Baia Mare

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Baia Mare
Nagybánya
Blason de Baia Mare
Héraldique
Baia Mare: centre-ville.
Baia Mare: centre-ville.
Administration
Pays Roumanie Roumanie
Région Coat of arms of Transylvania.svg Transylvanie
Département Actual Maramures county CoA.png Maramureș
Maire
Mandat
Cătălin Cherecheş USL
2011-
Code postal 430311
Indicatif téléphonique international +(40)
Démographie
Population 123 738 hab. (2011)
Densité 525 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 40′ 00″ N 23° 33′ 00″ E / 47.66667, 23.5547° 40′ 00″ Nord 23° 33′ 00″ Est / 47.66667, 23.55  
Altitude 228 m
Superficie 23 573 ha = 235,73 km2
Divers
Cours d'eau Sasar
Localisation
Localisation du chef-lieu dans son județ
Localisation du chef-lieu dans son județ

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Baia Mare

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Baia Mare
Liens
Site web http://www.baiamarecity.ro

Baia Mare (en hongrois : Nagybánya ; en allemand : Frauenbach ou Neustadt ; en latin : Rivulus Dominarum, la « Rivière des Dames »), est une ville du județ de Maramureș, dans le nord-ouest de la Roumanie. Sa population s'élevait à 123 738 habitants en 2011.

La ville est un centre industriel, commercial et culturel, qui est tristement célèbre pour la catastrophe de 2000, au cours de laquelle des tonnes de cyanure furent déversées dans le fleuve. On a qualifié cette catastrophe de pire désastre écologique depuis Tchernobyl. C'est la ville natale de la célèbre chanteuse roumaine Paula Seling.

Une importante école de peinture, sous l'influence de l'impressionnisme et de l'expressionnisme a été fondée ici à la fin du XIXe siècle par des artistes venus des quatre coins du monde.

Géographie[modifier | modifier le code]

Baia Mare est située dans la vallée de la rivière Sasar, un affluent de la Lăpuș. Elle se trouve dans une dépression, environnée par un relief montagneux au nord avec les monts Igniș (Munții Ignișului) et à l'est avec les monts Gutâi (Munții Gutâiului), et constitué de collines au sud dans les Dealurile Silvaniei.

Baia Mare est située à 97 km au nord de Cluj-Napoca, à 408 km au nord-ouest de Bucarest, à 70 km de la frontière hongroise et à 50 km de la frontière ukrainienne[1].

Le deuxième centre urbain du județ qui fut d'ailleurs la capitale historique de la Marmatie, Sighetu Marmației, est situé à 60 km au nord-est. Il faut franchir le col de Gutâi (987 m d'altitude) pour y parvenir.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des vestiges archéologiques montrent que ce territoire a été habité à partir du paléolithique supérieur. À l’âge du bronze apparaissent les Carpes, tribu Dace (des Thraces septentrionaux) dont le nom signifie « rocailleux » et qui a laissé son nom aux Carpates. Les caractères ethnographiques, folkloriques et linguistiques des Daces se sont mieux conservés dans la Marmatie voisine et autour de Baia-Mare, ce qui en fait une zone de grand intérêt pour les ethnologues.

La plus ancienne trace écrite remonte à l'année 1142, lorsque le roi hongrois Géza II encouragea les paysans et nobliaux de Lorraine, du Luxembourg et de Rhénanie à coloniser la Transylvanie pour la protéger de l'invasion des nomades Coumans.

Baia Mare est ensuite mentionnée dans un document de 1329 dans lequel elle est présentée comme un centre minier et une cité médiévale à majorité allemande, bénéficiant de franchises étendues, sise dans le Megye (comté) hongrois de Satu Mare. Cette nouvelle attestation documentaire provient la chancellerie du roi de Hongrie, Charles-Robert d'Anjou. Mais c'est la chancellerie du roi Louis d’Anjou, le 20 septembre 1347, qui détaille le mieux les institutions de la ville. L'Hôtel des monnaies de Baia Mare est mentionné pour la première fois en 1411 et présenté comme l'atelier le plus renommé de ce type en Transylvanie.

En 1446, le domaine de Baia Mare avec toutes ses mines devient la propriété du voïvode de Transylvanie, Jean Hunyadi, en remerciement pour son courage contre l’invasion ottomane. C'est à ses frais que l'on entreprend la construction de la cathédrale Saint Étienne ayant comme annexe « La Tour d’Étienne ».

En 1469, le roi Matthias Corvin émet un document important pour les citoyens de la ville : il s’agit du droit de renforcer les fortifications avec de hauts murs, des cloisons, des fossés, des palissades capables de repousser de puissants assiégeants. Baia Mare reçoit alors le rang de : « castrum » ou « castellum » (ville fortifiée). Malgré cela, en 1490 Baia-Mare est prise et pillée par les troupes polonaises du prince Jean Albert.

En 1526 la ville de Baia Mare devient la propriété du voïvode de Transylvanie, Jean Zapolya, période pendant laquelle on enregistre un déclin de la vie économique locale, les ressources de la ville étant dilapidées en coûteuses guerres par Zapolya et ses successeurs. Dans les années suivantes, la Réforme progresse parmi les Baïmarènes (comme on appelle ses habitants). L’année 1547 est remarquable pour la création d’une importante institution d’enseignement ; il s’agit de « Schola Rivulina », qui appartenait au culte reformé. Cette école s’est affirmée pendant plus de deux siècles comme un véritable berceau de culture, en fournissant un grand nombre de théologiens, de fonctionnaires, de juristes, de lettrés mais aussi d'ingénieurs des mines.

Vue d'une rue à Nagybánya, Lajos Tihanyi (1908)

Afin d’exprimer sa reconnaissance pour l’abolition de ses dettes par le voïvode valaque, Michel le Brave, en 1600, l’administrateur des mines Felician Herbstein ordonne l’émission, par l’Hôtel des Monnaies de Baia Mare, d’une médaille d’or qui représente le visage du voïvode : c'est l’une des plus belles réalisations du domaine numismatique.

En 1699 (Traité de Karlowitz) , comme toute la Transylvanie, Baia-Mare passe sous l'occupation autrichienne. Les tentatives, en 1703, du capitaine Pintea Viteazul "le Brave", au service du voïvode François II Rakoczi, de les en chasser, échoue. En 1748 les autorités autrichiennes créent à Baia Mare l'inspection minière (Obermat), et construisent un nouvel Hôtel des Monnaies.

En 1867, alors que le chemin de fer atteint Baia-Mare, l'autonomie de la principauté de Transylvanie est abolie et l'empire d'Autriche devient la double monarchie austro-hongroise : Baia-Mare redevient une ville de province du royaume de Hongrie, où affluent des peintres (Károly Ferenczy, Vilmos Aba-Novák, Lajos Tihanyi…), attirés par les paysages alentour, des géologues et collectionneurs de minéraux, et des ethnologues venus étudier les villages valaques conservant des traditions et des pratiques médiévales. L’année 1889 voit la parution du premier hebdomadaire roumain « Gutinul », revue socio-littéraire et économique.

Nagy Bánya dans le Royaume de Hongrie en 1907

En 1920, le traité de Trianon attribue Baia-Mare à la Roumanie. La ville devient alors pour vingt ans un chef-lieu de département. En 1940, la ville passe sous la souveraineté de la Hongrie, soumise à la dictature de Miklós Horthy. Dans les années 1930, les Juifs de Baia Mare avaient dû subir l'antisémitisme de la Garde de fer. En 1941, Baia Mare devient un centre de recrutement du bataillon du service du travail réservé aux Juifs. Toutefois, grâce à son commandant hongrois, le lieutenant-colonel Imre Reviczky, de nombreux Juifs peuvent échapper à la déportation[2]. Le 3 mai 1944, peu après l'occupation de la Hongrie par l'Allemagne nazie, un ghetto est établi dans l'ancienne verrerie Koenig, où doivent s'entasser jusqu'à 4 000 personnes ; un autre ghetto est installé dans une grange pour 200 personnes, d'autres devant rester dehors. Les 5 917 Juifs concentrés dans ces deux ghettos sont déportés à Auschwitz en deux transports, respectivement le 31 mai et le 5 juin 1944. En 1945, la ville retourne à la Roumanie soumise à la dictature communiste jusqu'en décembre 1989.

Depuis 1991, Baia-mare se développe surtout grâce au tourisme dans le Maramureș, mais reste un centre culturel, minier et industriel important.

Le 30 janvier 2000, aux alentours de Baia Mare a eu lieu l'une des pires catastrophes écologiques d'après Tchernobyl: le déversement des cyanures de l'exploitation minière d'Aurul.

Politique[modifier | modifier le code]

Le conseil municipal de Baia Mare compte 23 sièges. À la suite des élections locales de juin 2012, Cătălin Cherecheş (USL) a été réélu maire de la ville[3].

Élections Municipales de juin 2012[4]
Parti Nombre de conseillers
Union sociale-libérale (USL) 17
Parti démocrate-libéral (PD-L) 2
Parti du Peuple-Dan Diaconescu (PPDD) 2
Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) 2

Population[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Recensements ou estimations de la population[5] :

Évolution démographique
1880 1890 1912 1930 1941 1948
11 183 9 838 12 877 13 904 21 404 20 959
1956 1966 1977 1992 2002 2011
35 920 62 658 100 985 149 205 137 921 123 738


Composition ethnique[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, la majorité de la population est hongroise (64,8 pour cent en 1910, contre 33,7 pour cent de Roumains). La proportion s'inverse au cours des deux décennies suivantes selon le recensement de 1930 (54 pour cent de Roumains et 19,7 pour cent de Hongrois). Des Juifs commencèrent à s'établir à Baia Mare vers 1850, principalement des artisans, des entrepreneurs et des agriculteurs et la première synagogue ouvrit en 1887. On comptait 701 Juifs en 1890 (soit 7 pour cent de la population de la ville), 1 402 en 1912 (10,8 pour cent), 2 030 en 1930 (14,6 pour cent) et 3 623 en 1941 (16,9 pour cent). La communauté juive disparut presque entièrement pendant la Seconde Guerre mondiale et il restait 950 Juifs à Baia Mare en 1947, qui émigrèrent pour la plupart au cours des décennies suivantes[6].

En 2002, Baia Mare comptait 82,8 pour cent de Roumains, 14,8 pour cent de Hongrois et 1,5 pour cent de Roms[7]. En 2011, la composition ethnique de la population était la suivante :

Religions[modifier | modifier le code]

En 2002, la répartition religieuse de la ville était la suivante :

Économie[modifier | modifier le code]

Cheminée devant assurer la dispersion des polluants de l'usine Phoenix, haute de 350 m, mise en service en 1995.

L'économie de la ville pendant la période communiste était fondée sur l'extraction minière des alentours et la transformation des métaux. Ces industries ont beaucoup souffert de la période de restructuration qui a suivi la révolution de 1989, le secteur entier ayant progressivement fait faillite, et les mines d'or, de cuivre, de plomb, les combinats Romplumb, Aurul et Phoenix sont maintenant inactifs.

En 2012, Baia Mare est la capitale roumaine du meuble [8] grâce notamment à l'usine Italsofa, une filiale du groupe italien Natuzzi S.p.A., dont le siège se trouve à Bari. En activité depuis 2002, cet établissement emploie environ 1 500 salariés et fabrique des canapés, fauteuils, canapés-lits extensibles, etc.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est un domaine d'avenir pour Baia Mare et sa région qui bénéficient de nombreux atouts tels que les lacs Firiza [9] et Mogoşa [10], les stations d'hiver Izvoare et Suior, ou encore des attractions culturelles, par exemple des églises en bois inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO [11], ou la colonie de peintres.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

  • Un intéressant "Vieux Centre", d'une structure carrée, typique des villes de province austro-hongroises, bordé de maisons bourgeoises de style hétéroclite, actuellement en cours de restauration.
  • La Tour des Bouchers, élevée en 1469, la seule des sept tours de défense du système de fortification de la ville ayant survécu.
  • Le Palais de la Monnaie construit en 1734 et qui abrite aujourd'hui une partie de Musée régional.
  • La Préfecture, construction contemporaine remarquable (1970) de l'architecte Mircea Alifanti.
  • Cheminée de la fonderie de cuivre Phoenix Copper Smelter, d'une hauteur de 351,5 mètres.

Transports[modifier | modifier le code]

Routes[modifier | modifier le code]

Voies ferrées[modifier | modifier le code]

Baia Mare est reliée par le chemin de fer à Satu Mare et au réseau national, mais également à Budapest.

Aéroport[modifier | modifier le code]

Baia Mare possède un aéroport (code AITA : BAY). L'aéroport est situé sur le territoire de la commune de Tăuții-Măgherăuș, à 6 km à l'ouest de la ville.

La compagnie roumaine Tarom assure des liaisons avec Bucarest. En 2008, l'aéroport a été déclaré aéroport international.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Baia Mare est jumelée avec[12] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Distances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques.
  2. En 1962, Imre Reviczky fut distingué à titre posthume comme Juste parmi les nations.
  3. Cătălin Cherecheş réélu à Baia Mare avec 86,3 % des voix
  4. (ro) Résultats des élections municipales de juin 2012
  5. (en) Population depuis 1912 sur le site pop-stat.mashke.org — Population en 1890 et 1941 sur le site www.jewishvirtuallibrary.org
  6. (en) Histoire des Juifs de Baia Mare sur www.jewishvirtuallibrary.org. Consulté le 16 février 2014.
  7. (ro) Structure ethnique de la population au recensement de 2002.
  8. (ro) Catalin Vischi , « Primele trei firme din Romania din industria mobilei sunt din Maramures », sur emaramures.ro, 4 septembre 2012.
  9. (fr) Association Gers-Roumanie : lac Firiza
  10. (fr) Tourisme Transcarpathie : Maramures
  11. (fr) Ensemble « Églises en bois de Maramureş »
  12. Orașe înfrățite

Liens externes[modifier | modifier le code]

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