Trabzon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Trébizonde)
Aller à : navigation, rechercher
Trébizonde
Trabzon
Image illustrative de l'article Trabzon
Administration
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région Région de la mer Noire
Province Trabzon
District Trabzon
Maire
Mandat
Orhan Fevzi Gümrükçüoğlu, AKP
2009
Préfet Recep Kızılcık
2009
Indicatif téléphonique international +(90)
Plaque minéralogique 61
Démographie
Population 243 735 hab. (2012)
Population de l'agglomération 312 060 hab. (2012)
Densité 1 652 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 00′ 00″ N 39° 44′ 00″ E / 41, 39.73333341° 00′ 00″ Nord 39° 44′ 00″ Est / 41, 39.733333  
Altitude 0 200 m
Superficie de l'agglomération 18 885 ha = 188,85 km2
Localisation
Districts de la province de Trabzon
Districts de la province de Trabzon

Géolocalisation sur la carte : Turquie

Voir la carte administrative de Turquie
City locator 13.svg
Trébizonde

Géolocalisation sur la carte : Turquie

Voir la carte topographique de Turquie
City locator 13.svg
Trébizonde
Liens
Site de la mairie http://www.trabzon.bel.tr
Site de la province http://www.trabzon.gov.tr
Sources
« Index Mundi/Turquie »

Trabzon (en laze : თამთრა Ťamťra), en français Trébizonde (nom dérivé du grec Τραπεζούντα, Trapezounta ; la forme antique plus courante est Τραπεζους, Trapezous, de trapeza, « la table », rappelant la forme de la montagne qui surplombe la ville), est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située au bord de la mer Noire, dans la région du Pont. En 2012, la ville et le district comptaient respectivement 243 735 et 312 060 habitants[1].

Depuis sa fondation par des colons grecs autour du VIIe siècle av. J.-C., Trébizonde a souvent constitué un des centres commerciaux et politiques majeurs de la côte sud de la mer Noire. Au Moyen Âge, elle fut une étape de la Route de la Soie ; Marco Polo y passa à son retour de Chine, alors que la ville était capitale de l'Empire de Trébizonde, qui fit sécession de l'Empire byzantin en 1204 et lui survécut quelques années. Le sultan ottoman Mehmed II s'en empara en 1461.

Rabaissée depuis au rang de capitale provinciale, Trébizonde conserva son caractère ethnique et religieux divers, et ses nombreuses colonies de marchands, jusqu'au début du XXe siècle et aux deux génocides (grec pontique et arménien) de la fin de l'Empire ottoman qui éradiqua le christianisme majoritaire jusque-là. Son port demeure important dans l'économie turque, essentiellement comme plaque tournante du commerce entre le Moyen-Orient (notamment l'Iran), le Caucase, et les autres pays riverains de la mer Noire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Trébizonde (en grec Τραπεζοῦς, littéralement Trapezous) a probablement été fondée vers -700 par des colons originaires de Milet ou de Sinope. La cité n'était alors que l'un des nombreux comptoirs fondés par les Milésiens sur les côtes de la mer Noire, comme Sinope. Comme beaucoup de colonies grecques, la cité n'était qu'une petite enclave hellénique.

C'est aux environs de cette ville que Xénophon et ses Dix Mille aperçoivent la mer pour la première fois suite à leur retraite de l'empire perse.

La ville passa au main du roi du Pont Mithridate VI Eupator (-132,-63) et devint le port d'attache de la flotte pontique.

Lorsque le royaume fut annexé à la province romaine de Galatie en 64-65, la flotte devint la Classis Pontica. Trébizonde gagna en importance sous la domination romaine au Ier siècle grâce à sa position sur les routes conduisant à travers la passe de Zigana à la frontière arménienne ou dans la haute vallée de l'Euphrate. De nouvelles routes furent construites de la Perse et de Mésopotamie sous le règne de Vespasien, et Hadrien ordonna des modifications visant à doter la cité d'un port mieux structuré.

La cité fut pillée par les Goths en 258 et, malgré sa reconstruction, ne retrouva toute son importance qu'à l'époque byzantine.

Époque byzantine[modifier | modifier le code]

Entre le VIIIe siècle et le Xe siècle, la route commerciale que commandait Trébizonde reprit de l'importance : les auteurs musulmans du Xe siècle notent que la ville était fréquentée par les marchands musulmans, étant le principal point de transbordement de la soie byzantine destinée aux territoires musulmans plus à l'est[2]

La ville était alors la capitale du thème de Chaldée. Suite à la défaite de Mantzikert en 1071, Trébizonde fut prise par la dynastie turque des Danichmendides qui la gouvernèrent brièvement entre 1080 et 1098. Reprise par les Byzantins, Constantin Gabras la gouverna de manière plus ou moins indépendante entre 1126 et 1140 et Nicétas Choniatès le qualifie de "tyran de Trébizonde"[3]. En 1140, Jean II Comnène (1118-1143) vint en Chaldée à la tête de l'armée byzantine pour mener campagne contre les Danichmendides, replaçant par la même occasion la région sous son autorité directe.

Après la prise de Constantinople par les Croisés en 1204, Alexis Comnène s'enfuit avec la famille impériale à Trébizonde et fonde une dynastie de princes qui règne pendant plus de deux siècles sur la ville et sa région. Trébizonde devient alors la capitale de l’Empire de Trébizonde.

Article détaillé : Empire de Trébizonde.

En 1461, David II Comnène, dernier empereur de Trébizonde, livra la ville à Mehmet II.

Époque ottomane[modifier | modifier le code]

La ville connut désormais la domination des Ottomans et vit naître le sultan Soliman le Magnifique.

La fin de l'Empire et des communautés chrétiennes[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début de la Première Guerre mondiale, la ville est très majoritairement habitée par les Grecs. Entre 1894 et 1896, une partie des 30 000 Arméniens de la ville fut décimée durant les massacres hamidiens[4].

Au début du XXe siècle, la majorité des populations chrétiennes de la ville ont été déportées ou exterminées par le gouvernement Jeunes-Turcs. En 1915, débute sous ordre du ministre de l'Intérieur turc Talaat Pacha la politique d'extermination des Arméniens de l'Empire ottoman. Le génocide arménien fera plus d'un million de morts dans toute la Turquie et environ 10000 morts dans la ville de Trébizonde. Les maisons des chrétiens ont été ensuite saisies et vidées de leurs meubles, puis occupées par des familles musulmanes. Enfin, l'église Sainte-Sophie a été transformée en mosquée.

À la même époque, Enver Pacha, alors ministre de la défense, veut « résoudre le problème grec… de la même façon qu’il pensait avoir résolu le problème arménien[5] ». Entre 1916 et 1923, le génocide des Grecs du Pont fera entre 350 000 et 360 000 morts. Les survivants se réfugieront en Russie impériale et les rares Grecs restés sur place seront expulsés vers la Grèce suite à la signature du traité de Lausanne.

Trabzon au sein de la République de Turquie[modifier | modifier le code]

La ville est connue pour être un berceau d'idées politiques ultra-nationalistes turques[6]. Le prêtre catholique italien Andrea Santoro y a été assassiné le 5 février 2006. La famille d'Ogün Samast, assassin en janvier 2007 du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, est originaire de Trabzon[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La ville est située sur la rive sud-est de la mer Noire au pied des Alpes pontiques, dans la province homonyme. Le district a une superficie de 188,85 km2[7].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de transition entre le climat océanique et le climat subtropical humide de la ville est typique de celui qui règne sur les côtes méridionales et orientales de la mer Noire. Les précipitations sont abondantes tout au long de l'année, notamment au printemps et à l'automne. Les températures maximales moyennes sont de 26,4 °C en août et de 10,7 °C en janvier et février. Les chutes de neige sont fréquentes en hiver, mais l'enneigement est limité par des températures généralement douces. La température de la mer varie quant à elle entre 8 °C et 20 °C.

Relevé météorologique de Trabzon, Drapeau de la Turquie Turquie
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4,6 4,3 5,2 8,6 12,8 16,9 19,8 20,2 17,2 13,6 9,9 6,6 11,6
Température moyenne (°C) 7,7 7,5 8,5 12 16 20 22,8 23,3 20,4 16,8 13,1 9,8 14,8
Température maximale moyenne (°C) 10,7 10,7 11,8 15,4 19,1 23,1 25,8 26,4 23,6 20 16,4 12,9 18
Précipitations (mm) 80,4 66,9 58,7 57,2 52 51,7 36,9 47 79,1 110,3 98,1 84,3 822,6
Source : Organisation météorologique mondiale (ONU)[8] Service météorologique d'état de la Turquie (DMI)[9]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la ville et le district comptaient respectivement 243 735 et 312 060 habitants[1].

Évolution démographique de la ville
1990 2000 2012
161 886 [10] 214 949 [10] 243 735 [1]


Évolution démographique du district
1990 2000 2012
216 605 [10] 283 233 [10] 312 060 [1]


Monuments historiques et touristiques[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Cuisine[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, la cuisine de Trabzon repose surtout sur le poisson, notamment le hamsi, une espèce d'anchois pêchée dans la mer Noire au large de la ville. Les pêcheries de Trabzon représentent 20 % de la production turque de poissons. Parmi les plats régionaux typiques, on peut citer l'Akçaabat köfte (des boulettes d'agneau épicées), le Karadeniz pidesi (une pita en forme de canoë, farcie avec du bœuf, du fromage ou des œufs), le pastırma (pastrami) ou encore le kara lahana çorbası (une soupe au chou noir et aux haricots). Trabzon est aussi réputé en Turquie pour ses noisettes. La Région de la mer Noire, dont Trabzon est une des villes principales, est le premier producteur mondial de cerises et de noisettes, et une région majeure de culture du thé : ces produits jouent par conséquent un rôle important dans la cuisine locale.

Sport[modifier | modifier le code]

Le sport le plus populaire à Trabzon est de loin le football. Le club local, Trabzonspor, fondé en 1967, est le seul club à avoir remporté le Championnat de Turquie de football (à six reprises) avec Bursaspor (une fois) en tant que clubs d'Anatolie qui contre les clubs d'Istanbul (Fenerbahçe, Galatasaray et Beşiktaş).

Trabzon a accueilli en 2007 la première édition des Jeux de la mer Noire, et sera en 2011 la ville hôte des épreuves estivales du Festival olympique de la jeunesse européenne.

Personnalités nées à Trabzon[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Trabzon.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Un rond-point de Trabzon

La municipalité de Trabzon est jumelée avec[11] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « Population of province/district centers and towns/villages by districts - 2012: Trabzon », sur Turkish Statistical Institute (consulté le 22 août 2013).
  2. R.B. Serjeant, Islamic Textiles: material for a history up to the Mongol conquest, 1972, pp 63, 213, relevé par David Jacoby, "Silk Economics and Cross-Cultural Artistic Interaction: Byzantium, the Muslim World, and the Christian West", Dumbarton Oaks Papers 58 (2004:197-240) p. 219 note 112
  3. J. Harry, City of Byzantium: Annals of Niketas Choniates, Wayne State University Press, Détroit, 1984, ISBN 0-8143-1764-2
  4. Hundreds killed at Trebizond; Soldiers joined the mob in looting and in firing on Armenians, New York Times, 18 octobre 1895
  5. Ferguson, Niall. The War of the World: Twentieth-Century Conflict and the Descent of the West. New York: Penguin Press, 2006, (ISBN 1-5942-0100-5) p. 180.
  6. a et b Turkey's nationalist hotbed 1er mars 2007, reportage de Sarah Rainsford, correspondante à la BBC.
  7. (en) « Regional Statistics », sur Turkish Statistical Institute (consulté le 22 août 2013).
  8. (en) « Climatological Information of Trabzon (Information climatologique de Trabzon) »
  9. (tr) (en) « Yıllık Toplam Yağış Verileri – Trabzon (Les données des précipitations annuelles totales de Trabzon) »
  10. a, b, c et d (en) « The Characteristics Of The Population By Provinces, 2000 Population Census: City and Village Population, Annual Growth Rate of Population, Surface Area and Population Density by Districts », sur Turkish Statistical Institute (consulté le 22 août 2013).
  11. Sister Cities

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]