Jean-Christophe Averty

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean-Christophe Averty
Averty 27 mars 2015.jpg

Jean-Christophe Averty interviewé par Noël Herpe,
fin mars 2015.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 88 ans)
Nationalité
Formation
Activité
Conjoint
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Distinctions

Jean-Christophe Averty, né le à Paris et mort le [1], est un animateur et réalisateur de radio et de télévision français.

Dès les années 1960, il révolutionne le petit écran français en mettant en image les plus grands chanteurs de variétés, des plus anciens aux jeunes vedettes de la génération yéyé, comme Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Eddy Mitchell, Gilbert Bécaud, Sylvie Vartan, Serge Gainsbourg, Dalida ou Yves Montand[2].

Nombre de ses productions pour la télévision en font un précurseur de l'art vidéo en France. De telles recherches seront reprises, dans les décennies suivantes, par les groupes de recherche de l'Institut national de l'audiovisuel (INA). Il fut l'un des derniers réalisateurs salariés de la Société française de production (SFP) et, pendant longtemps, le seul réalisateur de l'ORTF à voir ses émissions vendues à l'étranger.

Grand connaisseur de jazz, Averty a filmé pendant des années le festival Jazz à Juan où sont passés tous les plus grands musiciens du genre.

Il fut également l'une des voix de France Inter et France Culture, notamment avec l'émission radiophonique Les cinglés du music-hall[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-Christophe Averty naît à Paris dans le 5e arrondissement, boulevard Saint-Marcel. Il est le fils de Charles Averty, quincaillier, et de Rosalie Douillard, institutrice[4].

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

Après des études à l'École alsacienne, au lycée Montaigne et au lycée Louis-le-Grand, Jean-Christophe Averty est reçu à l'École nationale de la France d'outre-mer mais il y renonce pour faire des études de droit, de lettres, d'anglais, de philologie[4]. Il intègre l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC, de la promotion 1948-50) dont il ressort diplômé. Il travaille comme banc-titreur aux studios Walt Disney à Burbank dans les années 1950[5] avant de débuter à la télévision française (alors la Radiodiffusion télévision française, la RTF) où il entre le 16 novembre 1952 comme assistant de René Lucot[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Jean-Christophe Averty devient réalisateur en 1956 ; il produira près d'un millier d'émissions pour la télévision et près du double pour la radio, sur le jazz, le sport, le cirque, la mode, les variétés et surtout sur le théâtre — les dramatiques —, la littérature, émissions qu'il adaptera et mettra en page lui-même, avec l'aide de son équipe[6].

Il fonde sa réputation sur son caractère trempé, son goût de la provocation et son sens de l'innovation télévisuelle. Sa série Les Raisins verts (1963) fait grand scandale, notamment en raison de la séquence récurrente dans laquelle un bébé de celluloïd est passé au hachoir à viande[7]. Récompensé aux États-Unis par un Emmy Award pour cette émission, il n'aura de cesse de tenter de révolutionner le PAF, y compris par ses légendaires « coups de gueule »[8].

Toujours au bon moment au bon endroit, il fréquente le milieu existentialiste du quartier Saint-Germain-des-Prés[9] et travaille dans des productions (théâtrales) impliquant Cocteau ou Picasso[10].

En 1971, il a réalise le mega-clip illustrant l'intégralité du concept-album Melody Nelson avec Serge Gainsbourg et Jane Birkin[11].

Ses créations télévisées font date dans l'utilisation de la vidéo et de l'utilisation des possibilités techniques, comme mode d'expression à part entière. Averty a beaucoup utilisé l'incrustation de personnages filmés sur fond bleu avec un décor dessiné. Ses techniques d'incrustation vidéo[12] lui permirent également de réaliser un Sapeur Camember d'après l'œuvre de Georges Colomb, dit « Christophe », ainsi qu'une version de Chantecler, pièce d'Edmond Rostand[11].

En 1969, il réalise le grand téléfilm Le Songe d'une nuit d'été, premier film complet en incrustation où les acteurs (Claude Jade, Christine Delaroche, Jean-Claude Drouot…) jouaient sur un plateau nu[13],[14].

Il a été l'un des derniers réalisateurs salariés de la Société française de production et, pendant longtemps, le seul réalisateur de l'ORTF dont les émissions étaient vendues à l'étranger[15]. En 1976, il demande rendez-vous au chef de l'Etat Valery Giscard d'Estaing et obtient les premières mesures de protection de la création française à la télévision[réf. souhaitée].

Passionné par Alfred Jarry et la 'Pataphysique, il devient satrape du Collège en 1990.

Sur France Culture, il participe pendant plusieurs années à l'émission Des Papous dans la tête.[réf. souhaitée]

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 2012, Jean-Christophe Averty confie la gestion, la conservation et la sauvegarde des droits de l’ensemble de ses œuvres télévisuelles et radiophoniques à l'Institut national de l'audiovisuel (INA) — près d’un millier d’émissions télévisées sur le jazz, le sport, le cirque, la mode, les variétés ou encore le théâtre[16].

En mars 2015, il accorde à Noël Herpe une série d'entretiens diffusés la même année sur France Culture, dans le cadre de l'émission A voix nue[17]. Ces entretiens sont repris dans un livre, La réalité me casse les pieds[18].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jean-Christophe Averty était marié à Marie-Blanche Vergne, actrice morte prématurément d'un cancer en 1989, avec qui il a eu trois enfants[19].

Leur fille, Karine Averty, a été première danseuse du ballet de l’Opéra national de Paris[20].

Musique[modifier | modifier le code]

Un réalisateur fana de musique[modifier | modifier le code]

Jean-Christophe Averty réalise des spectacles pour la télévision mettant en images, avec son style singulier, les plus grands chanteurs francophones, comme Gilbert Bécaud, Georges Brassens, Julien Clerc, Dalida, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, France Gall, Juliette Gréco, Johnny Hallyday, Gérard Manset, Guy Marchand, Yves Montand, Tino Rossi, Jean Sablon, Sylvie Vartan, etc.[21]. Maurice Chevalier loue sa précision, comparable à celle d'Ernst Lubitsch.

Grand connaisseur de jazz, Averty filme pendant plusieurs années les festivals d'Antibes et Juan-les-Pins où se sont produits tous les plus grands artistes du genre. Ces réalisations (plus académiques que ses productions personnelles) reçoivent une renommée internationale. À ce propos, le pianiste Martial Solal lui a rendu un hommage dans une de ses compositions, Averty, c'est moi[réf. souhaitée].

Les cinglés du music-hall[modifier | modifier le code]

Collectionneur de disques 78 tours (ses « vieilles galettes ») de jazz et de variétés, achetés sur les marchés aux puces à travers le monde, Jean-Christophe Averty a animé pendant vingt-huit ans, jusqu'à son ultime éviction en 2006 (sous la présidence de Radio France par Jean-Paul Cluzel), son émission de radio Les cinglés du music-hall[3] (1 805 épisodes). Pour la partie française de cette émission, il bénéficie des « carnets » d'André Cauzard, confiés par ce dernier qui avait l'habitude de noter au quotidien tous les événements de jazz d'avant-guerre.[réf. souhaitée]

Au fil des années, cette émission permet d'établir une banque de données entre fans, préfigurant le P2P, en étant interactive avec les auditeurs et collectionneurs : il donne systématiquement à l'antenne le titre, l'interprète, l'éditeur et le numéro de sortie de chaque morceau qu'il annonce de son fameux « à vos cassettes ! »[22]).

Cet homme de télévision, dont le zézaiement et le débit de paroles agacent beaucoup d'auditeurs, connaît un grand succès avec cette émission qui présente de nombreux 78 tours de la fin des années 1920 jusqu'au début des années 1940. Il fit découvrir ou redécouvrir de nombreux artistes de cette époque comme Yvette Guilbert, Fréhel, Georgius, Joséphine Baker ou Ray Ventura[23].

Principales réalisations pour la télévision[modifier | modifier le code]

Variétés : émissions uniques[modifier | modifier le code]

Variétés : séries[modifier | modifier le code]

Pièces de théâtre et téléfilms[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

  • 1978-2006 : Les cinglés du music-hall [Où ?]
  • mai 1989 : Le Roi Bombance, France Culture (feuilleton en 5 épisodes)
  • Jazz pour les Happy Few, France Culture
  • [Quand ?] : participant à Des Papous dans la tête

Théâtre[modifier | modifier le code]

Jean-Christophe Averty crée un espace théâtral spécifique au petit écran. Rompant avec le théâtre filmé, il construit la mise en scène par la technique du kinescope utilisée de 1954 au milieu des années 1960. Le statut de l'espace théâtral et celui des acteurs s'en trouvent transformés avec les moyens techniques de la vidéo (Alfred Jarry lui-même avait ouvert la voie à cette conception[12]).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Jacques Siclier (entretien avec), Un homme Averty, Paris, Jean-Claude Simoën, coll. « Collection José Artur », 1976, 204 p.
  • Noël Herpe (entretien avec), La réalité me casse les pieds, Paris, Plein Jour, 2017
  • Anne-Marie Duguet, Jean-Christophe Averty, Paris, Dis voir, 1991, 159 p. (ISBN 2-906571-19-9)
  • Sylvie Pierre, Jean-Christophe Averty : une biographie, Paris, Institut national de l'audiovisuel, 2017

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Mireille Dumas et Philippe Rouget, Les Trésors cachés des variétés - Jean-Christophe Averty, 2017.

Liens externes[modifier | modifier le code]