Mathurin Moreau

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Moreau Mathurin

Naissance 18 novembre 1822
Dijon
Décès 14 février 1912
Paris
Nationalité français
Activités sculpteur
Formation École des beaux-arts de Paris
Maîtres Jules Ramey, Auguste Dumont
Récompenses Prix de Rome, Légion d’honneur, médaile d'honneur au Salon des artistes français

Mathurin Moreau, né à Dijon le 18 novembre 1822, mort à Paris le 14 février 1912, est un sculpteur français, renommé pour ses sculptures décoratives.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mathurin[1] Moreau est le fils du sculpteur Jean-Baptiste Moreau. Ses frères Hippolyte et Auguste sont également sculpteurs.

Il est admis à l’École des beaux-arts de Paris en 1841 dans les ateliers de Jules Ramey et d’Auguste Dumont. Il remporte le second prix de Rome en 1842 avec Diodème enlevant le Palladium. Il débute au Salon des artistes français en 1848 et s’y fait remarquer avec la statue L'Élégie.

Il obtient une médaille de seconde classe à l’Exposition universelle de 1855 à Paris, puis une médaille de première classe en 1878. En 1897, pour sa dernière participation au Salon, il est couronné par une médaille d'honneur.

Entre 1849 à 1879, Mathurin Moreau collabore avec la fonderie d’art du Val d'Osne et en devient l’un des administrateurs, mais il fournit également des modèles à la Compagnie des bronzes de Bruxelles, et expose à l’Union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie dans les années 1880.

En 1880, l'artiste reçoit une prime lors du concours pour l'érection d'un monument allégorique de La Défense de Paris au rond-point de Courbevoie[2], mais c'est à Louis-Ernest Barrias qu'est attribué la commande.

À partir de 1879 et jusqu’à sa mort, Mathurin Moreau est élu maire du 19e arrondissement de Paris où l'avenue Mathurin-Moreau, précédemment rue Priestley, porte ce nom en vertu de l'arrêté du 16 juillet 1912. En tant qu'adjoint, il y a célébré de nombreux mariages.

Il meurt à Paris 19è le 14 février 1912, chez lui, passage Monténégro, 15. Ses obsèques ont lieu à l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville et il est inhumé au cimetière des Lilas.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1865 et promu officier du même ordre en 1885.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les fontes d’art[modifier | modifier le code]

Fontaine de Tourny à Québec, don de La Maison Simons pour les 400 ans de la ville.
Nymphe fluviale, élément de la fontaine de la place André-Malraux à Paris.

Dans le cadre de sa collaboration avec les fonderies du Val d’Osne, Moreau produisit une centaine de modèles d’objets décoratifs et de statues de série. Ils figurent dans le catalogue de ces ateliers[3]. On y trouve des candélabres et girandoles, des fontaines et vasques, des statues (La Fidélité, l’Union, Crépuscule, Aurore…), des torchères, des statues religieuses (Saint-Pierre, Saint-Joseph, Ange…) et des Vierges (Vierges de Rome, Vierges de Lourdes, Vierge Immaculée…), des monuments funéraires.

Ces œuvres d’art sont très répandues dans de nombreuses villes de France, (en particulier les candélabres ou les fontaines) mais aussi en Amérique Latine où Moreau est l’un des sculpteurs français qui a été le plus apprécié : c’est ainsi que Tacna au Pérou, Valparaíso, Buenos Aires, Salvador de Bahia… possèdent des fontaines du Val d’Osne de la main de Mathurin Moreau. C’est également le cas des villes d’0ttawa, Genève ou de Liverpool.

  • Fontaine de Tourny, ces fontaines, dont les sculptures sont l’œuvre de Moreau, alors que l'agencement des sculptures et des ornements revient à Michel Joseph Napoléon Liénard, figurent sur le catalogue des fonderies d'art Barbezat du Val d’Osne et elles ont obtenu une médaille d’or à l’Exposition universelle à Paris en 1855. C'est en 1857 et 1858 qu'elles sont arrivées, au nombre de deux, à Bordeaux sur les allées de Tourny : dédiées à l'univers marin, elles sont riches en personnages et symboles. Retirées en 1960, l’une a été restaurée et offerte à la ville de Québec alors que l’autre a été réinstallée à Soulac-sur-Mer[4]. Nous pouvons aussi trouver deux dans la ville espagnole de Valence.
  • Fontaine d’Esterel-Plage, aménagée au rond-point de la Fontaine, a elle été offerte à la ville de Saint-Raphaël par Albert Planchar d'Argelet, marchand de biens parisien et promoteur du lotissement d'Estérel-Plage, le 15 janvier 1921[5].
  • Fontaine Godillot à Hyères, érigée en 1898, elle a été entièrement rénovée en 1995[6],
  • Fontaine de la place du Théâtre-Français à Paris, côté rue de Richelieu. Bronze, 1874
  • Fontaine de la place du marché à Pointe à Pitre, les aménagements d’une conduite d’eau potable, débutés en 1872 sont achevés l'année suivante et la fin des travaux est célébrée le 17 janvier 1874 lors d'une fête d'inauguration de la conduite d'eau à laquelle prit part le gouverneur Couturier qui laissa son nom à la fontaine. La statuette qui surmonte les deux vasques, La Jeune Fille à la corbeille, est l'œuvre de Moreau[7].
  • Vénus en fonte du Val d’Osne, au jardin du Mail à Angers, dès l’entrée par l’avenue Jeanne-d’Arc

Statues[modifier | modifier le code]

L'Océanie, Paris, musée d'Orsay.
  • Fileuse, statue en marbre exposée au Salon de 1861 et placée au musée du Luxembourg. Une réplique, datée de 1894, figure maintenant au Sénat, une copie se trouve au musée d’ Angers. Une réplique en bronze a été présentée à l'Exposition universelle de 1867 à Paris[8].
  • Studiosa, modèle en plâtre au Salon de 1865 (h. 1,42 m) ; commandée en marbre par l’État, elle est conservée au musée des Beaux-arts de Marseille[9],
  • Cologne (1864), gare du Nord[10] à Paris. Les entablements de la façade sont surmontés de huit statues en pierre de grandes villes européennes dont « Cologne » de Moreau. D’une hauteur de 5,50 m.
  • Cariatides, Opéra Garnier [7]. Le pavillon de la façade arrière comporte des portes monumentales, donnant accès au vestibule des voitures, qui sont encadrées de cariatides de Elias Robert, au sud, et de Mathurin Moreau, au nord. Elles brandissent d’une main une palme de bronze tendue vers l’Aigle impérial et maintiennent de l’autre une couronne de laurier.
  • Abondance (1878), bas-relief sur la façade du pavillon de Marsan donnant sur le Carrousel au Louvre.
  • Statue de Zénobe Gramme, bronze, cour du musée des arts et métiers à Paris. Moreau est également l’auteur de la statue du monument funéraire de Zénobe Gramme au cimetière du Père-Lachaise[11]
  • Daphnis et Chloé, groupe en marbre (h. 0,85 m), legs de M. Alfred Chauchard en 1909, affecté au musée d'Orsay en 1986, localisé au Mobilier national en 2002.
  • Le Repos, le Sommeil, groupe en plâtre exposé au Salon de 1868, musée de Dijon.
  • L’Océanie, cette statue, réalisée à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1878, fait partie d’un groupe d’allégories des six continents. A. Durenne en est le fondeur. Elle est exposée depuis 1986, sur le parvis du musée d'Orsay.
  • Statue des Exilés, modèle plâtre (Salon de 1884, no 3765, acquis par l'État), en dépôt au musée du Havre, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale (1944) ; édition réduite bronze (don de l'auteur, 1908), musée des Beaux-arts, Dijon (source : collections du musée d’Orsay). La statue en marbre qui figurait dans les Jardins du Carrousel à Paris a été déposée en 1964 et placée, en 1965, dans le parc au Chambon-Feugerolles.
  • Statue de saint Vernier[12] à Ornans, statue en fonte de fer sur une fontaine lavoir dite la fontaine du Seult. Le modèle de cette statue a été gravé par Mathurin Moreau sous le titre Automne, en 1866, et fondue par les Fonderies du Val d'Osne en 1880.
  • L’Agriculture, statue en fonte dorée (h. 1,87 m) sur la place aux foires de la commune du Faou, datée de 1883. Inaugurée lors de la fête du comice agricole en 1884, l'œuvre a été déplacée lors de l'aménagement de la place en 1993.
  • Marguerite d’Anjou et son fils, groupe en bronze érigé en 1902 place de la Visitation à Angers et fondu en 1942.
  • L’Égyptienne dans le jardin public de Miliana, en Algérie[13].

Bustes[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Toussaint Thévenot, buste en bronze, inauguré le 20 avril 1870, dans la cour de l’École normale de Dijon. Sur le socle est inscrit : Pierre-Toussaint Thévenot, officier de la Légion d’honneur, directeur de l’École normale de Dijon (1829-1868) [14].
  • Jules César buste en bronze à patine brune, présenté à l’Exposition des Beaux-arts de 1877[15].
  • Félix Tisserand, astronome, buste, à Nuits-Saint-Georges

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Monument à Jeanne d’Arc, ce groupe équestre en fonte est l’œuvre de Pierre le Nordez, qui a modelé le cheval alors que l’héroïne est de Mathurin Moreau. Comme toutes les statues de ces deux sculpteurs elle a été fondue par la fonderie du Val d'Osne (Haute-Marne). Ce modèle figure à Montebourg, elle a été donnée par Mgr Le Nordez, évêque de Dijon, à sa ville natale et inaugurée en octobre 1899. Une autre statue équestre de Jeanne d’Arc, par les mêmes artistes, est à Alise-Sainte-Reine près de l’embranchement de la route d’accès au mont Auxois, elle est datée de 1901[16]. Il y en existe également à proximité du sommet du Ballon d’Alsace, inaugurée en septembre 1906. Le monument aux Morts de Gandrange[17] est orné d’une statue similaire. De fait, il existe des dizaines d'exemplalres de cette statue.
  • Monument à Sadi Carnot, place de la République à Dijon. Le monument, dû aux sculpteurs dijonnais Moreau et Paul Gasq, et à l'architecte Félix Vionnois, fut inauguré en 1899.
  • Monument à Pierre Joigneaux, square des Lions à Beaune. Le groupe est composé d'une colonne supportant le buste de Pierre Joigneaux. À gauche, une jeune femme personnifiant la Côte-d'Or et tenant une palme se tourne vers le buste. Un comité central est créé en 1893 à Paris pour l'érection du monument, sous la présidence de M. Mazeau, sénateur de la Côte-d'Or. Le groupe réalisé par Mathurin Moreau est exposée au Salon des beaux-arts à Paris en 1897. Le piédestal est édifié en 1898 par E. Louvain et Cie, maîtres carriers et entrepreneurs à Comblanchien d'après le devis dressé le 24 juin 1898 par M. Deschamps, architecte de la ville de Beaune. Le monument fut inauguré le 11 septembre 1898[18].

Statuettes[modifier | modifier le code]

  • Fée aux fleurs, plâtre au Salon de 1852 puis en bronze au Salon de 1853
  • La Lileuse, bronze fondu par les établissements Colin
  • la Reconnaissance, bronze
  • L’Enfant à l’oiseau, statuette en albâtre
  • Jeune femme avec son enfant, bronze

Œuvres diverses[modifier | modifier le code]

  • L’Éducation d’Achille, vase d’ornement exécuté en collaboration avec l'ornemaniste Auguste Madroux, il est offert par Napoléon III au cercle des patineurs pour le prix du concours international de tir aux pigeons organisé par le cercle en 1867. Réalisé par la maison Christofle. Acquis par les musées nationaux en 1982, il est conservé à Paris au musée d’Orsay[19]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Il doit son prénom à son grand-père paternel, serrurier à Dijon.
  2. Rond-Point à l'origine du Quartier de la Défense
  3. http://www.e-monumen.net/index.php?option=com_volumen&volumenTask=search&Itemid=4#monumenSearchResponseContainer
  4. http://www.33-bordeaux.com/fontaines-tourny.htm
  5. [1]
  6. [2]
  7. [3]
  8. « Notice no 000SC018298 », base Joconde, ministère français de la Culture
  9. « Notice no 000SC004450 », base Joconde, ministère français de la Culture
  10. http://www.insecula.com/oeuvre/O0019595.html
  11. http://www.appl-lachaise.net/appl/article.php3?id_article=2227
  12. Saint Vernier est le patron des vignerons de la haute vallée de la Loue.
  13. http://milianaville.com/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1
  14. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5613701g.r=%22mathurin+moreau%22.langFR
  15. http://www.expertissim.com/bronzes/mathurin-moreau-jules-cesar-o12121938.html
  16. http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=21008_1&liste_pp=pm
  17. [4]
  18. [5]
  19. [6]
  20. Notice sur le site de la Réunion des musées nationaux

Liens externes[modifier | modifier le code]

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