Leonard Peltier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Peltier.

Leonard Peltier

Description de cette image, également commentée ci-après

Panneau réclamant la libération de Leonard Peltier à Détroit (Michigan).

Naissance (69 ans)
Grand Forks, Dakota du Nord
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Activité principale Activiste amérindien

Compléments

Sculpture de protestation à Liverpool.

Leonard Peltier est un militant amérindien (Native American) anishinaabe/lakota, né le 12 septembre 1944, incarcéré depuis 1976 et condamné à deux peines à perpétuité. Il est membre de l'American Indian Movement.

L'organisation Amnesty International le considère comme un prisonnier politique, qui « devrait être libéré immédiatement et sans condition ».

L'affaire[modifier | modifier le code]

Le 25 juin 1975, Jack R. Coler et Ronald A. Williams, des agents spéciaux du FBI recherchant pour interrogatoire un jeune homme à la suite de l'attaque de deux ranchs sont tués dans une fusillade dans la réserve indienne de Pine Ridge dans le Dakota du Sud.

On retrouve les empreintes de Leonard Peltier sur les affaires des agents tués et le 22 décembre 1975, il devient la 335e personne à être inscrite sur la liste des dix fugitifs les plus recherchés du FBI.

La Gendarmerie royale du Canada l'arrête à Hinton en Alberta le 6 février 1976.

Leonard Peltier a été inculpé de l'assassinat de ces deux agents du FBI puis condamné à deux peines consécutives de prison à perpétuité le 2 juin 1977 à Fargo (Dakota du Nord). Il est incarcéré au pénitencier fédéral de Lewisburg, Pennsylvanie. Il n'a pas bénéficié de la révision de son procès.

Toutefois, ses partisans disent que :

  • son arrestation et son extradition du Canada auraient été obtenues sur la présentation de dépositions, obtenues par le FBI, de Myrtle Poor Bear, une jeune femme indienne dont le témoignage sera écarté par le juge sur la base d'instabilité mentale au moment du procès de Peltier ;
  • ses avocats se sont vu imposer des restrictions dans leur argumentation et n'ont pas été autorisés à présenter des témoins lors de son procès.

Les recours[modifier | modifier le code]

« Arrêtez la terreur à Pine Ridge ! » Article du nº 2 d'Osawatomie (printemps 1975), journal clandestin du Weather Underground, consacré à la répression de l'American Indian Movement dans la réserve amérindienne. La même année, Peltier y fut arrêté et incarcéré, accusé du meurtre de deux agents du FBI. L'article, lui, affirme que depuis le , deux ans après la révolte de Wounded Knee, sept membres ou sympathisants de l'AIM, dont deux femmes et un enfant, ont été assassinés.

Les avocats de Peltier ont déposé une nouvelle plainte dans le cadre de la Loi sur la Liberté de l’Information, pour obtenir la déclassification de plus de 170 000 pages sur cette affaire, qui sont toujours classées par le FBI et la CIA pour des raisons de « sécurité nationale ». Le but de cette action étant d’obtenir de nouvelles preuves, ce qui permettrait de ramener le cas Peltier devant différentes cours de justice. Le FBI a remis en juillet 2002 plus de 30 000 pages à la défense permettant à l'équipe légale de Peltier de travailler sur un appel devant une cour fédérale. Mais jusqu'à présent, le FBI retient toujours plus de 140 000 pages.

La dernière action en justice a été déposée, en avril 2002, dans le cadre du droit civil américain. Leonard Peltier et ses avocats ont décidé d’attaquer le FBI pour son rôle dans cette affaire depuis 1975.

Depuis près de 30 ans, plusieurs personnalités à travers le monde (Nelson Mandela, Rigoberta Menchú, Chef Arvol Looking Horse, Mgr Desmond Tutu, Rockin' Squat, Médine, Pyroman, les groupes Rage Against the Machine, Tagada Jones, Les Ramoneurs de menhirs ou encore le chanteur Renaud), le poète Français Serge PEY, ainsi que des millions d'anonymes, réclament la libération de Leonard Peltier.

Vivienne Westwood milite activement pour sa libération à travers chaque collection sur les supports médias remis à la presse, au public de l'industrie textile et plus visiblement au cœur de ses créations. Pour la créatrice de mode, « Leonard Peltier is innocent » un slogan que l'on retrouve imprimé au fusain sur des rubans, robes, accessoires sur l'ensemble de ses créations ; c'est la seule créatrice connue à ce jour qui canalise clairement son engagement personnel pour Leonard Peltier.

Lors de sa réélection, Bill Clinton avait assuré qu'il « n'oublierait pas Leonard Peltier » sans avoir donné à Leonard Peltier la clémence présidentielle.

Durant la première quinzaine de janvier 2009, le site américain Change.org qui promeut l'élaboration d'une liste de mesures d'urgence à soumettre au Président élu Obama classe en 12e position sa libération immédiate[1].

Le jeudi 8 janvier 2009, Leonard Peltier est informé de son transfert[2] du pénitencier de Leavenworth au Kansas pour la prison de Lewisburg située en Pennsylvanie et ce dès lundi 12 janvier 2009. Dans la même missive, il lui est accordé le droit de solliciter une libération conditionnelle en février 2009. Peu de jours après son arrivée au Canaan Federal Penitentiary, [3] Leonard Peltier a été pris à partie par des prisonniers et est sévèrement blessé. Ne voulant pas dénoncer ses agresseurs, il n'est pas considéré comme victime par le système pénitentiaire, et est donc placé en confinement avec un seul repas par jour. Ses jours seraient en danger selon son site officiel, qui rappelle que Leonard Peltier est diabétique, et qu'un tel traitement met en jeu sa santé.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Le futur appartient au créateur seulement et c'est le créateur qui le donne à la jeunesse. »
  • « Mon crime est d'être indien. Quel est le vôtre ? »

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Ya'at'eeh, chanson, Les Ramoneurs de menhirs (2010) dans l'album Amzer an dispac'h.
  • Leonard Peltier, chanson de Little Steven (Steven Van Zandt) sur l'album Revolution (1989).
  • Freedom, chanson du groupe Américain Rage Against the Machine dans l'album portant le nom du groupe.
  • Leonard's song, chanson écrite et chantée par Renaud, musique d'Alain Lanty sur l'album Rouge Sang édition limitée.
  • Leonard Peltier Free!, chanson du chanteur basque Fermin Muguruza sur l'album In-komunikazioa (2002).
  • La créatrice de mode anglaise Vivienne Westwood a également apposé le slogan « Leonard Peltier is innocent » à certaines de ses campagnes de publicité magazine, ainsi que sur des vêtements haute couture présentés pendant ses shows à Paris.
  • Le créateur de mode Christian Lacroix publie le slogan « Leonard Peltier est innocent » dans les livrets/programmes de ses shows pendant les Semaines de la Mode à Paris.
  • Le groupe de musique Indiannation a nommé une de ses chansons L. Peltier Freedom Now dans l'album Red power (1994).
  • Trop de choses à dire de Rockin' Squat et Taïro (2000) sur l'album Touche d'Espoir ainsi que Free Them All sur l'album Confession d'un enfant du siècle Vol.1 font référence a Leonard Peltier. En fait, le nom de Leonard Peltier est assez récurent dans les titres de Rockin' Squat où il y revendique sa libération.
  • Left for Dead, texte du poète shawnee Barney Bush dédié à Leonard Peltier mis en musique par Tony Hymas figure dans le disque éponyme (1994 - réédité en 2005) produit par Jean Rochard. Il existe deux autres versions de Left for Dead dans les deux éditions de Remake of the American Dream de Tony Hymas et Barney Bush.
  • Le groupe de musique punk Tagada Jones, album Virus, 1999, Léonard.p.
  • Le rappeur engagé Médine fait référence à Leonard Peltier dans le titre Self Defense issu de l'album Arabian Panther.
  • Mósa Wòsa, roman de science-fiction de Nathalie Le Gendre, est dédié à Leonard Peltier.
  • Leonard Peltier in a Cage, piste nº 14 de l'album Tricks of the Shade du groupe de rap américain The Goats, contient un dialogue fictif entre Leonard Peltier et le personnage héros de l'album.
  • L'écrivain Serge Pey lui rend hommage dans Lettre à Barack Obama dans le langage des indiens des plaines pour la libération de Léonard Peltier (éditions Gruppen), Ne sois pas un poète sois un corbeau (édition Dernier Télégramme), et Un jour de plus pour Leonard Peltier (AHUC, éditions Flammarion).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Écrits de Prison de Leonard Peltier, a été traduit en français. Il est publié aux Éditions Albin Michel qui ont pris l'engagement de reverser tous les bénéfices des ventes de l'ouvrage au comité de défense de Leonard (Kansas, USA) afin de soutenir la campagne pour sa libération.
  • In the Spirit of Crazy Horse de Peter Matthiessen, (1991), New York, éd. Viking Penguin (existe en anglais uniquement).
  • The Trial of Leonard Peltier de Jim Messerschmidt (1983), Boston, éd. South End Press.
  • Agents of Repression de Ward Churchill et Jim Vander Wall (1990), Boston, éd. South End Press.
  • Incident à Oglala, documentaire sur le cas Peltier, réalisé par Michael Apted et Robert Redford (1992) - vidéo.
  • L’esprit de Crazy Horse, documentaire sur la lutte des Lakota, la création de l’AIM et l’affaire Peltier, réalisé par Michel Dubois et Michael McKiernan (1990) - vidéo.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Précédé par Leonard Peltier Suivi par
Marsha Feinland
Great Seal of the United States (obverse).svg
Candidat du Parti Paix et Liberté à la présidence des États-Unis
2004
2008