Giorgio Agamben

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Giorgo Agamben

Philosophe occidental

Époque contemporaine

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Portrait d' Agamben (graffiti) à
La Demeure du Chaos (Musée l'Organe)

Naissance 22 avril 1942
à Rome
Drapeau de l'Italie Italie
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne
Principaux intérêts Histoire des concepts Biopolitique
Influencé par Michel Foucault, Walter Benjamin, Heidegger, Carl Schmitt, Aby Warburg

Giorgio Agamben (né le 22 avril 1942 à Rome) est un philosophe italien, spécialiste de la pensée de Walter Benjamin, de Heidegger, de Carl Schmitt et d'Aby Warburg ; il est particulièrement tourné vers l'histoire des concepts, surtout en philosophie médiévale et dans l'étude généalogique des catégories du droit et de la théologie. La notion de biopolitique, empruntée à Foucault, est au cœur de nombre de ses ouvrages.

Aperçu biographique[modifier | modifier le code]

Diplômé en droit et philosophie, Agamben fait sa thèse sur Simone Weil, puis participe, en tant que post-doctorant, aux séminaires de Heidegger sur Hegel et Héraclite[1].

Après avoir enseigné successivement à l'université de Macerata et à l'université de Vérone, Giorgio Agamben devient en 2003 professeur d'Esthétique à l'université IUAV de Venise. Il démissionne de l'enseignement universitaire italien en 2009[2]. Il a aussi tenu un séminaire au Collège international de philosophie, dont il a présidé l'assemblée collégiale de 1986 à 1993.

Giorgio Agamben est un grand lecteur de Walter Benjamin et de Jacob Taubes, dont il a édité en Italie les œuvres complètes[1]. Après sa formation avec et autour de Heidegger, l'œuvre de Michel Foucault constitue pour lui une référence, œuvre dont il fournit une lecture très personnelle (passionnante, mais qui suscite les discussions). Parmi les autres philosophes ayant influencé ses travaux, on peut citer J. Derrida, Guy Debord, H. Arendt, l'historien de l'art Aby Warburg (il travailla à la Warburg Institute Library en 1974-75[1]), Carl Schmitt ou encore Nietzsche. Il s'appuie en outre sur les travaux de nombreux autres champs, dont en particulier l'histoire du droit, la théologie (évoquant régulièrement la mystique juive ou chrétienne), et l'histoire de l'art.

Ses ouvrages abordent des questions assez diverses, concernant le langage, la théologie de Paul de Tarse sous l'influence des travaux de Taubes, l'animal et l'homme, dans la ligne de Heidegger, le désir, les passions, d'après Aristote et Freud.

En 2006, Giorgio Agamben a reçu le prestigieux Prix européen de l'essai Charles Veillon[3] pour l’ensemble de son œuvre.

Aujourd'hui encore il intervient régulièrement en organisant des séminaires à l'université Paris VIII (Vincennes–Saint-Denis) comme en 2011 où il propose un séminaire intitulé « Je le veux. Je l'ordonne. Archéologie du commandement et de la volonté. »

Philosophie politique[modifier | modifier le code]

Giorgio Agamben développe une philosophie politique, amorcée dans sa trilogie Homo Sacer. Il examine la notion d'« état d'exception », la question du droit et du dépassement du droit par le souverain en commentant la controverse Carl Schmitt-Walter Benjamin à ce sujet (Homo Sacer. I, Le pouvoir souverain et la vie nue). Il défend l'idée que l'état d'exception tend à devenir indiscernable de la situation « normale », reprenant celle-ci des Thèses sur la philosophie de l'histoire de Benjamin. De Michel Foucault, il reprend le thème de la biopolitique développé dans le tome I de l'Histoire de la sexualité, soit l'ambition, qui est celle du pouvoir contemporain, d'intervenir jusque dans la vie biologique des individus (zoé, ou « vie nue ») et de gérer les citoyens comme de simples vivants. Ce faisant il établit une ligne de continuité entre la conception de la politique des nazis et celle de l'occident contemporain, notamment dans Moyens sans fins, où il analyse le camp comme « l'espace biopolitique le plus absolu », dans la mesure où l'homme y essaie de réduire l'homme à une pure « vie nue ». Les interrogations sur le nazisme sont au cœur de ses préoccupations, et l'ont aussi conduit à questionner la notion de témoignage en problématisant celle-ci, après les travaux de J.-F. Lyotard, à la lumière du débat soulevé par l'émergence du négationnisme (Homo sacer. III, Ce qui reste d'Auschwitz : l'archive et le témoin).

La Nymphe et le Berger, tableau du Titien commenté dans L'Ouvert. De l'homme à l'animal.

Dans L'Ouvert : de l'homme à l'animal (2002), il enquête sur ce qu'il appelle le « dispositif anthropogénique » constituant l'humanité de l'homme par différence avec l'animal, cette frontière passant au sein de l'homme lui-même via la distinction aristotélicienne entre « vie végétative », « vie animale » et « vie contemplative ». Commentant tour à tour Kojève, Bataille, Guillaume de Paris, Thomas d'Aquin, von Uexküll, Heidegger, Walter Benjamin, le gnostique Basilide et Titien, il s'interroge ainsi sur la constitution de ce dispositif et son avenir à l'âge de la biopolitique.

Cette lecture de Foucault, à la lumière de Schmitt et de Heidegger, ainsi que son insistance à s'attacher au thème de la « vie nue » (zoé, par contraste avec bios), ont donné lieu à de très vifs débats avec les foucaldiens [Qui ?], et plus généralement avec tous ceux qui appréhendent le thème de la biopolitique de manière politique (en particulier marxienne), pour lesquels G. Agamben renaturalise le politique tout en en faisant une instance du négatif ou, au mieux, un « reste » [réf. nécessaire].



Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Stanze : parole et fantasme dans la culture occidentale, traduit par Yves Hersant, Paris, Payot & Rivages, [1981], 1994 (édition augmentée)
  • Enfance et histoire, traduit par Yves Hersant, Paris, Payot, 1989, 2000
  • Le Langage et la mort, traduit par Marilène Raiola, Paris, Christian Bourgois, 1997
  • Idée de la prose, traduit par Gérard Macé, Christian Bourgois, Paris, 1988, 1998
  • La Communauté qui vient : théorie de la singularité quelconque, traduit par Marilène Raiola, Paris, Le Seuil, 1990.
  • Moyens sans fins, Paris, Payot & Rivages, 1995
  • Bartleby, ou La création, traduit par Carole Walter, Saulxures, Circé, 1995
  • L'Homme sans contenu, traduit par Carole Walter, Saulxures, Circé, 1996
  • Homo sacer. I, Le pouvoir souverain et la vie nue, traduit par Marilène Raiola, Paris, Le Seuil, 1997
  • Homo sacer. III, Ce qui reste d'Auschwitz : l'archive et le témoin, traduit par Pierre Alfieri, Paris, Payot & Rivages, 1999
  • Le Temps qui reste : un commentaire de l'Épître aux Romains, traduit par Judith Revel, Paris, Payot & Rivages, 2000
  • La Fin du poème, traduit par Carole Walter, Saulxures, Circé, 2002
  • L'Ouvert : de l'homme et de l'animal, traduit par Joël Gayraud, Paris, Payot & Rivages, 2002
  • Homo Sacer. II, 1, État d'exception, traduit par Joël Gayraud, Paris, Seuil, 2003
  • avec Valeria Piazza, L'Ombre de l'amour : le concept d'amour chez Heidegger, traduit par Joël Gayraud et Charles Alunni, Payot & Rivages, Paris, 2003
  • Profanations, Payot & Rivages, traduit par Martin Rueff, Paris, 2005, Prix européen de l'essai Charles Veillon 2006 (également décerné pour l'ensemble de son œuvre[4])
  • La Puissance de la pensée : essais et conférences, traduit par Joël Gayraud et Martin Rueff, Paris, Payot & Rivages, 2006
  • Qu'est-ce qu'un dispositif?, traduit par Martin Rueff, Payot & Rivages, Paris, 2007
  • L'Amitié, traduit par Martin Rueff, Payot & Rivages, Paris, 2007
  • Signatura rerum : sur la méthode, traduit par Joël Gayraud, Vrin, Paris, 2008
  • Qu'est-ce que le contemporain ?, traduit par Maxime Rovere, Rivages, coll. « Petite Bibliothèque », 2008
  • Homo Sacer. II, 2, Le Règne et la gloire, traduit par Joël Gayraud et Martin Rueff, Le Seuil, Paris, 2008[5]
  • avec Alain Badiou, Daniel Bensaïd, Wendy Brown, Jean-Luc Nancy, Jacques Rancière, Kristin Ross et Slavoj Zizek, Démocratie, dans quel état ?, La Fabrique, 2009
  • Le Sacrement du langage : archéologie du serment, traduit par Joël Gayraud, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques – Poche », 2009
  • Nudités, traduit par Martin Rueff, Payot & Rivages, coll. « Bibliothèques rivages », Paris, 2009
  • Homo Sacer. IV, De la très haute pauvreté : règles et forme de vie, traduit par Joël Gayraud, Payot & Rivages, Paris, 2011
  • Homo Sacer. II, 5, Opus Dei: archéologie de l'office, traduit par Martin Rueff, Éditions du Seuil, coll. « L'ordre philosophique », Paris, 2012
  • Qu'est-ce que le commandement ?, traduit par Joël Gayraud, Payot & Rivages, Paris, 2013
  • Pilate et Jésus, traduit par Joël Gayraud, Payot & Rivages, coll. « Bibliothèque Rivages », Paris, 2014

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]