Odeurs

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Odeurs est un groupe de rock créé par Ramon Pipin et Rita Brantalou.

Le créneau de ce groupe est le « rock humoristique » (Chèque, baby, chèque), avec quelques incursions dans le domaine du blues (Defecation blues), de la musique populaire (Dominique en version disco), à l'occasion irrévérencieux (I Want to Hold Your Hand interprété comme un chant militaire, sur bruit de bottes, Le Vilain Petit Zoziau, co-écrit par Costric Ier et chanté par une véritable chorale d'enfants), voire scatologique (Coucous Bouletium, Petit Caca Noël, Le jour où les oranges pelurent). Il s'inscrit donc dans une tradition qui va de Serge Gainsbourg à Coluche, Pierre Desproges et Hara-Kiri.

Odeurs a donné son dernier concert, d'adieu, le , au théâtre du Rond-Point, à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

1979 : Le studio Ramsès et les débuts d'Odeurs[modifier | modifier le code]

Après l'arrêt (provisoire) d'Au Bonheur Des Dames, Ramon Pipin fonde avec Rita Brantalou un studio d'enregistrement dans Paris, le studio Ramsès, nom choisi en hommage à son épouse Clarabelle, férue d'égyptologie. Celui-ci verra défiler bon nombre de musiciens de studio, au service d'artistes nationaux illustres, tels Louis Chedid, Renaud, Michel Jonasz etc.

Ramon Pipin, de son côté, crée toujours de nouveaux morceaux, et partage de nouvelles idées de créations toujours plus satiriques, notamment avec l'auteur Costric 1er. Il publie en 1979 le premier album d'Odeurs : Ramon Pipin's Odeurs, dont la pochette réalisée par Jean-Baptiste Mondino a été maintes fois copiée.

Entouré du noyau de Guy Khalifa, Laurent de Gaspéris, Sharon Glory, Shitty, Clarabelle, Jean-Philippe Goude et Jean-Michel Kajdan, s'y illustrent de nombreux musiciens : François Auger et Didier Batard, Didier Lockwood, Gérard Manjouet, Manu Katché etc. La chanson Dominique est revisitée en mode disco et est interprétée par Sapho. Sharon Glory et la comédienne Christine Pascal forment le duo de Douce crème.

L'album présente une collection de parodies (Douce crème pour Serge Gainsbourg, Youpi la France pour la variété française, Sex Bazooka pour le punk, Le gros snob pour les crooners), de ré-écritures (Dominique de Sœur Sourire devient un épique disco flamboyant, I Want to Hold Your Hand des Beatles un chant militaire), ou farces très abouties (Je suis mou, avec un contraste entre une musique très musclée et tendue, et son chanteur mollasson, qui part complètement en décalage entre son texte et son intention, en fin du morceau). L'album se clôt par Le vilain petit zoziau, enregistrée avec une vraie chorale d'enfants (malgré son texte !). Les interviews qui entourent le morceau punk Sex bazooka ont été réalisées sans trucage, dans la rue[1].

L'album pose les bases de ce que sera « Odeurs » : beaucoup de dérision et d'humour[2], sans réelles limites, dans les textes, posés sur des musiques particulièrement bien réalisées et arrangées. Ce sera un succès commercial[3], vendu à plus de 100 000 exemplaires..

1980 : No Sex[modifier | modifier le code]

Ce deuxième album, réalisé grâce au succès du premier, est encore plus ambitieux. La liste des musiciens est trop longue pour être citée : une cinquantaine, parmi les plus importants musiciens de studio qui défilent dans le studio Ramses (Manu Katche, Stella Vander, Jean-Michel Kadjian, Klaus Blasquiz, etc.). Moins parodique que le précédent (même si L'Homme Objet est un hommage à Dire Straits et Ma Fils Tennesse une réécriture sémite de Memphis Tennessee), 1980 - No sex offre un large panorama des différentes couleurs de la musique rock et pop, le tout avec des textes toujours aussi drôles (Je m'aime) et à l'humour sans retenue (Astrid, Coucous Boulettium), l'album contient de nombreuses perles et se vendra à plus de 150 000 exemplaires.

Les concerts[modifier | modifier le code]

La renommée d'Odeurs ne se limite pas aux arrangements de qualité et aux enregistrements précis. Ramon Pipin propose, avec ses acolytes, des concerts qui sont de véritables spectacles, avec costumes, décors, sketches et événements. De l'introduction du concert au kazoo (Ainsi parlait Zarathoustra) tandis que les musiciens entrent sur scène avec un masque à gaz et qu'une fumée verte nauséabonde (au céleri) envahit doucement le théâtre (et les gradins), aux loufoqueries toujours plus absurdes (projection de couscous par le cobaye qui ingère le boulettium), la scène est l'occasion pour Ramon Pipin et ses pairs de délivrer leur humour décapant et caustique au travers de mises en scène très éloquentes. La parodie de la proposition musicale réalisée en studio devient alors le prétexte d'un sketch, qu'il s'agisse de L'Homme Objet ou Chantilly Douce Crème, voire, parfois, pour le plaisir d'un intermède comique (Les 4 barbus).

Dès leurs annonces (on se souvient notamment des accroches telles que « Odeurs, un spectacle qui frôle le bon gout sans jamais y sombrer » ou « Odeurs, à deux doigts du Culte »), les concerts présentés sous cet esprit très Hara Kiri (le professeur Choron fera d'ailleurs la première partie du groupe[4]) sont particulièrement suivis, ce qui fera la fierté de Ramon Pipin, capable de remplir alors six semaines Bobino[5] en 1980, onze jours l'Olympia en 1981 et six semaines le Théâtre du Gymnase en 1983. Le groupe tournera dans toute la France.

1981 : De l'Amour[modifier | modifier le code]

Ce troisième album est plus concentré, plus compact que les précédents. Ramon Pipin et Jean-Philippe Goude proposent ici un traité sur les élans de la passion, et se contraint à limiter la palette des arrangements qu'il propose (notamment avec la participation de Richard Pinhas), afin de rendre son discours plus efficace. De l'enfance (Friquet et Colinot) à l'âge avancé (L'amour sans les dents), tous les troubles du désordre amoureux sont explorés (Que c'est bon, L'amour par dérision, L'amour dégonflé et tout simplement L'amour). Moins de parodies, mais toujours autant d'humour dans les textes, les musiques prennent parfois plus une couleur electro, tout en restant bien plus en cohérence que sur les opus précédents. Aussi semble-t'il être un album un peu plus personnel (comme pourrait l'indiquer le choix de la pochette, sur laquelle Ramon Pipin apparait, seul, en cupidon désabusé).

1983 : Toujours plus haut[modifier | modifier le code]

Quatrième et dernier album studio d'Odeurs, réalisé en binôme avec Vincent Malone, il renoue avec la tradition des deux premiers opus : de la satire, des « à la façon de », des clins d'œil et des compositions originales, dont Le cri du kangourou. Beaucoup plus varié dans les arrangements, on passe de l'Americana (Johnny pas grand chose) aux Beach Boys (Joe le Surfeur), de la chanson humoristique populaire française type Je n'suis pas bien portant (Le cri du kangourou) à l'approche festive des sonorités d’Amérique du sud (Samba ni panti).

1984 : Enregistrement public[modifier | modifier le code]

Captation du concert au Théâtre du Gymnase.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Youpi la France! (1979) (single)
  • L'homme objet / La viande de porc (1979) (single)
  • Que c'est bon / L'amour (1981) (single)
  • Chanson à la mode / Triple slow (1982) (single)
  • Le cri du kangourou / Concours Lépine (1983) (single)
  • Optimiste / Toujours moins toujours (1983) (single)
  • Fragrances & Remugles (Compilation 16 titres) (1991)
  • L'intégrale Saison 1 1979-1983 (2007)
  • L'intégrale Saison 2 1984-... (2008, inclus les albums solo de Ramon Pipin et le DVD inédit d'un concert en Belgique, en 1983)

Ces disques ont été enregistrés de 1979 à 1983 (et plus) au studio Ramses, dont Ramon Pipin était un des associés fondateurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Interview de l'artiste, le 12 août 2019
  2. « Odeurs dans Chorus, l'émission rock d'Antoine de Caunes (1979) », sur INA,
  3. Alexis Bernier et Patrice Bardot, « La pop rire et chansons », sur Libération, (consulté le 3 mars 2021)
  4. [1] Pr Choron en première partie d'Odeurs, à Bobino
  5. [2] Odeurs à Bobino, Le Monde,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]