Blutch

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'auteur de bandes dessinées français. Pour le personnage de la série de bandes dessinées Les Tuniques bleues, voir Caporal Blutch.
Blutch
Blutch.jpg
Blutch (portrait de David Rault).
Naissance
Nom de naissance
Christian HinckerVoir et modifier les données sur Wikidata
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signature de Blutch
signature

Blutch, de son vrai nom Christian Hincker, né à Strasbourg le , est un auteur français de bandes dessinées. Il est considéré comme l'un des principaux auteurs de la bande dessinée française depuis le début des années 1990[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Après des études aux Arts décoratifs de Strasbourg, Blutch est découvert par le biais d'un concours organisé par le mensuel Fluide glacial. Il a hérité son surnom d'un camarade de classe pour sa ressemblance physique avec l'un des deux héros des Tuniques bleues[2].

Années 1990[modifier | modifier le code]

Tout en continuant à enrichir régulièrement les sommaires de ce prestigieux magazine d'« Umour et bandessinées », il s'infiltre chez les nombreux petits éditeurs indépendants qui commencent à avoir pignon sur rue. La revue Lapin accueille les récits qui deviendront Sunnymoon, tu es malade (L'Association, 1994). Cornélius publie La Lettre américaine (1995), puis Mitchum (1996-1999), une série de cinq fascicules. L'entrée de Blutch dans le mensuel (À suivre) en 1996 marque la reconnaissance de son style très particulier, traité dans un noir et blanc vigoureux. Il y propose une large partie de Péplum, une tragédie inspirée par le Satyricon de Pétrone, et dont la version intégrale sera proposée en 1997 par Cornélius.

En 1998, il réalise Rancho Bravo, en collaboration avec Capron, pour les éditions Audie.

La même année, Blutch publie Le Petit Christian, qui rassemble les pages parues dans Fluide Glacial entre 1994 et 1996 ainsi que dans la revue Lapin en 1997 et 1998. Le second tome, qui paraît 10 ans plus tard, reprend les planches parues dans Ferraille Illustré entre 2005 et 2006 et les épisodes pré-publiés dans Charlie Hebdo à l’été 2008.

Toujours à la fin des années 90, Blutch invente le personnage de Blotch, un pédant dessinateur de l'entre-deux-guerres à l'humour ringard et misogyne, qui narre ses propres aventures comme dessinateur comique au sein d'un hebdomadaire ayant pour titre Fluide glacial.

Années 2000[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses travaux d'auteur, Blutch illustre plusieurs ouvrages pour enfants au début des années 2000, explorant différentes techniques pour offrir des univers graphiques très différents, comme par exemple avec les illustrations des Contes d'Amérique d'Henri Gougaud (Seuil 2004) réalisées au pastel gras.

Après avoir beaucoup travaillé en noir et blanc, Blutch bénéficie du travail de la coloriste Ruby dans Vitesse moderne (Dupuis, 2002). En 2002, il remporte le Prix Töpffer international pour cet album[3].

En 2005, il sort un recueil de dessins sur la famille et le couple, C'était le bonheur aux éditions Futuropolis, avec un trait fin et griffonné. Suivront, toujours chez Futuropolis, La Volupté, puis La Beauté, un recueil de dessins, tous deux réalisés aux crayons de couleurs.

En janvier 2007, à l'occasion du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, il se produit sur scène aux côtés de Brigitte Fontaine, illustrant ses chansons en direct et sur grand écran. Cette même année il se consacre à la réalisation d'un court-métrage d'animation figurant dans le film à sketches Peur(s) du noir sorti en salles le 13 février 2008, où il réalise un film sans paroles dans lequel un marquis en dentelles hideux y promène une meute de chiens enragés et affamés.

En 2008, il rencontre Alain Resnais qui lui propose de réaliser l'affiche de son film Les Herbes folles. Cette rencontre est le début d'une collaboration durable avec le réalisateur : il réalise l'affiche de Vous n'avez encore rien vu (2012), puis les décors, la bande-annonce et l'affiche de Aimer, boire et chanter (2014), son dernier film.

En 2009, il reçoit le Grand Prix de la ville d'Angoulême, décerné lors du Festival International de Bande Dessinée pour l'ensemble de son œuvre[4]. Il est donc le président de l'édition 2010 du Festival d'Angoulême. Une grande exposition rétrospective lui est consacré à cette occasion.

Années 2010[modifier | modifier le code]

En 2011, Blutch publie Pour en finir avec le cinéma (Dargaud), un essai en bande dessinée revisitant ses passions de cinéphile.

En 2014, Blutch retourne à la fiction avec Lune l'envers, à la fois récit de science-fiction et comédie dramatique, qui évoque la question du processus de création artistique, et sur le rapport au temps de l'artiste. Pour Laurence Le Saux (Télérama), « l’auteur interroge ainsi le rapport à l’art, à l’époque, à la technologie, à l’autre... Il signe une aventure trépidante, mouvante, troublante, et amusante[5]. » Lune l'envers fait partie des « 10 meilleures BD de l’année 2014 » pour Télérama[6].

En 2017, l'album Variations, entre bande dessinée, livre d’art et catalogue d’expo[7], rassemble une trentaine de planches en noir et blanc qui réinterprètent des extraits d'albums classiques de la bande dessinée franco-belge et italienne qui ont marqué Blutch. Pour Christian Rosset, « Ce faisant, il les trahit au moins autant qu’il leur témoigne, avec humilité, le plus grand respect. Le mot clé si l’on désire mettre à nu ce qui donne chair à ces variations pourrait être "reconnaissance(s)" – à prendre aussi bien dans de sens de “gratitude” que d'“exploration”[7]. »

En mai 2018 paraît le premier chapitre de l'aventure de Tif et Tondu, Mais où est Kiki ?, qu'il dessine sur un scénario de son frère Robber. Publié en noir et blanc par Dupuis, ce cahier est limité à 2600 exemplaires.

Style[modifier | modifier le code]

Pour Thierry Groensteen, « Il ne fait aucun doute que Blutch est l'un des auteurs les plus doués de sa génération, l'un de ceux qui n'a cessé de nous impressionner, ces dix dernières années, par sa virtuosité graphique, l'étendue de son registre, l'oscillation constante de son inspiration entre humour et poésie[1]. »

Influences[modifier | modifier le code]

Blutch, grand amateur de jazz — une passion qu'il a mise en scène dans Total Jazz —, fait régulièrement le parallèle entre sa pratique et ce genre musical, notamment dans son rapport à l'improvisation. On peut voir également un parallèle entre le travail des jazzmen sur les standards — des morceaux connus de tout le monde, qui sont réinventés par chaque musicien — et le travail de Blutch de reprise de planches existantes, comme dans Le Cavalier blanc no2, où il redessine une vingtaine de fois la couverture d'un album de Lucky Luke, ou Variations[7]. Il cite également Pablo Picasso comme référence pour ce travail de reprise[7].

Prix[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Blutch a beaucoup publié, autant dans des périodiques (Fluide glacial) que des albums[8].

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Dans des périodiques[modifier | modifier le code]

Recueils et albums[modifier | modifier le code]

  • Waldo's Bar, AUDIE, coll. « Fluide Glacial », 1993
  • Mademoiselle Sunnymoon, AUDIE, coll. « Fluide Glacial », 1993
  • Sunnymoon tu es malade, L'Association, coll. « Éperluette », 1994
  • Lettre Américaine, Cornélius, coll. « Jean-Jacques », 1995. S'apparente au carnet de voyage
  • Mitchum, Cornélius, coll. « Paul », 1996-1999. Réédition en un volume augmenté d'inédit, Cornélius, coll. « Pierre », 2005
  • Le Petit Christian, L'Association, coll. « Ciboulette » :
  1. Tome 1, 1998
  2. Tome 2, 2008 - Essentiel de la Sélection officielle du Festival d'Angoulême 2009
  • Péplum, Cornélius, coll. « Solange », 1998
  • Notes pour Péplum, Cornélius, coll. « Raoul », 1998
  • Rancho Bravo, avec Jean-Louis Capron (coscénario), AUDIE, coll. « Fluide Glacial », 1998
  • Blotch, AUDIE, coll. « Fluide Glacial » (réédité en Intégrale, 2009) :
  1. Le Roi de Paris, 1999
  2. Blotch face à son destin, 2000

Collectifs[modifier | modifier le code]

  • Une page de Raaan, L'Association, cadeau-adhérents, 1994.
  • « La Présidente » (dessin), avec Jean-Christophe Menu (scénario), Autrement, coll. « Histoires graphiques », 1996.
  • Un strip dans Hommage à Monsieur Pinpon, L'Association, cadeau-adhérent, 1997.
  • Une page dans Le Canard de L'angoisse, AUDIE, coll. « Fluide Glacial », 2001.
  • Deux pages dans L'important c'est de participer, Cornélius, coll. « Raoul », 2005.
  • Un récit dans Tooloose, Casterman, 2007.
  • Une illustration dans Tous coupables !, Éditions du Faciès - Les Cochons Enragés, 2007.
  • « 31 août 1997 - La mélancolie des souverains d'Europe », dans Le jour où… (1987-2007, France Info 20 ans d'actualité), Futuropolis, 2007
  • Participation à Cornélius, ou l'art de la mouscaille et du pinaillage, Cornélius, 2007.
  • « Le triomphe de la révolution », dans Pilote, le journal qui s'amuse à lancer un pavé - Spécial Mai 68, Dargaud, 2008
  • « La belle coccinelle », quatre pages en hommage à la Rubrique-à-brac de Gotlib dans Rubrique Abracadabra, Dargaud, 2008
  • Participation à « Comicscope » de David Rault, L'Apocalypse, 2013

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Peur(s) du noir, 2008. Scénario et dessin d'un court-métrage de ce film d'animation réalisé par six dessinateurs.
  • Blutch, la ligne sombre, écrit et réalisé par Yann Robin et Pascal Bordenave, 2008. Portrait-documentaire de l'auteur, au moment où il dessine La Beauté, et alors qu'il termine la réalisation d'un court-métage pour Peur(s) du noir.

En tant qu'acteur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Groensteen (2002)
  2. Blutch, grand prix de la BD d'Angoulême, Le Monde, 3 février 2009, page 20.
  3. a et b « Prix Rodolphe Töpffer de la bande dessinée », sur ville-geneve.ch (consulté le 13 décembre 2018).
  4. a et b Service Actu, « Blutch Grand Prix du festival d'Angoulême 2009 », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  5. Laurence Le Saux, « Bédéthèque idéale #49 : Avec “Lune l'envers”, Blutch tape sur le système », Télérama,‎ (lire en ligne, consulté le 13 décembre 2018).
  6. Laurence Le Saux, « La bédéthèque idéale : les 10 meilleures BD de l’année 2014 », Télérama,‎ (lire en ligne, consulté le 13 décembre 2018).
  7. a b c et d Christian Rosset, « Variations de Blutch », Du9,‎ (lire en ligne, consulté le 13 décembre 2018).
  8. Jusqu'à janvier 2000 : « Bibliographie de Blutch », dans PLG n°35, PLG, 1999, p. 55-57. Après janvier 2000 : bases de données de Bulledair et BDGest ; Michel Béra, Michel Denni, Philippe Mellot, BDM 2007-2008, Éditions de l'amateur, 2006
  9. Prix Mauvais genres 2015, site L'Obs.

Annexes[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

  • Blutch (int. par Philippe Morin et Thomas Berthelot), « Blutch », PLG, no 35,‎ , p. 43–54.
  • Alain Boillet, « Blutch chez Resnais : Aimer, boire et... dessiner ! », Bédéphile, no 1,‎ , p. 20-30 (ISBN 9782882503947).
  • Thierry Groensteen, « Blutch en court et en long », 9e Art, CNBDI, no 8,‎ , p. 133.
  • Cécile Maveyraud, « Le Grand Blutch », Télérama, no 2756,‎ , p. 64-66.
  • Raphaël Oesterlé, « La Cinéphilie selon Blutch : Usage de la référence comme support fantasmatique », Bédéphile, no 1,‎ , p. 12-19 (ISBN 9782882503947).
  • Vincent Bernière, « Lune l'envers, par Blutch », dans Les 100 plus belles planches de la bande dessinée, Beaux-Arts éditions, (ISBN 9791020403100), p. 124-125
  • Blutch (interviewé) et Anne-Claire Norot, « Voler le plus librement possible », Les Inrockuptibles 2 : les 50 meilleures BD franco-belges,‎ , p. 17-18
  • Antoine Guillot, « Blutch », Beaux-Arts Magazine, hors-série : Qu'est-ce que la BD aujourd'hui ?,‎ , p. 54-57 (ISSN 0757-2271)

Liens externes[modifier | modifier le code]