Charlie Schlingo

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Charlie Schlingo
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Naissance
Décès
(à 49 ans)
Paris
Nom de naissance
Jean-Charles Ninduab
Nationalité
Activités

Charlie Schlingo, nom de plume de Jean-Charles Ninduab, né le , et mort le [1], est un auteur de bande dessinée français.

Biographie et œuvre[modifier | modifier le code]

Charlie Schlingo débute dans la bande dessinée en 1975. Il se fait connaître grâce au fanzine Le Havane Primesautier fondé avec ses complices d'école d'art Marcel Bédax, P. Denis, Pubax, C. Toutain et publie ensuite dans les journaux des Éditions du Square, Charlie Mensuel et Hara-Kiri.

Charlie Schlingo défriche de nombreux terrains dans la bande dessinée : importance des odeurs (« bonjour ça pue ! »), invention du vocabulaire (« gaspation, sobure et pommedeterration »), onomatopées (« klabur, koder »).

Totalement novateur, son style est pourtant truffé de références graphiques (issues des univers de Tintin à Mickey Mouse en passant par Popeye ou Pépito). Se revendiquant de l’humour idiot, il laisse une œuvre complexe : ses personnages crétins vivant gaiement des péripéties minables dans des univers absurdes doivent-ils mener au désespoir ou donnent-ils une leçon d’optimisme ? L’œuvre de Charlie Schlingo aide à voir la vie sous des angles toujours surprenants et souvent joyeux et poétiques : « Je suis content je vais acheter du jambon ! ». Personnalité extravagante et souvent excessive, Charlie Schlingo marque le milieu de la bande dessinée française, mais ses albums ne rencontrent pas un grand succès commercial[2].

En 1986, il accompagne de quelques dessins originaux le premier roman ouvertement sponsorisé, Les Baskets d'Euripide, écrit par ses amis Mario Morisi et Guy Franquet. Agacé par la prétention du mouvement des nouveaux philosophes, Charlie crée à Montmartre vers cette époque le mouvement « nouvelle poésie », avec Guy et Mario et auquel une dizaine d'amis participeront, et dont le principe premier est d'écrire les poèmes les plus mauvais qui soient, en général sur des nappes-papier de restaurants, voire des sous-bocks. Charlie Schlingo fonde aussi le groupe rock Les Silver d'argent où il est l'un des deux batteurs et l'un des trois chanteurs, avec ses amis Bottom, Guèguène, Dirty Henry, Post, Blanco et Tronchet.

Dans les années 1990, il anime avec le Professeur Choron le journal pour enfants Grodada, publié de 1991 à 1995[3]. Il collabore également à Picsou magazine, pour lequel il rédige des gags et s'occupe du supplément illustré Coin-Coin, où il publie la bande dessinée Canetor. Il meurt accidentellement en 2005, d'une chute dans son appartement[2]. En 2007, une exposition-hommage lui est consacrée à la librairie Goscinny. En mars 2009, L'Association réédite ses albums Gaspation (Éditions du square, 1979) et Josette de Rechange (Albin Michel, 1981), dans des versions augmentées.

Hommages[modifier | modifier le code]

En 2009, Florence Cestac et Jean Teulé publient une bande dessinée biographique sur Schlingo : Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps[4] — ce que répondait l'artiste lorsqu'on lui demandait dans quelle humeur il se trouvait.

Depuis 2009, le prix Schlingo est décerné au festival international de la bande dessinée d'Angoulême, en marge du palmarès officiel. Il a été créé à l'initiative de Florence Cestac et Yves Poinot. Il récompense un album et/ou un auteur ayant une communauté d'esprit avec l’œuvre de Charlie Schlingo.

À la demande d'Yves Poinot auprès des organisateurs du Off du Off pendant le festival d'Angoulême, une demande est déposée et acceptée, auprès du conseil municipal de la ville, pour rebaptiser une impasse appelée Renolleau en Impasse Charlie Schlingo. Elle donne sur la rue du Sauvage[5]. Elle est inaugurée en février 2013 et Cestac y réalise un mur peint[6].

Publications[modifier | modifier le code]

Périodique[modifier | modifier le code]

Charlie Schlingo a publié dans divers magazines :

Album[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès de Charlie Schlingo - ActuaBD », sur www.actuabd.com (consulté le 18 avril 2017)
  2. a et b Jean Teulé et Florence Cestac, Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps, Dargaud, 2009
  3. GRODADA - 1991 à 1995
  4. Labé 2009.
  5. La rédaction, « Charlie Schlingo. Une impasse au nom du dessinateur », Charente Libre,‎
  6. La rédaction, « Schlingo a son impasse », Charente Libre,‎
  7. On trouvera un morceau du même nom sur le disque sept variations sur Lennie Tristano des pianistes de jazz Stephan Oliva et François Rollin (Sketch, 2002)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Snifature. Hommage à Charlie Schlingo », Comix Club, n°3, janvier 2006, pp. 47-76.
  • Patrick Gaumer, « Schlingo, Charlie », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, (ISBN 9782035843319), p. 757.
  • Jean Teulé (scénario) et Florence Cestac (dessins), Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps, Dargaud, 2009, [biographie en bande dessinée de Charlie Schlingo].
  • Thomas Bernard (interviewé), Florence Cestac (interviewée) et Stéphane Rosse (interviewé), « Charlie Schlingo : "Picoler, faire le con et raconter des histoires d'animaux stupides" », Télérama,‎
  • Yves-Marie Labé, « La BD vraie de Charlie Schlingo », Le Monde,‎
  • Vincent Brunner, « Charle Schlingo : Josette de rechange », Les Inrocks2 - hors série,‎ , p. 55
  • Florence Cestac (interviewée), Jean Teulé (interviewé) et Nicolas Anspach, « Florence Cestac & Jean Teulé : « Charlie Schlingo était un vrai poète et se marrait en dessinant ! » », sur Actua BD,
  • Frédéric Potet, « BD : éloge de Charlie Schlingo et de sa ligne « crade » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Céline Musseau, « Charlie Schlingo, un mec pas gâté par la vie, mais dont la vie a marqué la BD », Sud Ouest,‎
  • Armel Le Ny, « La vie de Schlingo est une bande dessinée », Charente Libre,‎
  • Florence Cestac (interviwée) et Laurence Le Saux, « Florence Cestac dessine la vie de Charlie Schlingo », sur BoDoï,

Liens externes[modifier | modifier le code]