les portraits de deux étudiants pendus sur ordre du prévôt de Paris en violation de la loi, est dressé sur le chemin à proximité de l'entrée du gibet[16]. Il sera remplacé par un neuf, qui se voyait encore en 1760[17].

Mode opératoire[modifier | modifier le code]

Le spectacle de l'envoi en l'air[modifier | modifier le code]

Le condamné montait à la suite d'un bourreau par une haute échelle amovible posée sur la poutre qui lui était designée. Le « Jean Guillaume »[18] lui passait au cou la corde accrochée à la poutre, descendait puis déplaçait l'échelle sur le côté pour l'aider à « faire le saut sur rien »[19], le « saut en l'air »[20].

Pour monter à l'échelle sans tomber, le condamné, la tête éventuellement enfouie dans un sac, devait le faire à reculons, comme le rappelle l'expression argotique « faire approcher du ciel à reculons »[21], équivalent de « aller se faire pendre ».

La cérémonie était expressément conçue comme un spectacle public et le châtiment comme une leçon faite au peuple qui se voulait exemplaire et dissuasive[22]. Le spectacle était donné même les dimanches et jours fériés[22].

Le guet à la lune[modifier | modifier le code]

Exécuter un individu dans ces conditions, à dix mètres au-dessus du socle du gibet, étant pour le moins malcommode, on peut s'interroger si les poutres les plus hautes ne servaient pas qu'à l'exposition des dépouilles hissées post mortem. C'était un sort réservé aux plus hauts personnages ou aux plus grands criminels, les complices devant se contenter de pendre au-dessous des premiers[15].

Les corps restaient en effet exposés pendus, dans leurs habits, dont il était réglementairement interdit de les dépouiller[23]. Il pouvait y avoir cinquante pendus exposés simultanément[24] qui étaient bien visibles « de quelques lieus à la ronde », le gibet étant situé sur une éminence sur le bord d'une route. L'exposition durait jusqu'au délitement naturel du corps, à moins qu'il ne fallut faire de la place ou qu'une grâce, accordée après quelques jours, quelques mois ou quelques années, ne permit à la famille de récupérer les restes.

Le procédé a marqué les esprits des brigands et le langage des jargonneurs. Le corps ballotant, « évêque champêtre »[25], donne « la bénédiction par les pieds »[26]. Comme bien des grands personnages pendus à Montfaucon, le voilà devenu « surintendant »[27] en charge de « garder les moutons à la lune »[28] et Montfaucon est appelé « la Cour des Monnaies »[28]. Venu à la potence parmi les gendarmes du guet, le pendu fait désormais « le guet au clair de lune »[29].

À partir de 1466, les cordes sont remplacées par des chaînes clouées aux poutres[13], de sorte que le corps mort pouvait pendre jusqu'à sa dessiccation. C'est que le but de l'engin était, au-delà de la torture et la mort données au corps, d'infliger un châtiment à la fois exemplaire et infâmant qui fasse périr l'âme du condamné au yeux du monde mais aussi dans l'au-delà[22]. C'est pourquoi on y pendait les corps des suicidés, dont l'âme était par cet acte damnée, ainsi que les cadavres de ceux qui avait été mis à morts ailleurs[30]. Ceux qui avaient eu la tête tranchée, étaient pendus dans un sac[30] ou par les aisselles[31]. Ceux qui avaient été condamnés à mort par contumace étaient symboliquement pendus sous forme de mannequins[30]. Il y avait donc des pendus factices parmi les vrais morts.

La privation de sépulture[modifier | modifier le code]

Dans cette logique religieuse, les suppliciés étaient privés de sépulture chrétienne. Sauf exception, leurs corps n'étaient pas rendus aux familles. Leurs restes étaient jetés par une trappe centrale dans une espèce de cave prévue à cet effet de profanation et contenue dans la base même du bâtiment[32]. Ce charnier pestilentiel était régulièrement nettoyé comme on nettoie les ordures[16]. Le sens religieux du châtiment, la prééminence de sa signification symbolique était telle qu'un animal qui avait tué un homme, une femme ou un bébé pouvait être pendu selon la même procédure judiciaire et le même cérémonial mis en œuvre pour les humains, vêtu d'habits[30].

Toutefois, dès 1396, Pierre de Craon, puissant courtisan complotant au service de la Bretagne contre le gouvernement des « marmousets », dans le désir de lutter contre les fausses accusations de sorcellerie avancées pour expliquer la démence de Charles VI, obtient que les suppliciés soient assistés de prêtres auprès desquels ils peuvent se confesser[16] et desquels ils peuvent obtenir l'extrême onction.

Le gibet était gardé par des archers pour empêcher que les familles des suppliciés ou que la Faculté, qui n'avait droit qu'à deux cadavres par an pour ses autopsies, ne vinssent récupérer les corps. Il arrivait que les cadavres provenant d'autres lieux d'exécution de Paris y soient également rassemblés.

Emplacements[modifier | modifier le code]

Le butte de Montfaucon se situait au nord-est de Paris. Elle se dressait entre des champs où a été tracé le canal Saint-Martin[33] et ce qui est devenu, quand a été élevée l'enceinte des Fermiers généraux, la barrière de Combat[15], aujourd'hui place du Colonel Fabien. Elle mourrait au niveau de l'actuel 53 rue de la Grange-aux-Belles, où on été retrouvés des traces archéologiques et un ossement humain[34]. La butte relevait de la censive de Saint Martin des Champs[10], puis d'une fraction de celle ci, le faubourg Saint Laurent[8]. Les deux, originellement autonomes et chef du Sanctum Martyrum, étaient propriété de l'abbaye royale de Saint Denis, tout comme leurs voisins, le faubourg Saint Ladre, le hameau de La Chapelle de Saint Denis et celui de La Villette de Saint Denis.

Le gibet lui-même était dressé au sommet de la butte, soit ce qui est aujourd'hui le square Amadou-Hampate Ba au sud de la place Robert-Desnos[33]. C'est à partir d'un tronçon de la rue de Meaux[35], aujourd'hui intégré à celle de la Grange aux Belles, que menait un chemin au bas de la butte du côté sud ouest[33]. De là un sentier sinueux conduisait au supplice[33].

Le gibet reconstruit après 1760 se situait au-delà de la barrière de Combat, dans le périmètre compris entre la rue de Meaux, l'avenue Secrétan et la rue Sadi Lecointe[36].

Il y a avait à Paris cinq autres gibets, de bien moindre importance, ceux des abbayes seigneuriales de Saint Germain des Prés et de Saint Antoine des Champs, celui de la Cité, rive gauche celui des Arts et rive droite celui des Champeaux[37]. Un septième, érigé en 1328, était une sorte d'annexe de Montfaucon, le gibet de Montigny. L'abus des privilèges fait alors prospérer les signes ostentatoires qu'en sont les piloris et les gibets au point qu'un siècle et demi plus tard Charles VII prépare une loi de révocation mais son successeur, Louis XI, au contraire multiplie les concessions de haute justice[38] et la France se couvre de potences. On en voit dans Paris près de chaque abbaye, à tout coin de rue, et les habitants s'en plaignent[39]. La loi de révocation promulguée en 1487 en ramène le nombre à dix-neuf[39] mais il faut attendre un édit de février 1674 pour que les pendaisons publiques redeviennent à Paris une exclusivité du Châtelet[38]

Itinéraire du supplicié[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la Révolution, la pendaison est encourue par un roturier dès qu'un vol dépasse cinq sous[40], soit une livre parisis, mais elle se fait dans les cas ordinaires au gibet du lieu. Pour un larcin moindre, on se contente de l'essorillement. Le voleur est conduit au pied de l'échelle du parvis, à l'entrée des planches de Milbray[41], et là le bourreau lui coupe une oreille, la deuxième en cas de récidive.

Pour Montfaucon, le condamné, vêtu et coiffé à l'ordinaire, les mains liées par les poucettes, est emmené à pieds, à cheval ou en charrette par un détachement de la milice du guet, soit un lieutenant criminel, des sergents et des archers[31]. Mort, mais aussi parfois vif, il y est traîné sur une claie d'infamie[31].

Le gibet de Montfaucon, en haut et à gauche sur le plan de Truschet et Hoyau de ca. 1550, est alors à l'extérieur de l''enceinte de Paris, dont on voit, en bas et à droite, la porte la plus proche, la porte Saint-Martin.

Jusqu'à la fin du XIIe siècle, le lieu d'incarcération est ordinairement la Conciergerie, sur la rive nord de l'île de la Cité, et le passage sur la rive droite se fait par les planches de Milbray. De là on accède à Montfaucon, par la rue Saint Martin, l'ancienne porte Saint-Martin, la route de Flandre. Cet itinéraire suit l'axe de l'antique cardo maximus. La route continue en longeant l'abbaye Saint Martin des Champs dont le domaine confine au hameau Saint Laurent. Laissant à gauche ce hameau qui prospère autour de l'église Saint Laurent, la route en traverse les vignobles et maraichers jusqu'à un chemin partant vers la droite, le chemin des Morts, qui aborde par l'ouest la butte Montfaucon.

Au début du XIIe siècle, la prévôté installe son siège sur la rive droite, au Grand Châtelet, en face de la Conciergerie, qui ne sera reliée que deux siècles plus tard par le Grand pont. C'est au Châtelet désormais qu'est donnée la question ordinaire et sont prononcées les condamnations qui ne relèvent ni d'une justice seigneuriale particulière, ni de l'Université, ni du Chapitre cathédral, ni du Parlement. Les condamnés qui le seront par celui ci continueront d'être écroués à la Conciergerie. Dans les affaires d'état, qui se finiront souvent à Montfaucon, l'incarcération se fera en général au Louvre.

À partir du début du XIIIe siècle, le convoi pour Montfaucon part du Châtelet directement vers le nord par la rue Saint Denis. Il franchit l'ancienne Porte Saint-Denis avant de retrouver par un chemin de traverse, la ruelle Saint Denis, la route de Flandre puis le chemin des Morts. À partir de 1280, un itinéraire secondaire, plus court, permet d'aborder la butte Montfaucon directement par son sud. Il passe par la rue du Temple et la nouvelle porte Sainte Avoye. De là, le chemin des Marais du Temple permet de rejoindre la route de Meaux, ville comtale qui est un important marché champenois doté d'un port fluvial. En quittant Paris, cette route passe entre le Bourg l'Abbé, nouveau faubourg nord, et la Villeneuve du Temple, que l'enceinte a elle aussi laissée au dehors bien qu'elle abrite depuis les années 1170 le trésor de la première et principale banque de l'époque, fondée en 1129 au concile de Troyes par Hugues de Payns et son richissime suzerain, Thibault de Champagne. Le condamné pouvait avoir été torturé à la prison du Temple même et être extrait directement de là.

L'éloignement de Montfaucon fait que les pendaisons qui y sont exécutées ne sont initialement pas un spectacle pour les Parisiens mais pour les marchands et voyageurs venant de Champagne, poumon économique de l'Occident jusqu'à ce qu'une politique de spoliation antisémite, mise en œuvre à partir de 1285 durant les quinze premières années du règne du « roi de fer » Philippe le Bel, bien avant que celui ci ne s'empare du trésor du Temple et ne brûle dans l'île aux Juifs Jacques de Molay, organise la ruine de cette province. C'est alors que Montfaucon connaît son essor.

À partir du début du XVIe siècle[42], l'itinéraire Saint Denis est systématiquement privilégié de façon à permettre une halte à hauteur de l'église du couvent des Filles Dieu[31]. La supérieure, au cours d'une cérémonie dite du « dernier morceau du Patient », se faisait un devoir de venir à la rencontre du condamné lui donner bénédiction et collation, le vin procurant une ivresse bienvenue[43].

Exécutions célèbres[modifier | modifier le code]

Affaires d'état[modifier | modifier le code]

Gravure du XIXe siècle représentant l'exécution d'Enguerrand de Marigny en 1315

Corruption[modifier | modifier le code]

Meurtriers[modifier | modifier le code]

Cinq siècles de supplices[modifier | modifier le code]

Avant Montfaucon[modifier | modifier le code]

Le concept de profanation du corps des damnés par leur exposition, le refus de sépulture, est très antérieur au christianisme comme en atteste le sanctuaire de Ribemont, gigantesque penderie à cadavres d'ennemis décapités dressée vers -270 et honorée jusque vers -52.

Le système de la justice seigneuriale, héritière de la préfecture du prétoire, apparaît au VIIe siècle[47], soit antérieurement à l'émergence de la féodalité, dont elle est une condition. À l'époque carolingienne, le siège palatin ne se trouve pas à Paris mais à Clichy. Vers 841, il y a un gibet royal, qui dépend l'abbaye royale Saint Clodoald, au carrefour de la rue de Paris et de la rue de Billancourt qui fait alors la frontière entre Auteuil et Saint-Cloud, face à un antique bac sacré conduisant au Mont Valérien et à l'entrée du pont de Saint-Cloud gardée par le capitaine des chasses royales qui se déroulent déjà dans la forêt du Rouvray.

Le gibet de bois (1027-1302)[modifier | modifier le code]

Exemple du XVIIIe siècle de potence à deux piliers. Le nom de fourches tient à l'embout des piliers taillés pour caler la traverse.
Exemple[48] de la fin du XIVe siècle de portique à quatre piliers. Les Hautes Justices avaient droit selon leur rang à trois, quatre, six ou même huit piliers formant un portique à trois, quatre, sept ou dix traverses.

Le nom de Montfaucon laisse supposer que le gibet est dressé, ou reconstruit, en 1027 par le dernier vicomte de Paris, Faucon[4], auxiliaire civil et militaire nommé auprès du suffragant de Paris par le comte d'Orléans Robert le Pieux revendiquant le titre de Roi des Francs, en substitution de celui de Duc des Francs. Le gibet est alors en bois comme les fourches patibulaires de toute justice seigneuriale

Le nombre de potences à doubles piliers qu'il comporte n'est pas connu mais il est proportionnel au rang du vicomte de Paris, qui, sans être minuscule, est moindre, Paris n'étant alors qu'une dépendance de ce qu'on appelle pas encore le « CAMPONT », l'évêché de Sens qui a hérité de l'antique province de la Sénonaise. Ce n'est au plus tôt que vers la fin du XIIe siècle, sous le règne de Philippe Auguste, que la féodalité fixe expressément à six le nombre de piliers attribués à la justice d'un comte. Un siècle plus tard[49] en effet, une hiérarchie des privilèges est entrée dans les habitudes, le simple gentilshomme ayant droit à deux piliers, le châtelain à trois, le baron à quatre, le duc à huit[7]. Le vavasseur, n'exerçant que la basse justice, n'aura pas le « droit d'épée » ni de gibet. Les baillis, agissant au nom du Roi, en dresseront autant qu'il voudront[7], comme cela se fera à Montfaucon.

Le développement du gibet de Montfaucon, comme celui de la ville de Paris, est lié à l'émergence du pourvoir capétien, qui commence avec le XIIe siècle et le déclin des rivaux thibaldiens que sonne en 1183 la victoire de Philippe II sur Henri de Champagne. C'est l'époque qui suit le printemps des bûchers, l'échec d'Abailard d'instaurer la liberté de penser, la catastrophique deuxième croisade au cours de laquelle les pèlerins périrent en masse, et qui voit triompher l'ordre moral mis en place par la réforme grégorienne.

La première mention de ce gibet date de 1188[7]. Quand deux ans plus tard, Philippe Auguste élargit considérablement l'enceinte de Paris, celle ci laisse toutefois Montfaucon en dehors d'elle très loin dans la campagne, à peine moins éloigné de l'abbaye de Montmartre, qui se trouve à son nord ouest, et plus proche de la maison forte de Savies, qui se trouve sur les hauteurs à son sud ouest, sise à l'actuel 94 rue de Belleville.

Instrument de pierre d'un pouvoir de fer (1303-1372)[modifier | modifier le code]

Quant la vielle fu arse, Tybert font ateler,
Tout parmi la grant rue le firent trayner,
A Montfaucon le firent sus au vent encroer
Adenès Le Roi,
Li romans de Berlt aus grans piis, XCVI, v. 2308-2310[50],
Les Mureaux ?, ca. 1305 ?.
Adenès a vraisemblablement assisté à Montfaucon en 1278, aux côtés de Henri de Brabant[51], à la pendaison du Chambellan Pierre de La Brosse.

Durant le règne du « roi de fer » Philippe le Bel, Montfaucon est assez utilisé pour qu'il soit œuvré à son perfectionnement. C'est en effet à Enguerrand de Marigny, grand ministre des « rois maudits » nommé coadjuteur du Royaume dès 1303, que l'histoire[52], peut être un peu romancée, attribue la transformation du gibet traditionnel en monument de pierre. Parvenu brillant, efficace et honni de l'influent frère du roi Charles de Valois, le Chancelier, frauduleusement convaincu de malversations et de sorcellerie, devait lui-même, Louis le Hutin régnant, y finir pendu le et laissé exposé pendant deux années.

Quand le , meurt le Roi Charles le Bel et que Philippe de Valois est nommé régent dans l'attente de la naissance de l'enfant que porte la reine veuve Jeanne d'Évreux, ce prince n'hésite pas à se débarrasser du Trésorier resté en place, Pierre Rémy, seigneur de Montigny-Lencoup, accablé personnellement par un Parlement aux ordres des effets de l'inflation monétaire. Le 1er avril, l'enfant posthume se révèle être une fille, Blanche de France, et, moyennant une manipulation de la loi salique, Philippe de Valois devient roi de France. Pour inaugurer la dynastie des Valois, Philippe VI fait pendre le 25 avril, un mois avant son couronnement, Montigny, qui suit là, à six ans d'écart, le sort de son confrère Giraud Gayte. Peut être parce que Montfaucon est en réfection, il faut élevé dans son voisinage un gibet annexe, le gibet de Montigny[30].

La construction d'une nouvelle enceinte de Paris, commencée en 1356, va transformer les terrains les plus proches qui appartiennent à l'abbaye Saint Martin des Champs en faubourg mais laisse la butte de Montfaucon, qui domine les maraichers de la même abbaye, très à l'écart, un lieu de relégation.

L'inhumanité du refus de la confession (1373-1400)[modifier | modifier le code]

Très tôt, l'acharnement post mortem institué par Montfaucon heurte l'opinion publique et suscite des rumeurs sur l'abus de pouvoir, la manipultion de la justice par des intrigants ou son instrumentation à des fins de propagande[53]. La loi française paraît aux yeux des humanistes contemporains d'une cruauté unique dans tout l'Occident[54]. Dès 1310, Dante, guelfe blanc présent à Paris au début de cette année, invoque dans la Divine Comédie[55], qui ne sera publiée qu'en 1472, les mânes de Pierre de La Brosse, assassiné en 1278 à Montfaucon sur ordre des barons, pour dénoncer le sort des suppliciés auxquels il n'a pas été offert de se confesser avant de périr et par là d'accomplir le repentir qui leur ouvrira au jour du Jugement dernier les portes du Paradis.

À la fin des années 1370, sous le règne Charles le Sage, le Maître des Requêtes Raoul de Presles, à l'instigation du réformateur Philippe de Maisière[22] et avec l'appui du confident du roi Nicole Oresme, fait annuler par le Conseil la coutume du refus de la confession pour tous les condamnés à mort de France[54], mais les manœuvres du Chancelier Pierre d'Orgemont font capoter le projet de loi au Parlement[56]. C'est le symptôme d'un royaume qui n'entreprend pas les réformes nécessaires, réformes fiscales au premier chef, et le , deux ans après la mort du roi, la Bastille, encore en construction, est prise, son armement réquisitionné par les parisiens insurgés. Paris vit neuf mois durant sous le gouvernement révolutionnaire des paroisses, les Maillotins.

Le droit de se confesser est finalement octroyé aux condamnés à mort par un décret du 12 février 1396[56], grâce à l'intervention de Pierre de Craon[16], qui avait comploté contre le gouvernement des marmousets et est opposé aux condamnations abusives sous le chef de sorcellerie. Deux écuyers et un page de sa suite avaient été décapités et pendus par les aisselles à Montfaucon pour leur participation présumée le à l'attentat contre le Connétable Olivier de Clisson. Un service religieux est mis en place à Montfaucon pour chaque exécution et, par crainte du manque de religion des condamnés, un confesseur y est affecté d'office[22].

Symbole contesté de la tyrannie (1401-1410)[modifier | modifier le code]

Vers 1460, l'enlumineur Jean Fouquet, dans les Heures d'Étienne Chevalier, associe l'image de Montfaucon aux bourreaux de Sainte Catherine châtiés par la divinité et le gibet au martyre.

Le 6 juin 1401, au cœur de la Guerre de Cent Ans, Guillaume de Tignonville, dévot moralisateur et « rhodophobe », est nommé prévôt de Paris et à ce titre prête serment au recteur de l'Université. Sept ans plus tard, le prodrome de la guerre civile, exacerbée par les hausses d'impôts[57] et les dépenses somptuaires des familles princières financées par les mutations monétaires, confronte la police du prévôt à l'agitation du peuple de Paris. Les jeunes gens venus de tous les pays étudier à Paris sont acquis à la cause de Jean sans Peur[57], Duc de Bourgogne et prince libéral favorable la monarchie constitutionnelle ébauchée par la Grande ordonnance de 1355 que tenteront de restaurer les Cabochiens en 1413. Ils sont socialement attachés au parti des robins et des bourgeois de Paris, qui sont souvent pour des raisons commerciales également bourgeois de Bruxelles, ville bourguignonne, plus encore les étudiants flamands et frisons de la Nation Picarde, puissant réseau bancaire détenu par des familles de drapiers et d'armateurs.

Dans la nuit du 26 octobre 1407, clandestinement, le prévôt fait exécuter à Montfaucon Léger de Montillier, un Normand, et Olivier Bourgeois, un Breton, tous deux écoliers de l’Université de Paris accusés de divers larcins[16] et soumis à la question ordinaire. C'est une violation du for ecclésiastique, privilège bénéficiant à tous les clercs, dont les élèves inscrits à l'Université, mais que le prévôt ne juge pas commettre, l'Université, saisie initialement par lui, considérant les goliards et autres basochiens délinquants comme défroqués. Les condamnés montent à Montfaucon en protestant de l'abus policier et en criant « clergie », en vain[16]. La Nation Normande se met en grève. Le 23 novembre, le « tyrannicide » de Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI, en pleine rue de Paris par l'escouade stipendiée de Raoul d'Anquetonville, homme de main de Jean sans Peur, attisent les tensions à l'extrême.

En février, le prévôt, sous prétexte de lutter contre la sorcellerie[58], qui fait commerce de la mandragore réputée pousser sous les pendus, fait interdire l'accès au gibet où se dessèchent les corps des deux clercs, alors que cet accès est un droit de la Faculté de médecine. Une audience à la Cour est organisée et l’Université, où ont été formés tous les magistrats, fait condamner le prévôt, qui est démis de son office royal[16]. Celui ci est en outre condamné à faire ériger près du gibet une grande et haute croix en pierres de taille, dans laquelle sont gravés les portraits des deux clercs[59]. Ceux ci sont solennellement dépendus le par le nouveau prévôt de Paris imposé par Jean sans Peur, Pierre des Essarts, dont la tête sera cinq ans plus tard promenée au bout d'une pique et le corps pendu à son tour à Montfaucon[60]. Les dépouilles de Léger de Montillier et Olivier Bourgeois sont rendues au recteur en un cortège funèbre, tendu de noir, par les sergents et porteflamberges pour recevoir une sépulture dans le cimetière des Mathurins, au cœur du quartier latin.

Pour servir sa propagande, Jean sans Peur, par ailleurs oppresseur des Hait droits de Liège insurgés, monte un procès contre une figure du pouvoir royal, rien moins que le Grand maître Jean de Montagu[61]. Condamné le pour lèse majesté, celui ci est décapité aux Champeaux[61]. Sa tête est laissée au bout d'une pique[61]. Son corps est mis à Montfaucon[61] à la place des deux étudiants.

Les seize fourches (1411-1419)[modifier | modifier le code]

À chascun le sien, c’est justice :
À Paris, seize quarteniers :
À Montfaucon seize pilliers,
C’est à chacun son bénéfice.
Seize, Mont-faucon vous appelle,
À demain, crient les corbeaux,
Seize pilliers de sa chapelle
Vous seront autant de tombeaux.
Libelle de la Satyre Ménippée[30], 1594.

Deux ans plus tard, en octobre 1411, les soixante mil hommes de Jean sans Peur chassent l'armée des « écorcheurs » conduite par Charles d'Orléans, neveu du roi Charles VI, et son beau père Bernard d'Armagnac. Paris est investi militairement. Aussitôt, est rétablie l'administration civile des seize quaterniers, instaurée à la suite de l'élargissement de l'enceinte de Paris mais abolie dès 1382, un an avant l'achèvement des travaux, en représailles de l'insurrection des Maillotins. Paris accueille de nouveau la Cour à la suite de la paix signée entre Armagnacs et Bourguignons à Bourges le et confirmée à Auxerre le 22 août.

Le 30 janvier 1413, ce gouvernement civil de Paris, mené par le quartier de la Grande Boucherie, qui rassemble les propriétaires des fermes et des salaisons de la banlieue et les fourriers enrichis de l'armée bourguignonne, impose au roi Charles VI, confiné dans son palais Saint Pol, de porter le bonnet phrygien. Les Parisiens s'emparent le 27 avril de la Bastille mais s'aliènent l'Université et les Bourgeois quand le 27 mai ils restaurent le régime quasi constitutionnel de la Grande ordonnance de 1357 et font promulguer l'ordonnance « cabochienne » et plus encore quand en juillet ils décapitent puis pendent à Montfaucon Pierre des Essarts, le prévôt protégé de Jean sans Peur.

Sans plus de soutien de Duc de Bourgogne, la révolution des Cabochiens donne l'occasion à Bernard d'Armagnac de s'emparer de Paris au cours du mois d'août. Tanneguy du Chastel, un aventurier léonard attaché à la maison d'Orléans, est nommé prévôt de Paris, en charge de conduire la répression.

La haine que celui ci nourrit contre les Anglais, partant leurs soutiens parisiens, est ancestrale et intime. Quand il avait trois ans, en 1374, le château de son père, Henri III du Chastel, à Trémazan, avait été occupé, avec la place de Brest et tout le Bas Léon, par la soldatesque du comte d'Arundel Richard Fitzalan. Libéré l'année suivante par Duguesclin, le château n'avait été officiellement restitué que sept ans après le paix de Guérande, en 1388, non sans subir les injures infligées par les Anglais évacuant une région ruinée pour des années. En novembre 1403, le frère de Tanguy, Guillaume, à la tête de deux mil hommes emmenés par l'amiral Jean de Penhoët envahir l'Angleterre, était tué avec deux cents d'entre eux, des vassaux, des amis, devant Plymouth. C'était une aventure conduite en représailles de l'invasion navale de l'été précédent, la plus grande jusqu'alors jamais organisée, le roi Henri IV d'Angleterre comptant s'emparer de la côte continentale entre La Hague et Oléron. Les Anglais occupant de nouveau l'abbaye fortifiée de Fineterre, port commercial de première importance, Tanneguy, pour venger son frère, avait mené en pleine hiver une expédition punitive contre Dartmouth, pillant et incendiant la ville portuaire, massacrant la population[62].

Le Prévôt Chastel fait pénalement réprimer les manifestations d'opposition au parti des Armagnacs, par exemple en coupant la main, sous prétexte d'impiété, à un jeune partisan des Bourguignons[63]. Durant l'année 1416, quelques mois après la désastre d'Azincourt, Tanneguy du Chastel mate une première rébellion et fait faire d'importants travaux à Montfaucon[30] pour doter le gibet de seize piliers, un par quartier de Paris.

Ce nouveau Montfaucon ne dissuade pas les Parisiens, qui fomentent un nouveau complot en 1417 mais échouent. Une chasse aux partisans de Bourgogne se solde par des centaines de Parisiens jetés en sac en Seine. Un plan de noyade de masse visant les Parisiennes, qui sont à la pointe de l'insurrection, est élaboré[64] mais dans la nuit du 30 au , on laisse entrer par la porte Saint Germain des Prés la troupe de Jean de Villiers de L'Isle-Adam jusqu'au palais Saint Pol. Le benjamin du roi, Charles, désormais Dauphin qui n'a que seize ans, est mis in extremis en sûreté à la Bastille par Tanneguy du Chastel avant de s'enfuir avec une partie de la Cour pour Melun. Plusieurs centaines de partisans d'Armagnac, le comte lui-même, sont poursuivis dans la ville pendant plusieurs jours et massacrés.

Au service des Français comme des Anglais (1420-1498)[modifier | modifier le code]

La victoire anglaise est actée par la paix de Troyes. Henri V d'Angleterre entre triomphalement dans Paris le . La mort prématurée de celui ci, vingt mois plus tard, laisse son héritier Henry, qui n'a pas un an, à la garde de son oncle paternel, le Duc de Bedford Jean de Lancastre, qui est le beaufils de Jean sans Peur et qui est nommé Lieutenant général du royaume. Sous cette régence, le petit Roi de France et d'Angleterre (en) règne sans recevoir le sacre et sa légitimité n'est pas reconnue par son oncle maternel, le « soi disant Dauphin » et futur Charles VII qui s'est replié sur son « petit royaume de Bourges ».

Le Duc de Bedford nomme Jean de La Baume gouverneur de Paris. Le recours aux pendaisons n'est en rien modifié et les seize fourches sont mises à neuf en 1425[65]. Les quarante huit poutres[65], qui font autant de potences soutenues par les seize piliers de pierre sur deux étages[15] de douze doubles traverses chacun[12], sont toutes changées[65]. Le socle monumental du gibet et sa petite enceinte sont blanchis[65] à la chaux, donnant à l'ensemble un éclat visible de loin.

Les Anglais chassés de Paris par Arthur de Bretagne, en 1435, le pouvoir change mais pas Montfaucon. Pendant une vingtaine d'années à partir de 1440, sous les prévôtés successives d'Ambroise de Loré et de Robert d'Estouteville, plusieurs femmes sont enterrées vivantes sur le site de Montfaucon[66]. Ce supplice, dit « de la bêche », réservé dans l'Antiquité romaine aux Vestales qui auraient trahi leur vœu de chasteté[67] et prévu au Bas Moyen Âge dans certaines coutumes, est alors en général donné aux prostituées et aux voleuses, jugées pour ainsi dire indignes de par leur condition féminine de recevoir la publicité faite aux pendus.

Changement de paradigme à la Renaissance (1499-1556)[modifier | modifier le code]

« Le dernier morceau du Patient »[68].

Au début du XVIe siècle, la notion de purgatoire est devenue prééminente et l'esprit humaniste de compassion, promu un siècle plus tôt par Pierre de Craon, l'emporte sur le concept initial de profanation du corps des condamnés. Le châtiment de ceux ci est perçu comme une image de la Passion du Christ leur offrant une possibilité de rédemption et ils sont qualifiés de « patients » c'est-à-dire de membres de l'Église souffrante.

Sur le trajet qui les conduisent du Grand Châtelet à Montfaucon par la rue Saint Denis, le convoi, une fois passé le ponceau qui franchît le Grand égout, laisse sur sa gauche la Grande Cour des miracles et fait une halte à hauteur du chevet de l'église du couvent des Filles Dieu, où s'élève une grande croix[42] en bois. Là, les condamnés s'agenouent devant le crucifix, le baisent et reçoivent pour viatique une onction d'eau bénite et la bénédiction qu'elle signifie. La supérieure leur apporte l'eucharistie, trois morceaux du pain[43] de la communion, qui les conservent dans le « Corps du Christ », et, privilège réservé normalement au prêtre, le vin qui incarne le sang du Christ[42]. Le breuvage est préparé de façon à étourdir[43]. La cérémonie est dite du « dernier morceau du Patient »[43]. L'appétit que montre le patient, s'il en montre, est interprété comme une aspiration au Paradis et donc un présage favorable[43].

Machine de mort (1557-1598)[modifier | modifier le code]

Montfaucon, en haut à droite, présidant à la Saint Barthélemy peinte par Francois Dubois[69].

Sous le règne de Charles IX, au milieu du XVIe siècle, les guerres de religion transforment Montfaucon en un lieu d'exécution de masse digne d'Ivan le Terrible. On y procède à la pendaison simultanée de jusque quatre vingt[70] huguenots ou présumés tels.

Un soir de 1572, la vieille Reine mère Catherine de Médicis emmène à Montfaucon ses fils Henri et François, qui ont vingt et dix-sept ans, sa fille Margot et son gendre Henri de Navarre, jeune marié de dix-neuf ans. Ils viennent y contempler le cadavre qui avait été traîné dans les rues de Paris du chef militaire des huguenots[30], l'Amiral Gaspard de Coligny tué dans Paris intra muros le 24 août précédent au cours de la Saint Barthélemy. Le futur Henri IV, sous le règne duquel Montfaucon périclitera, voit là le corps pendu par les pieds de celui qui fut trois ans plus tôt son maître d'armes à la bataille de Jarnac. À la suite de cette visite, François de Montmorency, neveu de la mère de l'Amiral et gouverneur de la place de Paris démissionnaire, dérobe la dépouille.

Désaffection aux Temps modernes (1599-1759)[modifier | modifier le code]

Emplacement de Montfaucon en 1608 au nord ouest du nouvel hôpital Saint-Louis. Le gibet y est représenté sur deux étages.

La guerre civile close par l'édit de Nantes, la fréquence des exécutions diminue à partir de 1607, date à laquelle Henri IV fait construire l'hôpital Saint-Louis entre le nouveau couvent des Récollets et Montfaucon. Les dernières exécutions ont lieu vers 1629 et Montfaucon est quasi abandonné dès le milieu du XVIIe siècle.

Un décret hygiéniste rend obligatoire dans Paris le ramassage des ordures. Un service de tombereaux est organisé et sept décharges sont établies autour de la ville[71]. La pire d'entre elles est creusée à l'angle nord de la barrière de Combat au bas de la butte de Montfaucon et reçoit le nom de voirie de Montfaucon. Les abords entre le gibet et le moulin à vent des Buttes Chaumont sont transformés en plâtrières, puis progressivement intégrés à l'expansion de peuplement de Paris.

Survivance[modifier | modifier le code]

Le cimetière de Montfaucon (1760-1790)[modifier | modifier le code]

Le gibet est détruit en 1760 et reconstruit cinq cent mètres plus au nord ouest, sur le territoire de La Villette à la frontière de de Belleville, en face de ce qui est aujourd'hui le marché Secrétan. Il est dressé comme un monument symbolique de la haute justice royale. Aucune exécution n'y est pratiquée mais les corps de suppliciés d'autres lieux de la capitale, comme ceux de la place de Grève, y sont inhumés.

Durant la Révolution, après le 21 janvier 1790, les piliers restants sont abattus.

La voirie de Montfaucon (1791-1837)[modifier | modifier le code]

Voirie de Montfaucon localisée entre le Bassin de la Villette et les Buttes Chaumont en 1821.

Entre l'ancien et le nouveau site, à l'angle des rue de Meaux et de l'actuelle rue Louis Blanc, c'est-à-dire le terrain au nord de l'actuelle place du Colonel Fabien, demeure la voirie de Montfaucon aménagée sous le règne de Louis XIII. L'emplacement est une fosse géante[72], destinée à recevoir le contenu des fosses d'aisance de Paris avant que les excréments ne soient transformés en engrais agricole, puis a servi de clos d'équarrisage. Le souvenir de la voirie de Montfaucon sera rappelé dans le « Cours d'hygiène fait à la faculté de médecine de Paris » de Louis Fleury paru en 1852 :

« L'ancienne voirie de Montfaucon réunissait à des bassins énormes, ayant 32 800 mètres de superficie, et à 12 arpents de terrain destinés à recevoir toutes les matières fécales fournies par la vidange de Paris et s'élevant de 230 à 244 mètres cubes par jour, des clos d'équarrissage recevant par an environ 12 000 chevaux et 25 à 30 000 petits animaux, tels que chiens, chats, etc. Vous comprendrez aisément les émanations qui devaient s'élever d'un pareil cloaque, et qui, malgré la position élevée de la voirie (36 mètres au-dessus des eaux de la Seine), s'étendaient souvent à 2 000, 4 000 et même 8 000 mètres[73]. »

Souvenir macabre[modifier | modifier le code]

L' écluse des Morts sur le canal Saint-Martin en contrebas de ce qui fut la butte Montfaucon.

La voirie est transférée en forêt de Bondy en 1837 et définitivement supprimée en 1849 lors du percement du canal Saint-Martin (voir égouts de Paris), certaines pierres ayant été vendues pour la construction du canal. Souvenir du lugubre site de Montfaucon, le bassin du canal Saint-Martin que longe le quai de Jemmapes porte le nom de bassin des Morts, du nom de l'ancienne rue des Morts, qui croisait la route de Meaux au pied sud de la butte et a été pudiquement renommée rue Saint-Maur.

En 1954, lors de la construction d'un garage 53 rue de la Grange-aux-Belles, ont été retrouvés les restes de piliers évoquant un gibet et ceux d'un pavage, ainsi que des ossements de femme[74]. On sait qu'en 1416 il avait fallu construire un gibet provisoire attenant à celui de Montfaucon, le temps des travaux de réfection de celui ci[30].

Aujourd'hui, aucune trace visible du gibet ne subsiste[14]. La butte Monfauçon a été recouverte en 1978 d'un ensemble d'immeuble d'habitation auquel on accède par la rue Boy-Zelenski.

Deux plaques forgées par la Ville de Paris rappellent à l'intention des touristes l'existence du gibet de Montfaucon, l'une, rue de Meaux, l'autre, à l'angle de la rue de la Grange-aux-Belles et de la rue des Écluses-Saint-Martin.

« (...) un édifice de forme étrange, qui ressemblait assez à un cromlech celtique, et où il se faisait aussi des sacrifices. (...) Voilà Montfaucon. (...) Le massif de pierre qui servait de base à l'odieux édifice était creux. (...) Dans ce profond charnier où tant de poussières humaines et tant de crimes ont pourri ensemble, bien des grands du monde, bien des innocents sont venus successivement apporter leurs os (...) »

— V. Hugo, Notre Dame de Paris, 1831.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Cf. F. Villon, Ballade des pendus, 1463.

Cinq ans après la mort de l'humaniste Bonaventure Des Périers, Jacques Peletier et Nicolas Denisot font paraître, forme d'hommage de la Pléiade, un recueil des écrits humoristiques de leur ami[75]. Ils joignent[76] au fil des éditions quelques textes d'anonymes, dont un entrefilet paru en 1556 à Poitiers dans le Recueil de divers discours. C'est le discours ironique et irréligieux, sans doute enjolivé, qu'a tenu à Montfaucon un condamné qui tentait en faisant rire l'assistance de retarder son échéance de quelques minutes[77] : « Souper aujourd'hui en paradis, beau Père, ce serait beaucoup si j'y pouvais être demain à dîner! (...) Venez moi tenir compagnie jusque là. Faites moi cette œuvre de charité. »[78].

En 1831, peut être inspiré par la légende, alors très à la mode, du cadavre d'Abailard ouvrant les bras pour accueillir dans sa tombe le corps d'Héloïse, clos Notre Dame de Paris[79] par une énigme policière intitulée « Le mariage de Quasimodo »[80], dont le roman se révèle rétrospectivement être la clef, la découverte dans la fosse de Montfaucon du squelette d'un bossu enlaçant celui d'une pendue. Cette fin de Notre Dame à Montfaucon donne a posteriori au personnage de Quasimodo un rôle central qu'il n'a pas dans le déroulement de l'intrigue.

Pour son propos abolitionniste, Victor Hugo invoquera de nouveau Montfaucon dans La Légende des siècles[81].

Quel est donc le moyen de régner ? dit Philippe.

Comme le roi parlait, l'archevêque pieux
Vit ce champ, hérissé de poteaux et de pieux
Où pendaient, à des fils tremblant quand l'air s'agite,
Des larves qui mettaient tous les oiseaux en fuite.

Et, le montrant au roi, Bertrand dit : Le voici[82].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Sauval, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, vol. I, II & III, Charles Moette libr. & Jacques Chardon imp.-libr., Paris, 1724
  • Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, t. V, B. Bance, Paris, 1861,
notice « Fourches patibulaires », p. 553–562.
  • Firmin Maillard, Le gibet de Montfaucon (étude sur le vieux Paris), Auguste Aubry, Paris, 1863,
rééd. Hachette BNF, Paris, 2011 (ISBN 978-2-0125-6858-7), 114 p.
Dans ses premières pages, le roman fait une description détaillée et savante des formes et de l'usage du gibet de Montfaucon.
  • Pierre Prétou, « Le gibet de Montfaucon : l'iconographie d'une justice royale entre notoriété et désertion, de la fin du XIVe siècle au début du XXe siècle », p. 95 in dir. Jean-Pierre Allinne et Mathieu Soula, La mort pénale : Les enjeux historiques et contemporains de la peine de mort, PUR, Rennes, 2015 (ISBN 978-2-7535-3627-2), 210 p.
  • Jacques Hillairet, Gibets, piloris et cachots du vieux Paris, Minuit, Paris, 1956.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. V. Hugo, La Nouvelle série de la Légende des siècles, t. I, V, 2, "Montfaucon" II, v. 77, Calmann-Lévy, Paris, 1877.
  2. J. A. Piganiol de la Force, Description historique de la ville de Paris, t. IV, p. 78, Les Libraires associés, Paris, 1765.
  3. F. Maillard, Le gibet de Montfaucon, p. 10, Auguste Aubry, Paris, 1863.
  4. a et b J. J. Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de France, vol. V, p.  567, Desaint & Saillant, Paris, 1768.
  5. H. Sauval, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, t. II , p. 585, Moette & Chardon, Paris, 1724.
  6. J. A. Piganiol de la Force, Description historique de la ville de Paris, t. IV, p. 79, Les Libraires associés, Paris, 1765.
  7. a, b, c et d « Fourches patibulaires », in E. Viollet le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, t. V, p. 554, B. Bance & Morel, Paris, 1861.
  8. a et b Cpt. Roussel, Paris, ses fauxbourgs et ses environs, Jaillot, Paris, 1731.
  9. Revue de Paris, t. III, n° 19, p. 122, Revue de Paris, Paris, 1912.
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « Fourches patibulaires », in E. Viollet le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, t. V, p. 555, B. Bance & Morel, Paris, 1861.
  11. a et b Perrot, Montfaucon : son gibet, sa voirie, son écorcherie, description topographique, historique et industrielle., p. 8 , Collect° "Impressions de voyage", A. Appert impr., Paris, 1840, 190 p.
  12. a et b J. Fouquet, Grandes Chroniques de France, fol. 236, ca. 1457-1460.
  13. a et b « Fourches patibulaires », in E. Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, t. V, p. 557, B. Bance & Morel, Paris, 1861.
  14. a et b Philippe Charlier, Les secrets des crimes de l'Histoire, La librairie Vuibert,‎ (ISBN 978-2-311-00435-9), p. 267
  15. a, b, c et d « Fourches patibulaires », in E. Viollet le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, t. V, p. 556, B. Bance & Morel, Paris, 1861.
  16. a, b, c, d, e, f et g « Fourches patibulaires », in E. Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, t. V, p. 559, B. Bance & Morel, Paris, 1861.
  17. J. A. Piganiol de la Force, Description historique de la ville de Paris, t. IV, p. 80, Les Libraires associés, Paris, 1765.
  18. F. Maillard, Le gibet de Montfaucon, p. 16, Auguste Aubry, Paris, 1863.
  19. F. Maillard, Le gibet de Montfaucon, p. 17, Auguste Aubry, Paris, 1863.
  20. Ph. J. Le Roux, Dictionnaire comique, satyrique, critique, burlesque, libre et proverbial., p. 472, Le Cène, Amsterdam, 1718.
  21. Pseudo. Bruscambille, Péripatétiques résolutions et remontrances sententieuses du docteur Bruscambille aux perturbateurs de l'Estat, p. 10, Va du Cul gouverneur des Singes, Lyon & Paris, 1619, réed. in Les Joyeusetez, facecies et folastres imaginacions., Techener, Paris, 1834
  22. a, b, c, d et e F. Maillard, Le gibet de Montfaucon, p. 18, Auguste Aubry, Paris, 1863.
  23. F. Maillard, Le gibet de Montfaucon, p. 19, Auguste Aubry, Paris, 1863.
  24. Encyclopédie Larousse du XXe siècle, Paris, 1932
  25. B. de Verville, Le Moyen de parvenir, t. Il, p. 298, Gosselin, Paris, 1841.
  26. « évêque », in B. Quemada, Trésor de la langue française, vol. VIII, ATLIF, Nancy, 1980 (ISBN 2-222-02670-9).
  27. R. Mortier, Le Hochepot ou Salmigondi des folz (1596): un pamphlet jésuite "Rabelaisant". Étude historique et linguistique suivie d'une édition du texte., p. 129, Palais des Académies, Bruxelles, 1959.
  28. a et b F. Michel, Études de philologie comparée sur la langue factice connue sous le nom d'argot., p. 41, Firmin Didot, Paris, 1856.
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  30. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Fourches patibulaires », in E. Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, t. V, p. 562, B. Bance & Morel, Paris, 1861.
  31. a, b, c et d F. Maillard, Le gibet de Montfaucon, p. 20, Auguste Aubry, Paris, 1863.
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  34. Jacques Hillairet, Gibets, piloris et cachots du vieux Paris. Les Éditions de Minuit, Paris, 1956, p. 35 et 36.
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  39. a et b F. Maillard, Le gibet de Montfaucon, p. 6, Auguste Aubry, Paris, 1863.
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  41. J. A. S. Collin de Plancy, Dictionnaire féodal ou Recherches et anecdotes, t. I, p. 149, Foulon & cie., Paris, 1819.
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  79. V. Hugo, Notre Dame de Paris, Gosselin, Paris, 1831.
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  82. « Montfaucon I "Pour les oiseaux" », in V. Hugo, La Nouvelle série de la Légende des siècles, V, 2, Calmann-Lévy, Paris, 1877.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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