David Strauss

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David Strauss

David Friedrich Strauss, né à Ludwigsbourg, près de Stuttgart le 27 janvier 1808 et mort à Ludwigsburg le 8 février 1874, est un historien et théologien allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de théologie, pendant lesquelles il lit Hegel et Schleiermacher, il est répétiteur de philosophie au séminaire protestant de Tübingen de 1832 à 1835, là où Hegel, Schelling et Hölderlin avaient été élèves 45 ans auparavant.

Son premier ouvrage est La Vie de Jésus (Das Leben Jesu), paru en 1835 et traduit en français par Émile Littré entre 1839 (tome 1) et 1853 (tome 2). Ce livre a scandalisé son époque en montrant un Jésus historique et non divin et par sa vision des évangiles comme récit inconscient des premières communautés chrétiennes. Après la publication de cet ouvrage, David Strauss fut révoqué et vécut désormais comme professeur de lycée et homme de lettres dans sa ville natale.

Sous l'influence de la philosophie hégélienne de l'histoire, Strauss est amené à replacer le message de Jésus dans la culture et la religiosité de son temps, qu'il oppose à la dogmatique des églises du XIXe siècle.

Son travail historique sur le nouveau testament fait de lui l'un des pionniers de l'investigation historique sur Jésus. Les positions de Strauss ont été critiquées, entre autres, par Bruno Bauer dans sa Kritik der evangelischen Geschichte der Synoptiker (1840-1841) et dans Philo, Strauss, Renan und das Urchristentum (1874) : ces critiques portent, notamment, sur la priorité chronologique de Marc par rapport à Matthieu et à Luc, que Strauss contestera tout au long de sa vie en dépit des travaux décisifs de Christian Hermann Weisse (Die evangelische Geschichte kritisch und philosophisch bearbeitet paru en 1838) et de Christian Gottlob Wilke (Der Urevangelist,également paru en 1838) et sur la conscience messianique de Jésus au sujet de laquelle Bauer reste réservé[1]

  • 1837 Strauss répond aux critiques (Streuschriften zur Verteidigung meiner Schrift über das Leben Jesu).
  • Dans la troisième édition de l'ouvrage (1839), et dans les Zwei friedliche Blättler, il a fait des concessions importantes à ses critiques, qu'il retire dès la quatrième édition (1840). L'œuvre est traduite en anglais par George Eliot (avec une préface en latin par Strauss, 1846).
  • 1840 et l'année suivante, il a édité son Christliche Glaubenslehre (2 volumes), dont le principe est que l'histoire des doctrines chrétiennes est leur désintégration.
  • Avec ce livre, il retourne à la théologie, et deux ans plus tard (1864), il publie son Leben Jesu für das deutsche Volk (13e édition en 1904) qui ne produit pas un effet comparable à celui de la première Vie. Les réponses à ce livre sont nombreuses ; Strauss leur répond dans son pamphlet Die Halben lend die Ganzen (1865), dirigé particulièrement contre Schenkel et Ernst-Wihlem Hengstenberg.
  • 1865 son Christus des Glaubens und der Jesus der Geschichte (traduction française Le Christ de la foi et le Jésus de l'Histoire) est une critique sévère des conférences posthumes de Schleiermacher qui venaient d'être éditées sous le titre La Vie de Jésus. L'expression est demeurée d'un usage classique, et passée dans le langage courant des exégètes du Nouveau Testament. Il suffit de voir le nombre de "Vies de Jésus" publiées dans le cadre de cette recherche dont la plus célèbre est probablement celle d'Ernest Renan.

En 1872, il publie L'Ancienne et la Nouvelle Foi, dont Nietzsche dans la première des Considérations inactuelles critique l'historicisme, hostile à la vie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Schweitzer, The Quest of historical Jesus : A critical study of Its Progress from Reimarus to Wrede, trad. de l'allemand par W. Montgomery, réed. Dover,2005 (1911), p. 140 s.

Articles connexes[modifier | modifier le code]