Cariatide

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Cariatides à la villa d'Hadrien, à Tivoli
Les Cariatides à l'entrée de l'Érechthéion
Cariatides de Jean Goujon au Louvre

Une cariatide ou caryatide (homme de Caryes, une ville de Laconie) est une statue de femme souvent vêtue d'une longue tunique, soutenant un entablement sur sa tête, remplaçant ainsi une colonne, un pilier ou un pilastre, elles apparaissent essentiellement sur les édifices d'ordre ionique. Le nom fait référence à celles qui figurent sur le baldaquin de l'Érechthéion, sur l'Acropole.

Cariatides de l'Érechthéion[modifier | modifier le code]

Le nom de « cariatides » leur a été attribué secondairement, on les appelait auparavant simplement « jeunes filles »[1].

Plusieurs interprétations ont été proposées[2]. Il pourrait s'agir des jeunes filles de Laconie qui dansaient chaque année en l'honneur d'Artémis Karyatis[3], ou les choéphores de Cécrops, le baldaquin formant la partie visible de son tombeau[2].

D'après l'architecte romain Vitruve, leur nom viendrait de ce que la ville de Karyes s'étant alliée aux Perses lors de l'invasion, ses habitants furent exterminés par les autres Grecs et leurs femmes réduites en esclavage, et condamnées à porter les plus lourds fardeaux. Cette explication est cependant douteuse, ce motif architectural étant déjà répandu à cette époque (Trésor des Siphniens à Delphes par exemple), et n'est actuellement pas retenue.

Usages ultérieurs[modifier | modifier le code]

Les architectes romains ont intégré des cariatides au forum d'Auguste et à la villa d'Hadrien.

En 1550, Jean Goujon (architecte et sculpteur du roi Henri II) a réalisé des cariatides au Louvre, elles soutiennent la plateforme des musiciens dans la salle des gardes suisses (aujourd'hui dite des cariatides). Il s'agit d'une réplique des cariatides de l'Érechthéion, cependant Goujon n'en avait eu connaissance que par des descriptions et n'avait jamais visité l'original.

De figure hiératique dans l'antiquité, la figure de la cariatide est devenue au cours du XIXe siècle extrêmement lascive, avec des drapés plus moulants, des poses plus suggestives, etc. (voir fontaine Wallace).

Les cariatides sont également présentes dans l'artisanat et l'ameublement, notamment dans l'art africain (trônes, tabourets, plateaux)[4].

La cariatide est aussi utilisée comme expression représentative du peuple sur lequel se nourrit l'élite et est gouverné par elle[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Lenore O. Keene Congdon, Caryatid mirrors of ancient Greece : technical, stylistic and historical considerations of an archaic and early classical bronze series, P. von Zabern, Mayence, 1981, 288 p. (ISBN 3-8053-0245-2) (texte remanié d'une thèse, Harvard, 1963)
  • Claire Derriks, Les miroirs cariatides égyptiens en bronze : typologie, chronologie et symbolique, P. von Zabern, Mayence, 2001, 232 p. (ISBN 3-8053-2819-2)
  • Daniel Hourdé, Atlantes & Caryatides : trônes d'Afrique Noire, Galerie Ratton-Hourdé, Paris, 2004, 76 p.
  • Henry Lemonnier, Jean Goujon et la salle des Cariatides au Louvre, Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1906, 20 p.
  • Jacqueline Nebout, Les cariatides de Paris, Hervas, Paros, 1992, 124 p. (ISBN 2-903118-65-5)
  • (de) Evamaria Schmidt, Geschichte der Karyatide : Funktion und Bedeutung der menschlichen Träger- und Stützfigur in der Baukunst, Université de Munich, 1982, 255 p. + 40 p. de pl. (ISBN 3-87825-036-3)
  • (de) Andreas Schmidt-Colinet, Antike Stützfiguren : Untersuchungen zu Typus und Bedeutung der menschengestaltigen Architekturstütze in der griechischen und römischen Kunst, Université de Francfort, 1977, 294n p. + 57 p. de pl. (texte remanié d'une thèse, Cologne, 1975)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Israel Trianti, The Acropolis Museum lire en ligne
  2. a et b site du Musée de l'Acropole
  3. site du British Museum
  4. « Caryatides et atlantes », in Les Arts de l'Afrique, Hazan, Paris, 2008, p. 187-190
  5. Victor Hugo, Les Quatre Vents de l’esprit, 1908, p. 373-396.

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Cariatide » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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  • Atlante ou télamon (équivalent masculin de la cariatide).