Tomi Ungerer

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Tomi Ungerer

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Tomi Ungerer à Strasbourg en mars 2014.

Nom de naissance Jean-Thomas Ungerer
Naissance 28 novembre 1931 (82 ans)
Strasbourg Drapeau de la France France
Activités Dessinateur
Formation École des arts décoratifs de Strasbourg
Récompenses Prix Hans Christian Andersen

Tomi Ungerer, né Jean-Thomas Ungerer, le 28 novembre 1931 à Strasbourg en Alsace, est un dessinateur et auteur français.

Considéré comme l'un des plus brillants dessinateurs de sa génération, il mène depuis 1957 une carrière internationale dans de nombreux domaines de l'art graphique. Ses livres pour enfants Les Trois Brigands et Jean de la Lune ont fait le tour du monde, son affiche contre la ségrégation raciale Black Power/White Power est devenue une icône. L'artiste est avant tout un fin observateur de la société de son temps et en a livré une satire virulente dans l'esprit de Daumier et de Grosz. Créateur multiforme, il s'est également intéressé à la sculpture et a écrit de nombreux textes, dont certains sont autobiographiques[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Tomi Ungerer est le fils de Théodore Ungerer et d’Alice Essler.

Son arrière-grand-père Auguste Théodore, son grand-père Alfred (1861-1933) et son père Théodore travaillent dans l’horlogerie et l’entreprise d’horlogerie Ungerer qui a été active de 1858 à 1989.

Son père décède alors que Tomi est âgé de moins de quatre ans. Ce dernier était ingénieur, fabricant d’horloges astronomiques, artiste et historien ; Tomi lui rend hommage dans De père en fils (2002) : « J’ai eu le sentiment qu'il m'avait transmis tous ses talents en mourant »[2]. La famille part s’installer à Wintzenheim, dans le quartier du Logelbach au 12 rue Haussmann – une plaque signalant le lieu où il habitait a été posée le 19 février 2005 –, dont les paysages calmes et romantiques inspireront l’auteur. C’est en Alsace que son œuvre puise ses racines, malgré son tempérament de globe-trotter.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Alsace est annexée par l’Allemagne. La maison et l’usine familiale sont réquisitionnées par les Allemands et comme tous les Alsaciens, Tomi Ungerer subit un endoctrinement nazi via l’école qu’il fréquente et qui est soumise à la germanisation.

À la fin de la guerre, Tomi est à nouveau français mais il aura beaucoup de mal à s’adapter à cette nouvelle situation et se fait renvoyer de l’école, où on lui interdit de parler alsacien.

En 1946, il explore la France à vélo.

En 1951, après son échec au baccalauréat, il voyage par des moyens de fortune jusqu’en Laponie et au Cap Nord.

En 1952, Tomi Ungerer s’engage dans le corps des méharistes en Algérie. Il est réformé en 1953.

Il s’inscrit alors aux Arts décoratifs mais est renvoyé pour indiscipline. Il travaille alors comme étalagiste et publicitaire pour des petites entreprises.

Entre 1954 et 1955, il effectue de nombreux voyages dans toute l’Europe, toujours par des moyens de fortune (en auto-stop ou en s’engageant comme marin sur des cargos), notamment en Islande, en Norvège, en Grèce et en Yougoslavie.

Tomi Ungerer part pour New York en 1956. Il débarque avec un carton de dessins et 60 $ en poche, et c’est le succès immédiat : il travaille pour les journaux et magazines les plus prestigieux (New-York Times, Life etc.)[2]. Sa rencontre avec Ursula Nordström des éditions Harper & Row lui permet de publier quatre-vingt livres pour enfants en dix ans. Ce sont ses activités de publicitaire et notamment d’affichiste qui lui apportent la notoriété : ses affiches contre la guerre du Viêt Nam sont très connues. Il est également connu comme un important satiriste et dessinateur humoristique (pour adultes).

Il s’installe en 1971 en Nouvelle-Écosse, au Canada puis en Irlande, pays d’où est originaire sa femme, et où il vit encore[3].

En 1975, il fait une première donation de son œuvre et de sa collection de jouets à la ville de Strasbourg qui sera suivie de plusieurs autres.

Depuis les années 1980, il s’investit énormément pour l’amélioration des relations franco-allemandes et dans la préservation de l’identité, du particularisme et du bilinguisme en Alsace.

En 1988, pour le bimillénaire de Strasbourg, il réalise un monument, « l’Aqueduc de Janus » situé à l’arrière de l’Opéra national du Rhin.

Tomi Ungerer est membre du comité de patronage du think tank strasbourgeois Forum Carolus[4] créé et dirigé par Henri de Grossouvre, car pour lui, comme il aime à le répéter, « pour la première fois depuis des siècles, Strasbourg et l’Alsace sont au bon endroit au bon moment ».

Il obtient en 1998 le Prix Hans Christian Andersen, mention illustrateur, la plus haute distinction pour un auteur de livres d'enfants.

Les principaux thèmes qu’il a abordés dans sa carrière sont la littérature d'enfance et de jeunesse, la publicité, les alsatiques et l’érotisme.

Son œuvre est riche de 30 000 à 40 000 dessins.

Le Musée Tomi Ungerer[modifier | modifier le code]

Le musée Tomi Ungerer à Strasbourg.

Le musée Tomi Ungerer–Centre international de l'Illustration est situé à la Villa Greiner, avenue de la Marseillaise à Strasbourg.

Ce musée conserve la collection Tomi Ungerer, qui provient de plusieurs donations effectuées par l’artiste à sa ville natale depuis 1975 et qui comprend onze mille dessins originaux, des estampes, un fonds documentaire, une bibliothèque. Six mille cinq cents jouets et jeux provenant de la collection personnelle de Tomi Ungerer font également partie de la collection du musée.

Il a ouvert ses portes en novembre 2007 et présente le fonds au rythme de trois accrochages par an.

Article détaillé : Musée Tomi Ungerer.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1957
    • Les Mellops font de l'avion (The Mellops Go Flying)
    • Les Mellops spéléologues (The Mellops Go Diving for Treasure)
    • The Brave Coward
  • 1958
    • Les Mellops trouvent du pétrole (The Mellops Strike Oil)
    • Crictor (id.)
    • Agee on Film
  • 1959
    • Adélaïde (Adelaide)
    • Seeds and More Seeds
  • 1960
    • Les Mellops fêtent Noël (Christmas Eve at the Mellops)
    • Émile (Emile)
    • Horrible, an Account of the Sad Achievements of Progress
    • Inside Marriage
    • Cartoon 60
    • Twelve WHK Characters
    • America für Anfänger
  • 1962
    • Snail, Where Are You?
    • Der Herzinfarkt
    • Fredou
    • The Monocle Peep Show
    • Cartoon 62
    • Esquire's Book of Gambling
    • Illustrations pour :
      • Comfortable Words de Bergen Evans
      • Riddle dee dee de Bennett Cerf
  • 1963
    • The Mellops Go Spelunking
    • Come Into My Parlor (coauteur avec Miriam Ungerer)
    • Illustrations pour :
      • Frances Face-Maker de William Cole
      • A Book of Various Owls de John Hollendaer
      • Wer Zeichnet wie
      • Die Spottdrossel d'Ambrose Bierce
      • Esquire's All About Women de William Cole
      • A Cat-hater's Handbook or The Ailurophobe's Delight de William Cole
      • The Girl We Leave Behind de Jerome Beatty
      • A Television Notebook pour CBS Television Network
  • 1964
    • One, Two, Where's My Shoe
    • Les Carnets secrets de Tomi Ungerer (The Underground Sketchbook)
    • Illustrations pour :
      • The Clambake Mutiny de Jerome Beatty
      • Flat Stanley de Jeff Brown
      • Beastly Boys and Ghastly Girls, poèmes sélectionnés par William Cole
      • Games Anyone de Robert Thomsen
      • Dear N.A.S.A., please send me a rocket de Tait Trussell et Paul Hencke
      • Erlesene Verbrechen und Makellose Morde d'Henry Slesar
  • 1965
    • Graphis n° 120 vol. 21 de Manuel Gasser (16 pages consacrées à Tomi Ungerer)
    • Illustrations pour :
      • Selections from French Poetry de Kenneth F. Canfried
  • 1966
    • Orlando (Orlando the Brave Vulture)
    • Jean de la Lune (Der Mondmann)
    • Nicht Wahr?
    • Ungerer Meets the Maharadjah
    • The Party
    • Illustrations pour :
      • Mr. Tall & Mr. Small de Barbara Brenner
      • Oh, What Nonsense!, poèmes sélectionnés par William Cole
      • Les Trois Bouteilles de Warwick (Warwick's 3 Bottles) d'Andre Hodeir
      • The Too Hot to Cook Book de Miriam Ungerer
      • Guillaume l'apprenti sorcier (The Sorcerer's Apprentice) de Barbara Hazen et Adolphe Chagot
  • 1967
    • Basil Ratzki. Eine Fabel
    • Le Géant de Zéralda (Zeralda's Ogre)
    • Tomi Ungerer
    • Art Kan-George Tscherny-Tomi Ungerer
    • Illustrations pour :
      • What's Good for a Four Year Old de William Cole
      • Look! Look! The Giggle Book de William Cole
      • Cleopatra Goes Sledding de Andre Hodeir
      • Lear's Nonsense Verses d'Edouard Lear
      • A Case of the Giggles, compilation par William Cole
      • The Donkey Ride de Jean B. Showalter
      • Ein Bündel Geschichten für Lüsterne Leser d'Henry Slesar
  • 1968
    • Ask Me a Question
  • 1969
    • Fornicon (id.)
    • Der Gestohlene Bazillus
    • Illustrations pour :
      • New York für Anfänger d'Herbert Feuerstein
  • 1970
    • Le Chapeau volant (The Hat)
    • Tomi Ungerer's Compromises
  • 1971
    • Je m'appelle Papaski et voici mes meilleures histoires à dormir debout (I'm Papa Snap and These Are My Favourite No Such Stories)
    • La Grosse Bête de Monsieur Racine (The Beast of Monsieur Racine)
    • Affiches (The Poster Art Of Tomi Ungerer)
    • Posters of Protest
    • Illustrations pour :
      • Aschenbrödels Küche d'Alice Vollenweider
  • 1972
    • Depression
    • Karikaturen
    • Die Eifel (coauteur avec Willy Brant)
    • Illustrations pour :
      • Oh, That's Ridiculous!, poèmes sélectionnés par William Cole
  • 1973
    • Pas de baiser pour maman
  • 1974
    • Allumette’’
  • 1984
    • Far out Isn't Far Enough
  • 1986
    • Schutzengel der Hölle (Ange gardien de l'enfer, érotique)
  • 1990
    • Für Fr. und D. gefallen
  • 1992
    • L'entraide - illustration sur timbre-poste français
  • 1998
    • Trémolo, - traduit de l'allemand Tremolo -
  • 2000
    • Le Nuage bleu
  • 2002
    • À la guerre comme à la guerre
  • 2003
    • Guillaume l'apprenti sordier
  • 2007
    • Neue Freunde (Éd. Diogenes Verlag AG Zürich)
    • Amis-amies (Éd. L'École des loisirs, Paris)
  • 2008
    • Zloty (Éd. Diogenes Verlag AG Zürich)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thérèse Willer, « L'œuvre graphique de Tomi Ungerer », in La Revue des livres pour enfants, no 171, septembre 1996, p. 58-87
  2. a et b Émilie Grangeray, « Tomi Ungerer l’indocile » Le magazine du Monde 15 décembre 2012 p. 150
  3. Emilie Grangeray, « Tomi Ungerer l'indocile », sur lemonde.fr,‎ 14 décembre 2012 (consulté le 27 mars 2014).
  4. http://www.forum-carolus.org/ Forum Carolus
  5. « timbre franco-allemand », sur philatelie.deutschepost.de (consulté le 22 avril 2013).
  6. « Biographie de Tomi Ungerer », sur franceinter.fr,‎ 4 décembre 2012 (consulté en 14 décembre 2012)
  7. « Ordre du mérite : 1 302 «illustres et anonymes» distingués, Tomi Ungerer commandeur  », sur le site dna.fr du 15 novembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tomi Ungerer, Fatras, préface de Michel Polac, Éditions Vents d'Ouest, 1991
  • Une question de diversité, entretien avec Tomi Ungerer, revue Hopala!, n° 4, Brest, mars-mai 2000, p. 86-90
  • Musée Tomi Ungerer - Centre international de l'Illustration / La collection, catalogue de la collection du Musée, sous la direction de Thérèse Willer, Éditions Musées de la Ville de Strasbourg, 2007
  • Thérèse Willer, Tomi Ungerer : l'œuvre graphique, Université Marc-Bloch, Strasbourg, 2008, 9 vol. (thèse de doctorat d'histoire de l'art)
  • Thérèse Willer, « Jean Thomas (dit Tomi) Ungerer », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 37, p. 3957
  • Thérèse Willer, Tomi Ungerer, Tout sur votre auteur préféré. L'École des loisirs, 2008. (ISBN 978-2-211-11118-8)
  • Merveilleux - Tomi Ungerer, catalogue d'exposition, 2008. (ISBN 978-2-9532820-0-9)
  • Thérèse Willer, Tomi Ungerer. Graphic Art, Paris, Éditions du Rocher, 2011.
  • René Hoch et Serge Stein, Affiches et Posters de Tomi Ungerer édité par l'AIATU (Association internationale des amis de Tomi Ungerer), Strasbourg, 2006

Filmographie[modifier | modifier le code]

Films inspirés par les contes de Tomi Ungerer[modifier | modifier le code]

Prix du public du festival international du film d'animation d'Annecy en 2008.

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Tomi Ungerer : mine de rien, film d'Adrien Finck et Alain Desmet, CRDP d'Alsace, 1995, 26 min (VHS)
  • Trait pour trait : Tomi Ungerer, film de Philippe Poirier, Bix Films, Strasbourg, 2009, 27 min (DVD) ; contient aussi une interview de Thérèse Willer, conservatrice du Musée Tomi Ungerer
  • Tomi Ungerer - l’esprit frappeur, documentaire réalisé par Brad Bernstein 98 min. 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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