Exil à Babylone

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L'Exil à Babylone, avec la porte d'Ishtar et la ziggurat de Babylone en bas à droite, et Jérusalem en flammes en haut à gauche. Ce bas-relief est exposé à la tour de David.

L'exil à Babylone (en hébreu : גלות בבל, Galuth Babel) est la déportation à Babylone de l'élite juive de Jérusalem et du royaume de Juda sous le règne de Nabuchodonosor II. Selon la Bible, cette déportation s'est faite en trois fois : après la défaite du royaume de Juda en , après le siège de Jérusalem en / et enfin en . Elle s'est poursuivie jusqu'à la prise de Babylone par les Perses en .

L'exil dans la Bible[modifier | modifier le code]

Plusieurs livres bibliques parlent de l'exil : 2 Rois et 2 Chroniques, qui se terminent par l'Exil ; Esdras et Daniel, qui commencent par l'exil et racontent la suite, avec Néhémie, et les prophètes Jérémie et Ezéchiel, qui le vivent l'un à Jérusalem l'autre à Babylone ; les Lamentations, qui témoignent de la catastrophe sur place, tandis qu'Aggée et Zacharie vivent le retour. Le Psaume 137 (136) y fait explicitement référence.

L'exil des Judéens[modifier | modifier le code]

La déportation à Babylone[modifier | modifier le code]

L'Exil des Juifs à Babylone, par Ferdinand Olivier.

Selon le Livre de Jérémie, la déportation des Judéens s'est faite en trois fois (Jérémie 52,28-30). La première au temps de Joaquin (), à la suite de la défaite du royaume de Juda face à Nabuchodonosor II ; le Temple de Jérusalem est alors partiellement dépouillé et la majorité des citoyens emmenés. Onze ans plus tard, en , après une révolte contre l'Empire néo-babylonien sous le règne de Sédécias, la ville est entièrement rasée et une nouvelle déportation, moins importante, s'ensuit. Finalement, Jérémie fait état d'un troisième exil cinq ans plus tard, soit en .

C'est toute l'élite du pays, religieuse, politique et économique, qui est déportée, mais non pas la population rurale. Les conditions d'existence semblent s'être rapidement améliorées sur place. Des tablettes administratives en cunéiforme retrouvées dans le palais royal de Nabuchodonosor à Babylone mentionnent la distribution de rations (en) au roi Joaquin de Juda, à cinq princes judéens ainsi qu'à d'autres membres de l'élite de Juda, aux côtés d'autres déportés de haut rang venant d'autres royaumes[1]. Ils vivaient dans le palais royal, en otages, mais étaient traités en accord avec leur rang.

Le retour et le début de la diaspora[modifier | modifier le code]

Après la prise de Babylone par les Perses, l'empereur Cyrus II libère les Juifs et leur donne la mission de retourner dans leur pays d'origine devenu provinces perses de Judée, Samarie et Yehoud Medinata, et d'y reconstruire le Temple de Jérusalem (). Selon la Bible, plus de quarante mille profitèrent de l'autorisation. Mais les livres bibliques témoignent aussi que beaucoup s'étaient installés et restèrent à Babylone : ils constituent le premier centre de la Diaspora. On en retrouve certains dans des tablettes économiques de la période achéménide (Ve siècle) retrouvées à Nippur[2]. Ces familles font des affaires avec des Babyloniens de souche et sont parfaitement intégrées dans l'économie de la région. Rien ne les distingue des autres dans nos sources hormis leurs noms personnels, comportant souvent le nom de Yahweh (retranscrit Yaw en cunéiforme), et dans certaines familles on trouve des membres avec un nom juif et d'autres avec un nom babylonien, faisant référence à une divinité mésopotamienne.

Les Perses avaient une conception politique différente de celle des Babyloniens ou des Assyriens dans l'administration des territoires conquis, laissant une large autonomie au niveau du gouvernement local[3]. Auparavant en , les tribus du royaume d'Israël (le nord du pays, aussi appelé Samarie), avaient été déportées par les Assyriens ; les survivants de l'exil à Babylone, suivant le Deuxième Livre des Rois, qui indique que toute la population de Samarie avait été déportée, étaient à leurs propres yeux, les seuls et vrais « enfants d'Israël ».

La nouvelle installation[modifier | modifier le code]

Carte de la Palestine depuis la captivité de Babylone, J. R. Joly, 1784

Quand les descendants des exilés judéens furent rentrés, ils trouvèrent des gens sur place (les « gens du pays » ou « de la terre »), qu'ils assimilèrent aux populations étrangères déportées là par les Assyriens, populations elles-mêmes assimilées aux Samaritains. Environ 40 000 exilés reviennent de Babylonie d'après la Bible. À titre d'indication, de récentes estimations démographiques proposent environ 12 000 personnes habitant la Judée entre -550 et [4]. Leur religion ressemblait sans doute à celle d'avant l'Exil, non épurée par les prophètes. L'hostilité grandit entre eux et les Juifs revenus : des changements religieux profonds étaient survenus parmi les exilés.[réf. nécessaire]

On peut ainsi supposer que la farouche pureté religieuse défendue par les Juifs babyloniens revenus de l'Exil et le sentiment de leur identité culturelle, soixante ans après leur déportation, ne pouvait admettre la foi approximative du groupe de survivants israélites qui avaient pratiqué ce qui apparaissait maintenant comme du paganisme pendant des siècles en Israël et Juda, et avaient contracté des mariages avec les populations installées par les Assyriens (ce que Néhémie devait interdire par la suite).[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) W. F. Albright, « King Joiachin in Exile », dans The Biblical Archaeologist 5/4, 1942, p. 49-55.
  2. (en) M. D. Coogan, « Life in the Diaspora, Jews at Nippur in the Fifth Century B.C. », dans The Biblical Archaeologist 37/1, 1974, p. 6-12.
  3. Philip Huyse, La Perse antique, Belles Lettres, coll. « Guide Belles Lettres des civilisations », Paris, 2005 (ISBN 2-251-41031-7).
  4. La Bible et l'invention de l'histoire, Mario Liverani, Folio Histoire, 2012, p. 371.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Michel (collectif), Retour d'exil, éditions Amalthée, 2015
  • Le Monde de la Bible n° 71 : Babylone terre d'exil du peuple juif, 1991
  • Robert Michaud, De l'entrée en Canaan à l'exil à Babylone, 1982
  • Henri Gaubert, L'Exil à Babylone, Mame, 1966, 260 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]