Professeur Choron

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Ne pas confondre avec Georges Bernier (1911-2001).
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Professeur Choron
Description de cette image, également commentée ci-après
Le professeur Choron en 1996.
Nom de naissance Georget Bernier
Alias
Georges Bernier
Naissance
La Neuville-aux-Bois, Marne, France
Décès (à 75 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Autres activités
Famille
Michèle Bernier (fille)
Charlotte Gaccio (petite-fille)

Compléments

Cofondateur des magazines Hara-Kiri et Charlie Hebdo

Le professeur Choron, de son vrai nom Georget Bernier[1],[2], dit également Georges Bernier[3], est un écrivain, journaliste satirique, humoriste et chanteur français, né le à La Neuville-aux-Bois (Marne) et mort le à Paris. Créateur et animateur de plusieurs journaux, il est notamment le cofondateur des magazines Hara-Kiri et Charlie Hebdo. Son pseudonyme provient de la rue Choron où se trouvaient les premiers locaux de Hara-Kiri.

Il est le père de la comédienne et humoriste Michèle Bernier et le grand-père de la comédienne Charlotte Gaccio.

Biographie[modifier | modifier le code]

Orphelin de père à onze ans, le futur « professeur Choron » est issu d'une famille de condition modeste. Sa mère était garde-barrière à Aubréville dans la Meuse[4].

Il se lance dans la vie sans avoir fait beaucoup d'études, en exerçant divers petits métiers, puis s'engage pour vingt-huit mois dans l'infanterie coloniale en Indochine. Il revient en France atteint de la tuberculose, ce qui met fin à sa carrière dans l'armée et le contraint à une reconversion professionnelle[5].

Il travaille alors comme colporteur, puis comme chef des ventes du journal satirique Zéro. C’est là qu’il rencontre François Cavanna et Fred, avec qui il fonde en 1960 le mensuel Hara-Kiri, auquel son nom, avec celui des dessinateurs Topor, Reiser, Gébé, Wolinski et Cabu, restera attaché.

En 1962, après une première interdiction, la rédaction du journal passe de la rue Choron à la rue de Montholon et adopte comme raison sociale Les éditions du Square.

Le Professeur Choron assume dans l'équipe des éditions du Square le rôle de « patron » gestionnaire, mais s’investit également dans le travail de la rédaction. Il crée ou participe aux fausses pubs et aux photo-montages, écrit des textes, et apparait dans les romans-photos. Il se met lui-même en scène dans ses propres rubriques, les « Jeux de cons » et les « Fiches-bricolages ». À la même époque, il fait des apparitions dans l’émission de Jean-Christophe Averty Les Raisins verts.

Les éditions du Square éditent également Charlie Mensuel, mensuel consacré à la bande dessinée, dirigé au départ par Delfeil de Ton puis pendant plus de 10 ans par Wolinski. En 1969, en plus du mensuel, l'équipe de Hara-Kiri créé Hara-Kiri Hebdo qui devient peu de temps après L’Hebdo Hara-Kiri. Après la parution en novembre 1970 du titre « Bal tragique à Colombey : un mort », allusion à la mort du général de Gaulle et référence à l’incendie de la discothèque du 5-7 de Saint-Laurent-du-Pont qui avait fait 146 morts (et qui avait fait aussi l'objet d'un titre dans L’Hebdo Hara-Kiri : « Le bal continue pendant les travaux »), le titre est interdit. Choron et son équipe de rédaction décident alors de passer outre l’interdiction de paraître, en créant un nouveau journal qui serait cette fois la version hebdomadaire de Charlie. L’Hebdo Hara-Kiri renaît donc sous le nom de Charlie Hebdo. Le nouveau venu comporte quatre pages de bandes dessinées, imprimées sur fond de couleur pour les distinguer du reste du journal (elles disparaîtront vite au fil des numéros). On retrouve les mêmes rubriques, avec une typographie identique : seul leur nom a été changé.

Les autres journaux édités par la société de Choron sont La Gueule ouverte, un des premiers journaux écologistes français, fondé par le dessinateur Pierre Fournier, puis Mords-y l'œil, Surprise, dirigé par le dessinateur Willem et BD, l’hebdo de la BD, dirigé par l'écrivain Jean-Patrick Manchette.

Auteur de chansons, il les a interprétées sur scène, accompagné notamment par le dessinateur Philippe Vuillemin, Jackie Berroyer et Jean-Marie Gourio. Le groupe Odeurs, de Ramon Pipin, l’invita à assurer sa première partie à l’Olympia. En 1988, le Professeur Choron a adapté pour Canal+ sa rubrique « fiches bricolages » de Hara-Kiri. Il a également participé à l’émission de Jean-Michel Ribes, Merci Bernard.

Habitué des provocations publiques, le professeur Choron se livre régulièrement, lors de ses apparitions dans les médias, à des excentricités, des déclarations salaces ou des esclandres[6], invectivant parfois le public ou les autres invités, que ce soit sur le plateau de Droit de réponse[7] ou lors d'autres émissions[8].

La première version de Charlie Hebdo cesse de paraître à la fin de 1981. Choron est par la suite mis en cause par un certain nombre de membres de l'équipe, qui jugent sa gestion « calamiteuse »[9]. Fin 1985, il doit également déposer le bilan d'Hara-Kiri et des Éditions du Square. Un éditeur italien rachète alors Hara-Kiri, qui continue de paraître avec Choron pour rédacteur en chef. En parallèle, Choron contribue à une nouvelle version de Zéro, magazine lancé par Henri-Claude Prigent avec comme rédacteurs en chef Gébé puis Gourio. Mais en 1987, un conflit avec le propriétaire du titre Hara-Kiri entraîne le départ de Choron et la fin du nouveau Zéro. Choron lance début 1988 son propre magazine, intitulé Professeur Choron, qui disparaît dès l'année suivante. Lorsque Hara-Kiri dépose le bilan, Choron, en tant qu'ancien gérant, est condamné à régler un passif de 500 000 francs, ce qui le laisse financièrement ruiné[10].

En 1992, lors de la relance de Charlie Hebdo, Choron reçoit la visite de Cabu et de Philippe Val qui veulent lui proposer d'animer une rubrique mais, au contraire de Cavanna, il refuse de participer à cette nouvelle formule du journal[11]. Choron intente ensuite une action en justice en revendiquant la propriété du titre Charlie Hebdo. Il est finalement débouté, plusieurs membres de l'équipe étant venus témoigner que Cavanna était l'auteur du titre du journal[12]. Il relance par ailleurs en 1993 un Hara-Kiri hebdomadaire, avec une équipe incluant Philippe Vuillemin, Charlie Schlingo, Stéphane Rosse, Bruno Blum et Patrick Eudeline, mais cette nouvelle version disparaît au bout de dix numéros.

Ses derniers titres de presse ont été Grodada (1991-1995) créé avec le dessinateur Charlie Schlingo, qui se voulait le premier journal pour enfants « non mièvre », où les animaux étaient sexués[13] et La Mouise (1994-2006), vendu par des colporteurs SDF[14]. Il a par ailleurs participé à plusieurs publications se réclamant de Hara-Kiri, notamment La Grosse Bertha, ZOO, Généreux ou Yéti.

Choron participe en 2000 à une nouvelle relance d'Hara-Kiri, dont André Bercoff avait fait l'acquisition. Cavanna intente alors un procès pour s'opposer à la sortie de cette nouvelle version, dont il conteste à la fois la ligne éditoriale et le fait que Bernard Tapie ait été annoncé comme collaborateur[9]. En 2002, la justice donne à nouveau raison à Cavanna, qui se voit reconnaître la propriété du titre Hara-Kiri[15]. Cavanna, qui projette de relancer Hara-Kiri avec une nouvelle équipe sous la direction de Val, tente de renouer avec Choron en lui proposant de réaliser un cahier interne au journal, mais Choron refuse violemment[16].

Le Professeur Choron meurt à l'hôpital Necker d’une anémie réfractaire[17] le 10 janvier 2005. Il est enterré à Paris, au cimetière du Montparnasse (26e division) avec son épouse Odile Vaudelle (1934-1985).

En 2008, le réalisateur Pierre Carles et le dessinateur Martin lui consacrent un documentaire intitulé Choron Dernière[18]. Pour le mensuel La Décroissance, « cette plongée réjouissante dans les années 1970 avec comme compagnon ce touchant « mystique de la subversion » permet de nous rendre compte à quel point notre époque contemporaine a écrasé toute transgression pour une fadeur bon teint dans laquelle on étouffe[19]. » Le Monde juge par contre que le film est, autant qu'un hommage à Choron, un pamphlet contre le Charlie Hebdo nouvelle manière, les auteurs attaquant aussi bien Philippe Val que les anciens complices de Choron, Wolinski et Cabu, présentés comme des ingrats. Le quotidien conclut que la personnalité et l'humour de Choron sont insuffisamment évoquées, et que « cette évocation des heures caustiques des années 1970-80 nous laisse sur notre faim »[20].

En 2014, Sylvia Lebègue, la dernière compagne du professeur Choron, publie un livre de souvenirs, intitulé Choron et moi : elle y décrit une histoire d'amour intense avec un homme au comportement souvent violent et abusif, qui en arrivait parfois à la battre et à l'humilier. Elle raconte également que, ruiné financièrement par la faillite de ses journaux successifs, Choron n'hésitait pas à lui demander de se prostituer pour subvenir aux besoins du couple[17],[21].

Ami de Jean-François Devay, directeur de l'hebdomadaire Minute, il lui est arrivé de mettre sa plume à la disposition de cet hebdomadaire très anti-gaulliste et proche de l'extrême droite[22].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Disques[modifier | modifier le code]

  • Cot-cot-codet et Caca chocolat, production Editions du Square, direction artistique Bob Mathieu
  • Les pages rouges du bottin accompagné par "Los Carayos" et produit par Chris Van Hamme (Klébar Records/Musidisc)
  • Boum boum badaboum le Professeur Choron chante ses chansons

Livres[modifier | modifier le code]

Opérette[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bête et méchant par Cavanna, 1983
  • Moi, Odile la Femme à Choron par Christian Bobet, Éditions Mengès, 1983
  • Nabe's dream et Tohu-Bohu par Marc-Édouard Nabe, journaux intimes, Éditions du Rocher, 1992
  • Choron et moi par Sylvia Lebègue, Éditions de l'Archipel, 2015
  • Ça c'est Choron, de Virginie Vernay, Éditions Glénat, 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Professeur Choron, le rire qui fait mal, L'Obs, 21 octobre 2015
  2. Cavanna, dans Bête et Méchant (p. 153), explique que ce prénom rare a été voulu par sa mère, « mais faut pas lui en vouloir : elle est bête ».
  3. . Lui-même, au début de sa vie professionnelle, se faisait appeler « Georges » plutôt que « Georget » ; la majorité des sources (par exemple la notice d'autorité de la BNF) lui attribuent comme véritable nom « Georges Bernier ».
  4. Sur les liens du professeur avec Aubréville, voir : Daniel HOCHEDEZ et Catherine SCHUSTER, « Une journée culturelle éclectique en Argonne meusienne en juin 2014 », revue Horizons d’Argonne, n° 92, 2015
  5. Ça, c'est Choron !, Planète BD, 21 octobre 2015
  6. Professeur Choron - Docteur ès provocation, Arte, 22 février 2011
  7. « Les lycéens sont des merdeux, des trous du cul, des cons ! », en réponse à un jeune invité qui venait de critiquer Charlie Hebdo, en 1981. Michel Polac: les meilleurs moments de Droit de réponse, L'Express, 7 août 2012
  8. Clash avec l'intervieweuse Aure Atika dans une émission de Paris Première, en 1996 : alors qu'Aure Atika s'entretenait avec Jackie Berroyer, Choron s'invite dans la conversation puis qualifie l'animatrice, à qui il reproche le niveau de ses questions, de « femme de ménage » et de « connasse de merde ».
  9. a et b Querelle tragique à «Hara Kiri»: un procès, Libération, 7 mars 2000
  10. « HARA KIRI MENSUEL : Année 1988-1989 - La Fin », sur harakiri-choron.com (consulté le 10 octobre 2018)
  11. Denis Robert, Mohicans, connaissez-vous Charlie ?, Julliard, 2015, pages 103-104
  12. Charlie Hebdo : le testament spirituel de Cavanna, L'Obs, 1er juillet 2015
  13. http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1589 Professeur Choron.
  14. « LA MOUISE - 1994 à 2006 », sur harakiri-choron.com (consulté le 10 octobre 2018)
  15. «Charlie Hebdo» retrouve «Hara-Kiri», Libération, 8 mai 2002
  16. Sylvia Lebègue, Choron et moi, Editions de l'Archipel, 2015, pages 188-189
  17. a et b « « Choron et moi ». Une union chaotique ! », sur Le Télégramme,
  18. Voir Le site Choron dernière
  19. La Décroissance, no 56, février 2009, p. 14.
  20. "Choron dernière" : un pamphlet contre les collaborateurs actuels de 'Charlie Hebdo, Le Monde, 6 janvier 2009
  21. Le professeur Choron, bête et méchant, Le Parisien, 5 avril 2015
  22. Professeur Choron, 22 août 2008