James Oliver Curwood

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
James Oliver Curwood

James Oliver Curwood (12 juin 1878 à Owosso, Michigan, États-Unis - 13 août 1927) est un romancier américain. Avec Jack London, il est l'un des maîtres des récits du Grand Nord. On lui doit aussi bien des récits animaliers, parmi lesquels Kazan (The Wolf Dog) (1914), Nomads of the North (1919), ou le fameux Grizzly King (1916), adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud sous le titre de L′Ours.

Biographie[modifier | modifier le code]

James Oliver Curwood naît le 12 juin 1878 à Owosso, petite ville du Michigan, de l'union de James Moran Curwood et de sa femme Abigail. Dernier d'une famille de trois enfants, Curwood aurait eu, du côté maternel, une princesse mohawk pour aïeule. Son père était cordonnier et tint une échoppe à Westtown. En 1884, alors qu'il a six ans, sa famille déménage dans l'Ohio, dans le comté d'Erie, où elle s'installe dans une ferme près de la ville de Vermillion. Il commence à écrire ses premières histoires vers l'âge de neuf ans. En 1891, la famille repart à Ossowo.

James Oliver Curwood entra au Central High School d'Owosso. Il en sera exclu au bout de deux à trois ans, possiblement pour passer davantage de temps en dehors de l'école que sur ses bancs. Le 23 novembre 1894, le journal local The Argus publie une de ses premières histoires. La même année, il se lance dans un voyage en vélo dans les États du Sud des États-Unis.

Il passa avec succès l'examen d'entrée à l'Université du Michigan en 1898, où il étudia le journalisme. Il quitte l'université après deux ans d'études et devient journaliste pour le Detroit News Tribune. Il en est renvoyé pour faute professionnelle après six mois de travail. Après avoir travaillé pour une entreprise pharmaceutique, Curwood est ré-embauché par le Detroit News Tribune en 1902. Il y restera cinq ans, occupant différents postes jusqu'à devenir rédacteur en chef.

À cette période, il rencontre Cora Leon Johnson, qu'il épouse en 1900. Le couple aura deux filles, mais se séparera en 1908.

En 1906, il décide de se lancer dans l'écriture de romans, mais la charge de son travail de journaliste l'empêche d'écrire comme il le souhaiterait. C'est la raison pour laquelle il démissionne de son emploi auprès du Detroit News Tribune en 1907. Il abandonne le journalisme et se consacre à l'écriture. Bobbs-Merrill publie son premier roman, The Courage of Captain Plum, en 1908. Ce premier roman est suivi par un second la même année, chez le même éditeur : intitulé The Wolf Hunters (Les Chasseurs de Loups), il raconte les aventures de Roderick, un trappeur, et Mukoki, son guide indien, qui se continueront avec la publication l'année suivante du roman The Gold Hunters (Les Chasseurs d'Or).

Il partit pour de longues vacances près de la Baie d'Hudson et commença à écrire à propos de cette région. Le gouvernement canadien, s'apercevant de la popularité grandissante de ses histoires, l'embaucha afin d'explorer les provinces du Nord-Ouest du Canada. Curwood en retirait des idées et de la documentation pour ses histoires, lesquelles avaient pour ambition d'attirer de nouveaux colons dans cette partie du pays. Il fut le seul américain à être employé par le gouvernement du Canada comme explorateur et écrivain.

Il se remarie en 1909 avec Ethel Greenwood. De leur union naîtra un fils, James Curwood Junior. Il y retournera régulièrement pendant les dix-huit années suivantes. Il passe plus de six mois par an dans le Grand Nord où il vit dans une cabane et se nourrit des produits de sa chasse. Il publie son roman le plus connu, Kazan, en 1914, qui sera suivi par Bari, chien-loup en 1917. Il avait pour habitude d'écrire dans les bois ou dans des cabanes (qu'il a pour certaines construites lui-même), chez lui et dans son studio, une réplique d'un château normand qu'il appellera "Curwood Castle".

En 1927, alors qu'il est en Floride, Curwood est mordu à la cuisse, prétendument par une araignée. Une réaction allergique violente s'ensuivit et prit des proportions inquiétantes, au point qu'une infection se développa. Il mourut des suites de cette infection à l'âge de 49 ans, à sa maison de Williams Street à Owosso. Après son décès, sa femme Ethel déménagea en Californie. Il est enterré au cimetière de Oak Hill, à Owosso, auprès de sa famille. Son autobiographie inachevée parait sous le titre Le Fils des forêts.

Relation à la nature[modifier | modifier le code]

Grand chasseur dans sa jeunesse, Curwood devint plus tard un fervent défenseur de la conservation de la nature, militant pour la protection de l'environnement et la limitation de la chasse. Il fut ainsi nommé à la Commission de Conservation du Michigan en 1926. Il explique son changement d'attitude envers la vie sauvage dans la préface de son roman Le Grizzly : « C'est en quelque sorte avec une confession que j'offre au public ce second livre sur la nature- une confession, et un espoir; la confession de celui qui a pendant des années chassé et tué avant d'apprendre que la nature sauvage offre un sport plus excitant que le massacre-et l'espoir que ce que j'ai écrit puisse faire ressentir et comprendre à d'autres que le plus grand frisson de la chasse n'est pas dans l'acte de tuer, mais dans celui de laisser vivre. »

Œuvre[modifier | modifier le code]

Loin de la vision pessimiste que Jack London offre du Grand Nord, Curwood y voit une source de vie, de laquelle l'homme tire une puissance physique et morale qui en fait un être à part. Son primitivisme se traduit par des évocations lyriques de la nature sauvage, où le « détail vrai » le dispute à une volonté d'élever l'espace à une dimension mythique, une pensée proche de celles des écrivains Henry David Thoreau et Walt Whitman.

Il a publié une trentaine d'ouvrages qui ont connu un grand succès, notamment en France, et ont fait l'objet de nombreuses adaptations au cinéma (de son vivant, The Alaskan en 1924 et The Ancient Highway en 1925). À sa mort, il est l'auteur le mieux payé du monde par mot écrit. Près d'une centaine de films sont basés sur ses écrits.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]