Magister officiorum

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Les insignes d'un magister officiorum de l'empire d'Orient, visibles dans la Notitia Dignitatum: le titre de l'office sur un présentoir, des boucliers avec les emblèmes des unités des scholæ palatinæ, et un assortiment d'armes et d'armures attestant la supervision des arsenaux impériaux.

Le magister officiorum ou maître des offices est un haut fonctionnaire romain de l’époque du Bas-Empire.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Créé sous Constantin Ier vers 320, ce fonctionnaire est à un poste clé et est membre du consistoire sacré, ou conseil de l’empereur et dirige la majeure partie de l’administration centrale[1].

Il remplace le préfet du prétoire comme commandant de la nouvelle garde impériale, les scholæ palatinæ et à la direction des fabriques d’armes[2].

Il contrôle l’ensemble de l’administration impériale par l’intermédiaire du corps des agentes in rebus, chargés de mission qui acheminent les courriers et les ordres officiels, et qui enquêtent dans les provinces, surveillant les gouverneurs locaux, au point qu’on les surnomme les curiosi[1],[2]. Enfin, il reçoit les ambassadeurs, et par extension, surveille les réceptions et les cérémonies officielles à la Cour, et a une autorité disciplinaire sur le personnel du cubiculum, domesticité personnelle de l’empereur[1],[2].

Cette fonction persiste dans l’administration de l'empire romain d'Orient, mais ses attributions principales sont reprises sous Héraclius par le logothète du drome[3]. Elle subsiste aussi après la fin de l'empire romain d'Occident, en Italie où Théodoric le Grand conserve les titres, avec par exemple Cassiodore, magister militium de 523 à 527[4].

Pierre le Patrice, qui occupa le poste sous Justinien pendant vingt-six ans (539-565), en avait écrit une histoire depuis Constantin jusqu'à son époque, dont des extraits sont conservés dans le De ceremoniis de Constantin Porphyrogénète (I, 84-95).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, 1974, (ISBN 2020026775), p.  586
  2. a, b et c Roger Remondon, La crise de l’Empire romain, PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes, Paris, 1964, 2e édition 1970, p. 138
  3. Georges Ostrogorsky, traduction française de J. Gouillard, Histoire de l’état byzantin, Payot, 1977, (ISBN 2228070610), p 128
  4. Lucien Musset, Les invasions, les vagues germaniques, PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes, Paris, 1965, 2e édition 1969, p 96-97

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Albert Failler, Manfred Clauss (de), Der magister officiorum in der Spätantike (4.-6. Jahrhundert). Das Amt und sein Einfluss auf die kaiserliche Politik, Beck, Munich 1980, (ISBN 3406048021) (présentation de l'ouvrage dans la Revue des études byzantines, 1982, vol. 40, n° 1, p. 249 [1])