Francis Bouygues

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Francis Bouygues, né le 5 décembre 1922 dans le 17e arrondissement de Paris et mort le 24 juillet 1993 à Saint-Coulomb (Ille-et-Vilaine), est le fondateur du groupe de BTP Bouygues, aujourd'hui dirigé par l'un de ses fils, Martin Bouygues.

Francis Bouygues

Naissance 5 décembre 1922
Paris (Seine)
Décès 24 juillet 1993 (à 70 ans)
Saint-Coulomb (Ille-et-Vilaine)
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Activité principale
Fondateur et dirigeant du groupe Bouygues
Formation
Descendants

Origine[modifier | modifier le code]

Il étudie au Collège Stanislas, et devient pensionnaire à l'Immaculée-Conception à Laval du 4 janvier 1937 à la fin de l'année scolaire 1938, en classes de troisième et de seconde. De retour à Paris, il retrouva la Mayenne pendant la guerre. Pour échapper au STO, il vint se cacher à Ambrières-les-Vallées[1] chez un camarade de l'École centrale, Philippe Tézé[2]. Il y fait la connaissance de sa future épouse, Monique Tézé[3], l'une des sœurs de Philippe Tézé, l'aînée d'une famille de dix enfants, avec qui il se marie en octobre 1946.

Le couple a 4 enfants, qui feront partie du groupe familial Bouygues :

  • Corinne Bouygues[4], née le 24 août 1947 à Laval ;
  • Nicolas Bouygues[5], né le 20 mars 1949 à Paris ;
  • Olivier Bouygues, né le 14 septembre 1950 à Suresnes ;
  • Martin Bouygues, né le 3 mai 1952 à Suresnes.

L'ingénieur de la reconstruction[modifier | modifier le code]

Ingénieur de l'École centrale (promotion 1947 A) comme son père Georges (1913) et son fils aîné Nicolas (1971), il débute sa carrière comme directeur de travaux dans l'entreprise, qui deviendra Dumont-Besson, dirigée par Pierre Dumont[6]. De 1949 à 1951, Francis Bouygues suit les cours du Centre de perfectionnement aux affaires (CPA) les soirs et les samedi-après-midi. Il complète alors sa formation d'ingénieur, par une formation de manager.

Il s'installe en 1952, à 29 ans, comme entrepreneur de bâtiment.

Munie d'un bureau d'études et d'un «bureau des méthodes», son entreprise se spécialise, dans ces années d'après-guerre marquées par une forte crise du logement, dans les méthodes de construction industrielles, Francis Bouygues rompant avec les pratiques timorées et familiales qui dominaient dans la profession.

Cette ambition moderniste rencontre celle des planificateurs politiques de la IVe République. Nommé en 1955 conseiller technique au ministère de la Reconstruction sous Roger Duchet, Francis Bouygues y acquiert une expérience et des connaissances utiles qui lui serviront à bâtir son empire grâce à de nombreuses commandes publiques.

Identité et culture d'entreprise[modifier | modifier le code]

Francis Bouygues a aussi doté son entreprise d'une forte culture identitaire, très particulière, institutionnalisée par l'instauration d'un ordre interne de compagnonnage. Créé en 1963 l'« Ordre des Compagnons du Minorange » distingue une élite d'employés dont la fidélité au groupe est exaltée et récompensée et qui doivent défendre les valeurs de leur profession.

En 2005, Martin Bouygues créé la Fondation Francis Bouygues. La Fondation d'Entreprise a pour vocation de réaliser des actions d'intérêt général dans le domaine éducatif. Son objectif est d'apporter son aide à des lycéens motivés et confrontés à des difficultés financières pour effectuer des études supérieures et réaliser un projet professionnel ambitieux. Au 1er septembre 2010, près de 300 étudiants ont pu bénéficier des bourses délivrées par la Fondation.

Un empire de béton et d'images[modifier | modifier le code]

Sous sa direction les activités de l'entreprise ne cesseront de s'étendre dans le bâtiment, sur le marché international dès 1972, mais aussi dans les travaux publics et l'immobilier, et en 1986 Bouygues devient le premier groupe mondial du BTP, qu'il restera jusqu'en 2000. Il rachète TF1 en 1987. En 1988, Kevin Roche architecte américain, réalise Challenger, siège de la société Bouygues situé avenue Eugène Freyssinet dans la ville de Guyancourt dans les Yvelines.

Il est un des personnages clef du scandale Aranda.

Il laisse l'entreprise à son fils Martin Bouygues en 1989 et, tout en restant administrateur du groupe, se consacre à la production cinématographique jusqu'à sa mort en 1993[7].

Il est enterré au cimetière de Passy, à Paris.

Hommage[modifier | modifier le code]

Tombe de Francis Bouygues au cimetière de Passy.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le responsable principal de la résistance locale est Jacques Foccart, dirigeant le Réseau Action-Tortue Foccart.
  2. Fils de l'ancien maire, et conseiller général d'Ambrières-les-Vallées.
  3. Sa soeur, Marie-Blandine Delafon, née à Ambrières le 22 août 1946, est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris et directrice de communication. Elle est chef de publicité puis chargée d'études au journal L'Express de 1967 à 1977. Directeur d'études à IPSOS de 1977 à 1980, elle lance le magazine Medias lancé en 1980 en compagnie de son mari Eudes, avec comme photographe Roberto Battistini. Le magazine reste jusqu'en 1988. Elle participe au livre avec Virgil Nastase Ma Roumanie: entretiens avec Blandine Tézé-Delafon, 241 p, publié par Ramsay en 1990. Elle participe auprès de son neveu Martin à la communication du groupe Bouygues lors de la tentative de raid de Vincent Bolloré. Elle en est directrice de la communication de 1993 jusqu'en 2010, à l'âge de sa retraite.
  4. Elle préside la régie publicitaire de TF1 de 1989 à 1997. Elle est mariée à Francis Gérard, puis Sergio Gobbi.
  5. Ingénieur de l'Ecole Centrale de Paris, il est associé à la direction générale du groupe. Il se brouille avec son père, quitte l'entreprise, et fonde un groupe de BTP en 1986. Il dirige ensuite à Laval une société d'équipement de carrosserie Geys.
  6. Cousin germain des Tézé. Président de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris de 1956 à 1958.
  7. Il décéde à Saint-Coulomb où il avait acheté puis entretenu une résidence en 1955.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Campagnac Élizabeth et Nouzille V., Citizen Bouygues, Belfond, 1988.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]