Os

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Os désigne aussi bien un tissu conjonctif solidifié que l'une de ces structures individuelles, ou les organes, dans lesquels ils sont formés, et que l'on trouve chez de nombreux animaux. Chez un nourrisson humain, on dénombre 270 os contrairement à un homme adulte où l'on compte 206 os[1].

Illustration d'un fémur humain extraite de Henry Gray's Anatomy of the Human Body.
La forme des os traduit l'adaptation évolutive aux fonctions qu'ils remplissent pour l'organisme.
Os de pieds déformés par la lèpre.
Moulin à broyer les os, pour produire un engrais riche en calcium, phosphore, magnésium.
Coffret réalisé par assemblage de morceaux d'os découpés et sculptés, rappelant l'ivoire.

L'ensemble des os d'un animal forme le système osseux ou squelette.

Grâce à leur structure, les os sont à la fois légers, souples et solides. Ceux des oiseaux sont encore allégés et contiennent de l'air.

Dans le règne animal, des évolutions alternatives dans la constitution du squelette par rapport à l'os sont la coquille et l'exosquelette de chitine. Chez certains animaux (par exemple, les tortues), les os qui étaient internes sont devenus externes en se transformant en carapace.

On prononce /ɔs/ au singulier et /o/ au pluriel. C'est le seul mot français qui s'écrit de la même façon mais se prononce différemment au singulier et au pluriel.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Les os supportent les structures corporelles, protègent les organes internes, et (en conjonction avec les muscles) facilitent le mouvement ; ils sont également impliqués dans la formation des cellules sanguines, le métabolisme du calcium, et le stockage de minéraux. Ils peuvent jouer un rôle de détoxification, par exemple en fixant le plomb.

Anatomie - morphologie[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Il existe trois types d'os :

  • Les os longs présentent une de leurs dimensions nettement plus grande que les deux autres. Ils présentent un corps ou diaphyse et deux extrémités ou épiphyses. Diaphyse et épiphyse sont reliées par une zone qui est le siège de la croissance : la métaphyse ou cartilage de croissance aussi appelé cartilage de conjugaison. Celui-ci ne s'ossifie complètement qu'à la fin de la croissance. Exemples : fémur, tibia.
    • La diaphyse : elle est constituée de tissu compact épais appelé corticale ou cortex. Elle est creusée du canal médullaire rempli de moelle osseuse jaune. Elle est entourée d'une membrane (le périoste) qui est riche en vaisseaux nourriciers qui participent à l'ossification en épaisseur.
    • Les épiphyses : elles se situent aux extrémités: une épiphyse distale (caudale) et une proximale (crâniale). Elles sont formées de tissu spongieux. Elles sont très riches en moelle rouge hématopoïétique. Elles sont recouvertes de cartilage articulaire.
    • La métaphyse : c'est la région située entre la diaphyse et l'épiphyse.
  • Les os courts ont leurs trois dimensions sensiblement égales. Ils sont composés d'un noyau d'os spongieux entouré d'une corticale d'os compact. Exemples : carpes, tarses.
  • Les os plats ont une dimension nettement plus courte que les deux autres. Ils sont composés de deux couches d'os compact, les tables externe et interne, enfermant une couche d'os spongieux (dite en diploë). Exemples : sternum, côtes, scapula, os pariétaux.
  • Les os intermédiaires : n'appartiennent à aucun autre type d'os[2].
    • Les os allongés : la longueur prédomine sur les autres dimensions, mais la taille de l'os est plus petite. Exemples : métacarpiens (main), métatarsiens (pied) clavicule.
    • Les os rayonnés : possèdent un corps duquel partent des expansions. Exemple : vertèbres.
    • Les os arqués : deux formes: simple courbure (exemple : côtes) ou forme de fer à cheval (exemple : mandibule).
    • Les os papyracés : fines lamelles osseuses. Exemple : palatin.
    • Les os pneumatiques : percés de cavités, appelés sinus. Exemple : os de la face (crâne).
    • Les os sésamoïdes : petits os annexés à des ligaments ; exemple : patella (rotule).

Certains os présentent des petites excroissances que l'on nomme apophyses ou processus.

Une nouvelle classification des os est proposée : la classification de Carthage[3]. Cette classification ne se base pas sur la forme des os, mais sur les tissus qui les composent à savoir tissu osseux et tissu cartilagineux.

On distingue ainsi deux groupes d'os et non trois[3] :

  1. os avec cartilage : les épiphyses et les os courts ;
  2. os sans cartilage : les diaphyses et les os plats.

Les os avec cartilage se développent dans la vie extra utérine, après la naissance. Ce sont des os de mobilité. Ils sont incomplètement visibles sur les radios simples. Leurs fractures perturbent la mobilité articulaire. Sur le plan chirurgical l'ostéosynthèse se fait par tuteur (interne vis, clou, lames).

Les os sans cartilage se développent pendant la vie intra utérine, avant la naissance. Ce sont des os de la statique. Ils sont entièrement visibles sur les radios simples. Leurs fractures gênent la statique. sur le plan chirurgical, l'ostéosynthèse est double, (tuteur interne clou centro médullaire) et tuteur externe, (plaques).

Configuration externe[modifier | modifier le code]

Voir[2].
On distingue à la surface des os des reliefs :

  • Des saillies (bosses) :
    • articulaires : les têtes osseuses, présentant à leur surface du cartilage articulaire ;
    • non articulaires : expansions de plusieurs types : processus, tubérosités (volumineux: sert à la traction mécanique), tubercules (moins volumineux que les tubérosités), crêtes, épines (exemple d'épines sur les vertèbres).
  • Des dépressions (creux) :
    • articulaires : les cotyles font face aux saillies articulaires ;
    • non articulaires : plusieurs types : sillon, gouttière, fosse.
  • Des foramens (trous) :
    • De 1er ordre : laisse passer les artères nourricières.
    • De 2e ordre : laisse passer de plus petits vaisseaux.
    • De 3e ordre : pour le passage des nerfs.

Interactions[modifier | modifier le code]

Les zones de contact entre deux os sont appelées les articulations. Ces articulations peuvent être fixes ou plus ou moins mobiles.

Les os sont également reliés les uns aux autres par le biais de ligaments interosseux. Ce sont des bandes de tissu conjonctif, à la fois souples et résistantes.

Les ligaments sont à différencier des tendons, qui relient chacun un os à un muscle squelettique.

L'ensemble des os, des articulations, des ligaments interosseux, des tendons et des muscles squelettiques forme l'appareil locomoteur.

Histologie[modifier | modifier le code]

Structure - Configuration interne[modifier | modifier le code]

Os spongieux, partie minérale.
Vue en microscopie électronique
(Os déprotéiné de crâne de rat) (X 10 000).

On distingue pour tout os deux parties dans le tissu osseux proprement dit :

  • une partie centrale (os spongieux) : ce tissu spongieux est riche en cellules conjonctives adipeuses et en éléments sanguins mais sa résistance est faible (en cas de fracture, il s'écrase facilement). Situé notamment dans l'os trabéculaire des os longs (à l'intérieur des épiphyses) ;
  • une partie périphérique (os compact) : c'est une partie osseuse dense, dure et très résistante formant un manchon plus ou moins épais (donnant naissance à la cavité médullaire dans les os longs).

Les os sont de plus entourés d'une fine enveloppe conjonctive (Ne se situe qu'aux surfaces non recouvertes de cartilage) : le périoste, contribuant à l'innervation, la croissance et à la cicatrisation de l'os.

La partie minérale des os est composée essentiellement de phosphate de calcium apatitique dont la structure dépend du type de l'os et de son âge.

Cellules osseuses[modifier | modifier le code]

Article connexe : Tissu osseux.

On distingue 2 catégories de cellules osseuses : les ostéoblastes (et leurs cellules dérivées : ostéocytes et cellules bordantes) et les ostéoclastes.

Les ostéoblastes ont une origine mésenchymateuse. Elles sont reliées entre elles par des gap junctions. Elles sont à la surface de l'os en croissance, alignées sur les surfaces osseuses. Ce sont des cellules cuboïdes, 20 micromètres de diamètre, avec un gros noyau à l'opposé de la surface apposée sur l'os. Leurs contours sont irréguliers et ils possèdent des prolongements leur permettant le contact avec d'autres ostéoblastes ou ostéocytes. Leur rôle est d'élaborer le tissu osseux immature (tissu ostéoïde) et de permettre sa calcification en élaborant des protéines initiant la cristallisation (sialoprotéine osseuse  (en) (BSP) / phosphoprotéines) et des enzymes permettant l'entretien de la calcification (phosphatase alcaline). Ils agissent aussi indirectement dans la résorption du tissu osseux en élaborant des substances agissant sur l'ostéoclaste.

Après un certain nombre de division, l'ostéoblaste élabore la matrice osseuse autour de lui ; dans un premier temps au niveau de la surface osseuse puis il s'entoure et se transforme en ostéocyte ou en cellules bordantes (=cellule de réserve, aplatie et ayant la capacité de se re-différencier en ostéoblaste), elles conservent leurs gap junctions qui leur permettent la diffusion des éléments nutritifs.

Matrice osseuse[modifier | modifier le code]

L'os est un ensemble de tissus. Le tissu osseux est un tissu conjonctif spécialisé. Il est donc constitué d'une matrice extracellulaire et de cellules. La matrice extracellulaire a 3 composantes : la substance fondamentale, les fibres et les glycoprotéines structurales.

La substance fondamentale est constituée de glycosaminoglycanes sulfatés comme les chondroïtines sulfates et héparanes sulfates (au rôle anticoagulant), d'acide hyaluronique, d'eau, d'ions, de dépôts de sel de calcium. La matrice minérale représente environ 70 % du poids de l'os sec. Parmi les sels minéraux on trouve des cristaux d'hydroxyapatite (ou phosphate tricalcique) ces cristaux suivent les fibres de collagène, des carbonates de calcium, des phosphates de magnésium. La matrice organique est faite essentiellement de collagène sous forme de larges fibres agencées en lamelles, de protéoglycanes et de protéines non collagéniques spécifiques du tissu osseux comme l'ostéopontine (lie les cellules (ostéocytes) aux cristaux d'hydroxyapatites), l'ostéonectine et l'ostéocalcine. On retrouve aussi des protéines enfouies dans la matrice, d'origine non osseuse (fétuine, immunoglobulines, …).

Les fibres sont principalement des fibres de collagène de type I (80 %) et XII, son collagène associé. On ne trouve jamais de collagène de type II qui est rencontré uniquement dans le cartilage. Les fibres sont parallèles les unes aux autres et sont organisées en fonction des forces de pressions exercées.

Si les ostéoblastes forment le tissu osseux, les ostéoclastes le détruisent. Ils creusent des surfaces d'érosion (ou lacunes de Howship).

Développement[modifier | modifier le code]

Les os de l'enfant sont plus mous que ceux de l'adulte et contiennent plus d'eau. L'ossification, c'est-à-dire le durcissement des tissus fibreux ou cartilagineux qui se transforment en os, se fait graduellement de l'enfance à la puberté. L'ossature de tout le corps se consolide selon la règle des développements proximo-distal (du plus proche au plus loin) et céphalo-caudal (du cerveau à la queue). Par exemple, les os des épaules durcissent avant ceux du pied [4].

La formation de l'os débute vers la 9e semaine chez le fœtus. Elle se fait à partir d'une « maquette » de cartilage, de deux façons : l'ossification endomembraneuse et l'ossification endochondrale. L'ossification endomembraneuse est celle des os de la voûte crânienne et du maxillaire ; elle a une origine mésenchymateuse. L'ossification endochondrale est celle des os longs, des vertèbres, des os du pelvis et de la base du crâne.

Ossification endomembraneuse[modifier | modifier le code]

Lors de l'ossification endomembraneuse, le tissu mésenchymateux, riche en fibroblaste donne des ostéoblastes après recrutement et différenciation. Il y a production de matrice ostéoïde. Cela se fait dans des zones particulières dites « centre d'ossification primaire ». Elles sont peu minéralisées. Après la naissance, ces zones fusionnent et se minéralisent complètement.

Ossification endochondrale[modifier | modifier le code]

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L'ossification endochondrale débute donc au stade fœtal. À la naissance, seules les extrémités des os longs sont faites de cartilage. Ce n'est que vers l'âge de 18-21 ans, que le cartilage disparaît complètement des extrémités des os longs. À ce moment, la croissance est complètement arrêtée.

L'ossification endochondrale débute par des centres d'ossification primaires dans la partie moyenne de la matrice cartilagineuse. Contrairement à l'ossification endomembraneuse elle ne consiste pas en une transformation du tissu cartilagineux en tissu osseux. Elle se fait en deux étapes : une destruction de la matrice cartilagineuse puis son remplacement par du tissu osseux. L'ossification primaire du périchondre (futur périoste) entraîne une transformation des chondrocytes : ils s'hypertrophient et dégénèrent. Dans cette zone hypertrophique, les sels de calcium précipitent et donnent un cartilage calcifié. Les chondrocytes prisonniers de cette matrice calcifiée, dégénèrent et ne sécrètent plus d'angio-inhibiteur. Il se produit une néovascularisation ; les chondroclastes creusent des cavités dans le cartilage calcifié. Les fragments de cartilages échappant aux chondroclastes servent de supports aux pré-ostéoblastes arrivés avec les bourgeons vasculaires. Les pré-ostéoblastes donnent des ostéoblastes qui sécrètent la matrice ostéoïde, celle-ci se minéralise pour donner de l'os. Les ostéoclastes sont à l'origine du canal médullaire. En périphérie, on retrouve la plaque épiphysaire qui contient du cartilage hyalin, du cartilage sérié (dû à la prolifération active des chondroblastes), du cartilage hypertrophique, du cartilage hypercalcifié, une ligne d'érosion (qui résulte de l'action des chondroclastes), une zone ostéoïde et une zone ossifiée. Cette plaque persiste jusqu'à ce que l'os ait atteint sa taille adulte. Quand le cartilage disparaît, les épiphyses et diaphyses fusionnent : la croissance est terminée. L'ossification endochondrale est à l'origine de la croissance en longueur des os.

Liste des os du squelette humain[modifier | modifier le code]

Le squelette humain adulte est composé de 206 os[5].

Article détaillé : Squelette humain.

Un enfant en compte moins dans la main, le poignet, la cheville et le pied.

Maladies osseuses[modifier | modifier le code]

Origine traumatique[modifier | modifier le code]

La majorité des atteintes osseuses sont d'origine traumatique ; un choc physique, tel une chute ou un accident de la route, vient mettre en tension l'os jusqu'à son point de rupture : on parle alors de fracture. Une fracture est suivie le plus souvent d'une douleur localisée de plus ou moins forte intensité qui peut nécessiter la mise sous antalgique.

Il s'ensuit dans les semaines et les mois suivants une reconstruction physiologique de l'os par stimulation de l'activité ostéoblastique : on parle alors de cal osseux. Ce cal osseux nécessite le plus souvent la mise en contention des articulations sus et sous-jacentes pendant toute la période de cicatrisation de l'os. Lorsque la fracture est dite compliquée ou touchant certaines articulations précises, une simple contention ne suffit pas : une opération de chirurgie orthopédique est nécessaire pour éviter la formation d'un cal dit « vicieux » c'est-à-dire formant une saillie douloureuse ou déformant le membre, accentuant de ce fait l'impotence fonctionnelle du patient.

La plupart du temps les fractures se forment à partir des points de faiblesse de l'os déterminés par la matrice osseuse et les tensions mécaniques (par exemple zone d'insertion ligamentaire ou tendineuse). Certains facteurs accentuent le risque de fractures, tels l'ostéoporose, les fragilités osseuses constitutionnelles, les tumeurs bénignes, malignes et métastases, kystes et foyers infectieux.

Il existe différent types de fractures nécessitant pour chacune d'elle une prise en charge différente.

Les fractures simples[modifier | modifier le code]

D'origine post-traumatique, elles font suite à un choc ou une torsion violente, elles nécessitent une prise en charge de la douleur, la réduction de la fracture, l'immobilisation du membre et la surveillance radiologique de la guérison. Certaines fractures simples nécessitent une chirurgie orthopédique lors de la réduction avec parfois la pose de matériel : clous, plaques, tiges, prothèse, etc.

Les fractures spontanées[modifier | modifier le code]

Sans notions traumatiques évidentes, elles sont généralement le signes d'une maladie dégénérative, tumorale et parfois génétique de l'os. La réduction de la fracture s'accompagne alors de la prise en charge de la pathologie principale.

Les fractures engageant le pronostic vital[modifier | modifier le code]

Elles concernent les fractures des gros os qui s'accompagnent souvent d'une hémorragie massive (de l'ordre de plusieurs litres) ou de fracture du crâne (hématome sous-dural, hématome extra-dural). L'arrêt de l'hémorragie est alors la priorité absolue avec le drainage de celle-ci. Le risque d'un choc hypovolémique justifie la mise sous perfusion.

Les fractures ouvertes[modifier | modifier le code]

Les fractures ouvertes peuvent être très impressionnantes visuellement, l'os fracturé fait éruption à travers la peau. La plaie doit être nettoyée et isolée rapidement : l'os réagit très mal aux infections qui nécessitent souvent un traitement antibiotique prolongé et peuvent même obliger à un ou plusieurs curetages à long terme.

Les prises en charge médicale et chirurgicale varient ensuite considérablement en fonction de la topologie de la fracture. Dans tous les cas une surveillance radiologique de la guérison est obligatoire.

Origine dégénérative[modifier | modifier le code]

Origine infectieuse[modifier | modifier le code]

Origine génétique[modifier | modifier le code]

Origine tumorale[modifier | modifier le code]

Autres origines[modifier | modifier le code]

Outre des pathologies induites par des fractures osseuses ou une déformation de la colonne vertébrale, une ostéogénèse imparfaite (maladie des os de verre ou fragilité osseuse constitutionnelle), par des anomalies de croissance (maladie d'Ollier, d'origine génétique) ou de type cal osseux ou épines osseuses, ou par les problèmes posés par les rhumatismes, ou parfois par une hyperminéralisation osseuse (qui implique une hypovascularisation) ; le cancer et l'ostéoporose postménopausique sont les principales maladies graves qui concernent directement l'os chez l'Homme.
Une activité physique suffisante et un apport suffisant en calcium permettent de diminuer le risque ou l'importance de l'ostéoporose considérée par l'OMS comme le second problème de santé public derrière les maladies cardiovasculaires ; vers 45 ans, la perte de matière osseuse (qui est la plus élevée à 18 ans) s'accélère pour atteindre en moyenne 40 % chez la femme entre 45 et 80 ans et 25 % chez l'homme.

Le cancer de l'os primitif est rare. Il s'agit surtout :

  • de l'ostéosarcome, qui concerne essentiellement les os longs. Il est rarissime avant 6 ans ou après 40 ans et est plus fréquent chez les garçons que les filles. (200 cas par an en France, dont 150 chez l'enfant = 5 % des cancers des 12-25 ans, selon le site Infocancer) ;
  • du « sarcome (ou tumeur) d'Ewing » ou « tumeur osseuse maligne de l'enfant et du jeune adulte » qui touche préférentiellement les os plats. Ce cancer est encore plus rare que l'ostéosarcome (2 à 3 nouveaux cas par an en France par millions d'enfants de moins de 15 ans, avec un pic chez les 10-20 ans), mais il constitue pour les moins de 20 ans, la seconde tumeur maligne la plus fréquente, derrière l'ostéosarcome.

Ce sont les cancers secondaires (issus de métastases) qui sont les plus courants.

Dans tous les cas, on associe généralement la chimiothérapie et la chirurgie (dont la chirurgie reconstructrice) qui ont récemment bénéficié de nombreux progrès mais qui restent lourdes, longues, coûteuses et parfois pénibles pour le patient.

Le saturnisme n'est pas une maladie osseuse, mais un saturnisme « induit » ou « secondaire » peut être la conséquence d'une fracture, et il peut être transmis de la mère à l'enfant.

Usages[modifier | modifier le code]

Historiquement[modifier | modifier le code]

Depuis la préhistoire, des os animaux ou humains ont eu des usages variés. Ils ont par exemple servi à produire

Sous-produits animaux[modifier | modifier le code]

Lorsqu'ils sont de bonne qualité (hormis les os de porcs pour certains usages) ils peuvent aussi être utilisés pour fabriquer de la gélatine industrielle[8] et des engrais ; avec parfois un risque d'obtenir un engrais pollué par le plomb ou d'autres toxiques (ex : radionucléides) susceptible d'avoir été accumulés par les mammifères dans leurs os (80 % environ du plomb ingéré et assimilé par l'organisme des mammifères est fixé dans les os [réf. nécessaire]).

La Farine d'os est souvent produite avec des os (d'animaux terrestres) de seconde qualité (les os longs pouvant être vendus en boucherie comme os à moelle. Les autres os peuvent préalablement être utilisés pour la fabrication de gélatine et/ou traités pour fabriquer du phosphate dicalcique ou de la poudre d'osséine[8] ; la farine est produite par chauffage, dégraissage, séchage, broyage et tamisage des os[9],[10]) ;
A titre d'exemple, pour la France qui en produirait environ 400 000 t/an[11] ; la farine d'os de porc produite par les équarrisseurs et fondeurs contient 34 % de phosphate de calcium, 4 % de carbonate de calcium et des protéines (36 à 40 %, essentiellement constituant le collagène)[11]. Elle est revendue pour être intégrée dans l'alimentation animale (où elle sera mélangée avec de la farine de viande plus riche en protéines[11]. Comme les farines de viandes et de sang, les farines d'os sont soumises aux cours mondiaux des protéines animales et végétales

Risques sanitaires : Leur incorporation, dans de mauvaises conditions, dans les farines animales données à des herbivores a été à l'origine de l'encéphalopathie spongiforme bovine (aussi appelée « maladie de la vache folle »), et peut-être de la CWD, deux maladies animales à prions. La consommation de restes humains par des humains a été dans un passé récent à l'origine de cas groupés d'un variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Expressions[modifier | modifier le code]

L'expression tomber sur un os, aujourd'hui couramment utilisée, tire son origine d'un repas partagé entre quatre amis. C'est en effet au XIXe siècle que l'on retrouve pour la première fois des écrits relatant la scène d'un cassoulet ingéré directement à même une marmite par quatre personnes. L'une d'entre elles, piochant dans le récipient, aurait remonté un os de canard au lieu des traditionnels flageolets et viandes. C'est de là que serait née l'expression tomber sur un os.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le nombre d'os »
  2. a et b Cours Anatomie PCEM1 Besançon
  3. a et b Hamza Esadam, Nouvelle approche dans l'étude de l'appareil locomoteur et conséquences thérapeutiques, Centre de publication universitaire,‎ 2007, 366 p. (ISBN 9789973373885, lien OCLC?)
  4. Chapitre 2 - Les lois de développement psychomoteur, Faculté de médecine, Pierre et Marie Curie.
  5. Alain Ramé, Sylvie Thérond, Anatomie et physiologie, Elsevier Masson,‎ 2006, 318 p. (ISBN 2842998340, lire en ligne)
  6. Gerhard Fauner et Wilhelm Endlich (trad. E. Degrange), Manuel des techniques de collage [« Angewandte Klebtechnik: Ein Leitfaden und Nachschlagewerk für die Anwendung von Klebstoffen in der Technik »], Paris/Munich, Soproge/Carl Hanser Verlag,‎ 1979 (Hanser)-1984 (Soproge), 234 p. (ISBN 3446127674), p. 10-11
  7. Description sur les fragments d'un bas-relief provenant du tombeau du vizir Rekhmirê, de Thèbes, en 1470 av. J.-C. (d'après G. Fauner et W. Endlich, cités plus haut)
  8. a et b Les farines de viandes osseuses (FVO) et les concentrés protéiques carnés (CPC), École nationale vétérinaire de Lyon
  9. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées SIFCO.
  10. Les farines de viandes osseuses (FVO) et les concentrés protéiques carnés (CPC), École nationale vétérinaire de Lyon
  11. a, b et c Sénat, Projet de loi relatif à la collecte et à l'élimination des cadavres d'animaux et des déchets d'abattoirs et modifiant le code rural ; Travaux parlementaires > Rapports > Rapports législatifs, consulté 2013-09-09

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. Vezien, Industries des os, des déchets animaux, des phosphates et du phosphore, coll. Encyclopédie scientifique, Bibliothèque des industries chimiques, Paris, Octave Doin et Fils, Éd., 1914, 423 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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