Satu Mare

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Satu Mare
Szatmárnémeti
Blason de Satu Mare
Héraldique
Vue générale de la ville
Vue générale de la ville
Administration
Pays Roumanie Roumanie
Région Coat of arms of Transylvania.svg Transylvanie
Département Actual Satu Mare county CoA.png Satu Mare
Maire
Mandat
Iuliu Ilyes UDMR
2008-2010
Code postal 440026
Indicatif téléphonique international +(40)
Démographie
Population 113 688 hab. (2007)
Densité 756 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 47′ 34″ N 22° 52′ 28″ E / 47.792721, 22.87453 ()47° 47′ 34″ Nord 22° 52′ 28″ Est / 47.792721, 22.87453 ()  
Altitude 127 m
Superficie 15 030 ha = 150,30 km2
Divers
Cours d'eau Someș
Localisation

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Satu Mare

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Satu Mare
Liens
Site web http://www.satu-mare.ro

Satu Mare (en hongrois Szatmárnémeti, en allemand Sathmar, en yiddish סאטמאר ) est une ville de Transylvanie, Roumanie, chef-lieu du județ de Satu Mare, dans la région de développement du nord-ouest.

Située à proximité des frontières ukrainienne et hongroise, Satu Mare est un important centre économique et culturel.

Ville pluriethnique, elle inclut parmi ses 113 688 habitants (2007)[1] une importante minorité hongroise.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Situation de la ville dans le județ de Satu Mare

Satu Mare est située au nord-ouest du pays, dans la plaine alluviale formée par le Someș, à une altitude moyenne de 129 m. La ville s'étend de nos jours sur les deux rives de la rivière, domestiquée dès le XVIIIe siècle par un système de digues pour éviter les inondations. Cependant, la cœur historique de la ville est situé sur la rive droite.

Satu Mare se trouve à 13 km de la frontière hongroise à l'ouest, à 27 km de la frontière ukrainienne au nord et à 620 km au nord-ouest de la capitale du pays, Bucarest

Autres villes proches :

La municipalité de Satu Mare est composée de la ville de Satu Mare elle-même (113 697 habitants en 2002) et du village de Sàtmàrel (1 445 habitants en 2002)[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Satu Mare est de type continental avec des saisons très contrastées (hivers froids et neigeux, étés chauds et secs) dont la température moyenne annuelle est de 9,6 °C (hivers 1,7 °C, étés 19,6 °C)[3]. La moyenne annuelle des précipitations est de 590 mm d'eau[3].

Administration[modifier | modifier le code]

La ville de Satu Mare est divisée en 12 quartiers (14 Mai, Carpați I, Carpați II, Centru Nou, Cloșca, Crișan, Gelu, Horean, Menumorut, Sătmărel, Soarelui et Solidarității).

Justice[modifier | modifier le code]

Satu Mare est le siège du tribunal du județ qui supervise les juridictions de Carei, Ardud, Negrești-Oaș, Tășnad et Livada. La ville est d'autre part le siège d'une cour d'appel, de tribunaux de commerce ainsi que d'un tribunal militaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Peuplé dès l'Âge de la pierre et l'âge du bronze, le site de Satu Mare a été habité par les Daces sans faire partie de l'Empire romain. La ville est citée dans la Gesta Hungarorum, chronique des premiers Magyars, comme appartenant au chef valaque Menumorout. Dès le Xe siècle, une citadelle du nom de Castrum Zotmar est connue. La première mention écrite de la ville apparaît sous le nom de Villa Zotmar dans un document de la cour de la reine Gisèle de Hongrie décidant de l'établissement de colons allemands à Mintiu (aujourd'hui un quartier de Satu Mare au bord du Someș).

La ville appartient alors au royaume de Hongrie. En 1543, elle est un fief de la famille Báthory. De cette époque datent les dérivations du Someș pour assurer la défense de la citadelle construite sur la rive droite de la rivière. Les armées ottomanes l'assiègent en 1562 et lors de l'offensive de reprise de la citadelle par les Habsbourg, celle-ci est incendiée. La reconstruction s'effectue sur des plans de l'architecte italien Ottavio Baldigara sous la forme d'un pentagone doté de cinq tours de défense.

En 1623, le Prince de Transylvanie Gabriel Bethlen autorise les Juifs à s'installer dans la cité. Les deux noyaux urbains de Szatmár et Minciu sont réunis entre 1712 et 1715, union qui sera reconnue en 1721 par l'Empereur Charles VI du Saint-Empire (connu aussi sous le nom de Charles III de Hongrie) qui lui donnera alors le statut de ville libre royale.

En 1711 est signée dans la ville la Paix de Szatmár entre Charles VI et les révoltés hongrois conduits par François II Rákóczi, qui assure le maintien de l'unité de la Transylvanie et de la Hongrie. Pendant le XVIIIe siècle, la ville s'urbanise rapidement. De cette époque subsistent le vieil hôtel de ville, de nombreux bâtiments civils et les églises grecque-catholique et réformée.

Le développement se poursuit au long du XIXe siècle avec le pavage des rues en 1844, l'industrialisation (moulins, briqueteries, travail du bois, textiles). Le commerce, la construction de lieux d'enseignement, d'hôpitaux, de parcs, l'installation de succursales bancaires, la création d'un réseau de transports publics enrichissent la ville.

En 1804, un diocèse catholique est créé et, en 1858, une grande synagogue est élevée par la communauté juive.

Le développement des chemins de fer dans l'Empire austro-hongrois fait de la ville un nœud ferroviaire avec les constructions de lignes vers Carei (1871), Sighetu Marmației (1872), Baia Mare (1894), Ardud (1900) et Bixad (1906) et permet de la relier aux grandes métropoles de Budapest et Vienne.

Satu Mare n'est cependant pas le chef-lieu du comitat de Szatmár qui est situé à Carei. Avant la Première Guerre mondiale, la ville compte un forte majorité hongroise et une communauté juive de quelque 7 000 personnes (presque 20 % de la population totale)[4]. La Dynastie hassidique de Satmar, célèbre pour son opposition radicale au sionisme, est originaire de cette ville.

En 1920, le Traité de Trianon intègre le comitat de Szatmár à la Grande Roumanie, aux dépens du Royaume de Hongrie. La ville est alors officiellement nommée Satu Mare, et devient le chef-lieu du nouveau județ. De nombreux Hongrois quittent la ville et la population d'origine roumaine augmente notablement.

La Chambre de Commerce de Satu Mare est créée en 1929.

En 1940, à la suite du Deuxième arbitrage de Vienne, Satu Mare est annexée par la Hongrie. En 1944, la communauté juive est victime de nombreuses déportations organisées par les nazis et leurs alliés fascistes hongrois. Du 19 mai 1944 au 1er juin 1944, 18 863 personnes sont déportées (14 440 sont assassinées à Auschwitz)[5].

La ville est prise par l'Armée rouge fin 1944 et réintègre la Roumanie qui devient très vite la République socialiste de Roumanie.

Satu Mare a été victime de très graves inondations en 1970. Le 14 mai est devenu d'ailleurs le jour de la ville (date du renouveau).

Depuis la révolution de 1989, la ville a grandement bénéficié de sa position géographique au carrefour des frontières hongroises et ukrainiennes, situation encore améliorée avec l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne.

Démographie[modifier | modifier le code]

La composition ethnique de Satu Mare a été profondément modifiée au cours du XXe siècle. La ville, qui avait une écrasante majorité de citoyens hongrois au début du siècle a maintenant une majorité roumaine. D'autre part, la très importante communauté juive a été décimée par les nazis pendant la seconde Guerre mondiale.

En 1910, à l'époque austro-hongroise, la ville comptait 2 301 Roumains (6,31 %), 33 328 Hongrois (91,41 %) et 647 Allemands (1,77 %)[2].

En 1930, on dénombrait 17 679 Roumains (33,35 %), 21 940 Hongrois (41,39 %), 10 717 Juifs (20,22 %) et 944 Allemands (1,78 %)[2].

En 1956, après la Seconde Guerre mondiale, 19 599 Roumains (36,52 %) côtoyaient 31 232 Hongrois (58,19 %), 131 Allemands (0,24 %), 2 391 Juifs (4,45 %) et 76 Tsiganes (0,14 %)[2].

En 2002, la ville comptait 66 638 Roumains (57,87 %), 45 298 Hongrois (39,34 %), 1 115 Tsiganes (0,96 %), 1 607 Allemands (1,39 %) et 30 Juifs (0,02 %)[6].

Évolution démographique
1880 1890 1900 1910 1920 1930 1941 1956 1966
20 531[2] 21 874[2] 28 339[2] 36 460[2] 38 807[2] 53 010[2] 53 406[2] 53 672[2] 69 769[2]
1977 1992 2002 2007 - - - - -
103 544[2] 131 987[2] 115 142[2] 113 688 - - - - -


En 2002, le roumain est la langue maternelle de 57,96 % de la population, le hongrois de 41 % et l'allemand de 0,53 %[6].

Religions[modifier | modifier le code]

En 2002, la composition religieuse de la ville était la suivante[6] :

Politique[modifier | modifier le code]

Le Conseil Municipal de Satu Mare compte 23 sièges de conseillers municipaux. À l'issue des élections municipales de juin 2008, Iuliu Ilyes (UDMR) a été réélu maire de la commune pour un deuxième mandat de 4 ans[7].

Élections municipales de 2008[8]
Parti Nombre de conseillers
Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) 11
Parti social-démocrate (PSD) 5
Parti démocrate-libéral (PD-L) 4
Parti national libéral (PNL) 3

Économie[modifier | modifier le code]

La ville a connu un important développement industriel tout au long du XXe siècle dans des domaines aussi divers que les industries alimentaires, la fabrication des meubles, la sous-traitance automobile (pièces, robots, caoutchouc), les matériaux de sécurité, les textiles, les verres et les plastiques, l'électro-ménager, les centres d'appel téléphoniques.

De par sa proximité avec l'Ukraine et la Hongrie, le commerce, la logistique et les transports sont également très présents. La ville a bénéficié d'importants investissements des entreprises d'Europe de l'Ouest comme Electrolux qui a créé 1 800 emplois, Quelle (centre d'appel de vente à distance), Saint-Gobain et de nombreuses entreprises allemandes de sous-traitance automobile (Voestalpine, KUKA, Phoenix AG...).

On compte plusieurs implantations d'hypermarchés et supermarchés des grandes chaînes de distribution (les allemands Real, Kaufland, Plus, Praktiker, l'autrichien Billa, le français Les Mousquetaires).

Trois grands centres commerciaux existent en ville :

  • le Grand Mall, inauguré en 2008 (6 000 m² de surface de vente) ;
  • le Plaza Europa (2005) de 3 000 m² ;
  • le Someșul Mall (2005) de 13 000 m².

Jumelages[modifier | modifier le code]

Communications[modifier | modifier le code]

Routes[modifier | modifier le code]

Satu Mare est desservie par deux itinéraires européens :

La route nationale DN19 permet d'atteindre Negrești-Oaș et Sighetu Marmației au nord-est et la route nationale DN1C Baia Mare et Dej à l'est. La route nationale DN19A se dirige vers la Hongrie et Nyíregyháza.

Trains[modifier | modifier le code]

La gare de Satu Mare se trouve à 2 km au nord-est du centre de la ville. De nombreuses lignes des Chemins de Fer Roumains (Căile Ferate Române) relient la ville à :

Aéroport[modifier | modifier le code]

Satu Mare dispose d'un aéroport situé à 13 km au sud de la ville et qui dessert Bucarest par la compagnie Tarom[9].

Transports publics[modifier | modifier le code]

La compagnie locale Transurban SA exploite un réseau d'autobus composé de 23 lignes et 190 km[10].

Deux ponts routiers (Podul Decebal et Podul Golescu), un pont ferroviaire (Podul de Fier) et une passerelle permettent de franchir le Someș.

Éducation[modifier | modifier le code]

La ville de Satu Mare possède 16 établissements d'enseignement secondaire dont 4 collèges nationaux et un lycée professionnel :

  • le collège Doamna Stanca, fondé en 1816 (700 élèves)
  • le collège Ioan Slavici, fondé en 1812 (1 100 élèves)
  • le collège Kölcsey Ferenc, fondé en 1557 (700 élèves) pour un enseignement en hongrois
  • le collège Mihai Eminescu, ancien collège des Jésuites datant de 1634, fondé en 1919 (930 élèves)
  • le lycée UNIO, fondé en 1948 (2 000 élèves).

L'enseignement supérieur propose quant à lui 2 établissements publics et 3 universités privées.

Établissements publics :

Établissements privés :

Culture[modifier | modifier le code]

Quartier Decebal, avec une culture Juive

Lieux culturels[modifier | modifier le code]

Satu Mare est le siège d'un orchestre philharmonique de bonne renommée, l'Orchestre Dinu Lipatti[11] fondé en 1902.

La bibliothèque du județ, riche de 380 000 livres, possède de nombreux livres anciens. Le plus ancien est un incunable, les Comédies d'Aristophane, édité à Venise en 1498[12].

Le Théâtre du Nord , fondé en 1889, est un lieu de première importance dans la vie culturelle de la cité.

Les principaux musées sont :

  • le Musée du județ (histoire, ethnographie)
  • le Musée des Beaux-Arts.

Médias[modifier | modifier le code]

Plusieurs journaux quotidiens sont édités à Satu Mare : Informația Zilei, Gazeta de Nord-Vest, Cronica Sătmăreană en roumain, Friss Újság et Szatmári Magyra Hírlapp en hongrois.

Trois chaines de télévision ont des programmes locaux : TV1 Samtel, Nord Vest TV, Pro TV Satu Mare ainsi que plusieurs radios.

Tourisme[modifier | modifier le code]

L'hôtel Dacia

Satu Mare possède de nombreux édifices datant des débuts du XXe siècle dignes d'intérêt dont le plus connu est sans conteste l'Hôtel Dacia, construit en 1902 dans le style de la Sécession viennoise.

Les autres monuments remarquables de cette époque sont :

  • la Tour des Pompiers (Turnul Pompierilor), haute de 47 m, datant de 1904 ;
  • l'Hôtel Astoria.

Les plus vieux monuments de la ville sont léglise réformée des Chaînes (Biserica cu lanțuri) datant de 1793-1802 ainsi que l'église catholique du Calvaire, datant de 1844 et édifiée sur les ruines de l'ancienne citadelle de Satu Mare.

La cathédrale catholique

Du XXe siècle datent :

  • la Cathédrale orthodoxe de la Dormition de la Vierge (1926)
  • la Cathédrale catholique romaine
  • la Cathédrale grecque-catholique des Saints Archanges Michel et Gabriel (1932-1937).

L'édifice emblématique de la ville est le Palais Administratif (Palatul administrativ), regroupant les services administratifs de la cité, construit entre 1972 et 1984 et haut de 97 m, le troisième édifice le plus haut du pays.

Le Jour des Sarmale[modifier | modifier le code]

Le Ziua sarmalelor ou en français le Jour du Sarmale est une action caritative mensuelle créée en février 2010, par un homme d'affaire roumain du nom de Vasile Lup, ayant pour but de distribuer gratuitement des sarmale aux plus démunis, le premier lundi de chaque mois, sur l'esplanade du Musée du județ.

Sports[modifier | modifier le code]

Le football est le sport le plus populaire et Satu Mare est le siège de deux clubs :

  • le CF Olimpia Satu Mare qui joue en troisième division du Championnat de football de Roumanie[13] (Liga III) dont le stade construit entre 1936 et 1942 est le Stadionu Olimpia (capacité : 18 000 places) ;
  • le Someșul Satu Mare, qui joue en quatrième division (Liga IV) dont le stade est le Stadionu Someșul (capacité : 3 000 places).

Le basket-ball est représenté par le club féminin du CSM Satu Mare[14] qui évolue en première division du Championnat de basket-ball de Roumanie et dont le stade est le LPS Arena.

Satu Mare entretient une longue et prestigieuse tradition en escrime depuis 1885 et la ville a donné plusieurs champions olympiques dans ce domaine.

Personnalités célèbres[modifier | modifier le code]

Résidents[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Population de la ville en 2007 sur le site de l'Institut Roumain de la Statistique
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Recensements transylvains de 1850 à 2002
  3. a et b Site de la ville de Satu Mare, repères géographiques
  4. Histoire de la communauté juive de Satu Mare
  5. Les persécutions juives à Satu Mare
  6. a, b et c Statistiques officielles du recensement de 2002
  7. Liste des maires élus en 2008
  8. Résultats des élections municipales de 2008
  9. Site de l'aéroport de Satu Mare
  10. Carte du réseau des transports urbains de la ville
  11. Site de l'Orchestre Philharmonique de Satu Mare
  12. Site de la bibliothèque de Satu Mare
  13. Site du CF Olimpia
  14. Fiche du CSM Satu Mare sur le site de la ligue de basket-ball roumaine

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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