Cinéma indien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le cinéma indien est considéré comme la plus importante production cinématographique du monde. En Occident, on le désigne souvent par le terme Bollywood bien que celui-ci désigne en réalité uniquement le cinéma en hindi tourné à Mumbai. Le cinéma indien est tourné dans une multitude de langues, notamment en tamoul (Kollywood), télougou (Tollywood) ou malayalam (Mollywood).

Présentation[modifier | modifier le code]

Elgin Talkies, le premier cinéma d'Inde, ouvert en 1896 à Bangalore

L'histoire du cinéma en Inde débute le 7 juillet 1896 par la projection de six courts métrages des frères Lumière à l'hôtel Watson de Bombay. En 1912, Dadasaheb Phalke, que l'on considère comme le père du cinéma indien, tourne le premier film de fiction, Raja Harishchandra, un épisode du Mahabharata qui est présenté à la presse et à quelques invités le 21 avril 1913. Le film, que son réalisateur emporte lui-même de village en village, connaît un énorme succès.

Vers 1920, l'industrie cinématographique indienne produit une trentaine de films par an. Dès les années 1930 et l'apparition du cinéma parlant, la production annuelle dépasse 200 films. En 1931, Alam Ara, avec ses dialogues en hindi et ses sept chansons, est le modèle de ce que deviendra la majeure partie de la production indienne. La surenchère, cependant, fera qu'un film comme Indrasabha comprendra 71 chansons. Une chose remarquable est la rapide diffusion du film parlant dans l'Inde entière et dans toutes les « langues filmées », Ayodhiyecha Raja (1932) en marathi, Narasinh Mehta en gujarati (1932), Dhurvkumar en kannada (1934), Sita Bibaha en oriya (1934), Joymati en assamais (1935), Sheila en punjabi (1935) et Balan en malayalam (1938).

Dans les années 1950, le cinéma indien connaît un double âge d'or. Celui-ci tient d'abord à une reconnaissance internationale, liée à la présentation au festival de Cannes de La Complainte du sentier (Pather Panchali, 1955), un film d'inspiration néoréaliste réalisé par Satyajit Ray. C'est le premier film de son réalisateur, qui restera longtemps le cinéaste indien le plus reconnu en occident (recevant par exemple un oscar pour l'ensemble de son œuvre, en 1992). Dans une moindre mesure, cet intérêt international s'étend à deux autres cinéastes bengali : Ritwik Ghatak et Mrinal Sen.

Mais les années 50 sont aussi la décennie glorieuse du cinéma populaire musical hindi. Cet âge d'or est paradoxalement lié à la chute des grands studios, amorcée dès les années 40 par l'arrivée de petits producteurs indépendants payant leurs salariés au cachet : brisant les contrats liant les acteurs et techniciens aux grands studios, ces nouveaux producteurs provoquent un effondrement de l'infrastructure des majors (ainsi qu'un rapide emballement du star-system). Certains jeunes cinéastes se retrouvent alors contraints d'être leurs propres producteurs (voire de créer leur propre studio), jouissant de fait d'une liberté créatrice inédite (choix du sujet, écriture du scénario, final cut...), mais étant aussi condamnés au succès (puisqu'un seul échec financier peut condamner leur maison de production, et donc la production de leur film suivant)[1]. En découle un cinéma à la fois populaire et artistiquement ambitieux, mené par des cinéastes comme Raj Kapoor, Guru Dutt, Mehboob Khan ou Bimal Roy.

Les portes du marché international ne s'ouvriront cependant réellement qu'au début des années 2000, grâce au succès de Lagaan, La Famille indienne et de Devdas, des productions soignées. En mai 2006, le distributeur Eros fait son entrée sur la Bourse de Londres.

L'Inde est le premier producteur de films par an au monde - 1 200 pendant l'année 2002 - . Les films indiens diffèrent de manière significative de tout autre genre de films dans le monde. La plupart des films indiens sont mélodramatiques, d'une durée longue. Le cinéma indien se présente néanmoins comme un redoutable concurrent pour le cinéma hollywoodien.

La musique filmi joue un rôle significatif dans le cinéma indien, assumant une part du support narratif, favorisant la synthèse des scénarios, facilitant la participation du public à ce que le cinéma doit être : une fête aussi bien pour les yeux que pour les émotions.

Diversité linguisitique[modifier | modifier le code]

Films indiens en 2011 classés par langue[2]
Langue Nombre de films
Hindi 206
Télougou 192
Tamoul 185
Kannada 138
Bengali 122
Marathi 107
Malayalam 95
Bhojpuri 74
Gujarati 59
Oriya 38
Pendjabi 8
Assamais 7
Anglais 6
Rajasthani 5
Haryanvi 3
Dakhani 2
Autres 1 chacun
Total 1255

Si le cinéma en hindi est le plus connu et le plus diffusé, en Inde et ailleurs dans le monde, la diversité des langues et des références culturelles indiennes a favorisé le développement d'un cinéma varié dont les productions en hindi, tamoul et télougou représentent 60 % du total.

L'utilisation du mot-valise Tollywood a été utilisé pour la première fois en 1932 pour désigner le cinéma en bengali tourné à Tollygunge (Calcutta) : « Tollygunge » + « Hollywood ». Ce terme a inspiré l'utilisation du nom Bollywood (« Bombay » + « Hollywood ») pour désigner le cinéma en hindi puis a été décliné en fonction des différentes langues[3] :

Infrastructure[modifier | modifier le code]

L'Inde disposait en 2004 d'environ 13 000 salles de cinéma et 73 salles multiplex[4]. Plusieurs millions d'Indiens fréquentent quotidiennement les salles, malgré l'avènement de la télévision. Il existe encore de très anciennes salles (des années 1930) dans le pays[réf. nécessaire].

Films notables[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Inde aux Oscars.

Principaux acteurs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dynasties de Bollywood.
  • Acteurs :

Shahrukh Khan - Akshay Kumar - Aamir Khan - Saif Ali Khan - Salman Khan - Arjun Rampal - Hrithik Roshan - Tusshar Kapoor - Fardeen Khan - Zayed Khan - Riteish Deshmukh - Ranbir Kapoor - Amitabh Bachchan - Abhishek Bachchan - Sanjay Dutt - Ajay Devgan - Vivek Oberoi - Harman Baweja - Govinda - Anupam Kher - Akshaye Khanna - Shiny Ahuja - Sohail Khan - Mithun Chakraborty - Naseeruddin Shah - Paresh Rawal - Nana Patekar - Anil Kapoor - Sonu Sood - Bobby Deol - Irfan Khan - Dharmendra - Sunny Deol - Rishi Kapoor - Imran Khan - Shahid Kapoor - Dilip Kumar - Raj Kapoor - Dino Morea - Shammi Kapoor - M. G. Ramachandran - Kamal Haasan

  • Actrices :

Kajol - Aishwarya Rai - Madhuri Dixit - Katrina Kaif - Shilpa Shetty - Preity Zinta - Rani Mukherji - Sridevi - Priyanka Chopra - Kirron Kher - Vidya Balan - Rimi Sen - Raima Sen - Konkona Sen Sharma - Smita Patil - Amrita Rao - Kareena Kapoor - Karisma Kapoor - Bipasha Basu - Genelia D'Souza - Sameera Reddy - Ameesha Patel - Lara Dutta - Sushmita Sen - Juhi Chawla - Sonali Bendre - Tulip Joshi - Diya Mirza - Hema Malini - Tabu - Neha Dhupia - Celina Jaitley - Urmila Matondkar - Manisha Koirala - Kangana Ranaut - Riya Sen - Tanushree Datta - Sonal Chauhan - Jiah Khan - Rekha - Sonali Kulkarni- Smriti Mishra- Nargis - Waheeda Rehman - Shabana Azmi - Sharmila Tagore

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Encyclopaedia of Indian Cinema. Par Rajadhyaksha, Ashish et Paul Willemen. En anglais - Encyclopédie (environ 1 000 films traités). ed. Londres (British Film Institute) 1999 - ISBN 0-85170-669-X
  • Les Cinémas de l'Inde. Par Yves Thoraval. Un siècle de cinéma indien. ed. L'Harmattan - ISBN 2-7384-6417-3
  • Les Cinémas indiens. Par Aruna Vasudev et Philippe Lenglet. ed. Le Cerf - ISBN 2-204-02259-4
  • Indomania. Le cinéma indien des origines à nos jours. Ouvrage réalisé dans le cadre de la rétrospective de la Cinématèque française. 1996. ISBN 2-900596-14-9

Notes[modifier | modifier le code]

  1. - Charles Tesson, "Le rêve indien", p.46-48, Cahiers du cinéma n°369
  2. « CENTRAL BOARD OF FILM CERTIFICATION Annual Report » [PDF] (consulté le 13 juillet 2012)
  3. Sarkar, Bhaskar (2008). "The Melodramas of Globalization". Cultural Dynamics 20 (1): 31–51 [34].
  4. « Indian cinema events » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-05-30

Liens internes[modifier | modifier le code]

Listes et catégories[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :