Saint-Lunaire

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Saint-Lunaire
L'ancien Grand Hôtel vu de la plage
L'ancien Grand Hôtel vu de la plage
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Saint-Malo
Canton Dinard
Intercommunalité Communauté de communes de la Côte d'Émeraude
Maire
Mandat
Michel Penhouët
2014-2020
Code postal 35800
Code commune 35287
Démographie
Gentilé Lunairien, Lunairienne
Population
municipale
2 314 hab. (2011)
Densité 225 hab./km2
Population
aire urbaine
29 013 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 38′ 07″ N 2° 06′ 27″ O / 48.6352777778, -2.1075 ()48° 38′ 07″ Nord 2° 06′ 27″ Ouest / 48.6352777778, -2.1075 ()  
Altitude 21 m (min. : 0 m) (max. : 64 m)
Superficie 10,27 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

Saint-Lunaire est une commune française située dans le département d'lle-et-Vilaine en Bretagne. En gallo le nom de la commune est Saent Lunérr.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune de l'aire urbaine de Dinard dont le bourg de Saint-Lunaire s'étend sur les dunes sablonneuses ("mielles") accumulées entre deux massifs de granite et grès se jetant de manière subméridienne vers la mer de la Manche, les pointes du Nick, du Décollé et de la Garde Guérin (cette dernière, la plus à l'ouest se trouvant à Saint-Briac). Avec l'urbanisation, seules subsistent les plages de sable fin (découvertes de quelque 300 mètres à grande marée) dites Grand' Plage et plage de Longchamp, toutes deux barrées de digues construites pour la promotion immobilière à la fin du XIXe siècle et dans les années 1930.

La commune inclut en outre sur le littoral à l'est vers Dinard les plages de la Fosse aux Vaux et de la Fourberie, et surtout l'arrière-pays bocager sur une profondeur de trois kilomètres qui se termine par les derniers hectares de la forêt de Ponthual, laquelle couvrait antan l’ensemble du territoire.

L'arrière-pays, parsemé de lieux-dits dépendant du Bourg, est traversé de deux cours d'eau principaux de direction anticlinale, le Crèvelin qui se jette à l'extrémité est de la Grand' Plage dans un petit estuaire inondé à marée haute (le "Goulet") et le second limitrophe à Saint-Briac aboutissant aux trois quarts de la Plage de Longchamp.

Botanique[modifier | modifier le code]

Du point de vue de la richesse de la flore, Saint-Lunaire, comme Saint-Briac, fait partie des communes du département possédant dans leurs différents biotopes le plus de taxons, soit 599 pour une moyenne communale de 348 taxons et un total départemental de 1373 taxons (118 familles). On compte notamment 39 taxons à forte valeur patrimoniale (total de 207) ; 23 taxons protégés et 22 appartenant à la liste rouge du Massif armoricain (total départemental de 237) [1]. Parmi les sites intéressants :

Histoire[modifier | modifier le code]

L’allée couverte de Plate Roche.

La présence des restes d'une allée couverte (dolmen allongé) atteste de l'occupation de la région depuis le Néolithique (2000 à 5000 av. J.-C.) Ce très ancien bourg de paysans et de marins connut l'occupation romaine cinq siècles durant, sans que le caractère particulier de ses habitants, des Coriosolites, en soit profondément modifié.

Ensuite, survinrent les invasions barbares de Saxons et de Frisons en 509, qui chassèrent les princes et les seigneurs. Ce n'est que quatre ans plus tard, que l'on assista à l'île de Cézembre, au débarquement du Roi Arthur et de Hoël 1er, roi d'Armorique, venant reprendre possession de son royaume.

Saint Lunaire (ou Léonor), l'un des fils de Hoël Ier et de sainte Pompée (ou Coupaia), frère de Saint Tugdual et de Sainte Sève, accompagné de moines et de laïcs, pénétra vers 535 dans une vaste forêt, la défricha, y construisit une chapelle, à l'endroit où se trouve actuellement la Vieille Église, qui sera érigée par les seigneurs de Pontual au XIe siècle.

Le fondement de la commune de Saint-Lunaire est l’église et les terres du seigneur de Pontual. La formation du paysage agraire de Saint-Lunaire est liée aux coutumes féodales qui règlent la vie de chacun, du noble au paysan.
Le domaine de Pontual est le siège de la seigneurie. Élevée sur une butte de terre (la ville Revault) elle est environnée de bois et possède un grand étang.
Il est donc vraisemblable que le bourg ne pouvait pas se développer au nord de l’église, car les terres appartenaient au seigneur. Seules les terres d’est en ouest étaient constructibles. C’est vers la fin du XVIIe siècle que "Saint-Léonor" devint "Saint-Léonaire de Pontual" puis "Saint-Lunaire de Ponthual".
En 1758, les relevés fondés sur une triangulation géométrique, à l’échelle topographique, vont donner la Carte de Cassini (première carte générale du royaume de France qui fut dressée au XVIIe siècle). Sur cette carte figurent de nombreuses informations qui aident à la compréhension de l’évolution de la commune de Saint-Lunaire.

C’est entre le 14 et le 25 février 1790 que la municipalité de Saint-Lunaire de Pontual se met en place. La commune s’appelle désormais Port-Lunaire[3]. Le 7 août 1803, le maire décide que le nom de Saint-Lunaire remplacera celui de Port-Lunaire.

En 1836, la population augmente, le maire s’occupe de l’instruction des jeunes, l’école ouvre ses portes à la Ville Es Quelmes, la nouvelle mairie-école est inaugurée en 1866.

On ignore si Victor Hugo visita Saint-Lunaire lors de son voyage à Saint-Malo et Dinan avec Juliette Drouet, mais il y plaça un épisode tragique des Travailleurs de la Mer sur la Pointe du Décollé, une quinzaine d'années plus tard.

Au XIXe siècle, l’aristocratie a perdu de sa puissance et c’est la nouvelle société de notables qui va transformer l’aspect et l’économie de Saint-Lunaire. Le village se transforma en station balnéaire, sous l'impulsion principale de Sylla Laraque, richissime millionnaire haïtien. Il racheta et développa le Grand Hôtel, fit construire de nombreuses villas prestigieuses, une usine électrique et des courts de tennis encore réputés de nos jours[4]. Plusieurs personnalités, la Reine de Roumanie, des hommes de lettres, des peintres, des artistes passèrent ou séjournèrent à Saint-Lunaire. On peut citer entre autres, Émile Bergerat, Jules Verne, Jean Richepin ou encore Ève Lavallière. De cette époque subsistent de superbes villas de style balnéaire.

Aujourd'hui encore, Saint-Lunaire est le lieu de villégiature de nombreuses personnalités comme Jean Rochefort,le joaillier Fred, Nicolas Hulot ou encore Emmanuel Chain.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Lunaire Blason De sinople à un pont d'une arche et deux demies d'or, maçonné de sable, surmonté de trois merlettes d'argent rangées en chef.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie principale est le tourisme balnéaire estival. Le mini-golf, les plages, les crêperies, la paillote sur la plage, le yacht-club de St-Lunaire, le tennis, le cinéma sont les activités touristiques dans cette commune.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1792 1799 Joseph Ohier - -
1800 1806 Sébastien Marcrix - -
1806 1830 Jonathas François Hyacinthe Marie de Penfentenyo de Cheffontaines - -
1830 1833 Jean François Rozé - -
1833 1846 Joseph Marie Ohier - -
1846 1847 Ambroise Betaux - -
1847 1848 Jean Louis Foyer - -
1848 1854 Louis Latruitte - -
1854 1865 Jean Touchet - -
1865 1865 Ambroise Betaux - -
1865 1870 Henry Touchet - -
1870 1871 Julien Ancelin - -
1871 1884 Henry Touchet - -
1884 1912 Alphonse Ollivier - -
1912 1921 Auguste Poulain - -
1921 1929 Edouard Sauffroy - -
1929 1935 Alexandre Devaux - -
1935 1942 Joseph Viel - -
1942 1945 Léonce David - -
1945 1953 Aristide Le Dantec - -
1953 1965 Jean Fouere - -
1965 1977 Gilbert Leblanc - Médecin
1977 1992 Pol Lebreton - -
1992 octobre 1997 Aimé Le Foll - -
octobre 1997 en cours Michel Penhouët PRG[5] Agriculteur
Conseiller général (depuis 2008)[6]
Président de la communauté de communes de la Côte d'Émeraude (1996-2014)
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 314 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 850 889 925 936 1 019 1 086 1 065 1 412 1 080
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 215 1 247 1 201 1 189 1 106 1 252 1 317 1 357 1 413
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 413 1 462 1 464 1 384 1 551 1 522 1 474 1 551 1 578
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 639 1 578 1 585 2 020 2 163 2 250 2 307 2 323 2 314
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

La commune abrite deux monuments historiques :

  • La vieille église, restaurée en 1954 et en cours de restauration en 2010. La nef du XIe siècle, flanquée de deux collatéraux, est reliée au chœur gothique par un arc triomphal. En transept, les deux chapelles des familles seigneuriales du pays, les Pontual et les Pontbriand, possèdent des tombes en arcades et des gisants étonnants. Parmi ceux-ci, le tombeau de saint Lunaire, sarcophage gallo-romain, recouvert d'une dalle sculptée en haut-relief, le gisant représente le saint dans ses ornements épiscopaux. L’église a été classée par arrêté du 18 mars 1913[9].
  • Le calvaire du XVIe siècle, situé devant la façade sud de la vieille église, représente sur sa face est le Christ et sur l’autre face la Vierge Marie. Il a été inscrit par arrêté du 22 mars 1930[10].

Sites naturels[modifier | modifier le code]

La pointe du Décollé[modifier | modifier le code]

Chaos de rochers et de grottes qui s'avancent profondément dans la mer, elle s'ouvre sur un panorama qui s'étend de la pointe de la Varde au cap Fréhel. À l'ouest apparaît la plage de Longchamp et à l'est la Grande Plage surplombée par le Grand Hôtel. La petite plage des Hirondelles se trouve à l'extrémité nord-ouest du Décollé. La pointe, au nord-est, est surmontée d'une croix en granit de 1880.

Plusieurs blockhaus, vestiges de la Seconde Guerre mondiale, sont encore apparents.

Un ancien tunnel, aujourd'hui effondré, reliait la vieille église à la pointe du Décollé.

C'est ici qu'en 1977, le peintre Geoffroy Dauvergne fit une chute mortelle.

La pointe du Nick et le Goulet[modifier | modifier le code]

À l'embouchure du Crèvelin, au pied de la pointe du Nick (espace naturel départemental), le Goulet est un des sites naturels de Saint-Lunaire.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Saint-Lunaire en images[modifier | modifier le code]

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • L'acteur Jean Rochefort possède une résidence dans la commune. Le centre culturel de Saint-Lunaire porte son nom depuis le 25 novembre 2006[11].
  • L'artiste peintre Geoffroy Dauvergne, mort accidentellement à la pointe du Décollé.
  • Carole Lavoie, romancière et auteur dramatique, a vécu à Saint-Lunaire. Elle est l'auteur d'une saga romanesque qui retrace l'histoire des bains de mer en France, notamment sur la Côte d'Emeraude (voir la section bibliographie).
  • Nicolas Hulot, animateur de télévision et écologiste. Il possède une villa à la pointe du Décollé, côté de la Grand-Plage.


Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Diard, La flore d'Ille-et-Vilaine, Atlas floristique de Bretagne, Rennes, Siloë, 2005, carte p. 170.
  2. Louis Diard, La flore d'Ille-et-Vilaine, Atlas floristique de Bretagne, Rennes, Siloë, 2005. p. 37.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
  4. Max Bontems et Claude-Youenn Roussel, Saint-Lunaire balnéaire : Le grand rêve de Sylla Laraque, Saint-Malo, Éditions Cristel,‎ 2003, 140 p. (ISBN 2-84421-027-9)
  5. Journal Radical 605, PRG, consulté le 22 avril 2014
  6. Élu le 16 mars 2008 - Gérard Lebailly, « Michel Penhoët, l'homme de la Rance », Ouest-France, no 19316,‎ 18 mars 2008, p. 9
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  9. « Notice no PA00090796 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. « Notice no PA00090795 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. Bulletin municipal, novembre 2006

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aimée et Cédric Gourin, La Côte d’Émeraude, de Saint-Lunaire à Saint-Jacut-de-la-Mer, éditions Alan Sutton, 2009 (ISBN 2849109843)
  • Éclats d’Émeraude, roman historique de Carole Lavoie, qui relate les débuts du tourisme sur la Côte d’Émeraude. Prix Jackie Bouquin « la Femme dans l'histoire ». Éditions Prologue 2007.