Éditeur (métier)

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Éditeur
Aldus Manutius - Imagines philologorum.jpg
Portait de l'italien Aldus Manutius, aussi connu sous le nom d'Alde l'Ancien, premier éditeur
Secteur d'activité
Entreprises (maisons d'édition, magazines, revues, journaux, etc.)
Compétences requises
Production, validation, diffusion des contenus
Niveau de formation
Lettres, journalisme ou discipline connexe
Perspectives professionnelles
Éditeur de revues, de livres, d'encyclopédies, rédacteur technique, concepteur de ressources informationnelles, etc.
Professions voisines
Bibliothécaire, correcteur, traducteur, réviseur, rédacteur, libraire, etc.
Codes
CITP
CNP (Québec)
5122
ROME (France)
E1105

L'éditeur est un « professionnel de la chose éditoriale, celui qui possède un savoir et des compétences spécifiques, le savoir éditer[1]».

Le terme éditeur peut désigner, en français, aussi bien une personne morale — il s'agit alors d'une maison d'édition — qu'une personne physique — il peut alors s'agir du directeur de collection, du directeur littéraire, ou d'autres personnes travaillant dans cette maison.

Naissance de l'éditeur[modifier | modifier le code]

L'éditeur apparait « au moment où se crée un espace public pour la littérature[2]».

Rôles et fonctions de l'éditeur[modifier | modifier le code]

Michaël E. Sinatra et Marcello Vitali-Rosati distinguent trois fonctions de l'éditeur. Celui-ci produit des contenus, les légitime et les fait circuler[3].

La taille des instances éditoriales peut avoir une grande influence sur l'expérience de l'éditeur. Dans les petits groupes, l'éditeur est souvent polyvalent et est amené à toucher à tout. Dans les groupes plus importants, le travail de l'éditeur est beaucoup plus segmenté[4]; il est alors réparti entre différents individus.

L'éditeur agit comme le médiateur, l'intermédiaire essentiel, entre le lecteur et l'auteur, entre le public et l'écrivain. Ambassadeur culturel et intellectuel, homme de lettres et entrepreneur[4], l'éditeur porte la « double responsabilité matérielle et morale d'une œuvre[4]». Sa contre-signature (sa caution) est à la fois économique et idéologique (symbolique).

Pour le sociologue français Pierre Bourdieu, l'éditeur est double:

« [C]es personnages doubles, par qui la logique de l'économie pénètre jusqu'au cœur du sous-champ de la production pour producteurs, doivent réunir des dispositions tout à fait contradictoires: des dispositions économiques qui, dans certains secteur du champ, sont totalement étrangères aux producteurs dont ils ne peuvent exploiter le travail que pour autant qu'ils savent l'apprécier ou le faire valoir[5]».

L'éditeur est donc « partagé » entre sa fonction éditoriale et sa fonction entrepreneuriale:

« La fonction éditoriale (editor) est propre à celui (ou celle) qui découvre, qui consacre et qui dirige la publication d'ouvrages et, plus largement, qui acquiert par le fait même un statut professionnel et une valeur symbolique spécifique dans le champ littéraire. [...] La fonction entrepreneuriale (publisher) est définie par des rôles et des responsabilités de gestionnaire et d'administrateur propres aux conditions de production et de diffusion des ouvrages[4]».

Perspectives d'avenir à l'ère du numérique[modifier | modifier le code]

Dans L'édition sans éditeurs, publié en 1999, André Schiffrin décrit un système éditorial qui évolue vers une production de contenus sans éditeurs, face à un processus de concentration dans le monde du livre[6]. Aujourd'hui, la même notion d'« édition sans éditeurs » est reprise dans le contexte du numérique, contexte marqué par une surabondance d'informations notamment rendue possible par le développement des réseaux sociaux et des formes contributives du web[7].

Selon Olivier Bessard-Banquy, spécialiste de la littérature et de l'édition contemporaines, le rôle de l'éditeur est autrement appelé à gagner en importance avec l'avènement du numérique. En d'autres termes, la « révolution » numérique « conforterait » l'éditeur dans son rôle traditionnel d'intermédiaire, voire de médiateur, face à la surabondance des contenus[4].

« Au milieu de tant d'incertitude, et face à la marée montante des textes en tous genres qui saturent le net, il est certain que la marque des éditeurs sera demain plus que jamais un repère. Happés par les blogs de toutes natures, envahis par les textes qui circulent par millions sur la toile, les lecteurs de demain auront besoin de certifications, de labels, de garanties de qualité. Les éditeurs leur apporteront cette caution[8]».

Pour Patrick Poirier et Pascal Genêt, la maison d'édition, en tant qu'instance éditoriale, serait pour sa part susceptible de disparaitre[4].

Formation[modifier | modifier le code]

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Au Canada, l'éditeur possède souvent un baccalauréat en lettres, en journalisme ou dans une discipline connexe, en plus de cumuler de l'expérience dans le domaine[9].

Au Québec, l'Université de Montréal offre depuis l'automne 2017 une formation de deuxième cycle en édition numérique. Cette formation est offerte conjointement par l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information, le Département des littératures de langue française et le Département de littératures et de langues du monde. L'Université de Sherbrooke offre différents programmes de deuxième cycle en édition depuis dix ans.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Legendre et Christian Robin, « Figures de l'éditeur: Représentations, savoirs, compétences », Actes du colloque des 13 et 14 mai 2005 (Université Paris 13), Nouveau Monde éditions,‎ , p. 11
  2. Histoire de l'édition littéraire au Québec au XXe siècle, La naissance de l'éditeur, 1900-1939, Fides, , p. 25
  3. Michaël E. Sinatra (dir.) et Marcello Vitali-Rosati (dir.), Pratiques de l'édition numérique, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, (ISBN 978-2-7606-3203-5), « Introduction »
  4. a, b, c, d, e et f Patrick Poirier et Pascal Genêt, Pratiques de l'édition numérique, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, (ISBN 978-2-7606-3203-5), « La fonction éditoriale et ses défis »
  5. Pierre Bourdieu, « Le champ littéraire », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, vol. 89, no 1,‎ , p. 5
  6. André Schiffrin, L'édition sans éditeurs, La Fabrique éditions,
  7. Yannick Maignien, Pratiques de l'édition numérique, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, (ISBN 978-2-7606-3203-5), « Les enjeux du web sémantique »
  8. Olivier Bessard-Banquy, L'industrie des lettres, Pocket, , p. 526
  9. « 5122 Réviseurs/réviseures, rédacteurs-réviseurs/rédactrices-réviseures et chefs du service des nouvelles », sur Gouvernement du Canada (consulté le 17 octobre 2018)