Néonicotinoïde

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Les néonicotinoïdes sont une classe d'insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes avec une toxicité inférieure chez les mammifères. Les néonicotinoïdes sont parmi les insecticides les plus utilisés à travers le monde. Plusieurs études scientifiques ont souligné l'impact négatif de cette famille sur les abeilles et bourdons en laboratoire et lors de tests en conditions contrôlées ; et de nombreux apiculteurs mettent en cause ces molécules pour expliquer le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles[1]. Au-delà des seuls butineurs, les néonicotinoïdes sont soupçonnés de nuire à l'ensemble des êtres vivants vertébrés ou invertébrés, comme le montre une étude publiée en juin 2014[2],[3].

Substances actives[modifier | modifier le code]

On compte parmi les néonicotinoïdes actuels :

Mode d'action[modifier | modifier le code]

Les pesticides de la famille des néonicotinoïdes ont un mode d'action commun : ils affectent le système nerveux central des insectes, provoquant la paralysie et la mort.

Impacts sur la santé[modifier | modifier le code]

Une étude conduite sur des rats suggère que les néonicotinoïdes pourraient affecter défavorablement la santé humaine, spécialement le développement du cerveau[7].

Impacts sur l'environnement[modifier | modifier le code]

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a identifié des risques pour les abeilles dans l'utilisation des néonicotinoïdes. Trois types d'insecticides sont concernés  : la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame. Ils peuvent avoir des effets aigus et chroniques sur la survie et le développement des colonies d'abeilles, leur comportement et leurs larves[8]. Une synthèse indépendante menée par Jeroen van der Sluijs de l'université d'Utrecht (en collaboration avec des chercheurs de l'université du Sussex, du CNRS et d'INRA - "The Task Force On Systemic Pesticides") et publiée dans la revue Current Opinion in Environmental Sustainability en 2013 montre comment les néonicotinoïdes ont pris une part croissante dans l'usage d'insecticides avec plus de 25 % de parts de marché. Ces produits sont hautement neurotoxiques pour les insectes y compris les pollinisateurs à cause de leur large diffusion dans l'environnement, leur persistance dans le sol et l'eau. La présence de ces néonicotinoïdes est fréquente dans les essaims d'abeille. Soumis à des « doses réalistes de terrain », ils provoquent une large gamme « d'effets dangereux pour l'abeille et le bourdon », en affectant la performance des colonies, affaiblissant le butinage et le couvain, augmentant la fragilité face aux maladies et aux parasites. Alors que la « production mondiale de néonicotinoides augmente toujours » et que « tous les autres pollinisateurs sauvages sont affectés », la synthèse recommande d'urgence d'interdire l'usage des néonicotinoïdes et de développer des alternatives aux insecticides qui soient inoffensives pour les pollinisateurs[9].

Réglementation[modifier | modifier le code]

À la suite de la publication d'études scientifiques, l'usage de certains insecticides de cette classe a été interdit dans certains pays.

En conséquence de l'avis rendu par l'EFSA, la Commission européenne propose de suspendre l'utilisation des pesticides concernés durant une durée de deux ans. La Commission s'appuie ainsi sur les travaux de l'agence en appliquant le principe de précaution.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


16/01/2013 : http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=11253 http://agriculture.gouv.fr/Avis-de-l-EFSA-neonicotinoides