Droit de réponse (émission de télévision)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'émission de télévision. Pour la notion juridique, voir Droit de réponse.
Droit de réponse
Genre Débat télévisé
Périodicité hebdomadaire
Réalisation Maurice Dugowson
Présentation Michel Polac
Pays France
Diffusion
Diffusion TF1
Date de première diffusion
Date de dernière diffusion
Statut Définitivement arrêtée

Droit de réponse était une émission de débats télévisés polémiques en direct, de Michel Polac réalisée par Maurice Dugowson et diffusée sur TF1 entre le et le , de manière hebdomadaire le samedi à 20 h 30.

Histoire[modifier | modifier le code]

Michel Polac faisait, avec cette émission, son retour à la télévision, dix ans après avoir été contraint d'arrêter la présentation de Post-scriptum en raison d'un débat sur l'inceste autour du film Le Souffle au cœur[1]. Droit de réponse était une émission en direct, diffusée de manière hebdomadaire le samedi à 20h30 sur TF1[1]. Elle était réputée pour le franc-parler de ses échanges et son atmosphère souvent tabagique (le tabac n'était pas encore à l'époque, début des années 1980, interdit de plateau). À la télévision française elle est considérée « émission pionnière en matière de polémique-spectacle ou de clash, en langage moderne »[2]. Le critique Serge Daney qualifiait Droit de réponse, peu après son arrêt définitif, d'émission « moderne » car elle proposait « une image moderne de l'agora démocratique (droit de questionner, droit de répondre, droit reconnu à tous, des stars aux obscurs, des décideurs aux décidés)[3]. »

Droit de réponse était connu pour le caractère imprévisible, et souvent très animé, de ses débats[1]. Cela provenait notamment de la mise en scène inventée par Michel Polac et son réalisateur Maurice Dugowson : les invités étaient disséminés dans un décor autour de plusieurs tables, décor dans lequel se trouvaient aussi bien des figurants (qui restaient muets jusqu'à la fin) et d'autres invités qui ne sont pas nécessairement célèbres et qui interviendraient sans être annoncés dès le début. Selon Daney, « l'idée de génie » de l'émission était de faire en sorte que les invités ne se fassent pas face, les obligeant à « se contorsionner » pour répondre à une intervention qu'ils n'avaient pas prévue[3]. Cette mise en scène, différente des face à face ou des discussions autour d'une même table habituels à la télévision, établissait une sorte d'égalité entre les invités : ceux du centre, proches du présentateur, s'inquiétant des interventions-surprises qui peuvent arriver de n'importe où, ceux de la périphérie ayant peur de ne pouvoir s'exprimer et étant ainsi incités à parler plus fort pour se mettre en valeur[3]. Cette mise en scène faisait de l'animateur Michel Polac le seul point de repère stable de l'émission, le seul à pouvoir se tenir facilement « face au public » ; cela alors qu'il ne se présentait pas comme un garant d'une certaine neutralité mais au contraire « un citoyen doté d'opinions connues et personnelles[3]. »

Les dessinateurs Siné, Plantu, Calvi, Wiaz, Georges Wolinski ou Cabu étaient régulièrement invités pour illustrer en direct l'émission à l'aide d'une palette graphique. L'émission a servi en quelque sorte de tremplin à un autre dessinateur, Charb : en 1987, Jean-Pierre Boudine a aperçu à la télévision dans le public de l'émission Droit de réponse ce jeune homme qui intervient en levant des cartons sur lesquels il fait des dessins[4]. Il prend contact avec la régie, puis entre en relation avec Charb qui était alors surveillant au lycée de Pontoise[5],[6].

L'émission, après deux premières semaines difficiles, a notamment été « lancée » par son troisième numéro, diffusé le 2 janvier 1982, auquel était invitée l'équipe de Charlie Hebdo qui venait alors de cesser de paraître[1]. Cette émission est marquée par divers incidents : Siné insulte Jean Bourdier, journaliste de Minute qui avait été invité pour donner son avis sur la fin de Charlie Hebdo, puis est frappé par A. D. G., autre collaborateur de Minute, pendant une interruption de l'antenne ; le professeur Choron, pris de boisson, injurie quant à lui des lycéens présents sur le plateau et qui avaient déclaré ne pas apprécier Charlie Hebdo. Le lendemain, la presse française se fait abondamment l'écho de l'émission, dont elle assure ainsi la notoriété. De nombreux autres numéros ont été l'occasion d'incidents entre invités ou de déclarations provocatrices[1].

L'émission s'est parfois emparée de sujets qui ont lancé des débats publics beaucoup plus largement que des débats circonscrits aux seuls participants et téléspectateurs de l'émission. Par exemple en 1982, l'émission Droit de Réponse pose la question Faut-il raser les grands ensembles ? Il s'agit de la première rupture vraiment franche dans le discours tenu sur les grands ensembles (et c'est seulement un an après, en 1983, que seront détruites les premières tours des Minguettes[7].

Droit de réponse a finalement été supprimée de l'antenne, à la suite de nombreuses plaintes de familles françaises, de membres du gouvernement de l'époque, et d'un dessin de Wiaz passé à l'antenne le 19 septembre 1987 à la suite du rachat de TF1 par Bouygues, et qui représentait Francis Bouygues déclarant : Une maison de maçon.. un pont de maçon.. une télé de m...[8].

Des extraits sont disponibles sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel.

Intervenants réguliers[modifier | modifier le code]

Parmi les intervenants réguliers de l'émission figuraient également les journalistes Dominique Jamet, Claude Cabanes, Jean-François Kahn, Jean-Marcel Bouguereau, Noël Copin, Thomas Ferenczi, Pierre Bénichou, ou encore Laure Adler.

Invités[modifier | modifier le code]

La première émission était consacrée à la littérature dite populaire, avec pour invités Gérard Depardieu, Coluche, Gérard de Villiers, Edgar Morin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Droit de réponse » : la fièvre du samedi soir, Le Figaro, 31 juillet 2009.
  2. « Mort de Michel Polac, celui par qui le scandale arrive », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  3. a, b, c et d Serge Daney, « L'Effet Polac », Libération, , repris dans Le Salaire du zappeur, P.O.L.,‎ , 193 p. (ISBN 2-86744-352-0), p. 35-38.
  4. Jean-Pierre Boudine, « Comment Charb est arrivé à Tangente », Tangente, no 162,‎ , p. 5 (ISSN 0987-0806)
  5. Jean-Paul Truc, « Charb dans Quadrature en 1991 », sur http://quadrature-revue.blogspot.fr,‎ .
  6. Jean-Paul Truc, « Hommage à Charb (suite) », sur http://quadrature-revue.blogspot.fr,‎ .
  7. Filmer les grands ensembles : Film documentaire sur les représentations audiovisuelles des grands-ensembles, CHS, 2015.
  8. « Michel Polac : dernier souffle du premier télépolémiste », Le Nouvel Observateur,‎ (consulté le 12 janvier 2013).

Articles connexes[modifier | modifier le code]