Charles Robert de Hongrie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Charles.
Charles Robert de Hongrie
Image illustrative de l'article Charles Robert de Hongrie
Titre
Roi de Hongrie
13081342
Prédécesseur Béla V de Hongrie
Successeur Louis Ier de Hongrie
Biographie
Nom de naissance Charles Robert d'Anjou-Sicile
Date de naissance 1288
Date de décès 6 juillet 1342
Lieu de décès Visegrád (Hongrie)
Père Charles Martel de Hongrie
Mère Clémence de Habsbourg
Conjoint (1) Marie de Halicz (en)
(2) Béatrice de Luxembourg (en)
(3) Élisabeth de Pologne
Enfant(s) voir section

Charles Robert de Hongrie

Charles Ier Robert, ou Charobert d'Anjou-Sicile (Károly Róbert en hongrois) né en 1288 à Naples, mort le 16 juillet 1342 à Visegrád, est un roi de Hongrie de 1308 à 1342, fils de Charles Martel de Hongrie et de Clémence de Habsbourg.

Débuts[modifier | modifier le code]

Origine familiale[modifier | modifier le code]

Charles Robert est le fils de Charles Martel, roi titulaire de Hongrie en 1290, lointain homonyme du vainqueur de Poitiers, et de Clémence de Habsbourg : il est donc petit-fils de Charles II d'Anjou, roi de Naples et de Marie de Hongrie, une fille d'Étienne V de Hongrie. Après la disparition prématurée de son père en 1295, à la mort de son grand-père il est évincé par son oncle Robert du trône de Naples.

Difficultés initiales[modifier | modifier le code]

En 1301 après la mort de André III de Hongrie, Charles Robert âgé de 12 ans se rend en Hongrie pour faire valoir ses droits au trône et il est couronné par ses partisans une première fois le 13 mai 1301 à Esztergom. Cependant l'appui à son parti, du pape Boniface VIII qui était impopulaire dans le pays, le dessert. Un second prétendant au trône se déclare en la personne de Vaclav III de Bohême[1] qui est couronné à son tour le 27 août 1301 à Székesfehérvár sous le nom de « Laszlo V ». Charles Robert doit se contenter des banats du sud de la Hongrie. À la mort de son pèreVaclav III de Bohême renonce rapidement au trône de Hongrie au profit d'Othon III de Bavière[2] qui est couronné roi le 3 décembre 1305 sous le nom de « Béla V ». Au cours de l'été 1307, le nouveau roi est capturé par László II Kán, le voïvode de Transylvanie ; après des négociations il est livré aux fidèles de Charles Robert et il renonce lui aussi au trône.

Grâce à l'habileté du cardinal Gentil de Montefiore le légat du nouveau Pape Clément V, qui l'accompagnait, les États de Hongrie acceptent finalement d'élire Charles Robert roi ; il est couronné une seconde fois le 15 juin 1309 et même une troisième fois le 27 août 1310.

La Hongrie livrée aux princes territoriaux[modifier | modifier le code]

Après le règne du roi contesté André III de Hongrie le pays était livré à l'ambition de princes territoriaux. Ces derniers, au nombre d'une quinzaine, à partir de leurs domaines, usurpent les prérogatives royales, les domaines et châteaux de la couronne et vassalisent la petite noblesse. Ils sont liés entre eux et aux familles nobles étrangères par de nombreux liens matrimoniaux. Les plus riches et les plus puissants d'entre eux sont : Matthieu Csák († 1321) comte Palatin qui contrôle la Haute Hongrie (l'actuelle Slovaquie), Henri Köszegi Ban de Slavonie, Paul Ier Šubić († 1312) Ban de Croatie de Dalmatie et de Bosnie, : László II Kán voïvode de Transylvanie († 1315), Jean Babonić, Amédée Aba, Kopasz Borsa ...

Pendant la lutte entre les prétendants au trône, les princes territoriaux soutiennent des candidats différents au gré de leurs intérêts. Après sa victoire, Charles Robert les prive, ainsi que leurs familles, du pouvoir sans ménager ceux qui, comme les Šubić, ont été de ses premiers partisans.

Règne[modifier | modifier le code]

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Dès son pouvoir royal légitimé, Charles Robert se tourne en effet contre les prince territoriaux. Matthieu Csák est vaincu une première fois dès le 12 juin 1312 lors de la bataille de Rozhanovce. Après la mort en 1315 de Ladislas Kán le roi nomme comme nouveau voïvode de Transylvanie l'un de ses fidèle Dózsa Debreceny à qui succède Tamás Szécsény (1322-1342). Il remporte une seconde victoire contre Matthieu Csák en 1317. Les Köszegi sont battus en 1319, Mladen II Šubić Ban de Croatie et de Dalmatie est capturé et éliminé en 1322 et Jean Babonić Ban de Slavonie privé de son titre l'année suivante.

À partir de 1323 le roi peut s'employer à affirmer son pouvoir. Il réorganise l'administration et l'armée qu'il dote d'une chevalerie à la « mode française ». Il met en place des réformes monétaires et fiscales qui engendrent la croissance des revenus royaux. Il constitue une nouvelle aristocratie avec la petite noblesse qui avait pâti du régime des princes territoriaux. Le roi s’appuie sur Lațcu ispán des Sicules (1328-1344), Pal Nagymartoni comte de la cour (1328-1349), Mikić Akos ban de Slavonie (1325-1343) et Dumitru Necșa le Grand-argentier (1315-1338).

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Charles Robert d'Anjou doit fuir le champ de bataille de Posada pour éviter d'être pris en otage, son armée ayant été prise en embuscade.

Au début de son règne Charles Robert s'appuie sur l'alliance des Habsbourgs la famille de sa mère. Toutefois les rois Hongrois et Tchèque se rencontrent le 13 février 1327 à Nagyszombat pour conclure une alliance contre les Habsbourg. Charles Robert doit cependant prendre peu après la défense de son beau-père Ladislas Lokietek de Pologne contre Jean Ier de Bohême. Une alliance anti-tchèque est conclue en 1331 jusqu'à la signature d'une paix en 1332. En 1338 il retourne à l'alliance avec la Bohême et signe un traité avec le margrave Charles de Moravie.

En 1333/1334 Charles Robert se rend à Naples afin de négocier avec son oncle Robert Ier de Naples le mariage de son second fils André avec la petite-fille et héritière du roi Jeanne. Cette union devait permettre de rétablir la lignée aînée de la maison capétienne d'Anjou-Sicile dans ses droits.

Au sud, Charles Robert doit faire face aux velléités de réunification des serbes et en 1319 il rétablit l'office de Ban de Mačva pour tenter de faire face à la politique anti-hongroise de la Serbie, qui sera encore accentuée par Stefan Uroš IV Dušan, qui lui prendra Mačva en 1339. Il se heurte également à son vassal valaque, le voïvode Basarab, auquel il tente de confisquer le Banat de Severin. Dans ce conflit, Charles Robert est battu en 1330 par Basarab à la bataille de Posada où son armée pourtant trois fois plus nombreuse est surprise dans un défilé montagneux. Pour éviter d'être pris en otage, il doit fuit déguisé en palfrenier. Cet épisode marque l'émancipation de la Valachie, jusque-là vassale hongroise.

Les campagnes militaires de Charles Robert portèrent sur l'agrandissement de son royaume et, à la fin de son règne, il contrôlait la plupart des états frontaliers : la Dalmatie, la Croatie, la Bosnie et il consolida ainsi la royauté hongroise. Il meurt le 16 juillet 1342 et est inhumé à Székesfehérvár, laissant la couronne à son fils Louis Ier.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Charles Robert de Hongrie eut quatre épouses:

1) Marie de Halytch, fille de Lev II, prince de Halytch : ce mariage resta sans postérité.

2) en 1306 Marie de Silésie († 1315), fille du duc Casimir de Bytom. Il n'eut pas non plus d'enfant de cette union.

3) le 24 juin 1318 Béatrice de Luxembourg (1305 † 1319), fille de l'empereur germanique Henri VII de Luxembourg et de Marguerite de Brabant. Ils eurent un enfant, né et mort en 1319. Béatrice mourut probablement en couches.

4) le 6 juillet 1320 Élisabeth de Pologne (1305 † 1380), fille de Ladislas Ier le Bref et d'Hedwige Piast. Ils eurent :

D'une liaison avec la fille de Gyorke de Csak, porte étendard royal, il a un fils illégitime

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vaclav III de Bohême était par sa mère un arrière-petit-fils de Béla IV de Hongrie et fils du roi Vaclav II de Bohême.
  2. Othon III de Bavière était le fils d'Élisabeth (1236-1271) fille de Béla IV de Hongrie.

Sources[modifier | modifier le code]