Frédéric H. Fajardie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Frédéric H. Fajardie
Nom de naissance Ronald Moreau
Naissance
Paris, France
Décès (à 60 ans)
Paris, France
Activité principale
romancier, nouvelliste, essayiste, dramaturge, scénariste
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement Néo-polar
Genres

Œuvres principales

Tueurs de flics
La Nuit des chats bottés
Jeunes femmes rouges toujours plus belles
Les Foulards rouges
Le Voleur de vent

Compléments

Frédéric H. Fajardie, nom de plume de Ronald Moreau[1],[2], né le , à Paris, et mort dans la même ville le , est un écrivain et scénariste français, auteur de roman policier[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il grandit dans la librairie de son père bouquiniste et libertaire, rue de Tolbiac dans le 13e arrondissement de Paris[5], où il lit de très nombreux romans et nouvelles. Dès l'âge de 16 ans, le marxisme devient le repère idéologique de sa vie. En 1968, acquis aux idées de gauche, il milite à la Gauche prolétarienne, exerce divers petits métiers et, dès le mois de mai 1968, veut devenir le premier militant « engagé » à écrire des romans noirs.

Il publie son premier roman noir Tueurs de flics, en . Dans cette adaptation très libre de l'Orestie, un mythe de la Grèce antique, un commissaire est chargé d'une enquête qui doit lui permettre « d'arrêter des tueurs qui se plaisent à découper ses collègues »[6]. Ce premier roman s'inscrit dans le nouveau genre littéraire du néo-polar. Il est salué, dès cette époque, par les critiques Max-Pol Fouchet et Alain Dugrand.

À partir du milieu des années 1980, il signe des scénarios pour le cinéma et commence en parallèle à publier des romans de facture plus classique, tout en poursuivant son œuvre dans le roman noir. En 1989, le critique Renaud Matignon fait son éloge.

Réfractaire aux étiquettes et aux ghettos, il n'apprécie pas le socialisme mitterrandien, contre lequel il écrit, en 1993, Chronique d'une liquidation politique.

En 1998, avec la bénédiction du critique Bernard Frank, il participe à l'émission littéraire Le Cercle de minuit.

Il a été le parrain du Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale d'Arras ; l'édition 2009 de ce salon lui a rendu un grand hommage.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Pour Fajardie, polar et roman noir sont les meilleurs moyens d'explorer l'envers et les travers de la société contemporaine. Dans son œuvre, où l'esprit chevaleresque de ses personnages s'oppose à la médiocrité contemporaine, son gauchisme politique s'allie aux valeurs d'honneur, de fidélité et souvent de fraternisation au delà des oppositions idéologiques ou historiques.

Ses œuvres, dans leur versions publiées aux éditions NÉO (reprises ensuite par La Table ronde), portent des couvertures dessinées par Jean-Claude Claeys. Elles restituent à merveille la sombre atmosphère urbaine, la violence et la désillusion qui se mêlent dans l'œuvre de Fajardie.

Romans noirs[modifier | modifier le code]

Série Padovani[modifier | modifier le code]

  • Le 7e roman mettant en scène le commissaire Antonio C. Padovani était en cours d'écriture. Il restera inachevé[7].

Romans[modifier | modifier le code]

  • 1985 : Le Loup d'écume
  • 1986 : Des lendemains enchanteurs
  • 1987 : Au bord de la Mer Blanche
  • 1987 : Jeunes femmes rouges toujours plus belles
  • 1988 : Une charrette pleine d'étoiles
  • 1991 : Frivolités d'un siècle d'or
  • 1994 : La Manière douce
  • 1999 : Quadrige

Romans historiques[modifier | modifier le code]

  • Inédit : Le Dragon vert
    (court roman, ébauche du Voleur de vent, paru sous forme de feuilleton dans l'hebdomadaire La Vie et disponible sur www.fajardie.fr)

Romans « des années sombres »[modifier | modifier le code]

  • 1990 : Un homme en harmonie
  • 2000 : Ciao, Bella, ciao ! (Prix Charles-Péguy 2001)
  • 2002 : Un pont sur la Loire

Littérature d'enfance et de jeunesse[modifier | modifier le code]

  • 1986 : Sous la lune d'argent (Syros, coll. « Souris noire » no 5, illustrations de Catherine Munière)
  • 1992 : L'Homme vêtu de pourpre
  • 1993 : Les Aventures de Château-Trompette
  • 1996 : La Planque
  • 1998 : Combats de nuit

Nouvelles[modifier | modifier le code]

Frédéric H. Fajardie a écrit 365 nouvelles, un clin d'œil à ses lecteurs qui peuvent ainsi en lire une chaque jour. Ces nouvelles, témoignages des années 1960 aux années 1990, peuvent être considérées comme une approche sociologique de ces époques[8].

  • 1980 : Le Loup par les oreilles
  • 1983 : La Colline de cristal
  • 1984 : La Mare du petit malheur
  • 1984 : Mort d'un lapin urbain
  • 1985 : Speakeasy
  • 1985 : La Nébuleuse du Nord
  • 1987 : Mélodie bleu nuit
  • 1989 : L'Homme de Berlin
  • 1990 : Poussière d'éternité
  • 1990 : Mélancolie pour chevau-léger
  • 1994 : Perdre la pause
  • 1994 : La Lorette hallucinée
  • 1996 : Égérie légère
  • 1996 : Cendres et Sang
  • 1997 : Un dimanche anglais
  • 1997 : Retour à Zlin
  • 1998 : Les Neuf Cercles de l'Enfer
  • 1998 : Adieu Alice, adieu Sweetheart
  • 1999 : Chrysalide des villes
  • 2000 : « Série grise » (ou « Série grise 93K », 8 petits volumes titrés F, A, J, A, R, D, I et E)
  • 2000 : Le Boulevard maritime (photos : Dolorès Marat)

Anthologies[modifier | modifier le code]

  • Nouvelles noires, Messidor (2 tomes)
  • Nouvelles d'un siècle l'autre, Fayard (2 tomes)
  • Romans noirs, Fayard (1 seul tome paru)

Essais, pamphlets[modifier | modifier le code]

  • Chronique d'une liquidation politique, 1993, éd. La Table ronde
  • Metaleurop, paroles ouvrières
  • Petit traité de la chasse

Autres publications[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Il a écrit plus de 80 pièces radiophoniques, pour France Inter.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Frédéric H. Fajardie est chevalier de l'Ordre des Arts et Lettres.

Citations[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Broom icon.svg
Les sections « Anecdotes », « Autres détails », « Le saviez-vous ? », « Citations », etc., peuvent être inopportunes dans les articles (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).
Pour améliorer cet article il convient, si ces faits présentent un intérêt encyclopédique et sont correctement sourcés, de les intégrer dans d’autres sections.
  • « Peu importe qu'un écrivain soit réactionnaire ou conservateur, dès lors qu'il me donne du plaisir, c'est fondamental. »
  • « D'abord, je pensais que l'édition était une activité noble. Finalement, on se rend compte que c'est une industrie comme les autres. »
  • « La nostalgie est un élément consubsantiel à ma nature. »
  • « S'il est une chose qui me fait plus horreur encore que les pistonnés, c'est la canaille hiérarchique incapable d'exécuter ce qu'elle exige des subalternes. »
  • « Trente glorieuses, après mille neuf cent quarante-cinq merdeuses, c'était vraiment compté au plus juste. »
  • « Car qui n'a connu la nostalgie ne saurait avoir vécu sa vie. »
  • « L'Histoire a une certaine propension à nier les terreurs blanches, pour mieux mettre en relief les châtiments que, de loin en loin, le peuple fait subir à ceux qui l'oppressent. » (nouvelle Terreur blanche, recueil La colline de cristal)
  • « On ne se bat contre les moulins à vent que lorsqu'on a quelqu'un avec qui partager les sacs de blé qu'ils contiennent. » (nouvelle La colline de cristal, recueil La colline de cristal)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'écrivain Frédéric H. Fajardie s'est éteint, Le Point, 5 mai 2008
  2. Jean-Paul Schweighaeuser, Le Roman noir français, Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 1984, page 76
  3. Fajardie, roman noir (Le Journal du Dimanche)
  4. Frédéric H. Fajardie (Éditions de La Table Ronde)
  5. Le bâtiment aujourd'hui détruit était sur l'emplacement de la Bibliothèque Marguerite Durand, en face du centre universitaire Pierre Mendès France
  6. Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, vol. 1, p. 699.
  7. Jérome F. Goudeau
  8. Cette production fait de lui un des plus prolifiques auteurs de nouvelles du XXe siècle, avec Robert Silverberg (plus de 1000 nouvelles), Luigi Pirandello (431 nouvelles) et Daniel Boulanger (près de 400 nouvelles). Au XIXe siècle, ce titre revenait à Guy de Maupassant

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]