Dédale

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Icare et Dédale, par Charles Paul Landon (1799)

Dédale (en grec ancien Δαίδαλος / Daídalos, adjectif signifiant « artistement travaillé », « l'Astucieux ») est un personnage de la mythologie grecque, un Athénien, descendant de la famille royale issue de Cécrops. Il est principalement connu pour être un inventeur, un sculpteur et un grand architecte, alliant génie esthétique et ingéniosité technique et pour avoir notamment conçu le labyrinthe pour enfermer le Minotaure.

Platon dans son Ménon (97d-98a) cite les statues de Dédale, « si saisissantes de vérité qu’il fallait, selon la légende, les enchaîner pour les empêcher de s’enfuir » ; et dans l' Alcibiade majeur (121a et 282 a) il rappelle que Dédale est le patron des sculpteurs[1].

Le mythe[modifier | modifier le code]

Fuyant les poursuites suite à la mort de son neveu Talos, qu'il avait précipité du haut de l'Acropole, jaloux de ses découvertes qu'il veut s'approprier, Dédale trouve refuge en Crète auprès de la cour du roi Minos. Pasiphaé, la femme du roi, lui demande de créer une vache en bois, un leurre pour qu'elle puisse s'accoupler avec le taureau blanc. C'est ainsi que naît le Minotaure ; Minos commande alors la création d'un labyrinthe pour y enfermer cette aberration de la nature.

Dédale donna la solution pour sortir du labyrinthe à Ariane : utiliser un fil de laine déroulé[2] qu'il suffit de suivre jusqu'à la sortie. Cette dernière remit la laine à Thésée, qui s'en servit pour sortir du labyrinthe après avoir tué le Minotaure. Minos ayant perdu son pari avec Thésée, il fait alors enfermer Dédale et son fils, Icare, dans le labyrinthe. Ne pouvant en sortir sans fil pour le guider jusqu'à la sortie, Dédale eut alors l'idée de créer des ailes pour lui et son fils afin de quitter le labyrinthe par les airs. Comme ces ailes étaient confectionnées avec de la cire et des plumes, Dédale conseilla à son fils de ne pas monter trop haut dans le ciel. Tandis que Dédale respectait ses propres conseils, Icare chercha au contraire à se rapprocher du soleil, ce qui eut pour effet de faire fondre la cire et de le précipiter dans la mer, où il mourut.

Dédale, délaissant son fils, continua son vol et trouva refuge en Sicile auprès du roi Cocalos. Rendu furieux par cette fuite, Minos décida de retrouver Dédale. Pour y parvenir, il utilisa la ruse. Il eut alors l'idée de lancer un défi que seul un homme comme Dédale pouvait réussir. Il promit une forte récompense à celui qui réussirait à accrocher un fil au fond d'une coquille d'escargot. Pour relever le défi, Dédale eut l'idée d'accrocher le fil à une fourmi, cette dernière se faufilant ensuite dans la coquille.

Sachant qu'une personne avait réussi le défi en Sicile, Minos sut alors que Dédale s'y trouvait. Le roi Cocalos refusa cependant de livrer Dédale, ce qui provoqua une guerre entre la Sicile et la Crète. Selon une tradition différente, Cocalos aurait tendu un piège à Minos. Il fit mine de l'inviter pour lui livrer Dédale et le convia à partager le bain de ses trois filles. Mais c'est Dédale qui avait fabriqué la baignoire et Minos mourut ébouillanté.

Analyse[modifier | modifier le code]

Pour François Jacob, « Dédale incarne la techné (la technique) qui permet d'atteindre à la maîtrise du monde... qui permet à ses clients de s'abandonner à leur hybris, d'atteindre leurs folles entreprises... En Dédale se profile une science sans conscience... »[3]

À chaque problème de ses maîtres, Dédale est un auxiliaire qui trouve une solution à leur problème et aussi une nouvelle solution au nouveau problème que celle-ci provoque : la cire des ailes est la solution pour s'échapper du labyrinthe, lui-même étant la solution pour enfermer le Minotaure, lui-même étant le fruit conséquent de sa vache en bois conçue pour Pasiphaé.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les sculpteurs tenaient Dédale pour leur ancêtre commun (Jean-François Pradeau et Chantal Marbœuf, Platon, Flammarion, 2008, p. 22 )
  2. passé dans le langage courant dans l'expression fil d'Ariane
  3. La Souris, la Mouche et l'Homme, Odile Jacob, 1997 (ISBN 2738108364[à vérifier : isbn invalide]).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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