Grizzli

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Grizzli

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Un couple de grizzlys

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Famille Ursidae
Sous-famille Ursinae
Genre Ursus
Espèce Ursus arctos

Sous-espèce

Ursus arctos horribilis
Ord, 1815

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après

Carnivora
Canada, Alaska

Le grizzli ou grizzly (Ursus arctos horribilis), est un mammifère omnivore de la famille des ursidés, considéré comme une sous-espèce de l'ours brun, commune au Nord des États-Unis et au Canada. À l'état sauvage il existe entre 30 000 et 45 000 individus.

Description[modifier | modifier le code]

Biométrie[modifier | modifier le code]

Deux grizzlis adultes se battant entre eux
Grizzli adulte se reposant
  • Un mâle a une taille d'environ 1,05 à 1,30 m au garrot et mesure entre 2 m et 2,50 m de long. Le grizzli est un animal de taille moyenne si on le compare aux autres sous-espèces de l'ours brun. Cependant, sa particularité est de pouvoir se maintenir sur ses deux membres postérieurs, position qui donne une force considérable à ses deux pattes avant, en plus de l'aspect imposant qu'elle lui confère puisqu'ainsi dressé, il atteint une hauteur moyenne de 2,7 m.
  • Sa masse varie de 190 à 350 kilogrammes pour le mâle et de 125 à 200 kilogrammes pour la femelle[1]. Son poids est assez faible comparé à certaines autres sous-espèces de l'ours brun, comme l'ours kodiak, qui peut atteindre un poids maximal de 850 kg, la moyenne étant inférieure à 500 kg.

Fourrure[modifier | modifier le code]

Son pelage présente un dégradé de blond, brun et noir ou un mélange des trois. L'extrémité des poils de son pelage a souvent une teinte grise ce qui lui vaut son nom (en anglais grizzle est une perruque de cheveux gris). Sa robe peut atteindre une épaisseur de 6 cm. Chaque année, les ours perdent leur ancienne fourrure d'hiver en se grattant ou se frottant contre un arbre. Le grizzli a une espérance de vie moyenne de 30 ans.

Performances physiques[modifier | modifier le code]

Les pattes avant et les épaules du grizzli sont particulièrement massives et puissantes et lui permettent de creuser et de courir très vite. Sa tête, massive et ronde, présente un profil concave. En dépit de son poids et de sa taille, le grizzli est capable d'atteindre plus de 66 km/h à la course[1]. Les grizzlis sont, de manière générale, moins bons grimpeurs que les ours noirs, notamment en raisons de leurs griffes plus longues et moins recourbées, mais de nombreux individus savent néanmoins grimper aux arbres pour dénicher du miel ou poursuivre une proie. Le grizzli est un excellent nageur. Il utilise ses griffes pour se battre, chercher sa nourriture et marquer son territoire sur le tronc des arbres[réf. souhaitée].

La vue du grizzli est considérée comme à peu près équivalente à celle d'un homme (800 mètres devant lui), tandis que son ouïe serait plus fine. En revanche, son odorat est développé à l'extrême. Il peut sentir une charogne à 30 km de distance[réf. souhaitée]. Le grizzli se dresse souvent sur ses pattes arrière à la fois pour mieux voir et pour mieux sentir un objet ou un animal qui l'intrigue. Cette posture lui permet également de se grandir lors d'un affrontement avec un congénère.

Les Amérindiens l'appellent aussi « frère des hommes » car lorsqu'il se lève sur ses deux pattes on dirait une espèce d'homme.

Différence avec les autres sous-espèces[modifier | modifier le code]

Le grizzli est souvent confondu avec les deux autres sous-espèces de l'ours brun, l'ours kodiak et le grizzli mexicain, mais ceux-ci sont génétiquement et physiquement éloignés[2].

Répartition[modifier | modifier le code]

Diminution de la répartition du grizzli au courant des périodes post-glaciaire, historique et actuelle.

Le grizzli était initialement présent en Asie, en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord. Il préfère les terrains semi ouverts, généralement dans les régions montagneuses.

Au Canada, on le trouve en Colombie-Britannique, en Alberta, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. Il fréquente également la péninsule du Kamtchatka en Russie. Aux États-Unis, il existe 1 100 à 1 200 grizzlis en dehors de l'Alaska répartis dans les États du Montana, de l'Idaho, du Wyoming et de Washington[3]. Depuis 2007, le grizzli n’est plus considéré comme une espèce menacée au Yellowstone. En 1975, la population de grizzlis était estimée entre 136 et 312 individus ; aujourd’hui, on en compte plus de 500[3].

Mais c'est en Alaska que l'espèce est la plus représentée : cet État de 1,5 million de km² abrite 98 % des grizzlis et 70 % de ceux répertoriés en Amérique du Nord[4]. Leur population est estimée entre 35 000 et 45 000 individus[5]. Les spécialistes ont recensé 3 000 individus de l'ours kodiak rien que dans l'archipel Kodiak[6]. Ils sont protégés dans les grands parcs nationaux d'Alaska : par exemple, dans le parc de Katmai, la chasse à l’ours est interdite depuis 1907. En dehors de ces réserves naturelles, elle est autorisée mais il est interdit de tuer les mères et leurs petits.

Biologie[modifier | modifier le code]

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Un grizzli mangeant un saumon

Le grizzli accumule 200 kg de graisse afin de traverser l'hiver dans un état de léthargie qui n'est toutefois pas une réelle hibernation. Le grizzli est omnivore, il se nourrit de plantes et de baies, de racines, de pousses et de fougères mais aussi de poissons, des palourdes, des insectes et de petits mammifères. Mais le grizzli est également non seulement un chasseur confirmé de grands animaux mais aussi un cleptoparasite très efficace. On l'a ainsi observé chasser des bœufs musqué adultes, des bisons, jeunes ou adultes, s'attaquer à des ours noirs et les tuer[7],[8]. Il n'hésite absolument pas à aller disputer aux loups leurs proies. D'une manière générale, les grands grizzli mâles adultes arrivent à dominer une meute complète de loups. Ainsi, dans le parc de Yellowstone on a observé un grizzli prendre le contrôle d'une carcasse où 14 loups se trouvaient. Dans un autre cas un ours a réussi à garder sa carcasse contre 24 loups[9],[10]. En juin, l'herbe est grasse et mille fleurs y éclosent. Le grizzli les connaît par cœur : il ne les broute pas comme une vache, mais cueille avec soin les pousses les plus succulentes. Il connaît même, disent certains, leurs vertus médicinales.

C'est un animal solitaire qui se réunit toutefois le long des torrents et rivières pendant la période où les saumons ainsi que les truites remontent le courant pour frayer. Vif comme l'éclair, il attrape les saumons à coups de patte.

Habitat et pseudo-hibernation[modifier | modifier le code]

En octobre, les pentes au nord se couvrent de blanc. Avant de gagner la tanière fermée par la neige où il dormira tout l'hiver, le grizzli gratte et peigne sa fourrure hivernale toute neuve qu'il perdra au printemps. Il se choisit une tanière protégée, une grotte, une crevasse ou un tronc creux pour passer les mois d'hiver à dormir. On a pu calculer qu'il passe environ la moitié de son existence en état de pseudo-hibernation. Contrairement à l'ours noir, le grizzli ne dort pas dans un profond sommeil: si on l'attaque il peut se réveiller et donc se défendre ce qui n'est pas le cas de la plupart des ours.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Un jeune grizzli

Le grizzli peut se reproduire dès l'âge de 4-6 ans. Le mâle dominant s’accouple avec plusieurs femelles à la fin du printemps. Chaque année, la femelle donne naissance de un à quatre petits qui ne sont pas plus gros que des rats à la naissance (un kilogramme). Les oursons naissent en janvier ou février dans l'obscurité de la tanière maternelle, la gestation durant environ 7 mois. Ils sont allaités par leur mère jusqu'à 18 mois. Les jumeaux sont fréquents. Les oursons quittent leur mère dans leur troisième ou quatrième année. Cependant, deux tiers des oursons meurent avant d'atteindre leur premier anniversaire. Certains mâles tuent les oursons des portées.

Hybridation[modifier | modifier le code]

Grolar au Rothschild Museum, Tring

Le grizzli peut s'hybrider avec l'ours polaire. Le résultat de cette hybridation est appelé grolar ou pizzly (ours polaire se disant polar bear en anglais).

Comportement[modifier | modifier le code]

Un grizzli dans le parc national de Yellowstone
Grizzli dans le parc national Denali, Alaska

Le grizzli n'est pas un animal territorial, au sens où il ne défend pas un territoire exclusif contre ses congénères. En général, les territoires des différents individus se chevauchent les uns les autres. Ces territoires peuvent être assez grands dans les zones modérément riches en nourriture, ou très réduits dans certaines zones riches en saumon sauvage du Nord-Ouest de l'Amérique du Nord[11]. Dans ces dernières on peut rencontrer un grand nombre de grizzlis, plus aisés à approcher qu'ailleurs en raison d'une sensibilité moindre du fait du contact permanent avec leurs congénères. En effet, s'il ne défend pas de territoire, le grizzli défend un « espace personnel » qui peut aller d'une cinquantaine de mètres dans les régions où il vit solitaire à beaucoup moins dans les régions de forte concentration. Cela signifie que si un congénère, ou un homme, pénètre dans cette zone, il déclenchera soit une fuite, soit une attaque. La plupart des attaques contre les hommes en Amérique du Nord sont dues à une irruption dans l'espace personnel de l'ours, trop rapide ou dans des conditions telles (absence de visibilité due à la végétation par exemple) que l'ours n'a pas eu le temps de s'éloigner. La présence d'oursons que la mère protège, ou d'une carcasse d'animal dont l'ours était en train de se nourrir, augmentent également la sensibilité de l'ours à une approche humaine et accroissent la probabilité que l'ours choisisse l'attaque plutôt que la fuite. Une telle attaque, dite défensive, se limite souvent à une charge interrompue juste avant le contact avec l'homme. Elle peut cependant, dans certains cas, aller jusqu'au contact et à des blessures graves ou mortelles pour la victime (environ 3 morts par an dans toute l'Amérique du Nord). Il arrive enfin que le grizzli ait, mais dans des cas extrêmement rares, un comportement de prédation envers un homme.

On ignore encore beaucoup du comportement et des mœurs du grizzli, la majorité des observations étant faites dans des endroits à forte concentration d'ours où leur comportement est sans doute très différent de celui des ours plus solitaires. Cette méconnaissance explique en partie, avec la complexité inhérente au comportement animal, la réputation du grizzli d'être imprévisible.

Empreinte[modifier | modifier le code]

L'empreinte du grizzli se reconnaît à son coussin de forme ovale avec 5 orteils au sommet de l'empreinte de la patte arrière. La patte avant présente un coussin plus petit. L'empreinte s'accompagne généralement de traces de griffes qui sont deux fois plus longues que les empreintes des orteils.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tracey Rich, « Alaska, au royaume du grizzli », 2005, p. 66
  2. (en) Shadowofthebear.com
  3. a et b (en) « Yellowstone Grizzlies Removed from Endangered Species List », ScienceDaily,‎ 23-03-2007 (consulté le 22-08-2007)
  4. Tracey Rich, « Alaska, au royaume du grizzli », 2005, p. 65
  5. « Alaska Nature, sur la piste des pionniers », dans Géo, n° 330, août 2006, p. 50
  6. « Alaska Nature, sur la piste des pionniers », dans Géo, n° 330, août 2006, p. 50 ; Tracey Rich, « Alaska, au royaume du grizzli », 2005, p. 66
  7. PREDATION AND MULTIPLE KILLS OF MUSKOXEN BY GRIZZLY BEARS, Alaska Departmento of Fish and Game, 2002.
  8. GRIZZLY BEAR PREDATION ON A BULL BISON IN YELLOWSTONEN NATIONAL PARK,TRAVISW WYMAN Bear Management Office, Yellowstone National ParK,2002.
  9. Yellowstone atfer wolves, DOUGLAS W. SMITH, ROLF O. PETERSON, AND DOUGLAS B. HOUSTON, 2003.
  10. PROBABLE GRIZZLY BEAR PREDATION ON AN AMERICAN BLACK BEAR IN YELLOWSTONE NATIONAL PARK, KERRY A. GUNTHER, Bear Management Office, Yellowstone National Park, 2002.
  11. David Smith, Back Country Bear Basics: The Definitive Guide to Avoiding Unpleasant Encounters.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Tracey Rich, « Alaska, au royaume du grizzli » dans Terre Sauvage no 207, juillet 2005, p. 62-75
  • (fr) "À la découverte du monde sauvage" (C)International Masters Publishers BV/IMP Sarl.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Liens de références[modifier | modifier le code]