Bertrand Burgalat

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Bertrand Burgalat
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Bertrand Burgalat en 2008.

Informations générales
Naissance (53 ans)
Drapeau : France Bastia, Corse, France
Activité principale compositeur, producteur, chanteur
Labels Tricatel
Site officiel http://www.tricatel.com/

Bertrand Burgalat est un producteur, musicien, compositeur, arrangeur et chanteur français né à Bastia le . Il a travaillé sur près de 200 disques[1], composé pour Marc Lavoine, arrangé Supergrass ou remixé Depeche Mode. Au cinéma il a signé les musiques de films de Valérie Lemercier ou d'Eva Ionesco. Interprète, il a publié cinq albums sous son nom, dont le dernier, Toutes Directions.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1963 Bertrand Burgalat est fils de haut fonctionnaire — son père (mort en 1983) exerce, au moment de sa naissance, la fonction de sous-préfet en Haute-Corse. Arrivé d’Espagne, son arrière-grand-père maternel a créé à Agen « le plus vieux quotidien local français » : Le Petit Bleu[2]. Ainsi, le père de Bertrand Burgalat était originaire des Pyrénées et il est devenu préfet du Haut-Rhin. C’est donc pourquoi jusqu’à ses 12-13 ans Bertrand Burgalat vit dans le Haut-Rhin, avant de déménager à Bobigny[2], où son père devient Préfet de Seine-saint-Denis jusqu'en 1977. Son père est ensuite muté dans le département de Corse-du-Sud, dont il devient le préfet. À 15 ans, les parents de Bertrand Burgalat l’envoient faire des études en Angleterre, au lycée français de Londres[2]. Puis, lorsque son père est nommé Préfet de la région Bourgogne, en 1979, Bertrand Burgalat rentre en France[2].

Durant sa scolarité à l'école annexe de Colmar, où il a pour enseignants Philippe Linck et M. Simendinger, il découvre le rock et décide de faire carrière dans la musique.

Politique[modifier | modifier le code]

Bertrand Burgalat s’intéresse très jeune à la politique. Selon lui, cette inclination débute vers l’âge de 10 ans au moment de la présidentielle de 1974[2]. Le fait qu’il ait vécu avec un père préfet et qu’il ait baigné dans cette atmosphère particulière l’aurait poussé à s’intéresser à ces sujets[2]. Enfant, il rencontre donc de nombreuses personnalités du monde politique. À ce moment, alors qu’il grandit dans le Haut-Rhin, près de la centrale de Fessenheim en construction, il s’intéresse également à l’écologie[2]. Très jeune il défend également les droits de l’homme.

Lorsqu’il arrive à Bobigny il est confronté au milieu communiste mais il explique qu’il a des difficultés à y adhérer[2].

Lorsque son père est nommé à Dijon, même si Bertrand Burgalat part s’installer à Paris, il y revient le week-end. C’est à ce moment, qu'à Dijon, il commence à fréquenter de jeunes fascistes[2]. Néanmoins, il confie au magazine Charles qu’à cette période il n’est pas au courant de leurs idées politiques et qu’à l’époque il lit Jean-François Kahn et les Nouvelles littéraires, plutôt à gauche[2]. Progressivement il adhère à ces idées et lit beaucoup de journaux comme Elements, Aspects de la France, Totalité[2]. Mais là encore il sent que ça ne lui correspond pas totalement, il admet avoir des « aspirations contradictoires » à « concilier »[2]. Finalement il côtoie les solidaristes du cercle Louis-Rossel. Bertrand Burgalat explique qu’il a eu besoin d’aller vers ces mouvances, même sans y adhérer, afin de « défier » son père[2].

Durant sa jeunesse, il milite donc à l'ultra-droite dans la mouvance nationaliste révolutionnaire[3],[4],[5],[6]. Selon le journaliste René Monzat, Bertrand Burgalat a été membre, dans les années 1980, du mouvement d'extrême droite Troisième voie, dirigé par Jean-Gilles Malliarakis[7]. En 1999, Bertrand Burgalat déclare dans une interview accordées aux Inrockuptibles : « J'ai fait des conneries. (...) [Vers 18 ans], tu peux faire vraiment des grosses conneries, des trucs dangereux, violents. Y compris sur des histoires politiques... Je ne m'en vante pas : non pas sur le plan moral, mais parce que je n'ai absolument aucune nostalgie pour cette période de ma vie »[8].

Il part ensuite en voyage en Yougoslavie avec le groupe Laibach[2]. Ce dernier accompagne en musique les évènements du journal des jeunesses communistes Mladina.

Lorsqu’il rentre en France, Bertrand Burgalat soutient des idées comme « l’économie dirigée, le volontarisme d’État et le colbertisme »[2]. Au début des années 1990, il décide de remettre totalement en cause les idées d’extrême droite qui l’avaient attiré pendant un temps[2]. De retour de Yougoslavie, ne sachant que faire, il est chargé de rédiger les discours de Xavier Dugoin, président du conseil général de l’Essonne[9]. Il reprend la musique en parallèle avec le groupe Laibach et se fait finalement remercier du conseil général de l’Essonne car il ne s’y rend presque plus. Il travaille ensuite quelque temps pour Michel Pelchat, député de l’Essonne[9].

Après cette expérience en politique, sa réflexion sur le milieu s’est étoffée et il part du principe que « la décentralisation doit être accompagnée de contre-pouvoirs forts »[9]. La leçon qu’il tire de ces années en politique est la suivante : « ce qui m’a également sidéré, c’est l’incroyable médiocrité de la plupart des cadres et des dirigeants de droite que j’ai croisés (…). Là le seul moteur c’était l’ambition. Aucune vision, aucune pensée. »[9]. Désormais il affirme voter « toujours PS aux élections locales » et explique que c’est «  parce qu’un de mes meilleurs amis, Jean-François Legaret, est maire UMP du 1er arrondissement. Je suis électeur dans le XVIIe où, depuis (Françoise) de Panafieu, il y a une longue tradition d’andouilles de droite. Alors je vote socialiste pour que le score de Legaret paraisse comparativement élevé »[2]. Il dit aussi aimer « la gauche gentille », ayant une « tendance à être libéral »[2] et affirme avoir «  beaucoup de mal avec le marketing de droite (…) et de gauche »[2].

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

Peu satisfait de ses débuts et confronté dans les années 1980 à une forme de « vide existentiel », Bertrand Burgalat se rend en 1987 en Slovénie et y rencontre le groupe Laibach, dont il devient l'arrangeur et le producteur. Revenu en France au début des années 1990, il travaille sur divers projets comme la bande originale du film Les Nuits fauves.

Tricatel[modifier | modifier le code]

En 1995, il fonde son label, Tricatel[10] du nom de l'industriel fictif Jacques Tricatel, PDG d'une chaîne de restauration de nourriture industrielle dans le film de Claude Zidi, L'Aile ou la Cuisse, — un label entièrement consacré aux artistes inclassables et aux projets hors norme. Burgalat s’est inspiré de la musique classique du XXe siècle, de la musique progressive, de la soul, de la pop électronique et de la variété internationale, accueillant notamment des collaborations avec l’écrivain Michel Houellebecq et la comédienne Valérie Lemercier, Jef Barbara, Chassol, Jonathan Coe, Ingrid Caven, April March, les High Llamas. Tricatel a étendu ses activités en produisant les films musicaux de Chassol ou Le Ben & Bertie Show, fiction musicale réalisée par Benoit Forgeard. Les productions Tricatel demeurent relativement confidentielles jusqu'en 2007, avec le succès de Christophe Willem, dont il a écrit, arrangé et produit le simple Élu produit de l’année[11].

Projets[modifier | modifier le code]

Il est connu pour divers projets  :

Télévision[modifier | modifier le code]

En 2012, Bertrand Burgalat créé et anime l'émission de fiction musicale Le Ben et Bertie Show, en compagnie du réalisateur et acteur Benoît Forgeard. Les quatre premières émissions L'Année bisexuelle (janvier 2013), Ceux de Port-Alpha (juin 2013), L'Homme à la chemise de cuir (décembre 2013) et L'Incruste (mai 2014) sont diffusées sur les chaînes Paris Première et W9.

Radio[modifier | modifier le code]

Entre décembre 2013 et avril 2014, il anime l'émission musicale Face B sur France Inter.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Bertrand Burgalat a été durant plusieurs années le compagnon de Valérie Lemercier[15]. Ils se sont séparés en 1997, mais sont restés des amis proches[10].

Il est aujourd'hui marié à Vanessa Seward, créatrice de mode, ancienne styliste chez Azzaro[10].

En août 2011, il rédige une tribune de sensibilisation au diabète, publiée dans le journal Libération[16].

À travers un essai, Diabétiquement vôtre, publié en octobre 2015, il évoque pour la première fois le diabète qui l’affecte depuis l’enfance.

Récompenses[modifier | modifier le code]

En avril 2009, il est nommé chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture, Christine Albanel, en présence de Valérie Lemercier, Marc Lavoine, Jean-Paul Rouve, Philippe Manœuvre et Jean-Charles de Castelbajac. En janvier 2014, il est promu officier de l'ordre[17].

Prix de la meilleure musique de film au Festival de La Ciotat pour My Little Princess (2012).

Élu compositeur de l'année, Prix de la Création Musicale de la Chambre Syndicale des Éditeurs de Musique (2013).

Discographie solo[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • 1999 : The Genius of Bertrand Burgalat
  • 2000 : The Sssound of Mmmusic (10 instrumentaux et 5 titres chantés)
  • 2001 : Bertrand Burgalat meets A.S. Dragon (live)
  • 2005 : Portrait-robot
  • 2007 : Chéri B.B. (avec un titre chanté par Robert Wyatt)
  • 2007 : Inédits (réédité en 2011 en mp3 avec plusieurs titres non parus dans l'édition 2007)
  • 2012 : Toutes Directions
  • 2014 : La Nuit est Là (live)

Principaux singles et maxis CD ou vinyls[modifier | modifier le code]

Musiques de films[modifier | modifier le code]

Participations[modifier | modifier le code]

  • 1999 : Reprend Holidays de Michel Polnareff sur le double cd collectif Hommage à/to Polnareff (réédité raccourci en 1 cd en 2007)
  • 2005 : Chante sur le titre L'ennemi dans la glace avec Alain Chamfort sur son album live Impromptu dans les jardins du Luxembourg

Publications[modifier | modifier le code]

Essai[modifier | modifier le code]

  • 2015 : Diabétiquement vôtre, Éditions Calmann-Levy

Préface[modifier | modifier le code]

  • 2015 : Notes de pochettes, Tricatel en portraits, Éditions Tricatel

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Arnaud Viviant, « « Pour qui votez-vous Bertrand Burgalat ? » », Charles, no 11 - Les Verts : 30 ans de transition politique,‎
  3. http://tempspresents.com/2010/02/06/nicolas-lebourg-odyssee-des-rats-noirs-voyage-au-coeur-du-g-u-d/
  4. entretien avec André-Yves Beck dans « Les nouveaux nationalistes » de Christian Bouchet, Édition Déterna, 2001
  5. « Jeunesse française des années 1980-90: La tentation néo-fasciste » de Eric Rossi et préface de Hugues Portelli, édition LGDJ/Panthéon-Assas Paris II, 1995
  6. Encyclopédie politique française, Volume 1, d'Emmanuel Ratier, édition Faits et documents, 1992, p. 355, 708 et 715
  7. René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Le Monde éditions, 1992, page 120
  8. Bertrand Burgalat - Goûte mes disques, Les Inrockuptibles, 19 mai 1999
  9. a, b, c et d Bertrand Burgalat, « « Poursuivre et amplifier » », Charles, no 3,‎
  10. a, b et c Benjamin Locoge, « Les échecs réussissent à Bertrand Burgalat », Paris Match, 16 août 2007
  11. Philippe Auclair, Le nouveau dictionnaire du rock,
  12. http://bertrandburgalat.com/BertrandBurgalat-Dictionnairedurock.pdf
  13. https://books.google.be/books?id=bRPCCQAAQBAJ&pg=PT442&lpg=PT442&dq=bertrand+burgalat+Sympathy+for+the+Devil+laibach&source=bl&ots=VBFFZrKkdt&sig=ZEWaPJ6KvkfTfJGvRfKl1C2IHrw&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiwyaWesL_JAhXDcw8KHVuHCKcQ6AEIGzAA#v=onepage&q=bertrand%20burgalat%20Sympathy%20for%20the%20Devil%20laibach&f=false
  14. http://www.crammed.be/index.php?id=34&art_id=60
  15. Bertrand Burgalat sur RFI musique
  16. "Entre Médiator et insuline, réflexions d'un diabétique, par Bertrand Burgalat" Libération du 3 août 2011
  17. Aurélie Filippetti, « Arrêté du 16 janvier 2014 portant nomination et promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres », sur le site du ministère de la Culture et de la Communication,‎ (consulté le 6 octobre 2014).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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