Mûrier
Morus
Mûrier noir, Morus nigra
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Clade | Angiospermes |
| Clade | Dicotylédones vraies |
| Clade | Noyau des Dicotylédones vraies |
| Clade | Rosidées |
| Clade | Fabidées |
| Ordre | Rosales |
| Famille | Moraceae |
Les mûriers (Morus L.) sont un genre de la famille des Moraceae, composé d'une dizaine d'espèces. Il s'agit d'arbres ou d'arbustes dont certains sont cultivés pour leurs fruits (les mûres) ou pour leurs feuilles, qui servent de nourriture au ver à soie.
Il ne faut pas confondre les mûriers avec les ronces (Rubus), plantes ligneuses de la famille des Rosacées, dont les fruits des haies sont similaires par l'aspect et le goût, et communément appelés des mûres ou mûrons, par analogie[1].
Sommaire
Principales caractéristiques[modifier | modifier le code]
Les mûriers sont des arbustes ou des arbres de taille moyenne.
Les feuilles caduques, alternes, sont de forme générale ovale, arrondie ou cordiforme à la base, pointue à l'extrémité opposée, et parfois lobée plus ou moins profondément. Le bord du limbe est denté.
Les fleurs, verdâtres, réunies en courts épis ou chatons, sont soit mâles (staminées), soit femelles (pistillées), mais présentes sur le même pied (plante monoïque).
Le fruit, ou mûre, est composé, formé de fruits élémentaires qui sont de fausses baies formées d'un akène entouré d'une partie globuleuse dérivant du périanthe.
Une plantation de mûriers est appelée mûraie ou mûreraie.
Différences entre Mûrier blanc et noir[modifier | modifier le code]
Bien que certaines sources indiquent que le Mûrier blanc produit des fruits blancs et le Mûrier noir des fruits noirs, c'est faux. Le Mûrier noir porte toujours des fruits violet foncé ou noirs. Par contre, selon les variétés, le mûrier blanc porte des fruits blancs, rosés, violets ou noirs[2].
- Les feuilles du Mûrier blanc mesurent de 5 à 12 cm, sont frêles et souvent lobées alors que celles du mûrier noir sont plus grandes (jusqu'à 18 cm), épaisses, rugueuses et rarement lobées.
- Le fruit du Mûrier blanc est mûr à la fin du printemps alors que celui du Mûrier noir n'est mûr qu'au début de l'été.
- Le fruit du Mûrier blanc présente un pédoncule long (parfois de la longueur du fruit) alors que le mûrier noir n'a pour ainsi dire pas de pédoncule, ou un pédoncule très court.
- Le fruit du Mûrier blanc est douceâtre avant maturité, alors qu'au même stade celui du Mûrier noir est très acide. À complète maturité, celui du Mûrier blanc est assez fade et très sucré, celui du Mûrier noir est sucré et légèrement acidulé.
- La saveur des fruits du Mûrier noir plaît à la quasi-totalité du grand public. Les fruits du Mûrier blanc sont généralement peu estimés en France, mais ceux des cultivars sélectionnés pour leurs fruits ont une valeur gustative élevée. Ils sont très appréciés dans les pays qui les cultivent, au Moyen-Orient (Iran, Syrie, Liban, Israël) notamment.
Distribution[modifier | modifier le code]
Les mûriers sont originaires des régions tempérées et chaudes de l'hémisphère nord, principalement l'Extrême-Orient (Mongolie, Chine, Corée...), et Amérique du Nord.
Certaines espèces sont largement cultivées, notamment le mûrier blanc naturalisé sur tous les continents. Ce sont des plantes qui craignent les longues périodes de gel.
Noms français et noms scientifiques correspondants[modifier | modifier le code]
Liste alphabétique de noms vulgaires ou de noms vernaculaires attestés[3] en français.
Note : certaines espèces ont plusieurs noms et, les classifications évoluant encore, certains noms scientifiques ont peut-être un autre synonyme valide.
- mûrier blanc - Morus alba L.[4],
- mûrier à feuilles de platane - Morus bombycis Koidz., synonyme : Morus kagayamae Koidz.[4],
- mûrier à fruits - voir mûrier noir[4],
- mûrier noir - Morus nigra L.[4],
- mûrier pleureur - la sous-espèce Morus alba pendula[4],
- mûrier rouge - Morus rubra L.[4],
- mûrier tortueux - Morus australis[4].
Le mûrier à papier appelé aussi mûrier d'Espagne ou mûrier de Chine (Morus papyrifera L.) a été déplacé dans le genre Broussonetia[4].
Le mûrier de renard ou mûrier des haies, quant-à lui, n'a rien à voir avec ce genre, puisqu'il s'agit de la Ronce commune (Rubus fruticosus L.).
Classification[modifier | modifier le code]
La taxinomie des espèces de ce genre est encore très disputée par les botanistes. La variabilité de ces arbres rend difficile la détermination des espèces à part entière parmi les différentes variétés. Cette distinction est d'autant plus compliquée à faire qu'il existe en plus de multiples hybrides.
Liste d'espèces[modifier | modifier le code]
Selon GRIN (30 septembre 2014)[5] :
- Morus alba L.
- Morus australis Poir.
- Morus cathayana Hemsl.
- Morus celtidifolia Kunth
- Morus hybr.
- Morus kagayamae Koidz.
- Morus macroura Miq.
- Morus mesozygia Stapf
- Morus microphylla Buckley
- Morus mongolica (Bureau) C. K. Schneid.
- Morus nigra L.
- Morus rubra L.
- Morus serrata Roxb.
Selon Tropicos (30 septembre 2014)[6] :
- Morus acidosa Griff.
- Morus alba L.
- Morus albida Greene
- Morus ampalis Poir.
- Morus arbuscula Greene
- Morus atropurpurea Roxb.
- Morus australis Poir.
- Morus barkamensis S.S. Chang
- Morus betulifolia Greene
- Morus bombycis Koidz.
- Morus brunoniana Endl.
- Morus calva H. Lév.
- Morus canina Greene
- Morus cathayana Hemsl.
- Morus cavaleriei H. Lév.
- Morus celtidifolia Kunth
- Morus chinensis Lodd. ex Loudon
- Morus chinlingensis C.L. Min
- Morus confinis Greene
- Morus constantinopolitana Hort. ex Poir.
- Morus corylifolia Kunth
- Morus crataegifolia Greene
- Morus deqinensis S.S. Chang
- Morus excelsa Welw.
- Morus formosensis Hotta
- Morus goldmanii Greene
- Morus gongshanensis Z.Y. Cao
- Morus grisea Greene
- Morus gyirongensis S.S. Chang
- Morus hastifolia F.T. Wang & T. Tang ex Z.Y. Cao
- Morus indica L.
- Morus insignis Bureau
- Morus integrifolia H. Lév. & Vaniot
- Morus intermedia Perr.
- Morus inusitata H. Lév.
- Morus japonica Audib.
- Morus jinpingensis S.S. Chang
- Morus laciniata Noronha
- Morus lactea Mildbr.
- Morus laevigata Wall. ex Brandis
- Morus latifolia Poir.
- Morus liboensis S.S. Chang
- Morus longistylus Diels
- Morus macroura Miq.
- Morus mairei H. Lév.
- Morus marmolii Legname
- Morus mauritiana Jacq.
- Morus mesozygia Stapf
- Morus mexicana Benth.
- Morus microphilyra Greene
- Morus microphylla Buckley
- Morus mizuho Hotta
- Morus mollis Rusby
- Morus mongolica (Bureau) C.K. Schneid.
- Morus multicaulis Perr.
- Morus murrayana Saar & Galla
- Morus nervosa Loudon
- Morus nigra L.
- Morus nigriformis (Bureau) Koidz.
- Morus nitida Willem.
- Morus notabilis C.K. Schneid.
- Morus pabularia Decne.
- Morus pandurata Greene
- Morus paniculata Roxb.
- Morus papyrifera L.
- Morus peruviana Planchon ex Koidzumi
- Morus plumiera Burman ex Steudel
- Morus radulina Greene
- Morus rigida Hassk.
- Morus rubra L.
- Morus serrata Roxb.
- Morus stylosa Ser.
- Morus tataiba Vell.
- Morus tatarica L.
- Morus tiliifolia Makino
- Morus tinctoria L.
- Morus trianae J.-F. Leroy
- Morus trilobata (S.S. Chang) Z.Y. Cao
- Morus vernonii Greene
- Morus vitifolia Greene
- Morus wallichiana Koidz.
- Morus wittiorum Hand.-Mazz.
- Morus yunnanensis Koidz.
- Morus zanthoxylon L.
Utilisation[modifier | modifier le code]
Les mûriers sont cultivés pour :
- leurs feuilles : mûrier blanc (pour l'élevage du ver à soie ou bombyx du mûrier).
- leurs fruits : mûrier noir, mûrier blanc et hybrides tels que 'Illinois Everbearing' (mûrier blanc × mûrier rouge, le mûrier noir ne s'hybride pas car il compte 308 chromosomes contre généralement 28 pour le blanc et le rouge). Ce sont des fruits de bouche, consommés frais et séchés notamment les mûres blanches qu'on sèche en Iran, au Pakistan et en Asie Centrale et qui sont alors sucrées et aromatiques.
- leur caractère ornemental, pour l'ombre qu'il procure, entre autres.
- leur bois. Chez les Amérindiens, on utilisait le mûrier rouge pour fabriquer les arcs pour la chasse. Le bois du mûrier est également particulièrement mis en valeur dans de nombreux instruments de la musique populaire orientale.
- fabriquer une sorte de vin avec les fruits du mûrier noir en Cornouailles. On en fait aussi de la liqueur, comme pour le cassis.
- fabriquer un alcool dans l'enclave du Haut Karabagh.
Le mûrier à papier (broussonetia papyrifera), un autre arbre de la famille des moraceae qui n'est pas du genre morus, est utilisé pour fabriquer du papier traditionnel en Chine, Corée et au Japon. On l'appelle généralement papier de riz ou papier de soie en Europe, en raison de la ressemblance de cet arbre avec le mûrier blanc. Aujourd'hui, ce papier n'est plus utilisé que pour des arts traditionnels ; La calligraphie, la peinture traditionnelle ou encore le jiǎnzhǐ, les origamis et les kirigamis, et les papiers décoratifs utilisé dans les religions et les superstitions locales.
Leurs fruits, mangés crus en dessert, sont considérés comme une friandise, au même titre que les framboises, mais ils sont rarement commercialisés du fait de leur fragilité. Le goût évoque celui de la mûre sauvage, quoique plus doux (moins acide), et les fruits ne contiennent pas de pépins, contrairement à cette dernière.
La mûre du commerce, ainsi que celle utilisée pour les confitures, sirops, etc., est presque toujours la mûre sauvage, fruit de la ronce commune, ou mûrier sauvage, arbrisseau sans rapport avec le mûrier arbre.
Notes et références[modifier | modifier le code]
- Définitions lexicographiques et étymologiques de « mûre » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
- Pierre Meynadier, « Recensement et introduction de cultivars fruitiers de mûriers »
- Attention aux appellations et traductions fantaisistes circulant sur l'Internet
- Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
- GRIN, consulté le 30 septembre 2014
- Tropicos, consulté le 30 septembre 2014
Voir aussi[modifier | modifier le code]
Articles connexes[modifier | modifier le code]
- Mûrier à papier, Broussonnetia papyrifera Vent.
- Ronce commune (à cause de la confusion sur le nom du fruit)
- Mûre
Bases de référence[modifier | modifier le code]
- Référence Catalogue of Life : Morus (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence Catalogue of Life : Morus (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence Flora of North America : Morus (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence Flora of China : Morus (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence Flora of Pakistan : Morus (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence FloraBase (Australie-Occidentale) : classification Morus (+ photos + distribution + description) (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence GRIN : genre Morus L. (+liste d'espèces contenant des synonymes) (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence ITIS : Morus L. (fr) ( (en)) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence Tela Botanica (France métro) : Morus L. (fr) (consulté le 4 déc. 2015)
- Référence The Plant List : Morus (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence Tree of Life Web Project : Morus (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence Tropicos : Morus L. (en) (+ liste sous-taxons) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence uBio : Morus sp. (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence UICN : taxon Morus (en) (consulté le 30 septembre 2014)
- Référence World Register of Marine Species : taxon Morus Vieillot, 1816 (en) (+ liste espèces) (consulté le 30 septembre 2014)