Entomophagie

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L’entomophagie est la consommation d'insectes[Note 1]. Ce terme est plus couramment appliqué à l'être humain. Dans le cas de la consommation d'insectes par les animaux on parle plutôt d'un régime alimentaire insectivore, sauf dans le cas d'un insecte polyphage. En ce qui concerne l'humanité, de nombreux peuples consomment des insectes, parfois recherchés comme des friandises. On a recensé plus de 1 900 espèces appartenant à 628 genres et 112 familles consommés par 3 000 ethnies différentes[1] et faisant partie de la consommation alimentaire régulière d'au moins 2 milliards de personnes[2], mais ce nombre constitue une limite basse : un biais culturel concernant l’entomophagie pourrait ne pas motiver à chercher une identification précise des espèces consommées. L'homme ingurgite à son insu 500 grammes d'insectes en moyenne par an, dissimulés dans les fruits, les confitures de framboise ou le pain[3].

Les insectes les plus utilisés dans l'alimentation humaine sont les abeilles (l'espèce domestique comme les espèces sauvages) à travers l'une de ses productions : le miel. Celui-ci, qu’il soit liquide ou visqueux, a été passé dans un filtre afin de le débarrasser de ses impuretés (morceaux de cire et éventuellement larves). La qualité nutritive du miel non filtré serait pourtant appréciée par plusieurs peuples[4]. C’est le cas aussi de la chasse au miel sauvage. C’est le goût considéré comme agréable des larves de Xylocopa confusa et X. latipes qui les ferait préférer au miel de Trigona [5].

Les groupes d'insectes les plus consommés sont les coléoptères (la moitié étant des Cerambycidae et Scarabaeidae)[6], des lépidoptères (surtout sous forme de chenille ou de chrysalide)[7], d'hyménoptères (la majorité étant des Meliponidae)[6], des orthoptères (surtout des Acrididae)[8] et quelques autres groupes dont les termites (isoptères), les hémiptères, etc.

Insectes frits vendus sur un étal à Bangkok en Thaïlande.
Nèpes géantes frites sur un marché en Thaïlande.
Ver du maguey, dans un restaurant à Polanco, Mexico.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant que les hommes aient des outils pour la chasse ou à l'agriculture, les insectes peuvent avoir représenté une partie importante de leur régime alimentaire, comme en attestent les nombreux fragments d'insectes (coléoptères, criquets, poux, tiques, mites) retrouvés dans les coprolithes humains de grottes aux États-Unis 9 500 ans BP et au Mexique 5 400 ans BP[9]. Les précurseurs de l'Homo sapiens actuel étaient probablement aussi entomophages. Certains chercheurs suggèrent que les premiers primates étaient des animaux nocturnes arboricoles insectivores. De même, les singes actuels ou les primates existants, tels les ouistitis et les tamarins sont également insectivores à des degrés divers[10].

Alors qu'il est dans le désert, Jean le Baptiste « vivait de sauterelles (criquets) et de miel sauvage »[11].

Bien que les insectes sont généralement considérés comme des sources alimentaires de faible rendement énergétique (gain faible à cause de leur petite taille par rapport au coût énergétique de leur collecte) par rapport au gibier, leur abondance (dans les forêts tropicales, la biomasse d'insectes est quatre fois plus élevée que celle des vertebrés) et le développement de techniques de collecte de masse invite les chercheurs à réinterpréter leur importance dans le régime alimentaire des hommes dans la littérature archéologique et anthropologique[12].

La valorisation de la consommation d’insectes[modifier | modifier le code]

Quelques spécialistes estiment que la consommation d’insectes devrait être intégrée aux programmes de développement[13]. Comme vu précédemment, il existe des arguments nutritionnels en faveur de l’entomophagie : richesse en vitamines, en fer et en acides aminés, qualité des protéines et des graisses, etc.

La valorisation de cette consommation passerait par la mise en place de programmes de production de masse, sous réserve que les insectes ne concentrent pas eux-mêmes de produits toxiques inoffensifs pour eux, mais nocifs pour l'homme. Dans le cas de Anaphe venata, un papillon de la famille des Notodontidae, cette production permettrait de contrebalancer la régression de son arbre hôte, Triplochiton scleroxylon [14].

L’occidentalisation des sociétés traditionnelles produit des effets contradictoires. Dans certains cas, les élites ne sont pas enclines à consommer des insectes, invoquant des questions de modernité. Dans d’autres cas, comme le note Silow (1976) en Zambie, le mouvement de libération nationale s’accompagne de l’appropriation de ces traditions ancestrales.

Entomophagie et qualité sanitaire[modifier | modifier le code]

Mais, comme toute source alimentaire, la consommation d’insectes doit répondre aux mêmes exigences de qualité sanitaire que d’autres produits. Ainsi, une étude d’Adamolekum (1993) montre que la consommation de chenille d’Anaphe venata pourrait avoir un lien avec le syndrome saisonnier ataxique.

La protection de la biodiversité[modifier | modifier le code]

Le lien entre l’entomophagie et la protection de la biodiversité a été soulignée par divers auteurs[15]. Ainsi au Malawi, le service responsable des parcs et réserves du pays, a permis, au début des années 1990, la récolte des chenilles et l’apiculture à l’intérieur du parc national de Kasungu dans le but d’augmenter le revenu des familles ainsi que de contribuer à la protection de l’environnement. Alors que les chenilles deviennent presque impossibles à trouver en dehors du parc à cause de la disparition de leurs arbres hôtes, tout comme l’apiculture est devenue presque impossible à cause de la réduction du nombre de plantes hôtes, 100 % des familles vivant dans le parc pratique de l’apiculture et ont recours aux produits de la forêt.

Lutte biologique[modifier | modifier le code]

La consommation d'espèces ravageuses des cultures peut être une alternative à l'emploi de pesticides.

Entomophagie et effet de serre[modifier | modifier le code]

L'agriculture d’élevage produit 18 % du dioxyde de carbone et 64 % des émissions d'ammoniac produits par l'homme. Une étude en 2010 sur cinq espèces d’insectes Tenebrio molitor, Acheta domesticus, Locusta migratoria, Pachnoda marginata, et Blaptica dubia révèle qu'ils émettent 99 % de gaz à effet de serre en moins par rapport aux bovins[16].

Entomophagie en Afrique[modifier | modifier le code]

Les chenilles et les termites (les adultes ailés) sont les insectes le plus consommés et commercialisés en Afrique mais de nombreuses autres sortes ou espèces sont localement importantes, que ce soit pour des raisons économiques, écologiques ou nutritionnelles. On dispose d'études récentes sur la consommation d'insectes dans plusieurs pays.

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Le Pedi considère que les insectes sont supérieurs aux autres mets. Lors des périodes de récolte des chenilles Gonombrasia belina la vente de bœuf connaît une baisse sensible[17]. Une estimation des années 1960 indiquait que plus de 1 600 tonnes de chenilles de cette espèce étaient récoltées chaque année, chiffre ne tenant pas compte des chenilles directement consommées par les récoltants. Des centaines de tonnes, récoltées en Afrique du Sud et au Botswana étaient commercialisées en Zambie et au Zimbabwe.

Angola[modifier | modifier le code]

Oliveira et al. (1976) signalent quelques espèces qui sont consommées : un termite (Macrotermes subhyalinus), une larve de Curculionidae vivant dans les palmiers (Rhynchophorus phoenicis) et une chenille (Usta terpsichore).

La Réunion[modifier | modifier le code]

Les nids de guêpes maçonnes (Polistes hebraeus) sont recherchés de janvier à mars (été austral) et les larves sont consommées frites ou "en rougail" (avec tomates et épices). Les nids sont parfois vendus sur le bord de la route, enfilés sur une tige de graminée. Les "zendettes" (larves de gros coléoptères xylophages, comme le « ton jacques » (Batocera rufomaculata)), sont encore parfois consommées, ainsi que la larve d'un gros charançon originaire de Madagascar ( Aphiocephalus limbatus[18] qui se développe dans les fruits du "vacoa" (Pandanus utilis).

Malawi[modifier | modifier le code]

De nombreuses espèces d’insectes sont consommées dans ce pays parfois de façon saisonnière. La consommation de chenilles de Gonimbrasia belina et de Gynanisa maja, dans le parc de Kasungu, se fait de mi-octobre à décembre, au moment de l’année où les réserves alimentaires sont au plus bas. De plus, l’autorisation, par les responsables du parc, de la récolte des chenilles contribue au maintien de la biodiversité (voir plus bas).

Il y a aussi consommation des adultes du diptère Chaoborus edulis.

Nigéria[modifier | modifier le code]

L’entomophagie est largement répandue au Nigeria mais est plus commune dans les zones rurales que dans les zones urbaines. Comme ailleurs, les couches sociales les plus éduquées sont aussi celles qui abandonnent le plus volontiers l’entomophagie considérée comme faisant partie du passé.

Comme dans d’autres pays africains, les chenilles de Cirina forda sont très prisées et sont vendues, au poids, deux fois plus cher que la viande de bœuf[19].

République démocratique du Congo (Zaïre)[modifier | modifier le code]

Plus de 65 espèces appartenant au moins à 22 familles différentes sont consommées en République démocratique du Congo. Une étude de 1961[20] estime que les insectes représentent 10 % des protéines d'origine animale consommées par les populations, soit 5 000 tonnes métriques. Cette part varie fortement en fonction des régions du Congo car elle peut atteindre 64 % à certains endroits. Une autre étude de 1980[21] liste 35 espèces différentes de chenilles dans le sud du pays. Connaissant les besoins écologiques de certaines espèces, les habitants font chercher des jeunes chenilles dans la région pour les installer sur un arbre de l'espèce dont elles se nourrissent à proximité de leur domicile. Chez les Yansi, la consommation de chenilles est considérée comme la règle et celle de viande comme l’exception[22].

République du Congo[modifier | modifier le code]

La consommation de chenilles autour de Brazzaville a été estimée[23] à 30 grammes par jour et par personnes. On trouve sur les marchés notamment des orthoptères ; la larve de Rhynchophorus phoenicis est très recherchée et se vend à un prix élevé.

Zambie[modifier | modifier le code]

La consommation de chenilles se fait durant la saison humide (de novembre à février) et constitue alors l’une des principales sources de protéines (plus de 30 % de leurs poids secs). Les Mbunda distinguent 31 espèces de chenilles, dont 7 font l’objet d’un véritable commerce[24]. Les Mbunda, les Nkangala, les Lucazi, les Luvale, les Cokwe et les Yauma estiment que les termites (des adultes sexués de Macrotermes sp.) constituent la meilleure des nourritures, plus délicieuse que la viande ou le poisson. Seules quelques espèces de chenilles peuvent leur être comparées[25].

Madagascar[modifier | modifier le code]

À Madagascar, certaines ethnies (il en existe 18) consomment des larves de plusieurs insectes. La larve la plus prisée est celle d'une guêpe locale Polistes hebraeus et se récolte en groupe avec le nid. Les andettes, zendètes, sont des larves de coléoptères (de longicornes) consommatrices de bois en décomposition et récoltées une par une dans les milieux naturels des Hauts  : une espèce indigène Megopis mutica, une espèce acclimatée Batocera rufomaculata, et éventuellement d'une espèce de charançon Aphiocephalus limbatus également consommée à l'Ile de la Réunion[26].

Habituellement ces larves sont consommées frites au beurre ou au beurre à l'ail et persil.

Dans le nord-est de l'île, plus particulièrement dans la région d'Antalaha, on a l'habitude de consommer une espèce de fulgorelle appelée Sakondry (Pyrops tenebrosa), bouillie puis frit dans sa graisse.

Entomophagie en Amérique[modifier | modifier le code]

Colombie[modifier | modifier le code]

Les amérindiens Yukpa, de l’Est du pays, consomment au moins 25 espèces différentes, appartenant à 22 genres répartis en 7 ordres[27]. La consommation varie parfois de façon saisonnière et suivant le sexe. Les Tukanoan consomment plus de vingt espèces[28] : elles représentent une moyenne annuelle de 5 à 7 % des protéines consommées mais cette part atteint 12 % pour les hommes et 26 % pour les femmes.

Le département de Santander est connu pour ses hormiga culona (qu'on peut traduire par "fourmi à gros derrière") qui est une fourmi coupeuse de feuille Atta laevigata. Seules les reines sont consommées. Elles sont récoltées lors de leur vol nuptial.

Mexique[modifier | modifier le code]

  • la chenille du papillon ravageur de l'agave Hypopta agavis (voir ci-dessous) est consommée frite, comme friandise (d'ailleurs assez coûteuse), par exemple à l'apéritif.
  • Le goût de Lethocerus indicus et de Corisella mercenaria est réputé très fort[5]
  • les escamoles (œufs de fourmis) sont, en saison, consommés avec une sauce à l'ail, par exemple à l'apéritif. Ce mets est lui aussi assez coûteux.
  • Les Chapulines sont des criquets consommés frits avec des piments, de l'ail ou du jus de citron.

Les "vers" des bouteilles de mezcal[modifier | modifier le code]

  • Les producteurs ajoutent toujours une chenille du papillon ravageur de l'agave Hypopta agavis (en espagnol chilocuil, chinicuil, ou tecol, mots provenant du nahuatl). Ces larves (qui ne sont donc pas des vers) se nourrissent des feuilles succulentes de la maguey. Ils ne sont pas considérés comme des ravageurs, puisqu'ils sont utilisés dans la cuisine traditionnelle Nord-Mexicaine. Les chenilles rouges sont connues comme gusanos rojos, "vers rouges", donnant ce nom à une marque populaire de mezcal.
  • Il y a une deuxième espèce de "vers" placés dans les bouteilles de mezcal, apportant une couleur et saveur unique au breuvage. L'autre espèce de larve, moins appréciée, est celle de Scyphophorus acupunctatus (coléoptère curculionidé)

Entomophagie en Asie[modifier | modifier le code]

Chine[modifier | modifier le code]

Les Chinois élaborent un thé réputé posséder des vertus diététiques à partir d'excréments de chenilles de papillons nocturnes (''Hydrillodes''), le chōng cha ou thé de vers[29].

Thaïlande[modifier | modifier le code]

En Thaïlande, l’entomophagie est de coutume et les insectes sont d’ailleurs présents dans les supermarchés. Par ailleurs des vendeurs ambulants se promènent à vélo pour vendre leurs insectes la nuit en « grignotage ». Cette activité leurs rapporte aux alentours de 20€ par nuit.[réf. nécessaire]

Indonésie[modifier | modifier le code]

Japon[modifier | modifier le code]

Locuste bouilli dans de la sauce soja et du sucre (Inago no tsukudani)

En 1919, un rapport officiel énumère comme comestibles au Japon 55 espèces d’insectes, notamment les sauterelles et des larves de scarabées. Actuellement, seuls les frelons et les guêpes semblent être régulièrement mangés au Japon[33].

Laos[modifier | modifier le code]

Sauterelles frites en vente à Vientiane (février 2010)
  • Dundubia intemerata est consommée bouillie ce qui fait considérer sa consommation plus proche de celle d’un légume que d’un animal[5]. La larve de Oryctes rhinoceros est cuite dans du lait de noix de coco durant une heure avant d’être rôtie. La grande nèpe Lethocerus indicus, plus de 7 cm de longueur, est très recherchée ; bouillie avec des crevettes, son goût rappelle le gorgonzola.
  • Une sauce très populaire également, nommée namphla est un mélange de crevettes, de jus de citron, d’ail, de poivre et de Lethocerus indicus.

Entomophagie en Océanie[modifier | modifier le code]

Australie[modifier | modifier le code]

Certaines ouvrières d'espèces de fourmi appelées fourmi pot-de-miel, comme Camponotus inflatus conservent du miellat dans leur abdomen pour nourrir leurs congénères. Elles sont très appréciées par les Aborigènes qui les considèrent comme des sucreries.

Ils consomment aussi les chenilles de Endoxyla leucomochla qui parasitent les racines de Acacia kempeana.

Nouvelle-Calédonie[modifier | modifier le code]

En Nouvelle-Calédonie, on consomme le ver de bancoule, larve pouvant mesurer 8 cm de long sur 2 cm de diamètre et se nourrissant du bois du bancoulier. Une fête annuelle lui est consacrée à Farino tous les ans.

Entomophagie en Europe[modifier | modifier le code]

La consommation d’insectes n'est pas à proprement parler courante actuellement dans les pays européens. Les insectes y sont plutôt perçus comme d’utiles recycleurs que comme une source de nourriture. Toutefois, le miel est très largement utilisé et des fourmis au chocolat sont en vente sur internet[35]. Le miellat, qui provient d'excréments de pucerons régurgités par des abeilles, est très prisé dans les pays anglo-saxons.

En revanche, dans l'Antiquité, les Grecs appréciaient les cigales et les Romains les larves de scarabées[36].

Des insectes (ou des araignées et autres arachnides) ont aussi été consommés en Occident parce qu’on leur prêtait des vertus médicinales. Ainsi un manuel de médecine de 1760 signé par le Dr Watson[5] signale que la consommation des araignées accompagnées de raisin ou de pain et de beurre soigne mieux le paludisme que le quinquina.

Les larves de la mouche du fromage servent à l'affinage du Casu marzu. Mais on emploie plus volontiers des acariens comme les cirons pour le Velay, la Mimolette ou certaines tommes; et d'autres espèces comme Tyrophagus casei pour le Milbenkäse.

France[modifier | modifier le code]

La Fédération française des producteurs, importateurs et distributeurs d'insectes (FFPIDI) est chargée du développement et de la structuration de la filière insectes. Elle s'attache à apporter des garanties pour le consommateur, qu'il s'agisse de traçabilité comme de qualité des produits.

Le Forum des Entomovores[37] vise quant à lui à rassembler tous les consommateurs d'insectes de France, des autres pays occidentaux et de partout ailleurs dans le monde. L'objectif étant de lancer le mouvement Entomovore, au même titre que d'autres convictions alimentaires (alimentation biologique, végétarisme, locavorisme, Slow Food, freeganisme, etc.).

Il a été annoncé en 2015 l'ouverture en région parisienne de la première usine européenne de production d'insectes. Cette introduction d'insectes dans l'alimentation animale viserait notamment à se départir de la dépendance de l'Europe au soja importé d'Amérique du Sud pour nourrir les volailles[38].

Micronutris entreprise française spécialisée dans l'élevage et l'élaboration de produits à base d'insectes.

Par ordres et espèces[modifier | modifier le code]

Les coléoptères[modifier | modifier le code]

Les ténébrions ou vers de farine[modifier | modifier le code]

Le ténébrion meunier Tenebrio molitor est un insecte très courant dans les entrepôts de grains et les boulangeries, ce qui explique son appellation courante : « ver de farine ». On considère que seule la larve est comestible. L'insecte adulte est un coléoptère noir de 1 à 2 cm. La larve peut être dégustée vivante, comme apéritif, et possède un goût très fin qui s'apparente à celui de la noix.

Les diptères[modifier | modifier le code]

Les hémiptères[modifier | modifier le code]

Les homoptères[modifier | modifier le code]

Les hétéroptères[modifier | modifier le code]

Les hyménoptères[modifier | modifier le code]

Les isoptères[modifier | modifier le code]

Les lépidoptères[modifier | modifier le code]

Les orthoptères[modifier | modifier le code]

Les sauterelles sont consommées pratiquement partout en Afrique, et ce depuis l'Antiquité ; les Éthiopiens en faisaient provision au printemps pour s'en nourrir toute l'année[39]. Le criquet nomade est apprécié en Afrique australe et à Madagascar. Le criquet migrateur (Locusta migratoria Linnaeus, 1758) est très apprécié par les populations sahariennes, d'autant que l'islam recommande sa consommation : « Celui qui ne mange pas de mes criquets, de mes chameaux et de mes tortues, n'est pas digne de moi dit le prophète »[40].

Les grillons peuvent faire partie de la cuisine laotienne.
  • Gryllidae (grillons) : consommés frits en Asie du Sud-Est

Autres arthropodes apparentés aux insectes[modifier | modifier le code]

Les araignées[modifier | modifier le code]

Les acariens[modifier | modifier le code]

  • des cirons saupoudrés au-dessus de certains fromages permettent leur affinage et leur donnent du goût. Voir Mimolette vieille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce qui ne concerne ni les arachnides ni les gastéropodes

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ramos-Elorduy (1998) : 3-4.
  2. (en) Arnold van Huis, Joost Van Itterbeeck, Harmke Klunder, Esther Mertens, Afton Halloran, Giulia Muir et Paul Vantomme, « Edible insects. Future prospects for food and feed security », document de la Food and agriculture organization, Rome, 2013. En lire la synthèse en français.
  3. « Larves et insectes bientôt dans toutes nos assiettes ? », sur Le Soir,‎ 20 janvier 2011
  4. Crane (1999) : 551-553.
  5. a, b, c et d Bristowe (1953).
  6. a et b Ramos-Elorduy (1998) : 20.
  7. Ramos-Elorduy (1998) : 21.
  8. Ramos-Elorduy (1998) : 23.
  9. (en) Scott Elias, « The use of insect fossils in archaeology », Developments in Quaternary Sciences, vol. 12,‎ 2010, p. 89-12
  10. (en) W.C. McGrew, Chimpanzee Material Culture : Implications for Human Evolution, Cambridge University Press,‎ 1992, p. 153–154
  11. Dominique Mariau, L'univers fascinant des insectes : Nos amis, nos ennemis, Éditions L'Harmattan,‎ 2012, p. 185
  12. (en) Joost Van Itterbeeck et Arnold van Huis, « Environmental manipulation for edible insect procurement: a historical perspective », Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine, vol. 8, no 1,‎ 2012, p. 3 (DOI 10.1186/1746-4269-8-3)
  13. Voir Nkouka (1987), Bani (1993 et 1995), et surtout DeFoliart (1999)
  14. Voir M.O. Ashiru (1988).
  15. Voir notamment Munthali et Mughogho (1992) et DeFoliart (1997).
  16. (en) Dennis Oonincx et coll, « An Exploration on Greenhouse Gas and Ammonia Production by Insect Species Suitable for Animal or Human Consumption », PLoS One,‎ 29 décembre 2010 (lire en ligne)
  17. Quin (1959).
  18. Aphiocephalus limbatus Olivier, 1790 sur fruitsdelapassion.net
  19. DeFoliart (1999).
  20. Gomez et al. (1961).
  21. Malaisse et Parent (1980).
  22. Muyay (1981).
  23. Voir Nkouka (1987).
  24. Silow (1976).
  25. Sillow (1983).
  26. les annexes aux Orientations Régionales de Gestion de la Faune sauvage et d’amélioration de la qualité de ses Habitats (de La Réunion)
  27. Ruddle (1973).
  28. Dufour (1987).
  29. Jean-Baptiste Panafieu, Les insectes nourriront-ils la planète, Éditions du Rouergue,‎ 2013, p. 44
  30. http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00129602/en/
  31. Pemberton (1995)
  32. http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00129608/en/
  33. a et b K. Nonaka, Cultural and commercial roles of edible wasps in Japan, in Edible Forest Insects. Humans Bite Back, éd. par P.B. Durst et al. (Bangkok, 2010), p. 123-130
  34. K. Nonaka, Hebo. Yellow-Jackets: from the Fields to the Dinner table, a Delightful Culinary Experience, Osaka, 2007.
  35. fourmis au chocolat
  36. Entomophagie
  37. http://www.entomovores.net
  38. Billouet A., 2013 : « Menu protéines : allons-nous (vraiment) manger des insectes ? » Alim'agri, magazine du Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt n° 1557 (juillet-août-septembre 2013) - p.  24-25
  39. Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, dir. Diderot et d'Alembert, Paris, 1751 à 1772, entrée « Acridophages ».
  40. Cité par Bergier (1941)

Sources[modifier | modifier le code]

  • B. Adamolekum (1993). Anaphe venata entomophagy and seasonal ataxic syndrome in southwest Nigera [letter to the editor], Lancet, 341 : 629.
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  • G. Bani (1995). Some aspects of entomophagy in the Congo, Food Insects Newsl., 8 (3) : 4-5.
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  • Friedrich Simon Bodenheimer (1951). Insects as Human Food. A Chapter of the Ecology of Man, Junk (The Hague, Hollande) : 352 p.
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  • N. Césard (2006). Des libellules dans l’assiette. Les insectes consommés à Bali, Insectes, 140 (1): 3-6.
  • Eva Crane (1999). The World history of beekeeping and honey hunting, Duckworth (Londres) : xxii + 682 p. . (ISBN 0-415-82467-7[à vérifier : ISBN invalide])
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  • Carl-Axel Silow (1976). Edible and others insects of mid-western Zambia. Studies in ethnoentomologie II. Occas. Pap. V. Allm. Jamforand. Etnogr. (Uppsala), Almqvist & Wikseel : 233 p.
  • Carl-Axel Silow (1983). Notes on Ngangala and Nkoya ethnozoology, ants and termites, Philos. Trans. R. Soc. London, 71 : 139-192.
  • Ronald L. Taylor (1975). Butterflies in my stomach or Insects in Human Nutrition, Woodbridge Press Publishing Co. (Santa Barbara, Californie) : 224 p. (ISBN 0-912800-08-9)

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