Miellat

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Le miellat est un liquide épais et visqueux excrété (via l'anus) par des insectes (pucerons le plus souvent) qui le déposent sur les végétaux. Cet excrétat, issu du métabolisme de l'insecte est riche en sucres et acides aminés joue un rôle important dans certaines interactions durables, notamment dites tri-trophiques entre fourmis, pucerons et plantes[1].

La proportion du miellat dans le miel (dite indice ou indicateur de miellat ou "IM") peut être révélée par la présence de spores de champignons, lors des études de « spectre pollinique »[2].

Miellat et alimentation des fourmis[modifier | modifier le code]

Le miellat des pucerons, porteur de kairomones[3] est prélevé par les fourmis dites éleveuses. Ces dernières caressent avec leurs antennes les pucerons[4] qui libèrent le miellat qui peut être alors récolté par les fourmis. Les fourmis profitent donc d'une ressource de nourriture sucrée et abondante et le puceron d'une protection contre les prédateurs et contre les champignons qui se développeraient (fumagine) si le miellat tombait simplement sur les feuilles et branches.

Miellat et alimentation de certaines abeilles[modifier | modifier le code]

L'abeille à miel l'apprécie en complément ou en remplacement du nectar. Il produit un miel plutôt sombre et moins humide que le miel de nectar, également appelé miellat (miel de sapin, miel de forêt, miel de chêne, miellat du maquis corse…).

Ce miel est très prisé, particulièrement dans les pays anglo-saxons, où on l'appelle honeydew, c'est-à-dire rosée de miel.

Le miel de metcalfa est un miellat tirant son nom non pas d'une plante, comme cela est courant pour les miels, mais directement du Metcalfa pruinosa, insecte d'origine américaine ayant colonisé le sud de la France (entre autres).

La récolte de ce type de miel est très aléatoire car de nombreux facteurs (climatiques entre autres) influent sur la production. En effet, il est nécessaire que la plante, le puceron, et l'abeille puissent bénéficier de bonnes conditions, sachant que si la pluie, par exemple, convient à l'arbre, elle est plus que néfaste à l'abeille. Ce qui explique les irrégularités dans les récoltes.

La composition du miel de miellat est d'environ 16 % d'eau, 38 % de fructose, 27 % de glucose, 3 % de sucrose, 9 % de dextrose, 5 % de mélézitose, 7 % d’acides aminés et de minéraux.

Une fourmi captant la sécrétion d'un puceron
Miellat provoqué par Claviceps purpurea sur seigle

Miellats et alimentation d'autres insectes[modifier | modifier le code]

Le miellat est aussi recherché par certains papillons : « M. Constant (cité en 1870 par le naturaliste M.S Des Étangs (1870)[5]) dit que c'est en observant les habitudes de certains lépidoptères qui se posent sur les enduits miellés sécrétés par les pucerons, que l'on parvient à s'emparer de ces papillons »

Autres miellats[modifier | modifier le code]

On appelle également miellat un liquide épais et visqueux riche en sucres provoqué par des champignons du genre Claviceps. Ces champignons se connectent sur les systèmes vasculaires alimentant les grains de graminées. Le surplus de sucres (dont la nature est fonction des enzymes des divers Claviceps) est excrété. Le miellat attire les insectes et peut participer à la dissémination des spores. Les feuilles de certains végétaux – tels que les ronces – en produisent également par exsudation.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Leroy, P., Capella, Q., & Haubruge, É. (2009). L’impact du miellat de puceron au niveau des relations tritrophiques entre les plantes-hôtes, les insectes ravageurs et leurs ennemis naturels. Biotechnologie, Agronomie, Société et Environnement= Biotechnology, Agronomy, Society and Environment [= BASE], 13(2).
  2. Maurizio, A. (1971). Le spectre pollinique des miels luxembourgeois. Apidologie, 2(3), 221-238.
  3. Bouchard, Y., & Cloutier, C. (1984). Honeydew as a source of host-searching kairomones for the aphid parasitoid Aphidius nigripes (Hymenoptera: Aphidiidae). Canadian Journal of Zoology, 62(8), 1513-1520 (http://www.nrcresearchpress.com/doi/abs/10.1139/z84-220 résumé]).
  4. Ils sont appelés « insectes trophobiontes », la trophobiose désignant la symbiose dans laquelle un des partenaires fournit la nourriture.
  5. M.S Des Étangs (1870) Observations Sur Un Mémoire De M. Aug. Rivière, Concernant La Fumagine Et Le Miellat, Bulletin de la Société Botanique de France, 17:sup1, LXVIII-LXX, DOI: 10.1080/00378941.1870.10829842

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auclair, J. L. (1960). Teneur comparée en composés aminés libres de l'hémolymphe et du miellat du puceron du pois, Acyrthosiphon pisum (Harr.), à différents stades de développement. In Proc. 11th int. Congr. Ent (Vol. 3, pp. 134-140).
  • Couilloud, R. (1986). Quelques données bibliographiques sur les insectes producteurs de miellat. Coton et fibres tropicales, 41(3), 225-228.
  • Kloft, W. (1968). Les insectes producteurs de miellat. Trait6 de Biologie de l’Abeille, 3, 248-263.

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