Marie-Jean Hérault de Séchelles

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Marie-Jean Hérault de Séchelles
Hérault de Séchelles, portrait par Jean-Louis Laneuville, musée Carnavalet.
Hérault de Séchelles, portrait par Jean-Louis Laneuville, musée Carnavalet.
Fonctions
Membre du Comité de salut public
11 juillet 179329 juillet 1793
Groupe politique Montagne - Indulgents
Président de la Convention nationale
8 août 179322 août 1793
1er novembre 179215 novembre 1792
2 septembre 179216 septembre 1792
Groupe politique Montagne - Indulgents
Député de la Seine
16 septembre 17915 avril 1794
Législature Assemblée nationale législative
Convention nationale
Groupe politique Montagne - Indulgents
Biographie
Date de naissance 15 novembre 1759
Lieu de naissance Paris
Date de décès 5 avril 1794 (à 34 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Français
Profession Avocat

Marie-Jean Hérault de Séchelles, né à Paris le 15 novembre 1759 et guillotiné à Paris le 5 avril 1794, est un homme politique français, député de Seine-et-Oise à la Convention nationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Jean-Baptiste Martin Hérault de Séchelles et de Marie-Marguerite Magon de La Lande, le petit-fils de René Hérault et probablement celui du maréchal Louis Georges Érasme de Contades. Son arrière grand-père fut Jean Moreau de Séchelles, contrôleur général des finances du Roi Louis XV

Il fut élève au Collège de Juilly.

Il est avocat du Roi (procureur au Châtelet) à 18 ans. Grâce à une dispense de Marie-Antoinette dont il fut la coqueluche, il est en 1785 le plus jeune avocat général au Châtelet, où il se fait remarquer par ses "chaleurs antiphysiques" selon Coste d'Arnobat.

Il dit avoir figuré parmi ceux qui prennent la Bastille. Il est élu, en 1791, député à l'Assemblée législative dans le département de Seine-et-Oise, où il se manifesta contre la royauté. Après la journée du 10 août 1792, il contribue à la formation du premier tribunal révolutionnaire.

Élu à la Convention nationale par les départements de la Somme et de la Seine-et-Oise, où il est seigneur d'Épône, il opte pour ce dernier, siège avec les Montagnards, et devint aussitôt Commissaire pour l'organisation des Comités, suppléant au Comité de constitution, membre du Comité d'instruction publique, membre du Comité de sûreté générale et suppléant au Comité des secours publics. Il est président de l'Assemblée du 1er novembre au 15 novembre 1792, puis est envoyé dans le département du Mont-Blanc. Il est en mission lors du procès de Louis XVI et ne participe pas au scrutin. Il se prononce néanmoins à distance sur le sort de "ce roi parjure" le 13 janvier 1793 dans une lettre cosignée par ses trois collègues en mission, Henri Grégoire, Philibert Simond et Grégoire Jagot. Les quatre députés n'entendent pas "profiter de leur éloignement pour se soustraire à cette obligation" à savoir l'expression de "notre vœu" : "pour la condamnation de Louis Capet par la Convention nationale sans appel au peuple". Une question qui a fait couler beaucoup d'encre et le concerne indirectement ce sont les débats sur l'attitude personnelle de son collègue l'abbé Grégoire qui aurait pour des raisons religieuses et philosophiques fait supprimer - par une rature ou une nouvelle rédaction du texte, on ne sait très bien- la mention "à mort" présente selon ses dires post-révolutionnaires dans une première version rédigée par ses trois collègues. Le cahier de correspondance d'Hérault de Séchelles [1] s'inscrit en faux contre cette allégation. Le texte y est identique et unique : sans rature aucune, ni autre jet contenant l'expression "condamnation à mort de Louis Capet..." En fait loin d'équivoquer, les 4 hommes ont explicité "notre vœu formel" dans une note envoyée à André Jeanbon Saint André qui la fit publier dans un journal jacobin bi-quotidien (le Créole Patriote-28 janvier 1793 matin) : pour la mort de Louis sans appel au peuple (souligné dans le texte). Hérault fut donc régicide d'intention. Le 3 février 1793 les quatre députés envoyèrent une lettre secrète à Danton, pour l'informer de la situation préoccupante du nouveau département du Mont-Blanc ; ce qui laisse entendre qu'Hérault a pu avoir des contacts particuliers avec le tribun d'Arcis qu'il suivra à l'échafaud le 16 germinal an II. Un des éléments de crainte de cette lettre résidait dans le risque d'un renforcement de la contre-révolution qu'une atteinte à la liberté des cultes caractérisée par la suppression de salaires aux prêtres constitutionnels provoquerait en Savoie. Danton était un des rares députés à s'y opposer ; et son expérience passée de missionnaire en Belgique en décembre 1792 et janvier 1793 lui permettrait peut-être de trouver une solution. Pragmatique, Hérault considérait qu'il fallait "payer les prêtres afin qu'ils vous servent."

Hérault ne participa pas le 13 avril 1793 à l'appel nominal sur la mise en accusation de Marat. Anti-girondin, il vota « non » sur le rapport du décret qui avait cassé la Commission des Douze.Il est président de la Convention lors de la journée du 2 juin 1793 où la Convention nationale, assiégée par les sections parisiennes, descend dans la cour pour enjoindre à la force armée de se retirer. Le commandant Hanriot lui aurait rétorqué : « Vous n'avez pas d'ordre à donner ici ; retournez à votre poste, et livrez ceux que le peuple demande ». Hérault de Séchelles voulut protester, mais Hanriot commanda : « Canonniers à vos pièces ». Rentré en séance, les députés rendent un décret prononçant l'arrestation des vingt-deux Girondins dénoncés par les sections parisiennes.

En juin, il fut chargé, au nom du Comité de salut public, de présenter un rapport sur le projet de constitution dont il est le principal rédacteur. Ce sera la grande constitution de l'an I, terminée le 24 juin 1793 mais dont l'application sera reportée à la fin de la guerre. Sans doute y avait-il déjà réfléchi pendant sa mission dans les nouveaux départements. Le 16 février 1793 par lettre Jeanbon-Saint-André informait les 4 députés de l'exécution de leur demande quant à leur "vœu formel" sur le sort du roi, mais aussi avec satisfaction de l'évolution des projets constitutionnels : rejet des plan de Condorcet, Vergniaud et Barère. Hérault devint suppléant au Comité de législation et membre du Comité de salut public, du 11 juillet 1793 au 29 décembre 1793. Lié avec Danton, on l'accusa[2] d'entretenir des relations avec les émigrés, et la Convention, sur proposition de Saint-Just, le décréta d'accusation.

Il comparaît devant le Tribunal révolutionnaire avec les dantonistes du 13 au 16 germinal an II (2 au 5 avril 1794), est condamné à mort et guillotiné avec eux.

Il est également un des principaux rédacteurs de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Dialogue pour les citoyens des campagnes du département du Mont-Blanc, entre un électeur et l'un des commissaires de la Convention nationale, sur le serment civique que la loi exige des prêtres (1793) Texte en ligne
  • Constitution du peuple français à l'usage des enfans, précédée du Rapport du comité de salut public, fait à la Convention le 10 juin, par le citoyen Hérault, suivie du Décret et de l'instruction pour la convocation des assemblées primaires, &c, et à laquelle on a joint le nouveau calendrier, décrétée le 24 juin, et acceptée le 10 août, l'an IIe de l'égalité (1793) Texte en ligne
  • Recueil complet de tout ce qui s'est passé à la fête de l'unité et de l'indivisibilité de la République française, avec les Six discours prononcés aux stations, par le citoyen Hérault-de-Séchelles, président de la Convention nationale (1793) Texte en ligne
  • Voyage à Montbar, contenant des détails très intéressans sur le caractère, la personne et les écrits de Buffon, par feu Hérault de Séchelles, suivi de Réflexions sur la déclamation, d'un Éloge d'Athanase Auger et d'autres morceaux de littérature du même auteur (1800). Réédition par François-Alphonse Aulard, Paris, Librairie des Bibliophiles, 1890 ; réédition chez Le Promeneur, collection "Le cabinet des lettrés", 2007.
  • Théorie de l'ambition et autres essais, édité par Gérard Guégan, Paris, Ramsay, 1978
  • Œuvres littéraires et politiques, édité par Hubert Juin, Lausanne, Rencontre, 1970
  • Théorie de l'ambition : codicille politique et pratique d'un jeune habitant d'Épône ; suivi de Sur la conversation, édité par Gérard Guégan, Paris, Mille et une nuits, 2005

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Archives Nationales, AF II 251, dossier 2135: Eugène Welvert, "L'abbé Grégoire fut-il régicide ?" Lendemains révolutionnaires, les régicidesp. 171-190
  2. voir l'ordre d'arrestation manuscrit daté du 23 ventôse an II (13 mars 1994) et sa transcription "en clair" (voir l'item n°100)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emile Dart, Un épicurien sous la Terreur. Hérault de Séchelles, Paris, Perrin, 1907.
  • Arnold de Contades, Hérault de Séchelles ou la révolution fraternelle, Librairie Académique, Perrin, 1978.
  • Jean-Jacques Locherer, Hérault de Séchelles, l'aristocrate du comité de salut public, Paris, Pygmallion, 1984.
  • Georges Bernier, Marie-Jean Hérault de Séchelles : biographie, Paris, Julliard, 1995.
  • Frédérique Matonti, Hérault de Séchelles ou les infortunes de la beauté, La Dispute 1998.
  • Jérôme Garcin, C'était tous les jours tempête, Gallimard, 2002
    les confessions de Hérault de Séchelles imaginées par Jérôme Garcin
  • Albert Mathiez, "Hérault de Séchelles était-il dantoniste ?" dans Annales Révolutionnaires, tome VII, 1914, p. 485-510.
  • Augustin Kuscinski, "Hérault de Séchelles", dans Dictionnaire des Conventionnels,Paris, 1916.
  • Claudine Wolikow, "Hérault de Séchelles Marie-Jean" dans Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989.
  • Bernard Gainot, "Hérault de Séchelles" dans Bernard Gainot, Dictionnaire des membres du comité de salut public ; dictionnaire analytique biographique et comparé des 62 membres du Comité de salut public, Paris, Tallandier, 1990.
  • Edna Le May, "Hérault de Séchelles" dans Edna Le May Dictionnaire des LégislateursParis, 2007, 2 vols, tome 2.
  • Eugène Welvert, "L'abbé Grégoire fut-il régicide ?" dans Eugène Welvert, Lendemains révolutionnaires, les régicides, Paris, Calman-Lévy, 1907, p. 171-190.
  • Jean-Daniel Piquet,
    • "L'abbé Grégoire et ses trois collègues en mission dans le Mont-Blanc furent "régicides" ; article et documents inédits dans Annales historiques de la Révolution française, janvier-mars 1996, p. 61-77.
    • "L'abbé Grégoire, un régicide panthéonisé" Cahiers d'Histoire' Espace Marx, n° 63-avril-juin 1996
    • "Lettre secrète de l'abbé Grégoire et de ses trois collègues en mission dans le Mont-Blanc à Danton" dansCahiers d'Histoire Lyon, Grenoble, Clermont, Saint-Etienne, Chambéry, Avignon, tome 46 n° 3-4, 3ème/4ème trimestres 2001, p.397-415.
  • Léon Levy-Schneider, Le Conventionnel Jeanbon Saint-André, Paris, Alcan, 1901.
  • Franck Alengry, Condorcet, guide de la Révolution, théoricien du droit, New York, 1904.
  • Elisabeth Badinter, Robert Badinter, Condorcet(1743-1794), un intellectuel en politique, Paris, Fayard, 1988.

Roman[modifier | modifier le code]

  • Jérôme Garcin: C'était tous les jours tempête, Gallimard, 2002. Portait romancé de Marie-Jean Hérault de Séchelles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]